Mike Pompeo accuse l'Iran d'être la «nouvelle base» d'Al-Qaïda

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo (Photo, AFP).
Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 13 janvier 2021

Mike Pompeo accuse l'Iran d'être la «nouvelle base» d'Al-Qaïda

  • L'Iran est aujourd'hui « pire » que l'Afghanistan au moment des attentats du 11 septembre 2001, selon le chef de la diplomatie US
  • Pompeo a utilisé cet événement pour appuyer ses accusations de liens entre l'Iran chiite et la nébuleuse islamiste sunnite fondée par Oussama ben Laden

WASHINGTON: Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a accusé mardi l'Iran d'être la « nouvelle base » du réseau jihadiste Al-Qaïda, « pire » que l'Afghanistan au moment des attentats du 11 septembre 2001, malgré le scepticisme de nombreux experts.

Dans un discours à Washington huit jours avant la fin du mandat du président Donald Trump, il a également confirmé pour la première fois officiellement la mort en août dans les rues de Téhéran du numéro deux d'Al-Qaïda Abdullah Ahmed Abdullah, alias Abou Mohammed al-Masri. Le New York Times avait rapporté en novembre qu'il avait été abattu par des agents israéliens lors d'une mission secrète commanditée par les Etats-Unis.

Le secrétaire d'Etat n'a pas confirmé l'implication israélienne et américaine. Mais il a utilisé cet événement pour appuyer ses accusations de liens entre l'Iran chiite et la nébuleuse islamiste sunnite fondée par Oussama ben Laden.

« Al-Qaïda a une nouvelle base : c'est la République islamique d'Iran », a-t-il martelé devant le National Press Club.

« Le résultat, c'est que la création diabolique de Ben Laden est en passe de se renforcer et d'accroître ses moyens d'action. Si nous ignorons cet axe Iran/Al-Qaïda, c'est à nos risques et périls. Nous devons le reconnaître. Nous devons l'affronter. Nous devons le vaincre », a-t-il assuré, appelant le monde à agir.

Le gouvernement iranien, qui a toujours démenti le moindre lien avec Al-Qaïda, a renvoyé les Etats-Unis à leurs propres alliances régionales.

« Personne n'est dupe. Tous les terroristes du 11-Septembre venaient des destinations favorites de Pompeo au Moyen-Orient ; AUCUN d'Iran », a tweeté le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, faisant référence au fait que la majorité des auteurs des attaques aux Etats-Unis étaient originaires d'Arabie saoudite.

« Mensonges à consonance belliqueuse »

Il a accusé le secrétaire d'Etat de terminer « de façon pathétique sa carrière désastreuse avec encore davantage de mensonges à consonance belliqueuse ».

Selon Mike Pompeo, ces liens existent depuis « près de trois décennies » et se sont intensifiés lorsque les jihadistes ont dû quitter l'Afghanistan lors de l'intervention américaine pour les traquer en 2001.

Le ministre trumpiste, fer de lance de la politique de « pression maximale » contre Téhéran depuis que Donald Trump a sorti les Etats-Unis en 2018 de l'accord international censé empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, est engagé dans un effort de dernière minute pour compliquer la tâche du président élu Joe Biden, qui souhaite revenir dans cet accord.

Mike Pompeo a affirmé que c'est justement en 2015, parallèlement à la négociation de ce texte, que « l'axe Iran/Al-Qaïda » s'est réellement forgé.

A ce moment-là, a-t-il dit en assurant dévoiler « des informations nouvelles », « l'Iran a décidé de permettre à Al-Qaïda d'installer un nouveau quartier général opérationnel ». « Depuis 2015, l'Iran a aussi donné aux chefs d'Al-Qaïda plus de liberté de mouvement dans le pays », leur offrant « un soutien logistique comme des documents d'identité ».

« Ils sont partenaires dans le terrorisme, partenaires dans la haine », a-t-il insisté.

« Je voudrais dire que l'Iran est le nouvel Afghanistan », « mais en fait il est pire », car il est plus difficile pour les Américains d'y traquer les jihadistes, a-t-il ajouté.

Plusieurs spécialistes contestent l'étendue de ces relations.

« Si c'est vrai, pourquoi le révèle-t-il huit jours avant de quitter le pouvoir ? », s'interroge Trita Parsi, du Quincy Institute for Responsible Statecraft. « Probablement car il veut absolument tenter d'empêcher le gouvernement Biden de réparer les pots cassés », a-t-il dit.

Mike Pompeo a également annoncé des sanctions contre des chefs du réseau jihadiste « basés en Iran », Muhammad Abbatay, alias Abderahman al-Maghrebi, et Sultan Youssef Hassan al-Arif.


Liban: une frappe israélienne endommage un site protégé par l'Unesco à Tyr

 Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
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  • Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban
  • Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés

TYR: Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes.

"Je lance un appel pour éviter de cibler les sites archéologiques du pays (..) en particulier les ruines de Tyr qui sont dans le patrimoine commun de l'humanité", a déclaré Ghassan Salamé à l'AFP.

Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban.

Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés.

Cette ville est la cible d'une campagne de frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah le 2 mars.

L'armée israélienne avait émis un nouvel ordre d'évacuation dimanche pour une zone qui inclut l'un des deux sites, comprenant des vestiges romains, avant de mener des frappes.

Des correspondants de l’AFP ont pu voir une partie de la zone proche des colonnes antiques recouverte de débris, fragments de métal tordu, branches d’arbres brisées.

Des gravats de béton et de métal parsèment un escalier de pierre menant à l’intérieur du site.

"L'ampleur des débris et des dégâts dans le site est importante", selon Ali Badaoui.

Les frappes se sont abattues sur des bâtiments avoisinants et l'une a touché un bureau administratif du site, rapporte le responsable.

"Certains artéfacts archéologiques ont été endommagés lorsque des gravats les ont atteints, car une pluie de débris est tombée sur un vaste périmètre", visant "colonnes, chapiteaux, bases de colonnes, mosaïques", énumère-t-il.

Ghassan Salamé a souligné que que les autorités évalueraient les dégâts "dès qu'un cessez-le-feu aura lieu ou que nous pourront avoir accès aux ruines sans mettre en danger la vie de nos archéologues".

Il a souligné qu'Israël "ne respecte pas" la Convention de la Haye qui oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé, ni les "Boucliers bleus", un emblème symbolique mis en place par un comité lié à l'Unesco pour protéger le site de Tyr.

Depuis une précédente guerre entre Israël et le Hezbollah en 2023-2024, l’Unesco a placé plus de 70 sites patrimoniaux au Liban, dont Tyr, sous " protection renforcée provisoire".

Le site de Tyr "est un site civil, un site inscrit au patrimoine mondial, ce n’est absolument pas un site militaire, et il n’y a aucune activité militaire sur place", a assuré M. Badaoui.

L’autre site protégé de Tyr, El‑Bass, a aussi été endommagé depuis le début de la guerre le 2 mars, a-t-il ajouté.


L'armée israélienne dit qu'elle poursuivra ses opérations «dans tout le Liban»

L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
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  • "Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin
  • "Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah"

JERUSALEM: L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth.

"Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin.

"Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah", a-t-il ajouté, "nous ne permettrons pas la poursuite de tirs visant les citoyens de l'Etat d'Israël".


L'armée israélienne annonce un nouveau barrage de missiles iraniens

Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
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  • L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien
  • "Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace"

JERUSALEM: L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien.

"Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace", a écrit l'armée sur Telegram.