Biden entre l’alliance avec Israël et les espoirs de la naissance d’un État palestinien

Joe Biden (à gauche), alors Vice-président des Etats-Unis est reçu par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou (à droite), à Jérusalem en 2016 (Photo, AFP).
Joe Biden (à gauche), alors Vice-président des Etats-Unis est reçu par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou (à droite), à Jérusalem en 2016 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Jeudi 21 janvier 2021

Biden entre l’alliance avec Israël et les espoirs de la naissance d’un État palestinien

  • Benjamin Netanyahou déclaré avoir hâte d’«étendre la paix entre Israël et le monde arabe et d'affronter des défis communs, avec en premier lieu la menace que pose l'Iran»
  • Mahmoud Abbas s’est dit prêt à un processus de paix répondant aux aspirations du peuple palestinien à «la liberté et à l'indépendance»

JÉRUSALEM: Israël a appelé mercredi le nouveau président américain Joe Biden à « renforcer l'alliance » entre les deux pays face notamment à la « menace de l'Iran », tandis que les Palestiniens l'ont invité à œuvrer à la création d'une Palestine « indépendante ».

« J'ai hâte de travailler avec vous afin de renforcer l'alliance Etats-Unis/Israël, de continuer à étendre la paix entre Israël et le monde arabe et d'affronter des défis communs, avec en premier lieu la menace que pose l'Iran », ennemi juré d'Israël, a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahou, dans une vidéo pour féliciter Biden. 

Benjamin Netanyahou aimait répéter que Donald Trump était le « meilleur ami » que l'Etat hébreu n'ait jamais eu à la Maison Blanche, mais il a évoqué mercredi « une amitié chaleureuse remontant à plusieurs décennies » avec le démocrate Joe Biden.

Sous la présidence Trump, les Etats-Unis se sont retirés unilatéralement de l'accord international sur le nucléaire conclu entre les grandes puissances et l'Iran, et ont imposé de nouvelles sanctions contre Téhéran.

Israël s'est félicité de ces mesures et a encouragé l'Europe à suivre l'exemple de Washington. Or le futur secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a confirmé mardi que le gouvernement de Joe Biden était prêt à revenir dans l'accord à condition que Téhéran respecte à nouveau ses engagements.

« Soupir de soulagement »

Autre dossier prioritaire pour Israël : la poursuite de la normalisation avec de nouveaux pays arabes. Depuis août et sous l'impulsion de l'administration Trump, Israël a annoncé des accords de normalisation avec les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Soudan et le Maroc.

Les Palestiniens, des islamistes du Hamas au pouvoir dans la bande de Gaza au Fatah laïc du président Mahmoud Abbas, qui siège en Cisjordanie occupée, ne cessent de dénoncer ces accords estimant que la normalisation entre Israël et le monde arabe ne doit être envisagée qu'après, et non avant, une résolution du conflit israélo-palestinien.

En ce sens, le plan Trump pour résoudre ce conflit, annoncé il y a un an, prévoyait entre autres l'annexion de pans de la Cisjordanie par Israël, la création d'un Etat palestinien sur un territoire réduit, tout en faisant de la ville disputée de Jérusalem la capitale de l'Etat hébreu.

« Nous sommes impatients de travailler ensemble pour la paix et la stabilité dans la région et dans le monde », a déclaré dans un communiqué le président palestinien Mahmoud Abbas, se disant prêt à un processus de paix répondant aux aspirations du peuple palestinien à « la liberté et à l'indépendance ».

« Le monde entier et les Palestiniens ont poussé un soupir de soulagement après le départ de Trump (...) », a indiqué Azzam al-Ahmad, un cadre de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP), qui regroupe différentes factions palestiniennes mais pas le Hamas.

Compte Twitter modifié

A Gaza, le Hamas a appelé Joe Biden à « mettre fin aux tentatives de liquider la question palestinienne », en commençant par le statut de Jérusalem, a indiqué son porte-parole, Fawzi Barhoum.

Si Joe Biden prône la « solution à deux Etats », un Etat palestinien viable aux côtés d'Israël, il n'a toutefois pas l'intention de revenir sur la reconnaissance par Washington, sous Donald Trump, de Jérusalem comme capitale de l'Etat hébreu, a dit Antony Blinken.

Preuve d'un changement de cap à Washington avec l'arrivée à la Maison Blanche de Joe Biden, l'ambassadeur des Etats-Unis à Jérusalem, David Friedman, un ardent défenseur de l'annexion, a quitté mercredi ses fonctions. 

Et le compte Twitter officiel de son éventuel successeur à Jérusalem est devenu le compte de l'ambassadeur des Etats-Unis en « Israël, en Cisjordanie et à Gaza » et non plus seulement en Israël...


Liban: les explosions israéliennes près d'un château menacent l'accord-cadre bilatéral, dit le président

De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
Short Url
  • Le Liban accuse Israël de menacer l'accord-cadre bilatéral après de puissantes explosions près du château de Beaufort, attribuées à la destruction de tunnels du Hezbollah
  • Israël affirme avoir ciblé des infrastructures du Hezbollah après une violation du cessez-le-feu, tandis que de nouveaux pourparlers sont prévus à Rome

BEYROUTH: Le Liban a jugé vendredi que les explosions massives provoquées par l'armée israélienne, pour selon elle détruire des tunnels du Hezbollah, près du château de Beaufort, dans le sud, menaçaient l'application de l'accord-cadre bilatéral conclu récemment.

"Les forces israéliennes ont provoqué de très puissantes explosions vers minuit", notamment "dans le secteur de la forteresse de Beaufort", classée par l'Unesco, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Le président libanais, Joseph Aoun, a dénoncé "une escalade extrêmement dangereuse (...) et une menace directe" pour la mise en oeuvre de l'accord-cadre conclu en juin entre le Liban et Israël sous égide américaine.

Cet accord prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe toujours une partie du sud du pays - sous réserve d'un désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Les Etats-Unis ont confirmé lundi la tenue de nouveaux pourparlers entre Israël et le Liban, à Rome du 4 au 6 août, en vue notamment d'étendre ce processus.

"Le timing de ces agressions (...) envoie des messages négatifs et sape les efforts internationaux visant à consolider la stabilité", à quelques jours de ces nouveaux pourparlers, a déploré la présidence dans un communiqué.

Les explosions ont "provoqué des ondes équivalant à celles d'un séisme", a-t-elle pointé.

L'Ani a fait ensuite état dans la soirée de trois nouveaux dynamitages israéliens "violents" dans la région méridionale de Marjeyoun.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a condamné "les agressions israéliennes continues dans le sud, sous forme d'explosions, bombardements et destructions méthodiques", y compris "les atteintes aux sites archéologiques".

Le château de Beaufort datant de l'époque des Croisés, situé dans la zone du sud occupée par Israël, a été inscrit la semaine dernière sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Selon le ministère libanais de la Culture, les explosions "pourraient avoir causé des dégâts aux abords de la forteresse", dont l'ampleur "ne pourra être évaluée qu'à l'issue d'une inspection sur le terrain", actuellement impossible.

Un correspondant de l'AFP dans un village proche a entendu d'énormes déflagrations et vu la poussière recouvrir de larges zones boisées de la région. Des fenêtres ont été brisées dans des maisons de villages alentour, selon l'Ani.

Dans un communiqué commun, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit "les tunnels terroristes dans la région", utilisant quelque 700 tonnes d'explosifs.

Ils ont affirmé que l'opération faisait suite à une  "violation flagrante du cessez-le-feu par le Hezbollah" mercredi.

L'armée israélienne avait accusé le mouvement chiite pro-iranien d'avoir lancé un drone explosif contre un de ses véhicules dans le sud du pays.

Le Hezbollah n'a pas revendiqué d'attaque contre Israël depuis le 20 juin.

Mais il a appelé vendredi le pouvoir libanais à agir "à tous les niveaux politiques et diplomatiques pour la cessation des crimes de destruction commis par l'ennemi".

Le mouvement avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, et son armée continue d'occuper des zones du sud du Liban.


Frappe contre un pétrolier au large des côtes d'Oman, selon l'agence maritime britannique

Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, vus depuis la péninsule de Musandam, à Oman, le 31 juillet 2026. (REUTERS/Stringer)
Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, vus depuis la péninsule de Musandam, à Oman, le 31 juillet 2026. (REUTERS/Stringer)
Short Url
  • Un pétrolier a été touché par un projectile non identifié au large de Limah (Oman), près du détroit d'Ormuz, causant des dégâts à la salle des machines, sans faire de victimes
  • Le trafic dans le détroit a chuté de 77 % sur fond de tensions entre l'Iran et les États-Unis

DUBAI: Un pétrolier a été frappé par un "projectile non-identifié" samedi au large de la ville côtière de Limah à Oman, à l'entrée du détroit d'Ormuz, a annoncé l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Selon le rapport de l'UKMTO, le "projectile non-identifié" a causé "des dommages dans la salle des machines". Aucune victime n'a été recensée indique l'agence britannique, qui précise que le navire a été touché à 11 miles nautiques (environ 20 kilomètres) de Limah.

Après la reprise des hostilités avec Washington le 7 juillet, l'Iran a de nouveau verrouillé le détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial des hydrocarbures, revendiquant d'imposer des droits de passage sur les bateaux et autorisant uniquement la route longeant ses côtes.

La plateforme Kpler, a confirmé vendredi sur X que le trafic dans le détroit d'Ormuz a fortement chuté. "Les traversées du détroit d'Ormuz ont diminué de 77% en un jour pour tomber à seulement cinq navires, toutes concentrées dans le cadre du dispositif unilatéral iranien", indique Kpler.

"Les positions publiques des Etats-Unis et de l'Iran demeurant inconciliables, les opérateurs surveillent de près les volumes de trafic, les comportements de routage et toute évolution diplomatique susceptible de remodeler le risque sur les routes maritimes régionales dans les prochains jours", ajoute encore Kpler.


L'Iran dit avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït

L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
Short Url
  • Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat
  • L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué, l'armée a indiqué avoir visé "des abris d'avions de combat, des systèmes de communication par satellite et des installations de stockage d'équipement sur la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït".

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm".

Selon des médias iraniens jeudi, trois membres d'une même famille ont été tués dans des frappes contre cette île située dans le détroit d'Ormuz.

La revendication de l'armée iranienne intervient alors que selon le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, les belligérants négocient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements réciproques mercredi et jeudi.

La diplomatie pakistanaise a affirmé faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient, dont le Koweït.