Mort de Sheldon Adelson, le magnat qui a diabolisé les Palestiniens et soutenu Israël

Donald Trump, Benjamin Netanyahou, et le fondateur et PDG de Las Vegas Sands, Sheldon Adelson, au centre, ainsi que son épouse Miriam Ochsorn, à la Maison Blanche, Washington, D.C., le 28 janvier 2020. (AFP)
Donald Trump, Benjamin Netanyahou, et le fondateur et PDG de Las Vegas Sands, Sheldon Adelson, au centre, ainsi que son épouse Miriam Ochsorn, à la Maison Blanche, Washington, D.C., le 28 janvier 2020. (AFP)
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Publié le Mercredi 13 janvier 2021

Mort de Sheldon Adelson, le magnat qui a diabolisé les Palestiniens et soutenu Israël

  • Le milliardaire Sheldon Adelson, décédé cette semaine, a utilisé sa richesse et son empire médiatique pour influer sur l'opinion publique et la politique américaine au sujet du conflit israélo-palestinien
  • Adelson a fait don de plus de 120 millions de dollars à 180 candidats républicains au Congrès et au Sénat, ainsi qu'à de nombreux comités d'action politiques conservateurs

CHICAGO: Le milliardaire Sheldon Adelson, décédé lundi à l'âge de 87 ans, a maintes fois déclaré que la Palestine était «une nation inventée», et il a utilisé sa fortune pour diffuser largement ses idées, par le biais de son empire médiatique et ses contributions aux campagnes électorales américaines.

Éditeur du plus grand journal israélien Israel Hayom, il a été le plus grand contributeur financier de la campagne du président américain Donald Trump, et a fait don de millions de dollars aux candidats au Congrès et au Sénat.

«Sheldon Adelson était un patriote américain et un ardent défenseur d'Israël et du peuple juif. Sa perte est énorme aussi bien pour l'Amérique que pour Israël et le peuple juif», a affirmé à Arab News Jason Greenblatt, l'un des plus importants conseillers de Trump pour le Moyen-Orient. «Sa profonde connaissance d'Israël et de ses nombreux défis a été précieuse pour l'administration Trump au cours des quatre dernières années. Sheldon, ainsi que sa femme Miriam, faisaient partie de ceux qui ont offert de réels conseils, de vigoureux encouragements, et un avis déterminant sur de nombreuses questions concernant Israël. Je les considère comme des personnalités d’une importance capitale, dont la contribution a été extrêmement précieuse.»

Cependant, l’admiration de Greenblatt pour Adelson n’est pas partagée par la plupart des militants et dirigeants arabo-américains. Plusieurs d’entre eux ont déclaré à Arab News que ses opinions étaient trop sévères pour être publiées dans un journal.

Jim Zogby, président de l'Arab American Institute, a précisé à Arab News qu'Adelson utilisait son argent pour influer sur l'opinion publique et politique américaine au sujet du conflit israélo-palestinien, en obtenant de «Trump qu’il réalise tous ses vœux», citant en exemple le cas du déplacement de l'ambassade américaine en Israël de Tel Aviv à Jérusalem.

Une influence décisive contre le BDS

Adelson a compris le pouvoir de la communication et des médias, utilisant ses richesses et son empire journalistique pour influencer l'opinion publique américaine. En août 2014, il a ainsi contribué à réunir des centaines d'étudiants israéliens pour aider à développer une application visant à contrer les réactions mondiales hostiles au bombardement de la bande de Gaza en 2014, qui a causé la mort de plus de 2 251 Palestiniens, dont plus de la moitié étaient des civils.

L'application, appelée ACT.IL — IL représentant la désignation Internet d'Israël — a poussé ses 3 000 utilisateurs à publier des commentaires favorables au pays sur des dizaines de sites d'information et de médias sociaux.

En 2015, Adelson a organisé dans son casino de Las Vegas une conférence d'activistes pour contrer le mouvement à l’influence grandissante du BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions.

En conséquence, plus de 28 États américains ont adopté une législation punissant tout entrepreneur ou employé s'il ne dénonçait pas le boycott d'Israël, chacun l’appliquant d’une manière différente. La première loi anti-BDS a en effet été adoptée au Tennessee en avril 2015. La Caroline du Sud, l'Illinois ont emprunté la même voix, puis treize autres États en 2016, neuf en 2017, et trois autres depuis, dont le Dakota du Sud en janvier 2020. La campagne anti-BDS, appelée Campus Maccabees, a été financée par un don d’Adelson de 50 millions de dollars (environ 41 millions d’euros).

Le magnat des casinos a aussi utilisé son argent pour influer directement sur les membres du Congrès pendant leurs campagnes électorales. Il a fait don de plus de 120 millions de dollars (près de 99 millions d’euros) à 180 candidats républicains au Congrès et au Sénat, ainsi qu’à plusieurs Super PAC conservateurs (des comités d’action politiques aux fonds illimités), notamment Preserve America, et le RJC Victory Fund, selon les registres de la Commission électorale fédérale

L'auteur et producteur Reza Aslan a critiqué pour sa part sans détour Sheldon Adelson. «Difficile de penser à une seule force plus destructrice au sein de la politique américaine que Sheldon Adelson, qui a dépensé des milliards pour faire du monde un lieu pire encore,  qu’il laisse désormais en ruines». Trump a publié un communiqué déplorant le décès d'Adelson, contrairement à Joe Biden, qui n’a fait aucun commentaire immédiat suivant sa mort.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com


L'armée américaine affirme avoir repoussé des attaques de missiles et drones iraniens dans le Golfe

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WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé mardi avoir repoussé plusieurs attaques iraniennes, par missiles et drones, contre ses bases et ses alliés dans la région, et avoir répliqué en bombardant au sol une île iranienne.

"L'Iran a lancé plusieurs missiles balistiques vers des pays de la région, mais tous ont raté leur cible", a écrit le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient dans un communiqué sur X, ajoutant qu'aucun membre de l'armée n'avait été blessé.

"Deux missiles iraniens tirés vers le Koweït sont tombés avant d'atteindre le territoire ou se sont désintégrés en vol, et trois missiles lancés contre Bahreïn ont été immédiatement interceptés par les défenses aériennes américaines et bahreïniennes", a précisé le Centcom.

Avant cela, l'armée américaine avait "abattu trois drones" d'attaque "lancés par l'Iran contre des marins civils qui circulaient légitimement dans les eaux régionales", a encore déclaré l'armée américaine.

En réponse, le Centcom dit avoir "mené des frappes de légitime défense" sur des cibles au sol sur l'île iranienne de Qeshm, dans le détroit d'Ormuz.

Le Corps des Gardien de la Révolution, cités par les médias iraniens, a affirmé que les Etats-Unis ont visé une tour de télécommunication sur l'île et qu'en représailles, ils ont visé une base militaire américaine dans un pays de la région ainsi que le siège de la 5e flotte américaine, à Bahreïn.

Cette dernière affirmation a été démentie par le Centcom. "Toutes les attaques iraniennes contre les forces américaines ont échoué", a écrit le Centcom sur X.

Un peu plus tôt, le Koweït avait affirmé intercepter des "attaques de drones et missiles hostiles".

Le Centcom a ensuite déclaré avoir intercepté "plusieurs drones." "Une nouvelle vague de drones iraniens tentant d'attaquer les forces américaines au Koweït n'a pas atteint les cibles visées cette nuit," a déclaré le commandement américain sur X.

 


Nouvelle session de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington

Nada Hamadeh (au centre), ambassadrice du Liban aux États-Unis, participe à une réunion entre les délégations israélienne et libanaise organisée par les États-Unis au département d’État à Washington, le 2 juin 2026. (AFP)
Nada Hamadeh (au centre), ambassadrice du Liban aux États-Unis, participe à une réunion entre les délégations israélienne et libanaise organisée par les États-Unis au département d’État à Washington, le 2 juin 2026. (AFP)
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  • Des représentants d’Israël et du Liban participent à une quatrième session de pourparlers directs à Washington, sous médiation américaine, malgré l’absence de relations diplomatiques entre les deux pays
  • Malgré les appels à l’apaisement, les combats entre Israël et le Hezbollah se poursuivent

WASHINGTON: Les ambassadeurs d'Israël et du Liban ont été reçus mardi au département d'Etat pour une nouvelle session de pourparlers directs, alors qu'Israël et le Hezbollah ont échangé des tirs après que Donald Trump a assuré que les deux camps lui avaient promis l'apaisement.

Cette quatrième rencontre entre les représentants des deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, a lieu au département d'Etat et doit durer deux jours.

Elle réunit les représentants israélien Yechiel Leiter et libanais Nada Hamadeh Moawad, ainsi que Daniel Holler, un haut conseiller du secrétaire d'Etat Marco Rubio, qui ne participe pas à cette session.

Aucun des participants n'a fait de déclarations.

Le président américain a indiqué lundi soir sur son réseau Truth Social que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'était engagé à ne pas envoyer de troupes à Beyrouth et que le Hezbollah allait "cesser totalement le feu".

Mais les combats qui opposent l'armée israélienne et le Hezbollah depuis le 2 mars, se sont poursuivis malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril et qui avait été prolongé une fois à l'issue de ces pourparlers, les premiers depuis des décennies.

Des frappes israéliennes lundi soir ont fait au moins six morts dans le sud du pays, portant à 13 le bilan global pour la journée, selon des sources libanaises. Et le Hezbollah a revendiqué mardi une attaque à la roquette contre un char israélien à Hadatha dans la région, disant y lutter contre "l'avancée des forces israéliennes".


Israël dit avoir obtenu l'aval des Etats-Unis pour frapper la banlieue sud de Beyrouth si le Hezbollah attaque ses localités

Les premiers intervenants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne qui a touché les environs d’un hôpital dans la ville de Tyr, dans le sud, le 1er juin 2026. (Reuters)
Les premiers intervenants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne qui a touché les environs d’un hôpital dans la ville de Tyr, dans le sud, le 1er juin 2026. (Reuters)
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  • Le ministre de la Défense israélien Israël Katz affirme qu’Israël aurait obtenu l’aval des États-Unis pour frapper la banlieue sud de Beyrouth (Dahiyeh), bastion du Hezbollah, en cas d’attaques contre le nord d’Israël
  • Il expose une logique de dissuasion : si les tirs continuent, Israël dit qu’il ciblerait Dahiyeh, en liant le sort de cette zone aux attaques subies par les localités israéliennes

JERUSALEM: Le ministre de la Défense israélien Israël Katz a affirmé mardi que son pays avait obtenu l'aval des Etats-Unis pour frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, en cas d'attaque du groupe pro-iranien sur son sol, selon un communiqué de son bureau.

"Le Premier ministre et moi-même avons mené, avec l'armée israélienne, une démarche visant à établir une équation selon laquelle le sort de Dahiyeh (la banlieue sud, ndlr) à Beyrouth serait lié à celui des localités du nord d'Israël. Si les localités israéliennes continuent d'être attaquées, nous évacuerons et frapperons le quartier chiite de Dahiyeh à Beyrouth, bastion du Hezbollah", a dit M. Katz.

"Les Etats-Unis ont validé ce principe et l'ont communiqué au gouvernement libanais ainsi qu'à toutes les parties concernées (...) Soit les tirs contre les localités cessent, soit, s'ils se poursuivent, nous frapperons Dahiyeh à Beyrouth", a poursuivi le ministre.