Au Forum virtuel de Davos, le risque du chacun pour soi face aux vaccins

La chancelière allemande Angela Merkel arrive pour prendre la parole lors du dialogue virtuel du Forum économique mondial (WEF) à Davos. (AFP)
La chancelière allemande Angela Merkel arrive pour prendre la parole lors du dialogue virtuel du Forum économique mondial (WEF) à Davos. (AFP)
Short Url
Publié le Mardi 26 janvier 2021

Au Forum virtuel de Davos, le risque du chacun pour soi face aux vaccins

  • Alors que la barre des 100 millions de cas de Covid-19 dans le monde est en passe d'être dépassée, les pays les plus riches ont pris une longueur d'avance dans la course à la vaccination
  • Bénéficiaires d'investissements massifs de l'Union européenne, les fabricants de vaccins anti-Covid «doivent maintenant tenir leurs promesses et honorer leurs obligations», a averti la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen,

BRUXELLES : Face à la pandémie, le risque du chacun pour soi? Au Forum virtuel de Davos, des voix se sont élevées pour réclamer un accès «équitable» aux vaccins.

Alors que la barre des 100 millions de cas de Covid-19 dans le monde est en passe d'être dépassée, les pays les plus riches ont pris une longueur d'avance dans la course à la vaccination.

Bénéficiaires d'investissements massifs de l'Union européenne, les fabricants de vaccins anti-Covid «doivent maintenant tenir leurs promesses et honorer leurs obligations», a averti la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, mardi dans une intervention vidéo - pandémie oblige, le Forum économique mondial a déserté cette année la station de ski suisse cossue de Davos.

Déjà à cran après des difficultés d'acheminement du vaccin Pfizer-BioNTech, le premier déployé dans l'UE, Bruxelles est sous pression après l'annonce de délais de livraison pour le vaccin du britannique AstraZeneca en raison d'une «baisse de rendement» sur un site de fabrication.

«Nationalisme vaccinal»

«Nous allons mettre sur pied un mécanisme de transparence sur les exportations de vaccins», visant à identifier les acheminements hors de l'UE des doses produites en Europe, a rappelé Ursula von der Leyen.

Avant de souligner que Bruxelles contribuait à promouvoir le déploiement de la vaccination à l'échelle du globe.

«En raison de chaînes de production planétaires, la santé de nos citoyens et la reprise économique mondiale vont de pair», a-t-elle assuré.

«L'important est d'avoir une répartition équitable» et d'«opter pour une voie multilatérale», a déclaré pour sa part Angela Merkel. 

La chancelière allemande a aussi souligné les enjeux diplomatiques derrière la grande question éthique de l'égalité d'accès, au moment où la Chine notamment multiplie les annonces de dons et de livraisons de ses vaccins aux pays en voie de développement.

«Ne nous faisons pas d'illusions: la question de qui dans le monde va avoir accès à quel type de vaccins va créer de nouveaux liens», a dit Mme Merkel. «Qui reçoit de l'aide en une telle situation d'urgence s'en souviendra naturellement plus nettement.»

Invité lui aussi à s'exprimer dans le cadre du Forum économique mondial, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a déclaré: «Les pays riches du monde accaparent ces vaccins.»

Les pays pauvres sont mis à l'écart par ceux qui ont les moyens d'acquérir «jusqu'à quatre fois ce dont leur population a besoin», a-t-il ajouté.

Ces accusations font écho à des avertissements répétés de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) contre le «nationalisme vaccinal».

«Le nationalisme vaccinal peut servir des objectifs politiques à court terme, mais il est dans l'intérêt économique à moyen et long terme de chaque nation de soutenir l'équité vaccinale», a encore insisté lundi son directeur Tedros Adhanom Ghebreyesus. 

Officiellement le pays le plus touché du continent africain, l'Afrique du Sud, paiera ses premiers vaccins, acquis par le biais de négociations directes entre le gouvernement et le laboratoire AstraZeneca, 2,5 fois plus cher que les pays de l'Union européenne. 

«Panique vaccinale»

A cause des nouveaux variants, «actuellement, une panique vaccinale» s'est emparée du monde, a estimé lors d'une autre table ronde l'épidémiologiste Seth Berkley, qui dirige l'Alliance pour les vaccins (Gavi), l'une des organisations qui tentent d'assurer la livraison de doses aux pays défavorisés.

«Nous allons commencer à distribuer les vaccins en février et monter en puissance pour tenter d'atteindre notre objectif de 2 milliards de doses d'ici la fin de l'année», a-t-il confirmé. 

Dans une étude commandée par la Chambre de commerce internationale (ICC), des épidémiologistes calculent que même si les économies avancées vaccinent leur propre population, elles auraient néanmoins à subir des coûts allant jusqu'à 4.500 milliards de dollars si les pays les moins avancés n'ont pas accès aux vaccins.

«C'est bien plus que les 38 milliards de dollars qu'il en coûterait pour fabriquer et distribuer les vaccins à l'échelle internationale», selon ce document.

 


Israël: les militants d'une nouvelle flottille en détention après leur interception en mer

Short Url
  • Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël
  • Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus

ASHDOD: Les autorités israéliennes ont entamé mercredi le transfert et le placement en détention à Ashdod, dans le sud d'Israël, de centaines de militants propalestiniens arrêtés à bord d'une flottille à destination de Gaza, selon une ONG.

Les forces israéliennes avaient intercepté lundi au large de Chypre des bateaux participant à une nouvelle "flottille pour Gaza".

Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël.

Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus.

"Ayant mis le cap sur Gaza pour y apporter de l'aide humanitaire et contester le blocus illégal, ces participants civils ont été enlevés de force dans les eaux internationales et conduits en territoire israélien entièrement contre leur volonté" a déclaré Adalah.

Une cinquante de navires avaient quitté la Turquie la semaine dernière avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré dans la nuit de mardi à mercredi que les 430 militants pourraient rencontrer leurs représentants consulaires.

"Cette flottille s'est une fois de plus révélée n'être rien de plus qu'un coup de communication au service du Hamas", a ajouté le porte-parole, en référence au mouvement islamiste palestinien qui a mené l'attaque sans précédent contre Israël en octobre 2023, déclenchant la guerre à Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dénoncé plus tôt "un plan malveillant destiné à briser le blocus (...) imposé aux terroristes du Hamas".

Neuf ressortissants indonésiens, membres de la flottille, "ont été signalés comme ayant été arrêtés par Israël", a déclaré une porte-parole du ministère indonésien des Affaires étrangères, citant des informations datées de mercredi.

L'Indonésie a appelé Israël à libérer immédiatement tous les navires et membres d'équipage. Le journal indonésien Republika avait indiqué plus tôt que deux de ses journalistes figuraient parmi les personnes interpellées.

La Turquie et l'Espagne ont condamné l'interception. Les organisateurs ont indiqué que la flottille comptait également 15 citoyens irlandais, dont Margaret Connolly, la sœur de la présidente Catherine Connolly.

Israël contrôle tous les points d'entrée vers la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis 2007.

Pendant la guerre à Gaza, où une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2025, le territoire a connu de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels, Israël ayant parfois complètement interrompu les livraisons d'aide humanitaire.

Une précédente flottille avait été interceptée en avril dans les eaux internationales au large de la Grèce et la plupart des militants expulsés vers l'Europe. Deux d'entre eux ont été amenés en Israël, détenus pendant plusieurs jours puis expulsés.

 


Négociations Etats-Unis-Iran: nouvelle visite d'un ministre pakistanais à Téhéran

Short Url
  • Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine
  • "Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran"

TEHERAN: Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine, a rapporté mercredi l'agence officielle Irna, en pleine impasse dans les négociations de paix.

"Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran", a précisé l'agence, citant "des sources diplomatiques à Islamabad".

 

 


L'armée iranienne prévient qu'elle «ouvrira de nouveaux fronts» en cas de nouvelle attaque américaine

Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Short Url
  • Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens
  • La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole

TEHERAN: L'armée iranienne a averti mardi dans un communiqué qu'elle "ouvrira de nouveaux fronts" si les Etats-Unis reprennent leurs attaques contre l'Iran, interrompues depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril.

"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a déclaré le porte-parole de l'armée Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.

Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant ce lundi et un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une nouvelle offensive à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Lundi, M. Trump avait estimé devant la presse qu'il avait "de très bonnes chances" de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution "très positive" des tractations avec Téhéran, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu.

Il avait toutefois assuré que les Etats-Unis se tenaient prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé" avec Téhéran.

Le chef du commandement des forces armées iraniennes, Ali Abdollahi, avait répondu en mettant en garde "les Etats-Unis et leurs alliés" contre toute nouvelle "erreur stratégique et de calcul".

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a écrit Donald Trump sur son réseau.

Des médias iraniens avaient déjà dénoncé les "conditions excessives" imposées par les Etats-Unis dans leur dernière offre.

Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Washington a également refusé de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre, selon la même source.