À la découverte des trésors cachés de la vallée de Mawan en Arabie saoudite

La vallée de Mawan est considérée comme l’un des sites archéologiques les plus importants d’Arabie saoudite (Photo de Saeed al-Qarni et Tareq Mohammed).
La vallée de Mawan est considérée comme l’un des sites archéologiques les plus importants d’Arabie saoudite (Photo de Saeed al-Qarni et Tareq Mohammed).
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Publié le Jeudi 28 janvier 2021

À la découverte des trésors cachés de la vallée de Mawan en Arabie saoudite

  • Les missions archéologiques ont révélé que la présence humaine dans la région remonte à l’âge paléolithique et au paléolithique supérieur
  • «Nous devons préserver ces vestiges pour présenter aux générations futures le patrimoine culturel de nos ancêtres», déclare le Dr Salma benta Mohammed Hawsawi

LA MECQUE: La vallée de Mawan est considérée comme l’un des sites archéologiques les plus importants d’Arabie saoudite. Située près de la ville d’Ad-Dilam, au sud de Riyad, c’est une région d’une beauté naturelle stupéfiante.

«Il existe deux types de vallées: celles qui ne peuvent pas être vues de loin, comme la vallée de Mawan, et celles qui peuvent être vues de loin, comme Wadi al-Rummah, Al-Tiri et Al-Shawki», précise à Arab News le Dr Abdel Aziz al-Ghazzi, professeur d’histoire et d’archéologie.

La vue majestueuse de la vallée se compose de deux structures en pierre sur les côtés. Les vestiges de forts et de châteaux ainsi que de deux tours de guet donnent une idée de l’importance stratégique de la région, en raison de sa végétation et de ses ressources en eau.

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«Des fortifications existent toujours sur les points principaux de la vallée. Tout le long se trouvent des sources, des crêtes et des plans d’eau qui s’écoulent pendant une grande partie de l’année» (Photo de Saeed al-Qarni et Tareq Mohammed).

Selon le Dr Abdel Aziz al-Ghazzi, la vallée, qui traverse un haut plateau est orientée d’ouest en est, est connue pour sa profondeur et ses sinuosités.

«Des fortifications existent toujours sur les points principaux de la vallée. Tout le long se trouvent des sources, des crêtes et des plans d’eau qui s’écoulent pendant une grande partie de l’année», ajoute-t-il.

En plus de Mawan, plusieurs autres villes sont disséminées le long de la vallée. «Nous ne savons pas si la ville a été nommée d’après la vallée ou l’inverse. Mais la vallée existait avant la ville. Cependant, les sites archéologiques de la vallée de Mawan et de ses flancs n’ont pas encore été étudiés», explique l’archéologue.

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La vue majestueuse de la vallée se compose de deux structures en pierre sur les côtés (Photo de Saeed al-Qarni et Tareq Mohammed).

«Les missions archéologiques ont révélé que la présence humaine dans la région remontait à l’âge paléolithique et au paléolithique supérieur – il y a environ cent mille ans», affirme le Dr Salma benta Mohammed Hawsawi, professeure agrégée d’histoire ancienne à l’université du roi Saoud à Arab News.

«Mawan, selon des sources arabes, signifie “un lieu où s’abriter”, et de nombreuses tribus arabes, notamment les Hazzan et les Rabi’ah, vivaient dans la région», explique Mme Hawsawi.

 

En Bref

  • La vue majestueuse de la vallée se compose de deux structures en pierre sur les côtés.
  • Il existe toujours des vestiges de forts et de châteaux, ainsi que deux tours de guet.
  • La vallée, orientée d’ouest en est, qui traverse un haut plateau, est connue pour sa profondeur et ses sinuosités.

La vallée de Mawan est également mentionnée dans la poésie arabe préislamique par des écrivains tels que Ibn Duraid, Imrou’l Qays et Urwa ibn al-Ward al-Absi. «Des poètes ont écrit sur le lieu, et sur les animaux qui se trouvaient dans la région, comme les chameaux, les zèbres et les chevaux. La description par les poètes de l’eau qui coule dans la région prouve qu’elle était habitée», précise la professeure.

Des récipients en poterie, des bracelets et des pots en stéatite ont été trouvés dans la région.

«Deux forts ont été construits avec de la roche et de la boue séchée. Il est clair que la boue provient du fond de la vallée, alors que les roches ont été détachées de la partie qui s’étend vers le sud.»

«Le fort situé dans la partie sud de la vallée était constitué d’un mur ressemblant à la lettre arabe Baa», poursuit Salma benta Mohammed Hawsawi. 

«Les fondations du mur étaient soutenues par des dalles de pierre de 60 à 80 centimètres de haut, qui viennent de la terre voisine. Le mur mesure 6 mètres de haut, voire plus. Les tours sont de forme conique – l’ouverture est située dans la partie inférieure – et semblent ne pas avoir de toit.

«Quant à la tour située dans l’angle est, elle se compose de deux étages, chacun ayant sa propre fonction», ajoute-t-elle.

«L’édifice du côté nord est constitué d’une cour entourée de quatre murs irréguliers qui se rejoignent, et compte également plusieurs tours. Certaines pourraient remonter au premier État saoudien», explique-t-elle.

«Les tours de guet étaient utilisées comme postes d’observation pour surveiller la zone et envoyer des signaux militaires aux forts. Les fortifications de défense ont été construites pour protéger la région des envahisseurs étrangers», ajoute la professeure.

«Les Arabes se déplaçaient d’une région à l’autre, à la recherche d’eau, de pâturages et de stabilité. La différence apparente dans la nature géographique des pays arabes explique l’existence de deux types de population: les Bédouins (nomades) vivaient dans le désert, tandis que les Hadaris préféraient les villes et travaillaient dans l’agriculture, le commerce et l’industrie», indique-t-elle.

«Nous devons préserver ces vestiges pour présenter aux générations futures le patrimoine culturel de nos ancêtres», conclut Mme Hawsawi.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com


Le Liban annonce qu'une délégation américaine supervisera le début du retrait israélien

L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence. (AFP)
L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence. (AFP)
  • Reçu par le président libanais Joseph Aoun, l'ambassadeur américain Michel Issa l'a informé qu'une "délégation militaire arriverait à Beyrouth dans les prochains jours pour coordonner et définir le mécanisme de mise en œuvre sur le terrain" de la clause
  • "La première zone pilote sera lancée d'ici quelques jours, et d'autres zones pilotes sont actuellement à l'étude et en cours de planification", a précisé, sous couvert d'anonymat, un responsable américain à Washington

BEYROUTH: L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence.

Un accord-cadre conclu à Washington le 26 juin entre le Liban et Israël, en guerre depuis des décennies, prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des zones dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud, sous réserve du désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Reçu par le président libanais Joseph Aoun, l'ambassadeur américain Michel Issa l'a informé qu'une "délégation militaire arriverait à Beyrouth dans les prochains jours pour coordonner et définir le mécanisme de mise en œuvre sur le terrain" de la clause relative aux "zones pilotes", selon un communiqué de la présidence.

"La première zone pilote sera lancée d'ici quelques jours, et d'autres zones pilotes sont actuellement à l'étude et en cours de planification", a précisé, sous couvert d'anonymat, un responsable américain à Washington.

Il a déclaré que le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) assurerait la coordination avec les deux pays concernant ces zones.

"Nous allons bientôt entamer des discussions avec des partenaires internationaux afin d'aider le gouvernement libanais à rétablir effectivement sa souveraineté dans ces zones, puis plus largement sur l'ensemble de son territoire", a ajouté ce responsable.

Il a confirmé que les discussions prévues à Rome les 15 et 16 juillet entre Israël et le Liban auraient bien lieu, après qu'une source diplomatique eut indiqué plus tôt à l'AFP que le Liban avait exigé un retrait israélien avant de participer aux pourparlers.

Le président libanais Joseph Aoun a de son côté appelé une nouvelle fois les Etats-Unis à "faire pression sur Israël". Il a également souligné, devant des visiteurs, "l'importance de parvenir à mettre fin à l'état d'hostilité" avec son voisin.

L'accord-cadre n'établit pas de calendrier de retrait du sud du Liban, où Israël a annoncé vouloir pour l'heure maintenir ses troupes dans une zone pouvant s'étendre jusqu'à dix kilomètres de sa frontière.

Il a été conclu à l'issue de cinq cycles de négociations entre le Liban et Israël, inédites depuis des décennies, à Washington.

Les négociations de Rome seront suivies par une visite de M. Aoun aux Etats-Unis, prévue le 21 juillet selon l'ambassade libanaise à Washington.

Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars en soutien à Téhéran, est opposé aux négociations directes avec Israël et refuse d'être désarmé.

"Aucune clause de l'accord ne passera", a une nouvelle fois martelé cette semaine le chef du Hezbollah Naïm Kassem.


Gaza: des tirs israéliens font 9 morts, selon les secours

Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
  • L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés
  • L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza

GAZA: Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël.

La Défense civile, un organisme opérant sous l'autorité du mouvement islamiste Hamas, a recensé neuf morts en plusieurs endroits, dans des frappes aériennes et des tirs.

L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés.

L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza.

L'armée israélienne a affirmé que M. Salim s'était dirigé en courant vers des soldats qui interrogeaient d'autres chauffeurs de camion interpellés.

Les soldats ont ouvert le feu dans sa direction après "avoir identifié une menace immédiate", a précisé l'armée, affirmant enquêter sur les autres incidents survenus mercredi.

L'hôpital Al-Chifa, à Gaza-ville, a de son côté déclaré avoir reçu quatre corps: celui d'un enfant tué par des tirs israéliens dans l'est de la ville, celui d'un homme tué dans une frappe aérienne dans l'ouest et deux autres tués dans un bombardement ayant visé un véhicule.

L'armée israélienne a confirmé à l'AFP avoir mené une frappe aérienne sur la ville de Gaza, mais a dit ne pas "être au courant" d'un bombardement dans l'ouest de la ville.

Israël et le Hamas s'accusent presque quotidiennement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté.

Au moins 1.084 Palestiniens y ont été tués depuis son entrée en vigueur en octobre, selon le ministère de la Santé du territoire, également placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués dans le territoire palestinien.

Les restrictions imposées aux médias et l'accès limité à Gaza empêchent l'AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur place.


La justice libanaise remet en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste

  • Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises
  • Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi de remettre en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste, Fadl Chaker, qui s'était rendu aux autorités en octobre 2025, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises.

Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués.

Il va être remis en liberté moyennant deux cautions d'une valeur cumulée de près de 3.500 dollars, a précisé la source judiciaire.

Le montant a été versé et Fadl Chaker doit sortir de prison mercredi, a-t-elle ajouté.

Pendant ses années de fuite, la justice l'avait condamné par contumace à des peines allant de cinq à 15 ans de prison avec travaux forcés dans ces dossiers.

Quelques mois avant de s'être rendu, Fadl Chaker avait sorti des chansons qui arrivaient en tête des classements dans le monde arabe. Ses clips vidéo, tournés dans le camp de Aïn el-Heloué, atteignaient des centaines de millions de vues sur YouTube.

Assir avait lui été arrêté en 2015, et condamné à mort avec sursis en 2017 pour "terrorisme".