Couche-Tard et Carrefour étudient des «partenariats opérationnels»

Au lendemain du veto du gouvernement français sur une fusion, le canadien Couche-Tard et le français Carrefour ont réaffirmé samedi leur volonté de travailler ensemble, quoique sous une forme différente.(AFP)
Au lendemain du veto du gouvernement français sur une fusion, le canadien Couche-Tard et le français Carrefour ont réaffirmé samedi leur volonté de travailler ensemble, quoique sous une forme différente.(AFP)
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Publié le Samedi 16 janvier 2021

Couche-Tard et Carrefour étudient des «partenariats opérationnels»

  • «Des discussions préliminaires» avaient été engagées «à la suite d'une démarche amicale» de Couche-Tard, expliquent les deux entreprises samedi soir, au sortir d'un conseil d'administration du français Carrefour
  • Une prise de position d'autant plus dissuasive que le gouvernement a le pouvoir de bloquer les opérations de rachat dans l'industrie agroalimentaire, via la réglementation sur le contrôle des investissements étrangers

PARIS : Discussions sur un rapprochement «interrompues», mais «opportunités de partenariats opérationnels» à l'étude: au lendemain du veto du gouvernement français sur une fusion, le canadien Couche-Tard et le français Carrefour ont réaffirmé samedi leur volonté de travailler ensemble, quoique sous une forme différente.

«Des discussions préliminaires» avaient été engagées «à la suite d'une démarche amicale» de Couche-Tard, expliquent les deux entreprises samedi soir, au sortir d'un conseil d'administration du français Carrefour. Mais, «au vu des récents événements, ces discussions sont interrompues». 

Ces «récents événements», c'est bien sûr le veto «courtois, mais clair et définitif» que le gouvernement français a opposé au rachat «d'un des grands distributeurs français». Motif: «la sécurité alimentaire n'a pas de prix», comme l'a déclaré Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, vendredi sur BFMTV et RMC.

Une prise de position d'autant plus dissuasive que le gouvernement a le pouvoir de bloquer les opérations de rachat dans l'industrie agroalimentaire, via la réglementation sur le contrôle des investissements étrangers.

«Acats en commun»

Cependant, Carrefour et Couche-Tard ne vont pas stopper toutes discussions. Ils entendent bien «examiner des opportunités de partenariats opérationnels», portant, par exemple, sur «le partage de bonnes pratiques dans la distribution de carburant», «le développement d'achats en commun», ou encore «l'optimisation de la distribution de produits sur les géographies communes aux deux groupes».

«Construire des partenariats innovants est un point clef de la stratégie de transformation de Carrefour», a justifié le PDG de Carrefour Alexandre Bompard, pour qui le partenariat avec Couche-Tard «s'inscrit pleinement dans cette stratégie qui nous a déjà permis de retrouver une voie de croissance rentable».

Quel regard y porte Bruno Le Maire et le gouvernement? Contacté par l'AFP samedi soir, Bercy n'a pas souhaité commenter ces nouveaux développements.

«Pas le bon timing» -

Le veto du gouvernement avait en tout cas surpris les milieux d'affaires français, certains faisant l'hypothèse d'une décision «plus politique qu'économique». Un analyste financier ayant requis l'anonymat observait de son côté que «le timing de l'opération n'était pas le bon avant les élections». A fortiori concernant un groupe qui est le «premier employeur privé» dans l'Hexagone.

Dans le communiqué de samedi, le président et chef de la direction de Couche-Tard Brian Hannasch a en tout cas semblé se satisfaire du compromis trouvé - peut-être parce qu'il laisse la porte ouverte à différentes options, par exemple à une alliance capitalistique à plus long terme.

«Les opportunités opérationnelles avec Carrefour nous permettront d'accomplir notre ambition de devenir un leader mondial de la grande distribution», a-t-il estimé. «Les domaines de coopération envisagés sont alignés avec notre plan stratégique, notre engagement à nous renforcer sur nos activités principales comme les formats de proximité et la distribution de carburant, et notre volonté d'explorer les multiples opportunités dans les zones de croissance associées», a-t-il encore expliqué.

Son entreprise a toutefois vu son cours de Bourse dévisser d'environ 10% depuis l'annonce de discussions, les analystes se montrant dubitatifs quant à la «création de valeur» d'un rapprochement entre deux groupes très différents, un champion du format petite taille réalisant 70% de son chiffre d'affaires par la vente d'essence d'une part, un géant des grandes surfaces d'autre part. 

«Jusqu'à présent, leur stratégie était de dire que malgré la transition énergétique, l'essor des voitures électriques, leur business a un avenir en dépit de leur exposition aux stations essence», expliquait vendredi un analyste financier ayant demandé l'anonymat. Or, un rapprochement avec Carrefour répondrait à l'idée «de diluer le poids des ventes de stations essence dans le groupe, en s'offrant une plateforme de distribution qui se développe en ligne pour accélérer sur le retail».

Côté Carrefour, le veto du gouvernement avait fait retomber son cours de Bourse à 16,61 euros à la clôture vendredi. Mais c'est un niveau plus élevé qu'avant l'intérêt de Couche-Tard, qui témoigne d'un distributeur devenu «(re)désirable», analysait vendredi sur son blog le spécialiste de la distribution française Olivier Dauvers.

 


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com