Le projet de loi contre le séparatisme dans l'arène du Palais Bourbon

La place de la Concorde avec le Palais Bourbon, siège de l'Assemblée nationale française à Paris, alors que la France est engagée dans un deuxième plan de bouclage visant à contenir la propagation de la pandémie de Covid-19 causée par le nouveau coronavirus. (JOEL SAGET / AFP)
La place de la Concorde avec le Palais Bourbon, siège de l'Assemblée nationale française à Paris, alors que la France est engagée dans un deuxième plan de bouclage visant à contenir la propagation de la pandémie de Covid-19 causée par le nouveau coronavirus. (JOEL SAGET / AFP)
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Publié le Samedi 30 janvier 2021

Le projet de loi contre le séparatisme dans l'arène du Palais Bourbon

  • Dans les rangs du groupe majoritaire, l'heure est à un optimisme prudent avant l'examen prévu pour durer deux semaines
  • Le gouvernement, qui a annoncé vendredi deux milliards pour les banlieues, fait valoir un futur plan en faveur de l'égalité des chances

PARIS: La tempête ou beaucoup de bruit pour rien? L’Assemblée nationale entame lundi le premier acte de l'examen du projet de loi qui entend lutter contre l'islamisme radical, une matière propre à enflammer les passions.

Après un prologue d'une cinquantaine d'heures d'auditions, puis autant pour le passage en revue des mesures en commission spéciale, les députés vont enfin débattre en séance du projet de loi "confortant le respect des principes républicains", réputé être l'un des derniers grands textes du quinquennat Macron.

Dans un pays où la laïcité est au cœur des crispations, le sujet est potentiellement archi-sensible même si la perspective d'un nouveau reconfinement écrase toute l'actualité.

Gouvernement et majorité ont jusqu'ici réussi à désamorcer les polémiques, qu'elles viennent de l'opposition ou de ses propres rangs. Pas question par exemple de laisser dériver le débat sur la question du voile, ou alors pas trop. 

"Le texte a été bien mené en amont et ça a créé un climat apaisé dans la forme. On a fait mentir ceux qui prédisaient que ça allait être une boucherie politique", se félicite un député LREM.

Dans les rangs du groupe majoritaire, l'heure est à un optimisme prudent avant l'examen prévu pour durer deux semaines.

"Cela va reposer sur des individualités qui peuvent vouloir théâtraliser ou hystériser les débats", pronostique un parlementaire membre de la commission spéciale.

En ligne de mire, les élus LFI et Jean-Luc Mélenchon, opposés à un texte accusé de "stigmatiser les musulmans", mais surtout droite et extrême droite. 

Pour le patron des députés LR Damien Abad, le projet de loi est très insuffisant, faisant l'impasse sur la "question migratoire, la radicalisation dans nos prisons ou dans nos entreprises privées". 

Les LR dévoileront mardi un contre-projet. Marine Le Pen a déjà présenté le sien vendredi, dans une proposition de loi pour bannir les "idéologies islamistes" et interdire dans tout l'espace public le port du voile.

"Il y a une certaine gêne chez les LR qui sont bien plus divisés sur le texte qu'ils ne l'affichent", assure le corapporteur LREM Sacha Houlié. "Quant à Marine Le Pen, on ne l'a pas entendue de toute la commission...", tacle-t-il.

"Borgne" 

Côté gouvernement, Gérald Darmanin (Intérieur) pilote le projet de loi, mais Marlène Schiappa, Eric Dupond-Moretti ou Jean-Michel Blanquer sont également attendus au banc.

Au menu, 70 articles examinés selon un "temps législatif programmé" de 40 heures pour cadrer les débats (hors temps d'interventions des ministres et rapporteurs). Près de 2.650 amendements ont été déposés.

Le projet de loi prévoit une batterie de mesures souvent "techniques" sur la neutralité du service public, la lutte contre la haine en ligne, l'instruction en famille, le contrôle renforcé des associations, une meilleure transparence des cultes et de leur financement, et encore la lutte contre les certificats de virginité, la polygamie ou les mariages forcés.

Il doit traduire le discours d'Emmanuel Macron le 2 octobre aux Mureaux, où le chef de l'Etat avait présenté sa stratégie, longtemps attendue, pour lutter contre l'islam radical.

"Ce discours avait été bien reçu" mais "au final, le projet de loi est borgne car il ne traite pas de la ségrégation, du séparatisme social, territorial, de la mixité scolaire", déplore le communiste Stéphane Peu.

"C'est une loi d'injonctions. Elle ne fait vivre en acte aucun des principes de la République", soulève le socialiste Boris Vallaud. 

"C'est une loi d'ordre public", rétorque un poids lourd de la majorité.

Ce constat critique trouve un écho jusqu'à l'aile gauche de LREM. Plusieurs députés comme Souad Zitouni ou les membres d'En Commun rappellent que la "lutte contre les discriminations et les inégalités" font également partie de la "promesse républicaine". 

Le gouvernement, qui a annoncé vendredi deux milliards pour les banlieues, fait valoir un futur plan en faveur de l'égalité des chances. 

Le chef de file des députés LREM Christophe Castaner l'assure: son groupe sera "très massivement en soutien".

La majorité devra cependant veiller à trouver un équilibre sur les nouvelles modalités de financement des cultes et surtout l'instruction en famille (IEF) qui fait l'objet de 384 amendements, un record sur ce texte.


Macron reçu par l'empereur à la fin de sa visite au Japon

Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
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  • Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung
  • Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace

TOKYO: Emmanuel Macron a été reçu jeudi à Tokyo par l'empereur du Japon Naruhito, au dernier jour de sa visite dans l'archipel nippon pour renforcer les liens diplomatiques et économiques avec la France.

Le président français, accompagné par son épouse Brigitte Macron, a été accueilli par le souverain et l'impératrice Masako au palais impérial, une bâtisse épurée dans un parc arboré au coeur de la capitale japonaise, a constaté un journaliste de l'AFP.

Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung.

Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace. Astrocale a une filiale en France et un partenariat avec le français Exotrail.

"C'est une parfaite illustration de ce qu'est la coopération spatiale entre le Japon et la France", a-t-il dit, alors que l'espace est l'un des secteurs pour lesquels il a appelé la veille au renforcement des partenariats bilatéraux.

"Comment oeuvrer à une mission d'intérêt général pour un espace durable", avec "le désorbitage et la destruction des débris spatiaux qui aujourd'hui sont une vraie problématique", est une question qui était "au coeur du G7 porté par le Japon" et sera "au coeur aussi du G7 que la France préside cette année", a-t-il ajouté.

 

 


Hommage de l'IMA à Leïla Shahid

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  • La diplomate palestinienne Leïla Shahid s’était éteinte le 18 février 2026
  • L’Institut du monde arabe lui avait rendu hommage lors d’une soirée exceptionnelle organisée le mardi 31 mars à Paris, également diffusée en direct

PARIS: La diplomate palestinienne Leïla Shahid s’était éteinte le 18 février 2026. L’Institut du monde arabe lui avait rendu hommage lors d’une soirée exceptionnelle organisée le mardi 31 mars à Paris, également diffusée en direct.

Famille, amis, artistes et compagnons de route s’étaient réunis pour saluer la mémoire de cette figure majeure de la cause palestinienne. Tous avaient évoqué son parcours, son engagement constant en faveur de la Palestine, ainsi que sa curiosité intellectuelle et son attachement profond à la culture.

Plusieurs personnalités avaient pris part à cet hommage, parmi lesquelles Mohamed Berrada, Elias Sanbar, Karim Kattan, Wissam Joubran, Dominique Eddé, Farouk Mardam Bey, Brigitte Curmi et Majed Bamya.

 


Macron se rendra au Vatican les 9 et 10 avril pour rencontrer Léon XIV

Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une conférence de presse avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi au palais d'Akasaka à Tokyo, le 1er avril 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une conférence de presse avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi au palais d'Akasaka à Tokyo, le 1er avril 2026. (AFP)
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  • Les discussions porteront sur les défis liés à l’actualité internationale, en présence de Brigitte Macron

PARIS: Emmanuel Macron se rendra les 9 et 10 avril au Vatican où il rencontrera pour la première fois le pape Léon XIV, a annoncé mercredi la présidence française.

Le chef de l'Etat, accompagné de son épouse Brigitte, abordera notamment "les défis soulevés par l'actualité internationale", a souligné la présidence française.