Le Yémen veut atténuer l’impact du rapport de l'ONU sur le secteur bancaire

Selon un rapport de l'ONU, la Banque centrale du Yémen sise à Aden a détourné des millions de dollars des dépôts saoudiens, destinés à acheter de la nourriture, en les détournant vers un groupe de commerçants locaux. (Photo, AFP/Archives)
Selon un rapport de l'ONU, la Banque centrale du Yémen sise à Aden a détourné des millions de dollars des dépôts saoudiens, destinés à acheter de la nourriture, en les détournant vers un groupe de commerçants locaux. (Photo, AFP/Archives)
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Publié le Vendredi 05 février 2021

Le Yémen veut atténuer l’impact du rapport de l'ONU sur le secteur bancaire

  • L’institution financière indique que les Houthis soutenus par l'Iran ont interdit aux banques dans les zones sous leur contrôle de faire des transactions avec les dépôts saoudiens
  • La Banque mondiale a alloué 20 millions de dollars pour la réparation des routes et des infrastructures de base à travers le pays

AL-MUKALLA: Le gouvernement internationalement reconnu du Yémen va tenter d’atténuer l’impact du dernier rapport de l’ONU, et qui nuit à la réputation de la Banque centrale et au système bancaire du pays en général, a déclaré un haut responsable du gouvernement à Arab News.

«Après avoir lu le rapport, nous sommes très préoccupés à l’égard de la réputation de la Banque centrale et son impact sur les taux de change, les citoyens et l’économie», révèle le responsable du gouvernement, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat car il n’était pas autorisé à informer les journalistes.

Le groupe d'experts de l'ONU qui surveille les sanctions internationales dans le Yémen ravagé par la guerre, déclare dans son dernier rapport que la Banque centrale du Yémen, installée à Aden, a détourné des millions de dollars des dépôts saoudiens, destinés à acheter de la nourriture, en les détournant vers un groupe de commerçants locaux.

Mercredi, des responsables du gouvernement yéménite ont tenu une réunion virtuelle avec des experts de l'ONU dans le but de corriger certains points du rapport, a rapporté l'agence de presse officielle SABA.

Les responsables yéménites ont affirmé aux experts de l'ONU que le document contient «des informations et des conclusions inexactes» sur les déboursements des dépôts saoudiens. Ils ont blâmé les responsables de l'ONU pour pas avoir demandé de rencontrer les autorités yéménites compétentes avant de publier un tel rapport, a déclaré SABA.

Les responsables de la Banque centrale ont aussi tenu une réunion virtuelle avec les experts de l'ONU dans le même but. Ils ont émis des réserves sur les accusations de corruption et de blanchiment d’argent qui figurent dans le rapport, et ont demandé aux experts de l’ONU de corriger toute fausse information.

Selon les médias officiels, les deux parties ont convenu de se rencontrer de nouveau, et d'examiner le rapport en se basant sur des réponses et des éclaircissements fournis par le côté yéménite.

Dans un document de huit pages consulté par Arab News, la Banque centrale explique que plusieurs institutions yéménites et saoudiennes étaient mises au courant des procédures de dépenses «transparentes» des dépôts saoudiens. Elle ajoute avoir été contrainte de donner des «primes» aux commerçants locaux pour renforcer leur confiance.

L’institution financière indique que les Houthis soutenus par l'Iran ont interdit aux banques dans les zones sous leur contrôle de faire des transactions avec les dépôts saoudiens. Ils auraient imposé des taxes sur les produits de base essentiels qui pénétraient sur leur territoire à partir de zones contrôlées par le gouvernement, ce qui en a fait grimper les prix.

«Toutes les transactions financières reliées aux dépôts saoudiens se sont basées sur un mécanisme clair, transparent et équitable qui respecte toutes les normes bancaires et commerciales étrangères», explique rapport de la Banque.

Le Parlement yéménite a récemment formé un comité de plusieurs économistes yéménites pour enquêter sur les allégations de corruption de l'ONU concernant la Banque centrale d'Aden. Il est dirigé par le président de la Commission économique du Parlement arabe, Insaf Mayo.

Parallèlement, le gouvernement du Yémen a déclaré que la Banque mondiale a alloué 20 millions de dollars pour la réparation des routes et des infrastructures de base à travers le pays.

Selon l'agence de presse officielle, le directeur exécutif et doyen du conseil d'administration, Merza Hasan, a affirmé au ministre yéménite de la planification, Waed Bathib, que l’institution de bailleurs de fond soutiendrait la Banque centrale et le système bancaire au Yémen en y déposant ses subventions.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Iran: le guide suprême dit avoir approuvé l'accord avec les Etats-Unis, malgré une «opinion différente»

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails. (AFP)
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails. (AFP)
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  • "J'avais une opinion différente, mais j’ai donné mon autorisation en raison de l’engagement que le respectable président (iranien), en tant que président du Conseil suprême de sécurité nationale, a pris envers moi en son nom"
  • Selon lui, le président l'a aussi assuré que "si la partie américaine formule des exigences excessives" dans la suite des négociations en vue d'un accord final, "ils ne s’y soumettront pas"

TEHERAN: Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails.

"J'avais une opinion différente, mais j’ai donné mon autorisation en raison de l’engagement que le respectable président (iranien), en tant que président du Conseil suprême de sécurité nationale, a pris envers moi en son nom et au nom des autres membres pour protéger les droits de la nation iranienne et du front de la résistance" à Israël, a déclaré Mojtaba Khamenei, dans un message écrit lu à la télévision d’État.

Selon lui, le président l'a aussi assuré que "si la partie américaine formule des exigences excessives" dans la suite des négociations en vue d'un accord final, "ils ne s’y soumettront pas".

"Il est évident que les négociations en face-à-face qui se tiendront à l'avenir ne présagent pas de l'acceptation du point de vue de l'ennemi", a souligné le guide suprême, dans cette première réaction à l’accord irano-américain visant à mettre fin à la guerre, signé tôt jeudi par les présidents américain Donald Trump et iranien Masoud Pezeshkian.

Le dirigeant n’a pas été vu en public depuis son entrée en fonction en mars, à la suite de l’assassinat de son père et prédécesseur, l’ayatollah Ali Khamenei, lors des premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février, qui ont déclenché la guerre régionale.

Mojtaba Khamenei a encore affirmé que Donald Trump avait "par désespoir, actionné toutes sortes de leviers" pour obtenir cet accord avec l’Iran,  afin de mettre fin à la guerre.


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.