L'Élysée défend l'accord Union européenne/Chine, une «brique» pour améliorer les droits de l'homme

L'accord controversé entre l'Union européenne et la Chine sur les investissements, conclu le 30 décembre (Photo, AFP)
L'accord controversé entre l'Union européenne et la Chine sur les investissements, conclu le 30 décembre (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 19 janvier 2021

L'Élysée défend l'accord Union européenne/Chine, une «brique» pour améliorer les droits de l'homme

  • Des responsables politiques européens accusent l'UE d'avoir sacrifié le sort des Ouïghours à ses intérêts économiques
  • Pour l'Elysée, l'accord UE-Chine «est une première étape» et les Européens  vont «suivre la mise en oeuvre des engagements» par Pékin

PARIS: L'Élysée a défendu lundi l'accord controversé entre l'Union européenne (UE) et la Chine sur les investissements, en assurant que les « engagements » pris par Pékin sur le travail forcé et les droits de l'Homme seraient « vérifiés très scrupuleusement ». 

Cet accord, conclu le 30 décembre, « ne va pas régler la question des droits de l'homme en Chine » mais « c'est une brique importante » qui « engage » Pékin, notamment « pour le respect des règles internationales du droit du travail », a affirmé la présidence. 

L'accord négocié par Bruxelles depuis sept ans prévoit que la Chine « s'engage [...] à œuvrer à la ratification des conventions fondamentales de l'Organisation internationale du travail (OIT), y compris celles [interdisant] le travail forcé », selon la Commission européenne.   

Mais des responsables politiques européens, notamment du Parlement européen qui aura à ratifier l'accord, accusent l'Union européenne d'avoir sacrifié le sort des Ouïghours à ses intérêts économiques. 

L'eurodéputé Bernard Guetta (Renew, soutenu par LREM) a ainsi indiqué, dans une tribune publiée par Libération, qu'il voterait non, car « l'UE ne peut pas traiter des droits de l’homme avec la même et cynique hypocrisie que la dictature chinoise, car c’est se nier soi-même ». 

Experts et ONG accusent le régime communiste d'avoir interné au Xinjiang (ouest) plus d'un million de membres de cette minorité musulmane dans des « camps de rééducation » et de les soumettre à des tâches coercitives, notamment le ramassage du coton. 

Pour l'Elysée, l'accord UE-Chine « est une première étape » et les Européens  vont « suivre la mise en oeuvre des engagements » par Pékin et « vérifier très scrupuleusement qu'ils soient mis en œuvre », notamment à l'occasion d'un point d'étape prévu en 2022 durant la présidence française de l'UE. 

Mais, pour « éradiquer le travail forcé », il faut »que tous les Etats », et pas uniquement les 27 de l'UE, et « toutes les entreprises avancent ensemble » dans un »cadre multilatéral » de renforcement des normes internationales. L'UE « tire dans la même direction que les Etats-Unis », affirme l'Elysée, alors que des critiques estiment que Bruxelles aurait dû s'entendre avec l'administration Biden, qui prend ses fonctions mercredi, avant de signer avec Pékin.  

Sur le plan économique, Paris affirme que l'accord va « permettre aux Européens de rééquilibrer la relation avec la Chine » sur le plan des investissements, de l'accès au marché ou des subventions. 

Emmanuel Macron, qui s'est engagé au début de son quinquennat à se rendre en Chine une fois par an, « compte tenir cet engagement » en 2021 même s'il n'a pu le faire l'an dernier à cause de la crise du Covid-19, selon l'Elysée. Il pourrait s'y rendre pour participer à la COP15 biodiversité que prévoit d'accueillir la Chine en mai à Kunming. 


Liban: Macron appelle Israël à "renoncer à une offensive terrestre"

Le président français Emmanuel Macron préside une visioconférence des dirigeants du G7 pour discuter des répercussions de la guerre en Iran sur l’économie mondiale, dans le contexte du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, au palais de l’Élysée à Paris, le 11 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron préside une visioconférence des dirigeants du G7 pour discuter des répercussions de la guerre en Iran sur l’économie mondiale, dans le contexte du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, au palais de l’Élysée à Paris, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a appelé Israël à renoncer clairement à une offensive terrestre au Liban et le Hezbollah à cesser immédiatement ses attaques
  • La France soutient les efforts du Liban pour rétablir le contrôle total de l’État, tandis que la Syrie affirme désormais appuyer la souveraineté libanaise

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a appelé mercredi soir Israël à "clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban" et le Hezbollah à "immédiatement mettre fin à ses attaques", après s'être entretenu avec son homologue libanais Joseph Aoun.

"Le Hezbollah a commis une faute majeure en forçant le Liban à l’affrontement avec Israël. Il doit immédiatement mettre fin à ses attaques. De son côté, Israël doit clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban", a-t-il affirmé dans une publication sur le réseau social X.

Israël poursuit ses attaques visant le Hezbollah au Liban, entraîné le 2 mars dans la guerre au Moyen-Orient lorsque le mouvement pro-iranien a lancé une attaque sur Israël.

L'agence officielle Ani a fait état de nouvelles frappes mercredi soir dans le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, tandis que des images de l'AFPTV ont montré de la fumée s'élever de la banlieue sud.

Emmanuel Macron a également indiqué s'être entretenu avec son homologue syrien Ahmad al-Chareh, dont il assure qu'il "soutient les efforts des autorités libanaises pour restaurer le contrôle plein et entier de l’Etat sur leur territoire".

"Son soutien à la souveraineté libanaise marque une rupture nette avec le passé. C’est le gage de relations saines et constructives entre le Liban et la Syrie", a-t-il déclaré.

Les forces d'Ahmad al-Chareh, dont le groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS) qu'il dirigeait et a depuis dissous, ont renversé en décembre 2024 l'ancien dirigeant syrien Bachar al-Assad, que le Hezbollah soutenait militairement.

Les présidents libanais et syrien ont convenu mardi de mieux "contrôler" leur frontière commune, au lendemain d'un incident, a annoncé Beyrouth.

Damas avait dénoncé dans la nuit précédente des tirs d'artillerie du Hezbollah vers son territoire, en pleine guerre entre Israël et le mouvement chiite libanais soutenu par l'Iran.


Liban: la France triple son soutien humanitaire et envoie 60 tonnes d'aide

Photo d'archives du 1er novembre 2024. (AFP)
Photo d'archives du 1er novembre 2024. (AFP)
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  • "Nous avons décidé de tripler le volume de l'aide qui arrivera cette semaine. Cette aide atteindra 60 tonnes d'aide humanitaire à destination des Libanais, avec des kits sanitaires, des kits d'hygiène, des matelas, des lampes"
  • Ce soutien s'effectue "grâce au soutien de la Fondation CMA CGM" de l'armateur français

PARIS: La France s'apprête à tripler son soutien humanitaire au Liban, en y dépêchant jeudi 60 tonnes d'aide pour les réfugiés quittant le sud du pays où Israël mène des opérations militaires contre le Hezbollah pro-iranien, a annoncé mercredi le chef de la diplomatie française

"Nous avons décidé de tripler le volume de l'aide qui arrivera cette semaine. Cette aide atteindra 60 tonnes d'aide humanitaire à destination des Libanais, avec des kits sanitaires, des kits d'hygiène, des matelas, des lampes, mais aussi un poste sanitaire mobile", a déclaré Jean-Noël Barrot sur TF1.

Ce soutien s'effectue "grâce au soutien de la Fondation CMA CGM" de l'armateur français, selon lui.

Paris s'apprête par ailleurs à fournir "plusieurs dizaines" de véhicules de l'avant-blindé (VAB) aux forces armées libanaises, "dont nous considérons qu'elles sont seules légitimes à assurer la sécurité du Liban", a rappelé le ministre, qui a à nouveau appelé le Hezbollah à "cesser ses attaques sur Israël" et "à rendre ses armes aux autorités libanaises".

Quelque 760.000 personnes ont été déplacées depuis le début de la campagne de frappes, lancée en réponse à des tirs du Hezbollah, selon des chiffres publiés mardi par le gouvernement libanais.

Depuis que le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël, près de 500 personnes ont été tuées.


Le Hezbollah doit se désarmer, Israël s'abstenir d'une opération d'envergure, selon Paris

 La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure". (AFP)
 La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure". (AFP)
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  • La France, qui devait accueillir le 5 mars une conférence internationale d'aide aux forces armées libanaises, réitère "son plein soutien aux autorités libanaises"
  • Condamnant "le choix irresponsable" fait par le groupe chiite pro-iranien de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël depuis le 1er mars, Paris appelle "le Hezbollah à mettre fin à ses opérations"

PARIS: La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure".

Condamnant "le choix irresponsable" fait par le groupe chiite pro-iranien de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël depuis le 1er mars, Paris appelle "le Hezbollah à mettre fin à ses opérations", selon une déclaration du porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

Elle appelle en outre Israël "à s'abstenir de toute intervention terrestre ou d'envergure durable au Liban, dont l'intégrité territoriale et la souveraineté doivent être respectées".

La France, qui devait accueillir le 5 mars une conférence internationale d'aide aux forces armées libanaises, réitère "son plein soutien aux autorités libanaises", saluant leur décision le 2 mars dernier d'interdire les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah.

La conférence du 5 mars, annulée en raison du déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, était destinée à lever des fonds pour renforcer les forces de sécurité intérieures et l'armée libanaise, qui manquent cruellement de moyens financiers et d'équipements.

Cette aide était jugée fondamentale alors que l'armée libanaise était engagée dans un processus de désarmement du Hezbollah.

L'armée libanaise avait indiqué en janvier avoir achevé la première phase de ce plan de désarmement, couvrant la région située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord. La deuxième phase, concernant une zone située au nord du fleuve, devait commencer.

En déplacement au Liban début février, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait jugé positif le processus de désarmement, estimant qu'au sud du fleuve Litani, il n'y avait plus de menaces vers le nord d'Israël.

Il avait aussi demandé à l'Iran de cesser d'être une force déstabilisatrice au Liban alors qu'Israël suspectait le Hezbollah de se réarmer avec l'aide de Téhéran.

Les autorités israéliennes ont constamment jugé insuffisants les progrès dans le désarmement du groupe pro-iranien qui a fini par entraîner le Liban dans la guerre début mars.