Avis d'expert: Les tensions entre Washington et Pékin ont aggravé la pandémie

Des passagers portant le masque à la gare de Wuhan, en Chine, le 25 novembre (Photo, AFP).
Des passagers portant le masque à la gare de Wuhan, en Chine, le 25 novembre (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mercredi 06 janvier 2021

Avis d'expert: Les tensions entre Washington et Pékin ont aggravé la pandémie

  • Plus d'un an après l'apparition du nouveau coronavirus en Chine, plus de 1,8 million de personnes en sont mortes et plus de 85 millions ont été infectées
  • La réponse internationale à la pandémie a fait, selon Kickbusch, les frais des tensions mondiales, en particulier de la guerre commerciale entre Washington et Pékin

GENÈVE: Les tensions géopolitiques apparues avant la Covid-19 ont rejailli sur la réponse internationale apportée à la pandémie, aggravant la crise sanitaire, estime la spécialiste mondiale de la politique globale de santé, l'Allemande Ilona Kickbusch.

Plus d'un an après l'apparition du nouveau coronavirus en Chine, plus de 1,8 million de personnes en sont mortes et plus de 85 millions ont été infectées dans le monde.

La crise aurait pu être moins grave si la situation géopolitique avait été moins tendue, explique dans un entretien Kickbusch, qui dirige le Centre de Santé Mondiale de l'Institut de hautes études internationales et du développement à Genève. Elle pointe notamment du doigt les différends entre Pékin et Washington.

Les précédentes crises sanitaires mondiales - variole pendant la guerre froide, Sras en 2003 - ont aussi eu lieu à des moments de tensions géopolitiques mais les pays ont généralement réussi à les dépasser et à coopérer pour freiner la propagation de maladies, fait valoir cette spécialiste.

Tel n'est pas le cas aujourd'hui. « Maintenant, (...) les esprits se ferment, de tous les côtés », estime-t-elle.

La réponse internationale à la pandémie a fait, selon Kickbusch, les frais des tensions mondiales, en particulier de la guerre commerciale entre Washington et Pékin.

« C'est la preuve ultime que si les pays, quelle que soit leur position géopolitique ou idéologique, ne travaillent pas ensemble dans le domaine de la santé mondiale, nous sommes dans de sales draps », résume la chercheuse.

Le président américain Donald Trump a réclamé à plusieurs reprises une enquête internationale sur l'origine du virus, accusant Pékin de cacher des choses et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) de trop se plier à la volonté des autorités chinoises.

« Bien sûr, Wuhan (le berceau de la pandémie) a fait des erreurs », les autorités provinciales « n'ont pas transmis des informations, et je suis sûre que Pékin n'a pas compris tout de suite à quel point c'était grave », estime Kickbusch.

Selon elle, le fait que la Chine se soit fermée et n'ait pas voulu communiquer a toutefois permis au virus de se propager davantage.

Une mission internationale mandatée par l'OMS doit se rendre en Chine en janvier, mais le délai imposé par la Chine pour accepter une enquête indépendante signifie que les premières traces de l'infection vont être compliquées à retrouver.

« Il y a eu une arrogance générale, basée sur le conflit géopolitique, dans lequel ‘l'autre’ est fondamentalement mauvais, ‘l'autre’ n'est pas digne de confiance ».

« Le vaccin chinois doit (forcément) être moins bon qu'un vaccin occidental. C'est une seule et même histoire et nous ne pouvons pas nous permettre ce genre de discours lorsqu'il est question de santé mondiale », conclut Kickbusch.


Malgré les menaces de Téhéran, les discussions continuent "à un rythme rapide" selon Trump

Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
Short Url
  • Les pourparlers États-Unis–Iran sont fragiles, entre annonces d’accords et suspension du dialogue.
  • Malgré les discussions, les frappes et menaces d’escalade régionale se poursuivent, alimentant l’instabilité

TEHERAN: Donald Trump a assuré lundi que les négociations avec Téhéran pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient se poursuivaient "à un rythme rapide" et qu'une détente se profilait au Liban, comme exigé par la partie iranienne.

Un peu plus tôt, l'agence de presse iranienne Tasnim avait affirmé que les négociateurs du pays avaient "suspendu" le dialogue indirect avec Washington à cause des "crimes" qu'Israël "continue à commettre", sans que cette information ne soit confirmée de source officielle iranienne.

"Les Etats-Unis sont directement responsables d'une violation du cessez-le-feu contre l'Iran, et d'une violation du cessez-le-feu par le régime israélien contre le Liban", a estimé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont estimé que "les lignes rouges franchies" à Gaza et au Liban équivalaient "à une guerre directe", en référence aux frappes quasi quotidiennes d'Israël dans le territoire palestinien et à son offensive dans le pays voisin.

"En réponse", l'Iran "est déterminé à mener des opérations défensives" et à "ouvrir de nouveaux fronts", ont averti les Gardiens.

Mais Donald Trump a annoncé avoir obtenu auprès du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, l'engagement de ne pas envoyer de troupes à Beyrouth, et auprès du Hezbollah pro-iranien celui de "cesser totalement le feu".

"Israël ne les attaquera pas et ils n'attaqueront pas Israël", a-t-il écrit.

Peu après, l'ambassade du Liban aux Etats-Unis a confirmé que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de "cessation mutuelle des attaques" avec Israël.

- Le pétrole fébrile -

Les négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine, patinent depuis des semaines.

D'autant que Téhéran a redit lundi que le nucléaire iranien ne faisait pas partie "à ce stade" des discussions, contrairement aux attentes de Donald Trump, qui a affirmé dimanche soir qu'un protocole d'accord devrait stipuler "très clairement que l'Iran n'aura(it) pas d'arme nucléaire".

Autre dossier clé des discussions, la navigation maritime. Selon Tasnim, l'Iran compte continuer à verrouiller le détroit d'Ormuz, et envisage de perturber le trafic dans celui de Bab el-Mandeb, de l'autre côté de la péninsule arabique - ce qui bloquerait l'accès au canal de Suez via la mer Rouge et contraindrait les navires à d'énormes détours.

Un navire a été touché par un projectile dans le Golfe qui a déclenché une forte explosion, a indiqué sans plus de détails l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Dans ce contexte, le cours du Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole brut, est brutalement reparti à la hausse (jusqu'à environ +7%) avant de ralentir quelque peu et de terminer la séance en hausse de 4,24% à 94,98 dollars.

- Washington défend des frappes "défensives" -

L'Iran avait plus tôt dans la journée accusé les Etats-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril, après des frappes américaines ce week-end suivies de représailles militaires iraniennes.

L'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Les Gardiens iraniens avaient dit avoir riposté en attaquant une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire, sans nommer le pays visé - mais le Koweït a intercepté des missiles et drones "hostiles" et les a attribués à l'Iran.

La guerre a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranle l'économie mondiale.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

Short Url
  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

Short Url
  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".