«Métiers de l'ombre», les fournisseurs des hôtels et restaurants crient à l'aide

«Nous étions en très forte croissance: nous allions faire 13 millions d'euros en 2020, mais nous n'avons travaillé que deux mois et demi. Ca me désole: on est cassés dans notre développement» (Photo, AFP)
«Nous étions en très forte croissance: nous allions faire 13 millions d'euros en 2020, mais nous n'avons travaillé que deux mois et demi. Ca me désole: on est cassés dans notre développement» (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 13 janvier 2021

«Métiers de l'ombre», les fournisseurs des hôtels et restaurants crient à l'aide

  • Le fonds de solidarité va être élargi pour bénéficier notamment aux commerces de gros de boissons ou alimentaires, aux viticulteurs ou encore aux résidences de tourisme
  • Face aux stocks accumulés pendant la fermeture de leurs clients, ils souhaitent aussi voir prolongée de quelques mois la date de durabilité de leurs produits - déjà dépassée

PARIS: Grossistes en boissons et autres fournisseurs de l'hôtellerie restauration, des « métiers de l'ombre » ravagés eux aussi par la pandémie de Covid-19, veulent bénéficier des mêmes aides que les cafés, restaurants et hôtels, car leurs pertes sont de même ampleur et l'horizon reste sombre. 

Anne St Léger a repris en 2017 Serfi, une PME basée à Nice qui depuis 30 ans, fournit aux hôtels l'équipement (mobilier, literie, salles de bain...) et l'ingénierie technique pour les rénovations. L'entreprise familiale emploie 50 salariés, compte 3.500 clients et réalise 10 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel. 

« Nous étions en très forte croissance: nous allions faire 13 millions d'euros en 2020, mais nous n'avons travaillé que deux mois et demi. Ca me désole: on est cassés dans notre développement », explique-t-elle. « Nous sommes les entreprises de l'ombre: nos clients sont fermés, ont zéro visibilité, n'investissent pas dans des équipements, cela nous met complètement à l'arrêt ». 

Or ces fournisseurs, « très fortement dépendants des hôtels, cafés, restaurants » et tout aussi pénalisés par les périodes de confinement et de couvre-feu, ne bénéficient pas du même soutien de l’État et sont aujourd'hui « en danger » avec un premier semestre 2021 qui s'annonce sombre.  

Si un hôtel qui perd 70% de son chiffre d'affaires peut toucher du fonds de solidarité 20% de son chiffre d'affaires mensuel jusqu'à 200.000 euros, son fournisseur n'aura droit qu'à « 10.000 euros au maximum, alors qu'il peut dépendre à 98% de l'hôtellerie et réaliser plusieurs millions ou dizaines de millions de chiffre d'affaires. C'est un non-sens », estime-t-elle. 

Le fonds de solidarité va être élargi pour bénéficier notamment aux commerces de gros de boissons ou alimentaires, aux viticulteurs ou encore aux résidences de tourisme, a indiqué mardi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, promettant une annonce imminente.  

 Et il devrait être renforcé pour compenser les charges fixes des plus grandes structures, comme les holdings, les groupes familiaux de restaurants, jusqu'à 3 millions d'euros sur un an - contre 800.000 euros maximum par versements mensuels de 200.000 euros aujourd'hui. 

4e ou 5e génération  

Après ces signaux positifs, les grossistes en boissons ont renoncé à manifester partout en France le 19 janvier, comme ils le prévoyaient au terme d'une opération escargot autour de Lille jeudi dernier, a annoncé Laurent Pecqueur, gérant de la société Sodiboissons, devenu l'un des porte-parole de la filière dans les Hauts-de-France. 

Face aux stocks accumulés pendant la fermeture de leurs clients, ils souhaitent aussi voir prolongée de quelques mois la date de durabilité de leurs produits - déjà dépassée, ou qui le sera d'ici fin février pour « 30 à 40% » des stocks -, comme lors du premier confinement. 

« L'industriel ou le brasseur garantit jusqu'à cette date-là 100% de la saveur de son produit: mais vous pouvez le boire 3 mois après sans aucun souci sanitaire », affirme M. Pecqueur. « Il faudrait aussi que les Douanes nous remboursent les taxes sur les produits invendus, et qu'on ait une enveloppe pour financer leur destruction ». 

Selon Laure Bomy, directrice générale de la Fédération nationale des boissons, un millier de grossistes réalisent plus de 80% de leur activité auprès de cafés, hôtels, restaurants -soit 15.000 emplois directs-, des « entreprises familiales chargées d'histoire, parfois dirigées par la 4e ou la 5e génération, dynamiques, porteuses d'emploi, dont certaines sont aujourd'hui proches du dépôt de bilan ». 

D'autres métiers méconnus souffrent particulièrement, comme les techniciens qui entretiennent machines à café et appareils de « tirage pression » des bars: « sans nettoyage toutes les 6 à 12 semaines, impossible de boire une bière pression! » explique Dominique Turpin, président de Hopteam. 

Employant 140 salariés dont une centaine de techniciens au chômage partiel dans 13 entreprises, il a vu son chiffre d'affaires chuter de 40% en 2020 et n'a pas touché d'aides.  

« Malheureusement, avec plus de 50 salariés nous n'avons droit à rien alors que tous nos clients ont été fermés, donc nous aussi ». Retraités ou artisans, les bailleurs de ses entrepôts n'ont accepté que de « reporter un ou deux loyers ».   

« Nous sommes un métier indispensable », se rassure M. Turpin. « Si nous étions mortellement blessés, comment les bars et restaurants redémarreront-ils? ». 


Adolescent tué à Nantes: Nuñez promet de poursuivre la guerre contre le narcotrafic

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé vendredi la mort d'un adolescent de 15 ans à Nantes, dans une fusillade "manifestement liée au trafic de drogue", affirmant sa "détermination" à "gagner" la "guerre" contre le narcotrafic. (AFP)
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé vendredi la mort d'un adolescent de 15 ans à Nantes, dans une fusillade "manifestement liée au trafic de drogue", affirmant sa "détermination" à "gagner" la "guerre" contre le narcotrafic. (AFP)
Short Url
  • D'après Laurent Nuñez, le bilan du drame dans le quartier populaire de Port-Boyer, au nord de Nantes, s'élève donc à un jeune décédé et deux autres grièvement blessés mais dont les jours ne sont pas en danger
  • Adolescent tué à Nantes: Nuñez promet de poursuivre la guerre contre le narcotrafic

NANTES: Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé vendredi la mort d'un adolescent de 15 ans à Nantes, dans une fusillade "manifestement liée au trafic de drogue", affirmant sa "détermination" à "gagner" la "guerre" contre le narcotrafic.

"Cette guerre on la mène avec détermination et on ne lâchera rien. Oui le combat est compliqué mais on ne perdra pas cette guerre", a martelé le ministre, depuis le lieu de la fusillade survenue jeudi soir, où il est arrivé en fin de matinée.

D'après Laurent Nuñez, le bilan du drame dans le quartier populaire de Port-Boyer, au nord de Nantes, s'élève donc à un jeune décédé et deux autres grièvement blessés mais dont les jours ne sont pas en danger.

Adolescent tué à Nantes: Nuñez promet de poursuivre la guerre contre le narcotrafic

Une cellule psychologique du Samu a été mise en place dans le quartier, a constaté l'AFP.

Jeudi, vers 19H30, deux individus "cagoulés" sont arrivés et ont ouvert le feu "un peu à l'aveugle" sur un groupe de jeunes adolescents, dans ce quartier hérissé de barres d'immeubles construites au milieu de la verdure au bord d'une rivière, a rappelé le ministre.

Si les motifs de la fusillade sur ce point de deal sont "très probablement liés" au narcotrafic, Laurent Nuñez a insisté sur le fait que rien n'indiquait que les adolescents visés par les tirs "et a fortiori" celui qui est décédé étaient liés au trafic.

Ce point de deal est "très convoité", la police ayant interpellé cinq personnes en mars et "quand on déstabilise les territoires, on crée des guerres de territoire", a expliqué le ministre, faisant le parallèle avec des faits récemment survenus à Nice et près de Lyon.

Le 11 mai à Nice, en plein après-midi, un homme déposé en voiture avec une trottinette avait tiré par rafales en direction d'un groupe devant un café et un magasin de bonbons, tuant deux pères de familles de 57 ans et 39 ans. Il avait aussi blessé six personnes, dont trois grièvement.

Le même jour, à Décines-Charpieu, en banlieue lyonnaise, un incendie "d'intimidation" a conduit à la mort de trois personnes, "qui n'avaient rien à voir avec le trafic de stupéfiants", a rappelé M. Nuñez.

"Très peur" 

"Il y a des drames qui se produisent", mais "il faut continuer à déstabiliser, à démanteler des réseaux. Ce qui s'est passé hier renforce notre détermination pour poursuivre cette lutte incessante" contre le narcotrafic, a-t-il encore déclaré, après avoir échangé avec des habitants et la maire de Nantes, Johanna Rolland.

Vendredi matin, trois impacts de balles sont toujours visibles dans la porte d'entrée de l'immeuble du 3 rue de Pornichet, où les tirs se sont produits.

Une habitante de l'immeuble a décrit à l'AFP, sous couvert d'anonymat, comment elle a découvert l'un des adolescents touchés par balle "qui ne respir(ait) plus", disant avoir pensé à lui "toute la nuit".

Une voisine "envisage de quitter le quartier où elle a grandi". Son petit garçon de 10 ans a dit avoir "très peur". "Ça m'inquiète, j'en ai assez de tout ça", se désole le garçonnet qui ne veut plus dormir qu'au côté de sa mère depuis les premiers coups de feu entendus dans le quartier il y a plusieurs semaines.

Le trafic s'est "installé petit à petit", a témoigné auprès de l'AFP Cécile, sexagénaire qui habite rue de Pornichet "depuis 1995" et qui se dit "profondément choquée".

"Depuis quelques années et surtout quelques mois, on voit bien que ça craint en fait et là ça fait vraiment peur à tout le monde", a-t-elle ajouté, observant depuis peu des personnes différentes, "des plus grands, cagoulés, tout en noir".

Le chiffre d'affaires du marché de la drogue en France était estimé en 2023 à 6,8 milliards d'euros, soit trois fois plus qu'en 2010, selon la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca).


Ormuz: la France va prendre «une initiative» à l'ONU sur sa proposition de mission «neutre», dit Macron

La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale. (AFP)
La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale. (AFP)
Short Url
  • La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique"
  • "On doit obtenir la réouverture sans conditions, sans péage d'Ormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran"

NAIROBI: La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale.

"On doit obtenir la réouverture sans conditions, sans péage d'Ormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran", a dit le président français depuis Nairobi, à la fin d'un sommet franco-africain. Il a déploré "une escalade dans les déclarations" côtés américain et iranien.

 


Après un premier cas positif à l'hantavirus, les règles d'isolement durcies en France

La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
Short Url
  • La France a renforcé les mesures d’isolement après qu’une passagère rapatriée d’une croisière a été testée positive à l’hantavirus Ande
  • Tous les cas contacts identifiés seront désormais placés en quarantaine hospitalière renforcée pendant 42 jours, tandis que l’OMS estime que le risque épidémique reste faible

PARIS: Les règles d'isolement ont été durcies en France avec l'annonce d'une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier" pour tous les cas contacts, après le test positif à l'hantavirus d'une passagère d'un bateau de croisière, hospitalisée "dans un état stable" à Paris selon le gouvernement.

Sur les cinq passagers français rapatriés dimanche et placés à l'isolement à l'hôpital Bichat, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé" dans la nuit de dimanche à lundi et les "tests sont revenus positifs", a annoncé la ministre de la Santé Stéphanie Rist lundi matin sur France Inter.

Le Premier ministre a précisé lundi soir sur le réseau social X qu'elle se trouvait "toujours en réanimation dans un état stable". Son état de santé est "très critique", a indiqué de son côté le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse lundi.

Les quatre autres passagers sont "toujours testés négatifs" et font l'objet "d'un processus d'isolement renforcé en milieu hospitalier", a ajouté Sébastien Lecornu.

Par ailleurs, aucun des huit "cas contacts à haut risque", des Français qui ont partagé le vol d’une personne malade il y a 15 jours, "ne présente de symptômes", selon le chef du gouvernement.

Toutefois, il annonce "pour tous les cas contacts, sans exception", une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier", dans son message posté à l'issue d'une réunion interministérielle à Matignon.

- 22 cas contacts -

La ministre de la Santé faisait état lundi matin d'un total de 22 cas contacts identifiés: les huit passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg et 14 autres à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam du même jour. Une croisiériste néerlandaise, infectée et depuis décédée, avait voyagé à bord du premier vol et était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé.

Cette annonce du Premier ministre durcit pour ces cas contacts les règles fixées dans un décret publié dans la nuit de dimanche à lundi au Journal officiel: il leur était jusqu'ici d'abord demandé de se signaler "sans délai" et d'observer une "mesure de quarantaine à domicile dans l'attente d'une évaluation de leur risque d'infection".

Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont décédées: dans deux cas, l'OMS a confirmé une infection à l'hantavirus, le troisième étant un cas probable. Outre ces trois décès, six cas confirmés et deux autres probables ont été signalés, selon un comptage de l'AFP à partir de données officielles.

La variante du virus détectée à bord du MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines. Cette maladie peut notamment provoquer un syndrome respiratoire aigu et son taux de létalité peut dépasser les 40% selon les spécialistes.

- "Agir tout au début" -

L'OMS se veut rassurante devant le "faible" niveau de risque épidémique, le virus étant moins contagieux que le Covid-19.

"Ce qui est important, c'est d'agir tout au début", a insisté la ministre de la Santé, "c'est-à-dire de briser les chaînes de transmission du virus".

Deux réunions interministérielles sur l'hantavirus auront d'ailleurs lieu chaque jour à Matignon, a indiqué le Premier ministre qui a aussi reçu lundi soir des spécialistes de l'épidémiologie.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur BFMTV, appelant à "ne pas créer de panique".

La ministre de la Santé a une nouvelle fois assuré que la France disposait des stocks nécessaires de masques et de tests.

"J'ai évidemment demandé un état des lieux qui permet de confirmer que nous en avons assez" mais "l'organisation depuis le Covid a permis de faire en sorte que nous avons assez de stocks de masques, de stocks de tests", a-t-elle dit.

Selon l'OMS, tous les occupants du MV Hondius, parti le 1er avril d'Ushuaïa en Argentine, sont considérés comme des "contacts à haut risque" et devront faire l'objet d'une surveillance pendant 42 jours.