Vaccin anti-covid: Valneva, la biotech franco-autrichienne qui a séduit le Royaume-Uni

Le Premier ministre britannique Boris Johnson (à droite) s'entretient avec le directeur du site Frances Muir (à gauche) lors d'une visite au laboratoire de biotechnologie français Valneva à Livingston, dans l'ouest de l'Écosse, le 28 janvier 2021(Photo, AFP)
Le Premier ministre britannique Boris Johnson (à droite) s'entretient avec le directeur du site Frances Muir (à gauche) lors d'une visite au laboratoire de biotechnologie français Valneva à Livingston, dans l'ouest de l'Écosse, le 28 janvier 2021(Photo, AFP)
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Publié le Lundi 01 février 2021

Vaccin anti-covid: Valneva, la biotech franco-autrichienne qui a séduit le Royaume-Uni

  • Valneva commercialise des vaccins contre l'encéphalite japonaise et le choléra, et travaille aussi, notamment, à développer un vaccin contre la maladie de Lyme
  • Les résultats des premières phases des essais sur l'homme sont attendus en avril, pour une mise sur le marché espérée à l'automne 2021 au Royaume-Uni, puis en Europe

PARIS: La biotech franco-autrichienne Valneva a développé un candidat-vaccin contre la Covid-19 pour lequel elle a déjà reçu des pré-commandes, principalement du Royaume-Uni, mais aussi de l'Union européenne. Le point sur cette société. 

Une société franco-autrichienne 

Biotech de quelque 600 collaborateurs présente dans six pays, Valneva est basée historiquement à Saint-Herblain, près de Nantes (ouest de la France) où elle a ses laboratoires. Elle est issue de la fusion en 2013 entre la société autrichienne Intercell AG et la start-up française Vivalis, née dans les laboratoires publics de l'Institut national de la recherche agronomique et environnementale (Inrae). 

Elle a en outre une usine au Royaume-Uni, en Écosse, qui va produire son vaccin contre la Covid-19. Ce vaccin sera ensuite mis sous forme en Suède, dans la banlieue de Stockholm.  

La société, cotée à la Bourse de Paris, a réalisé un chiffre d'affaires de 130 millions d'euros en 2019 et envisage une introduction en Bourse aux États-Unis, sur le Nasdaq. Le cours de son action a d'ailleurs flambé depuis la pandémie, passant de quelque deux euros en mars 2020 à son plus haut historique, 11 euros, ce lundi. 

Spécialiste du vaccin 

Valneva commercialise des vaccins contre l'encéphalite japonaise et le choléra, et travaille aussi, notamment, à développer un vaccin contre la maladie de Lyme, actuellement en phase 2 des essais cliniques sur l'homme (la phase intermédiaire visant à assurer l'efficacité). 

Son candidat-vaccin contre la Covid-19 utilise la technologie bien connue du virus inactivé, processus qui permet de créer une réponse immunitaire chez les patients en leur injectant un virus privé de ses capacités de nuire. C'est la même technologie qui est utilisé dans son vaccin contre l'encéphalite japonaise, précise Franck Grimaud, le directeur général de la biotech.  

Avant de s'appeler Valvena, la startup Vivalis, née en 1999, avait pour objectif de produire des protéines à visée thérapeutique grâce à des cellules souches d'origine aviaire. Les premiers procédés utilisés par la société se sont appuyés sur le savoir-faire d'un laboratoire de l'Inrae à Lyon qui avait mis au point un procédé d'isolation et de culture de cellules-souches de poulet.  

Un brevet de cette technologie lui a permis d'asseoir une position de pionnier dans l'utilisation de ces nouvelles méthodes. Il a été suivi du dépôt d'un brevet conjoint entre Vivalis et le laboratoire académique en 2001 dans les biotechnologies de production de protéines.  

Des millions de doses commandées 

Les résultats des premières phases des essais sur l'homme sont attendus en avril, pour une mise sur le marché espérée à l'automne 2021 au Royaume-Uni, puis en Europe. 

Comme les autres laboratoires, la biotech n'a pas attendu d'avoir terminé tous les essais cliniques de son candidat-vaccin pour le vendre. Etant données les sommes colossales nécessaires pour développer et produire un vaccin, la plupart des sociétés pharmaceutiques dans la course ont en effet cherché des collaborations assez tôt. 

Le Royaume-Uni s'est positionné le premier, en passant un accord dès juillet, avant de signer en septembre dernier un partenariat portant sur un potentiel de 190 millions de doses achetées, pour une valeur maximale de 1,4 milliard d'euros. 

Il a exercé, lundi, une option visant la fourniture de 40 millions de doses supplémentaires pour 2022, portant à 100 millions le nombre total de doses commandées auprès du laboratoire franco-autrichien à ce jour. 

L'Union européenne a, elle, attendu davantage: en janvier, la Commission européenne a indiqué avoir conclu des pourparlers exploratoires avec Valneva et envisager d'acheter jusqu'à 60 millions de doses. 

Valneva indique être aussi en discussions avec d'autres États. 


« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
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  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

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Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
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  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
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  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.