En Libye, Taouarga renoue avec la vannerie et un passé plus paisible

Produits en vannerie de palmier, fabriqués par Haleema Mohamed, l'une des résidentes qui sont retournés dans la ville de Tawergha après l’avoir fuie à la suite du renversement de Kadhafi. (Mahmud Turkie / AFP)
Produits en vannerie de palmier, fabriqués par Haleema Mohamed, l'une des résidentes qui sont retournés dans la ville de Tawergha après l’avoir fuie à la suite du renversement de Kadhafi. (Mahmud Turkie / AFP)
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Publié le Dimanche 31 janvier 2021

En Libye, Taouarga renoue avec la vannerie et un passé plus paisible

  • Pour ceux qui sont revenus à Taouarga, comme Halima Mohamad, exilée pendant environ sept ans, la reprise de la vannerie permet d'avoir un petit revenu, tout en renouant avec leur passé
  • "Dans le passé, il y avait le célèbre marché du lundi où les artisans troquaient des objets artisanaux, de la vaisselle et des textiles tissés (...) en échange de céréales, de nourriture et de vêtements sur les marchés d'autres pays africains"

LIBYE : Serrant entre les bras des tiges de dattiers fraîchement coupées, Halima Mohamad s'installe chaque matin dans une école abandonnée de Taouarga, dans le nord de la Libye, pour tresser des paniers selon une tradition millénaire lui permettant de renouer avec un passé plus paisible.

"Mon père et mes sœurs travaillent dans la vannerie depuis près de 50 ans et moi je m'y suis mise il y a 20 ans", raconte cette femme de 55 ans.

Bien qu'elle y passe en moyenne 16 heures par jour, Mme Mohamad dit prendre toujours plaisir à entrelacer, nouer et tresser les longues feuilles fines d'où se dégage une odeur faisant resurgir des souvenirs d'enfance.

Dans la salle vide qui lui sert d'atelier, assise à même le sol, elle fabrique paniers, couffins, plateaux, tapis de sol et même des frises pour recouvrir les murs, selon un savoir-faire de près de deux siècles à Taouarga.

Mais ces dernières années, la ville a fait parler d'elle autrement. Accusés d'avoir participé au siège de la ville voisine révolutionnaire de Misrata (40 km plus à l'ouest), et d'y avoir commis massacres et exactions sur ordre du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, les 40.000 habitants de Taouarga ont fait l'objet de représailles de la part des milices révolutionnaires.

Bannis, leurs maisons détruites ou incendiées, ils ont été enfermés des années durant dans des camps du pays.

Le sort réservé aux habitants de Taouarga, en majorité noirs et descendants d'esclaves, a suscité l'indignation.

Après une réconciliation scellée en juin 2018 avec Misrata sous l'égide du Gouvernement d'union nationale (GNA), basé à Tripoli et reconnu par l'ONU, des Taouarguis ont regagné leur cité, encouragés par l'engagement de l'exécutif à les indemniser.

Mais depuis, seul un tiers des habitants est revenu et une grande partie de la ville est toujours en ruines, défigurée par les cratères laissés par des obus et impacts de balles.

Pour ceux qui sont revenus, comme Halima Mohamad, exilée pendant environ sept ans, la reprise de la vannerie permet d'avoir un petit revenu, tout en renouant avec leur passé.

 

"Identité"

Répétant des gestes transmis par ses aînés, elle utilise les traditionnelles teintures -bleu, vert, pourpre– pour ajouter de la couleur aux feuilles soigneusement préparées.

"Nous utilisons des colorants spécifiques pour la teinture. Nous remplissons de grands tonneaux dans lesquels nous faisons bouillir les feuilles de palmiers jusqu'à ce qu'elles s'imprègnent de couleur", explique-t-elle, vêtue d'une toge multicolore, nouée sur une épaule à la manière traditionnelle libyenne.

Pendant que ses doigts plient et nouent les tiges, elle explique comment ses proches lui ont appris à sélectionner les meilleures palmes au marché, "à les sécher au soleil plusieurs jours, les effeuiller, puis les tremper dans l'eau pour les assouplir" avant le tissage. 

Grâce à un atelier organisé par l'Organisation internationale pour les migrations et une association locale, Halima a perfectionné ses techniques.

La motivation première de cette mère de deux enfants reste économique. Elle vend chaque pièce entre 2,50 et 8,20 euros à des commerces de sa ville.

Mais "il faut préserver ce patrimoine hérité de nos ancêtres (...), c'est notre identité", souligne-t-elle aussi.

Le nombre de vanneries de Taouarga est inconnu mais cet artisanat tend à disparaître.

Même si ce sont les oasis du grand désert libyen (sud) qui sont connues pour leur maîtrise de ce savoir-faire, Taouarga fait exception dans le Nord car la matière première y est aisément accessible. La ville est connue pour ses milliers de dattiers.

Concurrence

"Dans le passé, il y avait le célèbre marché du lundi où les artisans troquaient des objets artisanaux, de la vaisselle et des textiles tissés (...) en échange de céréales, de nourriture et de vêtements sur les marchés d'autres pays africains", raconte Faraj Abdallah, responsable d'une association artisanale.

Mais ces dernières années, le marché libyen a été inondé de produits de pays voisins comme la Tunisie, l'Égypte et l'Algérie "alors que les vanneries de Taouarga sont d'aussi bonne qualité, sinon meilleure", affirme-t-il, déplorant l'absence de stratégie d'exportation.

"Il faut (...) permettre à cet artisanat de prospérer" et de s'exporter, appuie Mahmoud Khairi, propriétaire d'une boutique spécialisée dans les vanneries.


Une coproduction franco-égyptienne rend hommage à l’héritage de Dalida

Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
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  • Une comédie musicale consacrée à Dalida sera présentée en Égypte à partir du 31 octobre, pour les 40 ans de sa disparition
  • Cette coproduction franco-égyptienne célèbre les racines égyptiennes de la chanteuse et la coopération culturelle entre les deux pays

DUBAÏ : Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne, à l’occasion des 40 ans de la disparition de la chanteuse.

« Dalida: The Song That Never Ends » (« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais ») a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire, en présence de l’ambassadeur de France Éric Chevalier, de la soprano de renommée internationale Farrah El-Dibany, du réalisateur Khairy Beshara et du scénariste Walid Khairy.

Cette coproduction entre l’Égypte et la France a été développée dans le cadre de la Saison de la Méditerranée 2026 (« 2026 Mediterranean Season »), une initiative culturelle portée par la France visant à célébrer la coopération artistique et le patrimoine commun des pays méditerranéens.

La production sera présentée en première à la Bibliotheca Alexandrina le 31 octobre, avant d’être jouée au Caire en novembre. La première à Alexandrie marquera également la clôture de l’édition de cette année de la Saison de la Méditerranée

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« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais » a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire. (Photo fournie)

Selon un communiqué, l’ambassadeur Éric Chevalier a souligné que ce projet illustre la solidité des liens culturels entre la France et l’Égypte et reflète leur engagement commun à préserver l’héritage artistique de Dalida.

Farrah El-Dibany a confié qu’incarner la légendaire chanteuse était un rêve d’enfance. Elle a expliqué avoir proposé le projet à Khairy Beshara avant que tous deux ne le développent avec le scénariste Walid Khairy.

Khairy Beshara a décrit Dalida comme une femme faite de contrastes, alliant fragilité et force tout au long de sa vie et de sa carrière. Il a salué le travail de Walid Khairy, dont le scénario restitue avec justesse la complexité de sa personnalité et donne toute sa dimension au spectacle.

De son côté, Walid Khairy a indiqué que la comédie musicale met en lumière des chapitres méconnus de la vie de Dalida tout en célébrant ses racines égyptiennes, restées au cœur de son identité malgré son succès international. Produite par la société 26One1 Company, l’œuvre retrace son parcours, de l’Égypte jusqu’à la célébrité mondiale.

La production proposera également de nouveaux arrangements musicaux signés par le pianiste et compositeur franco-arménien André Manoukian.

Annoncée en 2023 par le président français Emmanuel Macron, la Saison de la Méditerranée favorise les échanges culturels à travers des expositions, des spectacles et des collaborations artistiques. L’édition 2026 met particulièrement l’accent sur la créativité, la jeunesse et les partenariats interculturels. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un rare panneau du XIXe siècle exposé au Musée de la mer Rouge présente le texte complet du Coran

Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
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  • Cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran intégrée dans une illustration détaillée

DJEDDAH : Un rare panneau de calligraphie coranique du XIXe siècle est exposé au Musée de la mer Rouge, dans la ville historique de Djeddah.

Réalisée vers 1859–1860 par Ghouth Mahboob Ghalib à Mysore, en Inde, cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran disposée au sein d’une illustration détaillée de la Grande Mosquée de La Mecque.

Rédigé en écriture Diwani à l’encre noire et avec des dorures, le manuscrit place la Kaaba en son centre, a rapporté la SPA.

Le texte minutieusement élaboré commence par la sourate Al-Fatihah au sommet, s’entrelace avec les détails architecturaux de la mosquée et s’achève par la sourate An-Nas.

Cet artefact met en lumière les parcours historiques et spirituels des pèlerins qui traversaient la mer Rouge vers La Mecque, emportant avec eux des objets d’art témoignant du patrimoine culturel et de l’histoire du Hajj. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharq Al-Awsat.


La tapisserie de Bayeux n'a subi "aucune altération visible" pendant son transfert à Londres

La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
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  • La tapisserie de Bayeux est arrivée au British Museum sans dommage visible après son transport exceptionnel depuis la France
  • Elle sera exposée à Londres du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027 avant son retour à Bayeux pour une rénovation

PARIS: La tapisserie de Bayeux a été extraite jeudi à Londres de son caisson dans lequel elle avait été acheminée la semaine dernière et n'a subi "aucune altération visible" pendant ce voyage, a affirmé à l'AFP une responsable du ministère de la Culture français.

"Je suis en mesure de vous confirmer qu'il n'y a eu aucune altération visible et que la tapisserie a bien voyagé", a déclaré Delphine Christophe, directrice générale des patrimoines et de l'architecture, depuis le British Museum de Londres.

A l'issue d'une opération à hauts risques pour sa conservation, cette broderie millénaire de près de 70 mètres de long avait été acheminée le 10 juillet au British Museum pour un prêt d'un an décidé en 2025 par le président français Emmanuel Macron.

Transportée à Londres sous haute surveillance et par camion depuis l'ouest de la France, la tapisserie du XIe siècle avait jusque-là été maintenue dans son double caisson spécialement conçu pour limiter les vibrations et maintenir une température et un taux d'humidité constants.

Elle en a été extraite jeudi pour être entièrement déployée, selon la responsable française. "L'extraction s'est très bien passée et mobilise plusieurs dizaines de personnes", a détaillé Mme Christophe, précisant que l'opération impliquait notamment des équipes française et britannique de conservateurs.

Un constat plus précis doit prochainement être fait par les conservateurs pour s'assurer de l'état de la tapisserie, mais Mme Christophe s'est montrée confiante. "S'il y avait eu un problème, on l'aurait constaté parce qu'on l'a vue en totalité, complètement déployée", a-t-elle affirmé.

Ce transfert historique vers Londres avait donné des sueurs froides à certains experts et défenseurs du patrimoine en France qui redoutaient la dégradation irréversible d'une œuvre déjà fragilisée par 30 déchirures non stabilisées et près de 10.000 trous.

La ministre de la Culture française Catherine Pégard est attendue vendredi au British Museum, où la tapisserie sera exposée au public, à plat, du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027.

A son retour en France courant 2027, cette œuvre, qui décrit la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066, regagnera son musée de Bayeux (ouest de la France) et devra faire l'objet en 2028 d'une rénovation plusieurs fois repoussée par le passé.