L'affaire Riad Salamé, ancien gouverneur de la Banque centrale, renvoyée devant le parquet financier

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Publié le Samedi 22 mars 2025

L'affaire Riad Salamé, ancien gouverneur de la Banque centrale, renvoyée devant le parquet financier

  • Le Premier ministre Nawaf Salam a annoncé le passage du Liban à la gouvernance numérique
  • L'ancien ministre de l'Économie, soupçonné de corruption, est interdit de voyager

BEYROUTH : Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a annoncé vendredi que le gouvernement travaille à la mise en place d'un mécanisme exécutif pour faire passer le Liban à un état numérique.

Le Liban s'efforce d'utiliser toutes ses ressources et ses relations pour tirer parti de l'expertise extérieure afin de poursuivre les objectifs de développement du gouvernement, a-t-il déclaré lors d'une réunion avec une délégation de chefs d'entreprise.

Le cabinet a approuvé jeudi un mécanisme pour les nominations administratives dans les institutions de l'État, que M. Salam a qualifié de "transparent et compétitif".

Les médias de Beyrouth ont qualifié vendredi ce mécanisme de "saut qualitatif théorique et d'avancée réformatrice dans la sélection des employés du secteur public". Toutefois, le facteur critique reste la réussite de sa mise en œuvre".

Le poste de gouverneur de la Banque du Liban est actuellement vacant, le président Joseph Aoun et le premier ministre Salam n'étant pas encore parvenus à un accord sur le candidat le plus approprié. Entre-temps, le pouvoir judiciaire attend les conclusions du procureur financier concernant l'enquête sur l'ancien gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé.

M. Salamé est en détention provisoire depuis sept mois pour détournement de fonds publics.

Une source judiciaire a déclaré à Arab News que le juge d'instruction Bilal Halawi avait conclu l'enquête sur l'affaire Salamé après avoir émis deux mandats d'arrêt par contumace à l'encontre des conseillers de Salamé.

L'affaire a été renvoyée au procureur financier, le juge Ali Ibrahim, pour qu'il l'examine en vue de la délivrance d'un acte d'accusation.

Il n'y a pas de délai spécifique pour que le procureur financier réponde.

Salamé - ainsi que deux avocats, Michel Tueini et Marwan Issa Khoury, qui étaient conseillers à la Banque centrale - est poursuivi pour avoir prétendument détourné plus de 40 millions de dollars des fonds de la banque. Ce montant aurait été transféré sur le compte de Salamé avec l'aide de Tueini et Issa Khoury.

Dans le cadre de la poursuite des affaires de corruption, le juge Jamal Hajjar, procureur général de la Cour de cassation, a rendu un arrêt stipulant l’interdiction à l'ancien ministre de l'Économie, Amin Salam, de voyager.

Cette décision a été prise sur la base d'un rapport du Comité national de l'économie, de l'industrie, du commerce et de la planification.

Ce rapport inclut également ses conseillers Karim Salam et Fadi Tamim, ainsi que l'auditeur financier Elie Abboud.

Jeudi, le député Farid Boustany, président de la commission, a déposé une plainte auprès du ministère public contre l'ancien ministre, ses conseillers et M. Abboud en tant que signataire.

La plainte fait état de "corruption, trafic d'influence, chantage aux assurances, mauvaise gestion des deniers publics et blanchiment d'argent".

En réponse à ces accusations, Salam a nié les faits, affirmant qu'ils faisaient partie d'une "campagne systématique de ciblage personnel ou politique" contre lui et son équipe.

M. Salam a été ministre de l'Économie pendant moins de quatre ans dans le gouvernement de Najib Mikati.

Un rapport de l'Observatoire parlementaire a établi que M. Salam "a abusé de son autorité sur la Commission de contrôle des assurances, qui supervise le secteur des assurances, pour son bénéfice personnel au détriment des fonds publics".

Une source judiciaire a informé Arab News que l'interdiction de voyager était une mesure préliminaire visant à s'assurer que les suspects soient informés de leurs prochains interrogatoires, prévus prochainement au Palais de Justice de Beyrouth.

La commission parlementaire de l'économie nationale a préparé un dossier détaillant les "violations" commises par Salam durant son mandat.

La commission l'avait déjà convoqué pour discuter de la supervision des compagnies d'assurance par le ministère.

M. Salam ne s'est pas présenté à trois séances, ce qui a conduit la commission à renvoyer l'affaire au procureur général de la Cour de cassation et au parquet financier pour prendre les mesures nécessaires. 

En 2023, des sources ont déclaré que des soupçons sont apparus après que son conseiller, Tamim, a été accusé d'avoir fait chanter des compagnies d'assurance pour des centaines de milliers de dollars afin d'empêcher le retrait de la licence de la compagnie.

"Tamim a été arrêté et il s'est avéré par la suite que le frère du ministre, Karim Salam, avait fait pression sur les compagnies d'assurance pour qu'elles paient des sommes importantes pour les études de solvabilité obligatoires par l'intermédiaire d'une société appartenant à Tamim. Ces actions ont donné lieu à des accusations d'abus de pouvoir et de chantage.

La commission de l'économie nationale a également découvert des preuves que l'ancien ministre Salam avait détourné des fonds publics, dépensant plus de 50 000 dollars par mois pour son bureau et s'engageant dans des contrats douteux.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: huit personnes, dont trois secouristes, tués dans des frappes israéliennes

Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire. (AFP)
Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire. (AFP)
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  • Cinq des personnes tuées l'ont été lors de frappes israéliennes sur un immeuble dans la localité de Majdal Zoun, puis pendant l'opération de secours menée conjointement sur le site par des soldats et des secouristes, selon les autorités
  • La Défense civile a indiqué que ses trois membres étaient morts à Majdal Zoun "sous les décombres" après la frappe israélienne sur un immeuble. L'armée a, elle, fait état de deux soldats blessés

BEYROUTH: Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire.

Cinq des personnes tuées l'ont été lors de frappes israéliennes sur un immeuble dans la localité de Majdal Zoun, puis pendant l'opération de secours menée conjointement sur le site par des soldats et des secouristes, selon les autorités.

La Défense civile a indiqué que ses trois membres étaient morts à Majdal Zoun "sous les décombres" après la frappe israélienne sur un immeuble. L'armée a, elle, fait état de deux soldats blessés.

"Israël continue de violer les lois et conventions internationales qui protègent les civils" a dénoncé le président libanais, Joseph Aoun.

Les secouristes tués "participaient à une mission de secours et d'intervention d'urgence auprès des blessés d'une frappe aérienne israélienne visant un bâtiment (...) qui a également causé la mort de résidents civils", a-t-il détaillé.

Ailleurs, le ministère de la Santé a fait état d'une personne tuée et de 15 blessées, dont cinq enfants, dans une frappe israélienne sur Jwaya (sud).

Deux autres personnes ont été tuées et 13 blessées dans un bombardement israélien à Jibchit, toujours dans le sud, selon un premier bilan du ministère.

"Pas encore terminé" 

L'armée israélienne a de son côté annoncé avoir découvert et détruit deux tunnels du Hezbollah, d'une longueur totale de deux kilomètres, à la frontière des deux pays, utilisés selon elles par des unités d'élite du mouvement pro-iranien.

Celui-ci a rouvert un front contre Israël le 2 mars pour venger la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué dans l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Israël a riposté par des frappes meurtrières et déployé des troupes dans le sud du pays voisin.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril mais les deux belligérants ont poursuivi les combats en s'accusant mutuellement de violer la trêve.

Selon une source militaire israélienne, l'installation souterraine détruite près de la frontière avait été "conçue, soutenue et financée par l'Iran" pour "lancer des raids contre les communautés israéliennes".

"Nous détruisons leur infrastructure terroriste, nous tuons plusieurs dizaines de leurs terroristes — et n'avons pas encore terminé", a commenté le Premier ministre, Benjamin Netanyahu.

L'explosion liée à la destruction du tunnel a creusé un "grand cratère" dans la ville de Qantara, selon les médias d'Etat libanais.

Au-delà de la "ligne jaune" 

L'armée israélienne avait ordonné plus tôt dans la journée l'évacuation "immédiate" de nouveaux villages dans le sud du Liban.

Peu après, l'agence de presse libanaise Ani a fait état de frappes aériennes sur ces zones.

Les villages concernés se trouvent au-delà de la zone de dix kilomètres de profondeur, délimitée par une "ligne jaune", que l'armée israélienne a établie il y a dix jours.

"Israël n'a aucune visée territoriale sur le Liban. Notre présence dans les zones situées le long de notre frontière nord n'a qu'un seul objectif: protéger nos citoyens", a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar.

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques".

A trois reprises mardi, l'armée a déclaré avoir tenté d'intercepter "une cible aérienne suspecte" dans la zone où opéraient ses troupes, sans donner de précisions.

Elle a aussi affirmé que le Hezbollah avait lancé des drones "qui ont explosé à proximité de soldats", sans faire de blessés.

Un soldat israélien a été tué dimanche et un autre a été grièvement blessé lundi par des drones, selon l'armée.

Depuis le début de la guerre le 2 mars, plus de 2.500 personnes ont été tuées et quelque 7.800 blessées au Liban dans la campagne militaire israélienne, selon le ministère libanais de la Santé.

Côté israélien, 16 soldats ont été tués sur la période, d'après les autorités.


Reprise de la vie nocturne au Caire avec la fin des économies d'électricité

L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Les gens étaient déprimés", témoigne Ahmed Megahed, un retraité de 82 ans
  • "Avec la hausse des prix et les pressions au quotidien, rester à la maison chaque soir empirait les choses. Maintenant on peut sortir, respirer et se sentir à nouveau normal".

LE CAIRE: La célèbre vie nocturne du Caire a repris des couleurs mardi soir, avec la fin des mesures d'économie d'énergie qui avaient mis en pause l'habituelle frénésie de la mégalopole et forcé magasins, cafés et restaurants à fermer bien plus tôt, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

La guerre, accompagnée d'une flambée des prix de l'énergie, avait contraint la capitale égyptienne à réduire durant un mois sa consommation d'électricité.

Les fermetures fixées à 21h00 locales, puis repoussées à 23h00, avaient vidé les rues et créé un immense sentiment de frustration chez les commerçants et leurs clients.

Mais le gouvernement a levé les restrictions et les établissements peuvent de nouveau fermer leurs portes à 01h00 du matin. Quant aux magasins et centres commerciaux, ils sont désormais autorisés à rester ouverts jusqu'à 23h00 et minuit le week-end.

A Heliopolis, quartier chic de l'est, les familles ont envahi les rues avec leurs enfants, tandis que des groupes d'amis fumaient le narguilé.

"Les gens étaient déprimés", témoigne Ahmed Megahed, un retraité de 82 ans. "Avec la hausse des prix et les pressions au quotidien, rester à la maison chaque soir empirait les choses. Maintenant on peut sortir, respirer et se sentir à nouveau normal".

Pour s'assurer du respect des mesures d'économie d'énergie, des patrouilles de police menaçaient les noctambules récalcitrants d'amendes de 50.000 livres égyptiennes (environ 800 euros), voire de peines d'emprisonnement en cas de récidive.

Pour Wafaa Ahmed, 58 ans, propriétaire d'une boutique qui a vu son chiffre d'affaires chuter de 80%, l'assouplissement arrive à point nommé, "surtout à l'approche de la saison estivale".

"Personne ne fait ses courses le matin en été. Maintenant, les clients ont le temps", explique-t-elle, contente de la fin d'un "véritable désastre" pour les commerçants.

La ville de plus de 20 millions d'habitants est réputée pour son niveau sonore nocturne, alimenté par la circulation automobile, des marchés bondés ou encore des bateaux de fêtards illuminant le Nil.

L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient.

Selon le Premier ministre Moustafa Madbouly, la facture mensuelle d'importation d'énergie a plus que doublé entre janvier et mars, pour atteindre 2,5 milliards de dollars (2,1 millions d'euros). La livre égyptienne a perdu autour de 15% de sa valeur et l'inflation a atteint 13,6% en mars.

M. Madbouly a appelé à la mise en place de mesures incitatives pour accélérer la transition vers l'énergie solaire, tandis que le gouvernement a diffusé des campagnes télévisées appelant les consommateurs à réduire leur consommation d'électricité.

 


L'armée israélienne ordonne l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban

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  • Les habitants sont appelés à "évacuer immédiatement" leurs maisons et à se diriger vers le "district de Saïda", a-t-il ajouté
  • Les villages désignés se trouvent tous au-delà de la "ligne jaune" de démarcation que l'armée israélienne a établie il y a dix jours dans le sud du Liban pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens

JERUSALEM: L'armée israélienne a ordonné mardi l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban, une annonce précédant généralement des frappes dans ce secteur.

Ce nouvel ordre d'évacuation survient alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril entre le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah et Israël, après un mois et demi de guerre. Les deux belligérants s'accusent de le violer.

"Avertissement urgent aux résidents du Liban se trouvant dans les villages et localités suivants", a indiqué sur X le porte-parole en arabe de l'armée israélienne, Avichay Adraee, énumérant une liste de 17 villages.

Les habitants sont appelés à "évacuer immédiatement" leurs maisons et à se diriger vers le "district de Saïda", a-t-il ajouté.

Les villages désignés se trouvent tous au-delà de la "ligne jaune" de démarcation que l'armée israélienne a établie il y a dix jours dans le sud du Liban pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens.

Dans la bande de territoire située entre la frontière et cette ligne jaune, Israël affirme s'autoriser à effectuer des frappes contre le Hezbollah.

Depuis une semaine, l'armée israélienne affirme que le Hezbollah effectue régulièrement des tirs de drones explosifs vers ses positions.

Un soldat israélien a été tué dimanche et un autre grièvement blessé mardi par ces engins volants meurtriers, selon des communiqués publiés par l'armée.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré lundi que les roquettes et les drones du Hezbollah demeuraient un défi majeur, ajoutant qu'Israël poursuivrait ses frappes.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars en tirant des roquettes en direction d'Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué dans l'attaque israélo-américaine contre l'Iran.