En France, la lenteur de la vaccination frustre dans l'Est, très touché par l'épidémie

Le personnel médical attend à l'hôpital Emile Muller de Mulhouse, dans l'est de la France, à bord d'un hélicoptère médical, alors qu'il se prépare à évacuer un patient vers un autre établissement hospitalier, au sixième jour d'un strict confinement en France pour arrêter la propagation du COVID-19 (nouveau coronavirus).  (SEBASTIEN BOZON / AFP)
Le personnel médical attend à l'hôpital Emile Muller de Mulhouse, dans l'est de la France, à bord d'un hélicoptère médical, alors qu'il se prépare à évacuer un patient vers un autre établissement hospitalier, au sixième jour d'un strict confinement en France pour arrêter la propagation du COVID-19 (nouveau coronavirus). (SEBASTIEN BOZON / AFP)
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Publié le Samedi 23 janvier 2021

En France, la lenteur de la vaccination frustre dans l'Est, très touché par l'épidémie

  • Partout en France, de plus en plus de centres ouvrent leurs portes, en pleine polémique sur la lenteur de la campagne vaccinale à l'encontre du gouvernement, à la traîne par rapport à d'autres pays européens
  • L'Allemagne a vacciné 1,4 million de personnes, presque deux fois plus que les 800.000 qui ont reçu l'injection en France, selon les derniers chiffres

MULHOUSE: Dans la ville de Mulhouse dans l'est de la France, durement éprouvée par le Covid-19 depuis le début de l'épidémie, Anny Roth sort souriante d'un centre de vaccination et reconnaissante d'avoir évité les frustrations de nombre de ses amis.

"Ils pensent que je suis une génie en informatique", plaisante cette femme de 70 ans à propos de sa réussite à obtenir un créneau, rare sur le système de rendez-vous en ligne pour la vaccination, que de nombreux retraités ont du mal à utiliser.

"Ils me demandent tous comment j'ai fait. J'ai eu un coup de chance", déclare-t-elle dans un bâtiment sportif municipal, qui a ouvert lundi comme premier lieu de vaccination public, dans cette ville de 110.000 habitants.

Partout en France, de plus en plus de centres comme celui-ci ouvrent leurs portes, en pleine polémique sur la lenteur de la campagne vaccinale à l'encontre du gouvernement, à la traîne par rapport à d'autres pays européens.

Bien que les Français soient parmi les plus grands sceptiques au monde en matière de vaccins, la maire de Mulhouse Michèle Lutz affirme que la demande est élevée dans sa municipalité, en raison de la première vague dévastatrice de coronavirus en mars et avril 2020.

"Le vaccin est très, très attendu à Mulhouse", dit-elle. "Nous avons été la ville la plus durement impactée. Ce vaccin représente un espoir pour l'ensemble des Mulhousiens".

Les résidents se souviennent du bourdonnement constant des hélicoptères au-dessus des rues désertes de la ville, les patients étant transférés des hôpitaux débordés vers d'autres installations en France et en Allemagne voisine.

La maire se rappelle avec émotion de sa visite à la morgue, où des cercueils étaient entassés les uns sur les autres.

Si elle se réjouit des premières injections et reconnaît la complexité de la distribution des vaccins Pfizer-BioNTech, qui doivent être conservés à moins 80 degrés, elle critique le temps perdu par le gouvernement.

"Nous savons depuis novembre que les vaccinations seraient possibles", a-t-elle poursuivi. "Tout le travail de coordination, de mise en œuvre et de logistique aurait pu se faire beaucoup plus tôt", dénonce cette membre de l'opposition.

Avec une capacité maximum de prise en charge d'environ 200 rendez-vous par jour à Mulhouse, et des plaintes généralisées concernant le système de réservation, le personnel de la mairie reçoit régulièrement des appels d'habitants en colère.

Grande avancée allemande 

En raison de l'emplacement de Mulhouseà la frontière de l'Allemagne, les habitants se rendent compte à quel point les progrès sont plus rapides de l'autre côté du Rhin qui les sépare.

L'Allemagne a vacciné 1,4 million de personnes, presque deux fois plus que les 800.000 qui ont reçu l'injection en France, selon les derniers chiffres.

"Ici, en Alsace, on est toujours un peu ambivalent par rapport à l'Allemagne", admet le médecin Patrick Vogt, dont la grand-mère a changé de nationalité à sept reprises pendant les guerres de la fin du 19e et du 20e siècle.

"On est toujours admiratifs de l'organisation allemande", a-t-il ajouté. Selon lui, la centralisation excessive et la bureaucratie ont étouffé le déploiement d'une vaccination rapide en France. "Il faut que l'on change de rythme", a-t-il renchéri.

D'autres voisins de la France ont également démarré plus rapidement : la Grande-Bretagne a administré plus de 5 millions d'injections et l'Italie 1,25 million, selon le site ourworldindata.org.

Défense du gouvernement français 

Le gouvernement français a défendu à plusieurs reprises sa stratégie vaccinale, qu'il reconnaît être plus lente.

Les personnes éligibles - principalement les plus de 75 ans et les autres catégories de personnes vulnérables - ont besoin d'une prescription médicale, doivent signer des clauses de non-responsabilité et bénéficient en plus d'un délai pour prendre leur décision.

Le Premier ministre Jean Castex a insisté sur le fait que la France n'avait "pas à rougir" et a récemment répondu aux critiques qu'"on ne juge pas un match qui va durer 90 minutes à la deuxième seconde".

Il a également souligné que le système de dépistage français est parmi les meilleurs en Europe et que le nombre de nouveaux cas et de décès y est inférieur.

Le gouvernement semble en bonne voie d'atteindre l'objectif d'un million de vaccinations d'ici la fin du mois, mais le temps presse pour le docteur Vogt, le pays risquant d'affronter une troisième vague liée à la diffusion de variants plus contagieux.

"Tous les jours perdus à ne pas vacciner c'est une perte de temps, une perte de chance, pour ces patients qui vont remplir les hôpitaux aux mois de mars/avril, lorsque il y (aura) cette vague", a-t-il mis en garde.


Le président Macron recevra le prince héritier saoudien pour une visite officielle de deux jours

Le président français Emmanuel Macron, à gauche, rencontre le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane lors d’une visite officielle à Riyad, le 2 décembre 2024. (Photo d’archives AFP)
Le président français Emmanuel Macron, à gauche, rencontre le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane lors d’une visite officielle à Riyad, le 2 décembre 2024. (Photo d’archives AFP)
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  • Les deux dirigeants aborderont les enjeux économiques et régionaux et assisteront à la cérémonie de clôture de la Coupe du monde d’esport à Paris

RIYAD : Le président français Emmanuel Macron recevra dimanche le prince héritier et Premier ministre saoudien Mohammed ben Salmane pour une visite officielle de deux jours, a annoncé l’Élysée dans un communiqué.

Cette visite fait suite au déplacement d’Emmanuel Macron en Arabie saoudite en décembre 2024.

« Elle témoigne de la vitalité du dialogue entre le Royaume d’Arabie saoudite et la France et permettra de renforcer davantage le partenariat stratégique entre nos deux pays. À cette fin, le président de la République et le prince héritier réuniront, pour la première fois, le Conseil de partenariat stratégique franco-saoudien », précise le communiqué.

Les deux dirigeants évoqueront les grands enjeux économiques et stratégiques qui façonnent le partenariat franco-saoudien et échangeront leurs points de vue sur les principales questions régionales, alors qu’une coordination étroite entre la France et ses partenaires du Golfe est essentielle pour promouvoir la stabilité et la paix au Proche et au Moyen-Orient, ajoute le communiqué.

Les deux dirigeants assisteront également dimanche à la cérémonie de clôture de la Coupe du monde d’esport, organisée pour la première fois à Paris, hors d’Arabie saoudite, depuis sa création.

L’organisation de cette compétition mondiale majeure témoigne du nouvel attrait de la France comme destination pour les grands événements sportifs internationaux, notamment après le succès des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, souligne l’Élysée.

Elle reflète également l’ambition commune de la France et de l’Arabie saoudite de faire du sport et de la culture des vecteurs de rapprochement entre les deux pays, ajoute le communiqué. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Louis Blin: le rayonnement culturel, un nouvel enjeu identitaire pour l’Arabie

Les jeux vidéo, le cinéma, la musique, le patrimoine, les arts contemporains et la création artistique s’inscrivent tous dans un même mouvement : celui d’une Arabie saoudite qui cherche à conjuguer ouverture internationale et affirmation de ses racines. (Fourni)
Les jeux vidéo, le cinéma, la musique, le patrimoine, les arts contemporains et la création artistique s’inscrivent tous dans un même mouvement : celui d’une Arabie saoudite qui cherche à conjuguer ouverture internationale et affirmation de ses racines. (Fourni)
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  • La culture devient un levier stratégique de la transformation de l’Arabie saoudite, au cœur de la Vision 2030, pour construire une identité nationale ouverte sur le monde tout en valorisant son patrimoine
  • La France occupe une place privilégiée dans cette transformation, notamment à travers AlUla, la Villa Hegra et l’EWC, avec une coopération fondée sur la rencontre entre patrimoine, expression artistique et industries culturelles

PARIS : Longtemps perçue comme un domaine secondaire, voire dissocié des grands enjeux économiques et géopolitiques, la culture est désormais devenue l’un des moteurs de la transformation de l’Arabie saoudite.

Au cœur de la Vision 2030, elle accompagne une profonde mutation du Royaume et participe à la construction d’une nouvelle identité nationale, davantage ouverte sur le monde.

Dans cette dynamique, la France occupe une place singulière, de la coopération autour d’AlUla aux résidences d’artistes de la Villa Hegra, jusqu’à l’implantation à Paris de l’Esports World Cup (EWC), les initiatives se multiplient et dessinent les contours d’un partenariat culturel appelé à prendre de l’ampleur.

Pour Louis Blin, diplomate et spécialiste du monde arabe, cette évolution ne doit pas être réduite au seul essor spectaculaire du divertissement.

Jeux vidéo, cinéma, musique, patrimoine, arts contemporains ou création artistique participent d’un même mouvement, celui d’une Arabie saoudite qui cherche à conjuguer ouverture internationale et affirmation de ses racines.

« On a tendance à dissocier l’économie de la culture », observe Blin, auteur de plusieurs ouvrages sur l’Islam et l’Arabie, où il a été en poste. Pourtant rappelle-t-il, la France elle-même démontre combien les industries culturelles peuvent constituer un secteur économique majeur.

Le jeu vidéo en est l’un des exemples les plus emblématiques. C’est précisément autour de cette industrie que les deux pays se rencontrent aujourd’hui, notamment à travers l’EWC, dont la présence à Paris constitue un nouveau symbole de cette convergence.

Mais cette rencontre culturelle franco-saoudienne ne date pas de l’EWC, elle s’est construite progressivement autour de projets structurants, parmi lesquels le développement culturel et patrimonial d’AlUla occupe une place centrale.

La coopération franco-saoudienne y associe restauration du patrimoine, archéologie, tourisme culturel, création contemporaine et développement d’un écosystème artistique international.

À proximité, la Villa Hegra est devenue un autre laboratoire de cette relation, en accueillant notamment des résidences d’artistes et en offrant aux créateurs un espace de dialogue avec le patrimoine et les paysages d’AlUla.

L’EWC apporte aujourd’hui une dimension nouvelle à cette coopération, et le choix de Paris traduit la volonté de faire de l’événement bien davantage qu’une compétition internationale de jeux vidéo.

Il illustre la place croissante du divertissement dans la stratégie d’influence saoudienne et la volonté de rapprocher deux sociétés autour de pratiques culturelles communes.

Cette stratégie répond également à un enjeu identitaire, puisque le changement saoudien s’inscrit, selon Blin, dans le contexte plus vaste de la mondialisation.

Après des décennies durant lesquelles « l’affirmation de l’authenticité a parfois été associée au refus de certaines formes de diversité culturelle », le Royaume cherche,  du point de vue de Blin, à construire « une identité nationale capable de s’ouvrir au monde sans renoncer à son héritage ».

Mais pour lui, la difficulté réside précisément dans cet équilibre, car l’objectif ne serait pas d’importer une culture étrangère, mais de « bâtir quelque chose de nouveau à partir de l’ancien ».

Cela poursuit-il, « implique de redécouvrir et de valoriser un patrimoine beaucoup plus vaste que les seules références religieuses, telles que le patrimoine préislamique, l’histoire du Hijaz, ou les traditions de l’Asir ».

« Il faut restaurer nos cerveaux, parce que sinon on n’arrivera jamais à restaurer les pierres », résume-t-il, pour expliquer que la transformation culturelle ne peut être uniquement matérielle, mais suppose également une évolution des mentalités, « une réappropriation du patrimoine et l’émergence d’une nouvelle génération de créateurs ».

C’est là, de l’avis de Blin, que la coopération avec la France prend tout son sens, puisque ce pays dispose d’une longue expérience en matière de patrimoine, de création artistique et d’industries culturelles.

L’Arabie saoudite, de son côté, dispose d’un patrimoine exceptionnel et d’une volonté politique et financière considérable pour le mettre en valeur, « leur rapprochement peut ainsi produire un modèle original, fondé sur la rencontre plutôt que sur l’imitation ».

La culture devient donc un puissant outil de transformation de l’image du Royaume, car le jeu vidéo, par exemple, constitue un terrain de rencontre particulièrement efficace avec la société française. Lorsque les deux pays partagent les mêmes passions, les mêmes créateurs et les mêmes expériences culturelles, les représentations évoluent naturellement.

Pour Blin, l’enjeu dépasse largement l’échéance fixée par la Vision 2030, « 2030 est une date mobilisatrice », rappelle-t-il, mais « la transformation culturelle, elle, est appelée à se poursuivre bien au-delà.

Et contrairement à une idée souvent répandue, Blin considère que « cette mutation ne serait pas uniquement l’œuvre du prince héritier, celui-ci aurait surtout accompagné une aspiration déjà présente dans la société » mais « ce n’est pas lui qui a créé la vague, c’est la société », en soulignant notamment le rôle des jeunes et des femmes.

De l’héritage d’AlUla aux artistes de la Villa Hegra, jusqu’à l’univers mondialisé de l’EWC, la dynamique qui se dessine est celle d’une Arabie saoudite qui entend désormais faire de la culture un langage universel, capable de raconter au monde une nouvelle histoire du Royaume.


Sophie Adenot, "une fierté française" et "un horizon pour les petites filles", selon Macron

Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
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  • Sophie Adenot est devenue la première Française à effectuer une sortie dans l’espace, lors d’une opération de maintenance de l’ISS
  • Emmanuel Macron et plusieurs responsables politiques ont salué cet exploit comme une « fierté française » et une journée historique

PARIS: Le président Emmanuel Macron a salué mardi la sortie dans l'espace de Sophie Adenot, qualifiant l'événement de "fierté française" et voyant dans l'astronaute "le visage de tous les possibles".

"En devenant la première Française à sortir dans l'espace, Sophie Adenot incarne une fierté française autant qu'un horizon pour les petites filles qui rêvent d'infini", a-t-il écrit sur X, parlant de "l'heure des pionnières".

D'autres personnalités politiques se sont également exprimées comme Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, qui a félicité sur X l'astronaute et colonel de l'armée de l'air dont la sortie marque une "journée historique".

Plus tôt dans la journée, le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon a salué les "savoir-faire collectifs de haut niveau" nécessaires à l'opération, et le rôle de la France: "première nation spatiale européenne".

"Immense fierté", a simplement commenté Bruno Retailleau, le candidat des Républicains (LR) à la présidentielle.

Sophie Adenot, en mission dans la Station spatiale internationale (ISS), est devenue mardi la première astronaute française à sortir dans l'espace pour réaliser une opération délicate visant à remplacer une antenne de communication entre l'ISS et la Terre.