Plusieurs centaines d'opposants à Amazon mobilisés en France

Une cinquantaine d'opposants à l'installation d'une plateforme Amazon à Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) se sont réunis sous la pluie devant l’hôtel d'agglomération de Perpignan-Méditerranée (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 30 janvier 2021

Plusieurs centaines d'opposants à Amazon mobilisés en France

  • «Ces arbustes que nous plantons aujourd'hui, c'est un symbole de vie par rapport à la bétonisation que pratique Amazon»
  • Pour Eric Barbier, d'Alternatiba Pyrénées-Orientales, Amazon pratique «une concurrence déloyale à l'égard des commerces qui paient leurs impôts en France»

FOURNÈS: Plusieurs centaines de militants se sont rassemblés samedi dans plusieurs villes de France pour protester contre Amazon, notamment près du Pont-du-Gard, où le géant américain de vente par correspondance projette d'installer un entrepôt de 38 000 m2. 

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Les organisateurs, sont venues planter samedi matin des arbustes devant deux grandes banderoles proclamant « Stop Amazon » « Ni ici, ni ailleurs » (Photo, AFP)

A l'appel d'associations qui luttent contre ce projet situé sur la commune de Fournès (Gard), à proximité du joyau du patrimoine mondial, quelque 800, selon les gendarmes, à 1 400 personnes, selon les organisateurs, sont venues planter samedi matin des arbustes devant deux grandes banderoles proclamant « Stop Amazon » « Ni ici, ni ailleurs ».  

Ils ont également formé une chaîne humaine pour montrer l'emprise du projet prévu le long de l'autoroute A9 sur 14 hectares. Des ballons multicolores flottant à 18 mètres montraient sa hauteur, équivalente à un immeuble de cinq étages.  

« Ça fait deux ans que des citoyens de Fournès et des environs luttent contre l'implantation d'un énorme entrepôt d'Amazon. Au début ils étaient un peu seuls contre tous mais ont réussi à freiner le projet grâce à des recours juridiques » toujours en cours, a expliqué Raphaël Pradeau, porte-parole national d'Attac.  

« On veut montrer que ce ne sont pas des petites luttes isolées et que l'on peut mobiliser des centaines de personnes qui sont prêtes à revenir sur place pour empêcher des travaux », a-t-il ajouté, annonçant une nouvelle mobilisation le 29 mai.  

Un peu plus loin, Sarah Latour, 38 ans, est venue avec ses deux fils de 8 et 6 ans qui s'affairent joyeusement à planter un fragile arbousier sur le terrain en friche sur lequel poussaient auparavant des vignes depuis arrachées.  

« Ces arbustes que nous plantons aujourd'hui, c'est un symbole de vie par rapport à la bétonisation que pratique Amazon », explique la mère de famille ardéchoise qui « ne veut pas de ce modèle néfaste » pour ses enfants. 

Environ 200 personnes ont aussi participé samedi matin à un rassemblement à Carquefou, dans la banlieue de Nantes, devant un entrepôt logistique Amazon, selon les organisateurs. 

« On dénonce le fait qu’Amazon détruise plus d’emplois qu’il n’en crée et qu’il s’agit d’emplois précaires qui rendent malades, notamment en termes de troubles musculo-squelettiques », a déclaré Sophie Jallier, porte-parole du collectif pour cet événement. 

A Ensisheim, danes le Haut-Rhin, une manifestation a aussi rassemblé une centaine de personnes contre l’implantation d’un entrepôt géant sur un terrain de plus de 15 hectares d’anciennes terres agricoles. « Amazon, Vampire Fiscal », « Stop Amazon », « Pas de méga entrepot, ni ici ni ailleurs », proclamaient les banderoles. 

« Aujourd'hui nous dénonçons un système économique à bout de souffle et qui use la planète. Cela nous impose de modifier nos manières de vivre  et de réfléchir à des fonctionnements plus résilients », a déclaré Isabelle Schaeffer, membre de l’association Réseau Urgence Climatique et Sociale et Sud Alsace (Rucssa). 

A Augny, en Moselle, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées sur un rond point devant le site de l'ancienne base aérienne de Frescaty qui doit accueillir un site Amazon.  

« Nous estimons qu'il est encore temps de s'y opposer et d'envisager une reconversion du site », a commenté Charlotte Leduc, militante Attac Moselle, parlant d'un projet « déjà amorcé ». 

Une cinquantaine d'opposants à l'installation d'une plateforme Amazon à Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) se sont également réunis sous la pluie devant l’hôtel d'agglomération de Perpignan-Méditerranée. 

Pour Eric Barbier, d'Alternatiba Pyrénées-Orientales, Amazon pratique « une concurrence déloyale à l'égard des commerces qui paient leurs impôts en France ». Par ailleurs, dénonce-t-il, « la plupart des travailleurs sont en contrat précaire,embauchés en période de pointe comme lors du Black Friday ou à Noël et on les jette ensuite ».  


Notre-Dame, « symbole de notre unité » pour Hidalgo

Une vue du chantier de restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris. (Photo, AFP)
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  • «Elle représente un repère qui a traversé les siècles, et la menace de sa disparition a provoqué une prise de conscience de notre fragilité », dit Anne Hidalgo
  • Au lendemain de l'incendie, la maire de Paris avait annoncé une contribution à hauteur de 50 millions d'euros de la Ville pour la restauration de la cathédrale

Notre-Dame reste « un symbole de notre unité » pour la maire de Paris Anne Hidalgo, qui accompagnera le président Emmanuel Macron jeudi sur le chantier de reconstruction, deux ans jour pour jour après l'incendie de la cathédrale.

« Cette cathédrale nous élève, que l'on soit croyant ou non. Elle demeure un symbole de notre unité. Elle représente un repère qui a traversé les siècles, et la menace de sa disparition a provoqué une prise de conscience de notre fragilité », dit, dans un entretien au quotidien La Croix, l'élue socialiste pour expliquer l'engouement constant autour du monument sinistré.

« Les témoignages continuent de m'arriver du monde entier », affirme la maire de la capitale qui a récemment reçu l'émissaire américain pour le climat John Kerry. « Il est tout de suite allé à la fenêtre de mon bureau regarder Notre-Dame. »

Au lendemain de l'incendie, Anne Hidalgo avait annoncé une contribution à hauteur de 50 millions d'euros de la Ville pour la restauration de la cathédrale. Mais « en accord avec l'État », selon elle, cette somme sera finalement consacrée au réaménagement des abords du site, et notamment du parvis, débattu et lancé jeudi en Conseil de Paris.

Les architectes seront choisis sur concours à l'issue d'une « consultation très large » à laquelle prendront part le diocèse, le recteur Patrick Chauvet, « les Parisiens, les Français mais aussi les visiteurs étrangers », précise la possible candidate à l'élection présidentielle. « Les citoyens seront donc au cœur du processus de sélection de l'équipe lauréate par un jury, au printemps 2022 », promet la maire.

En concertation avec le diocèse, Mme Hidalgo veut un parvis "beaucoup plus accueillant" et "restreindre la place de la voiture » autour du site.

Propriété de la ville, le parking souterrain situé sous le parvis, fermé depuis l'incendie et dont l'exploitant doit être indemnisé, doit devenir « un lieu chaleureux où les visiteurs trouveront une conciergerie et d'autres services pratiques ». 

Ce réaménagement pourrait permettre un accès par les quais de Seine, « par des bateaux-mouches ou des bateaux taxis », selon Mme Hidalgo.

Le calendrier dépendra de l'achèvement des travaux de la cathédrale elle-même. Le premier adjoint Emmanuel Grégoire, en charge de l'urbanisme, a dit à l'AFP son espoir de commencer le réaménagement « à partir de 2024 ». 

 


Covid: À Reims, Macron rencontre des ados déprimés et des psychiatres débordés

Emmanuel Macron au service de pédopsychiatrie pour rencontrer médecins et jeunes patients, pour constater le fort impact psychologique de la crise, le 14 avril 2021 (Photo, AFP)
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  • Le chef de l'Etat est venu visiter le service de pédopsychiatrie pour rencontrer médecins et jeunes patients, pour constater le fort impact psychologique de la crise
  • «On est fatigué, ce n'est jamais fini, on est très sollicité en permanence», a précisé Anne-Catherine Rolland, la cheffe du service

REIMS: « Qu'est-ce que vous redoutez le plus ? » demande Emmanuel Macron. « Un nouveau confinement » dû à la Covid-19, a répondu mercredi une adolescente hospitalisée pour dépression au CHU de Reims, débordé par l'afflux de jeunes en détresse. 

Le chef de l'Etat est venu visiter le service de pédopsychiatrie pour rencontrer médecins et jeunes patients, pour constater le fort impact psychologique de la crise. 

« Il faudrait doubler, voire tripler les effectifs », l'a alerté à son arrivée la cheffe du service de pédopsychiatrie, qui lui a précisé que les consultations avaient doublé depuis septembre. Il faut maintenant huit mois d'attente pour obtenir un rendez-vous.  

« On est fatigué, ce n'est jamais fini, on est très sollicité en permanence », a précisé Anne-Catherine Rolland, la cheffe du service. 

Il a ensuite longuement échangé avec une jeune fille qui s'était enfoncée dans la dépression et hospitalisée en février. Elle lui a donc dit qu'elle redoutait un nouveau confinement. 

« On fait tout pour » l'éviter, lui a répondu le chef de l'Etat. 

Il était accompagné du ministre de la Santé Olivier Véran et du secrétaire d'Etat en charge de l'enfance Adrien Taquet. 

Le recours aux urgences psychiatriques a augmenté de 40% en 2020 et 40% des parents ont déclaré avoir observé des signes de détresse chez leur enfant lors du premier confinement, en raison notamment de la contrainte d'enfermement et de l'absence de relations sociales liée à la fermeture des écoles, selon la présidence. 

A la mi-janvier, le chef de l'Etat s'était entretenu avec des pédopsychiatres qui l'avaient alerté sur la dégradation de la santé mentale des enfants et des adolescents depuis le début de l'épidémie. Il avait alors demandé la tenue d'Assises de la psychiatrie et de la santé mentale, qui se tiendront cet été. 

Début décembre, quatre psychiatres et une psychanalyste réputés avaient appelé le gouvernement à « passer à l'action » pour que tous les Français qui le nécessitent puissent accéder à des soins psychiatriques. 

Selon les enquêtes menées par Santé publique France depuis un an, la proportion de Français rapportant des états anxieux ou dépressifs a fortement augmenté depuis le premier confinement et se maintient à un niveau élevé depuis, touchant près d'un tiers (31%) de la population. 

Le gouvernement a lancé début avril une campagne grand public pour inciter les Français à « parler » de leur état psychologique et pour rappeler l'existence d'aides par téléphone et internet, trop peu connues. Le chef de l'Etat a aussi décidé d'accorder des « chèques psy » aux étudiants. 


«Confiance» dans la justice: Dupond-Moretti présente son projet de loi en Conseil des ministres

Éric Dupond-Moretti, ministre de la Justice, lors d'une session de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris le 23 mars 2021 (Photo, AFP)
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  • Le texte se base sur un «triste constat: les Français n'ont plus confiance dans la justice de notre pays», a expliqué l'ex-avocat Eric Dupond-Moretti à la sortie du Conseil des ministres
  • M. Dupond-Moretti souhaite encore encourager le recours au bracelet électronique comme alternative à la détention provisoire

PARIS: Audiences filmées, encadrement des enquêtes préliminaires, généralisation des cours criminelles... Le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti a présenté mercredi en Conseil des ministres un projet de loi visant à « restaurer la confiance » dans la justice déjà très critiqué par magistrats et avocats. 

Son projet de réforme sera examiné par les députés en première lecture à partir du 17 mai, selon l'ordre du jour fixé mardi en conférence des présidents de l'Assemblée nationale. 

Le texte se base sur un « triste constat: les Français n'ont plus confiance dans la justice de notre pays », a expliqué l'ex-avocat à la sortie du Conseil des ministres, citant notamment un sondage de février qui montre que « seuls 48% » ont confiance dans le système judiciaire. 

Pour contrer ce sentiment, le garde des Sceaux souhaite instaurer la possibilité de filmer et de diffuser les audiences à la télévision, pour permettre « à nos compatriotes de mieux connaître l'institution judiciaire ». Il veut aussi « renforcer les droits des citoyens » en encadrant les enquêtes préliminaires: elles ne pourront durer plus de deux ans (trois sur autorisation du procureur) et les personnes visées doivent pouvoir y accéder facilement.  

Le projet prévoit également, sans attendre la fin de l'expérimentation prévue pour 2022, de généraliser les cours criminelles départementales, composées de cinq magistrats professionnels, sans jury populaire. 

Mises en place pour désengorger les cours d'assises, elles jugent en première instance des crimes punis de quinze ou vingt ans de réclusion, majoritairement des viols.  

Ces cours « fonctionnent bien », selon les remontées des magistrats et « de beaucoup d'avocats », a argué le ministre en conférence de presse. Il voit également dans le moindre taux d'appel enregistré par ces cours une « satisfaction » exprimée par les justiciables: 21% des verdicts sont contestés, contre 32% auparavant pour les cours d'assises traditionnelles. 

Les cours criminelles créent un débat au sein de la magistrature depuis le lancement de l'expérimentation en 2019. Des avocats pénalistes ont accusé le garde des Sceaux de « détruire la justice populaire » en les généralisant. 

Alors encore avocat, Eric Dupond-Moretti avait vertement critiqué leur expérimentation: « C'est la mort de la cour d'assises! », s'était-il insurgé en mai 2020.  

« Souveraineté populaire » 

« J'ai eu très peur dans ma vie d'antan de ces cours criminelles » et du risque qu'elles viennent « remplacer » la cour d'assises traditionnelle à long terme, a reconnu le ministre mercredi. Des craintes désormais effacées selon lui par les « assurances du président de la République qui aime le jury populaire ». 

« La cour d'assises, elle ne sera pas supprimée, elle est revitalisée » par ce projet de loi, a insisté M. Dupond-Moretti. Le texte prévoit de rétablir la « souveraineté populaire » en son sein: les six citoyens tirés au sort et les trois magistrats professionnels ne pourront prononcer un verdict qu'à condition d'obtenir une majorité parmi les jurés populaires. Ce n'était plus le cas depuis 2011. 

Le garde des Sceaux veut également supprimer les crédits « automatiques » de réductions de peine des détenus qui ne seraient désormais plus accordés qu'au mérite. Des avocats et des magistrats ont dénoncé « une mesure populiste ». 

Le système actuel permet à un détenu condamné à 10 ans de prison d'obtenir une réduction de peine de 21 mois « sans faire l'ombre de l'once d'un effort », a rétorqué le ministre. Lui souhaite privilégier cette notion « d'effort », notamment en favorisant le travail en prison avec la création d'un « contrat de travail pour le détenu ».  

M. Dupond-Moretti souhaite encore encourager le recours au bracelet électronique comme alternative à la détention provisoire. 

Son projet a reçu un accueil glacial du monde judiciaire qui voit dans certaines dispositions des mesures de « défiance » envers les magistrats et s'alarme de la « réforme permanente » de la justice. 

Dénonçant par ailleurs une « absence de concertation » sur un projet de réforme déjà ficelé, les organisations syndicales ont boycotté fin mars, à la quasi-unanimité, des réunions avec la Chancellerie. 

Les trois syndicats de magistrats, qui ont par ailleurs porté plainte contre le ministre devant la Cour de justice de la République, entretiennent avec lui des relations catastrophiques depuis son arrivée place Vendôme.