Au procès des policiers de la BAC, «l'assurance» et «l'habillage»

Le tribunal a diffusé des enregistrements à charge contre les policiers (Photo, AFP).
Le tribunal a diffusé des enregistrements à charge contre les policiers (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 11 février 2021

Au procès des policiers de la BAC, «l'assurance» et «l'habillage»

  • Les véhicules des policiers de la brigade anti-criminalité étaient placés sur écoute
  • La 16e chambre correctionnelle juge six fonctionnaires pour corruption, trafic de stupéfiants et faux en écriture notamment

PARIS: « L'assurance », du racket de dealers ou une « mise en scène » pour obtenir des informations ? Au procès des policiers de la brigade anti-criminalité (BAC)du XVIIIe arrondissement de Paris, le tribunal s'est glissé mercredi à l'intérieur de leurs véhicules, placés sur écoute pendant quatre mois en 2019.

Le bruit d'un moteur. Une radio de police. Une fenêtre qui se baisse. « Ça travaille ce soir ? » lance un policier à un dealer. 

La scène date du 16 avril 2019, dans le quartier de la Goutte d'Or à Paris. La voix légèrement éraillée qui résonne dans la salle d'audience est celle de Karim M. dit « Bylka », principal prévenu qui comparaît dans le box.

La 16e chambre correctionnelle, qui juge six fonctionnaires pour corruption, trafic de stupéfiants et faux en écriture notamment, a décidé d'écouter, mercredi, certaines conversations enregistrées dans leurs voitures.

Dans l'extrait sonore, Karim M. conclue : « On ne travaille jamais sans assurance sur la placette ». La présidente, Isabelle Prévost-Desprez, résume : « ‘Si tu prends l'assurance tu continues à dealer, sinon tu es interpellé’. La question est de savoir ce qu'est l'assurance ».

Pour l'accusation, il s'agit d'une façon de monnayer une protection policière en prenant des « enveloppes » d'argent à certains dealers. 

« Je n'ai absolument pas reçu d'argent, de Rolex ou quoi que ce soit », se défend le policier. Au cours de l'enquête, un trafiquant avait affirmé à un autre fonctionnaire avoir remis 20 000 euros et deux montres de luxe à « Bylka », ajoutant que l'épisode avait été filmé - une vidéo introuvable.

« Pièce de théâtre »

Le tribunal diffuse un nouvel enregistrement, datant du 9 mai 2019. Ce jour-là, trois policiers embarquent un petit dealer surnommé « La Boule » et l'emmènent jusqu'à Aubervilliers, hors de tout cadre légal.

« Ça me fait chier mais on va quand même te ‘sauter’ (t'arrêter NDLR) », lance le policier Mehmet C. « Nan, sauf s'il passe dans le camp des gagnants », enchaîne Karim M. « Sauf s'il souscrit... » commence un troisième, « ...l'assurance », termine Karim M. 

La conversation se poursuit pendant plusieurs minutes, dans un climat tendu. « Si t'es un mec qui ‘poukave’ (qui donne des informations aux policiers, NDLR) t'es tranquille », reprend Karim M. Il l'encourage à ouvrir « un petit terrain » de deal. « Comment tu vas avoir l'autorisation ? » demande-t-il. « Je te ferai signe », murmure « La Boule » avant de descendre.

Tout ça, « c'est du bluff », une « pièce de théâtre, entre guillemets », justifie « Bylka ». Il affirme qu'il faisait croire aux dealers qu'il existait bien une protection policière afin d'obtenir des informations.

« Chaque site de trafic qui s'est fait attraper pense que le terrain d'en face travaille avec la police », dit-il. Alors « je me sers de ce fantasme-là ». Une « plaisanterie idiote », estime à la barre un autre policier. Un « jeu de rôles », dit le troisième.

« Ca s'appelle de la séquestration », enfonce la procureure en s'adressant à « Bylka ». « Vous dites que vous avez un voyou dans la voiture, un délinquant. Est-ce que vous n'estimez pas que vous utilisez des méthodes de voyou ? »

- « C'est pour ça que j'employais le terme de ‘théâtral’... » 

- « Mais vous êtes policier ou acteur ? »

« Insoutenable »

Le tribunal écoute un autre extrait sonore, daté du 22 avril 2019 : l'interpellation d'un homme Porte de La Chapelle, soupçonné de trafic de crack. Des portes qui claquent, des bris de verre, des cris : « Vous m'attaquez comme ça ! », « j’ai rien fait », entend-on, alors que la voiture démarre.

Puis la sirène retentit et le bruit sourd d'une vingtaine de coups se succèdent, les insultes pleuvent. « J'ai plein de sang sur mon t-shirt », dit l'un d'eux à la fin. « Insoutenable », résume la présidente.

« Je reconnais les violences que j'ai commises, je les regrette profondément », déclare l'un des prévenus, Alexandre C. Il dit avoir eu « peur », décrit un contexte ce jour-là très violent – « jets de pierre, d'excréments », pare-brise « explosé » - et sa « situation personnelle dramatique » de l'époque. « J'ai dégoupillé ».

En-dehors des violences, les policiers sont aussi jugés pour avoir, ce jour-là, fait croire que l'homme interpellé avait deux galettes de crack sur lui - de la drogue en réalité confisquée la veille sur un autre. 

Pour la première fois, Alexandre C. reconnaît un « habillage ». « Je me suis substitué à la justice et je le regrette amèrement aujourd'hui », assure-t-il. L'homme interpellé a été, le lendemain, condamné à 18 mois de prison ferme.


Canicule: des températures nettement à la hausse mardi 

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
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  • Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse)
  • "Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00

PARIS: Avec des températures à la hausse, le cinquième épisode caniculaire de l'année s'étend à l'ouest de la France et 43 départements vont être placés mardi à partir de midi en vigilance orange par Météo-France.

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne.

Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse).

"Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00.

Météo-France prévoit de placer 67 départements, dont Paris et sa petite couronne, en vigilance orange canicule dans la journée de mercredi.

Météo-France table sur un "pic probable de l'épisode vers le milieu de semaine".


A Toulouse, deux policiers municipaux blessés à l'arme blanche

Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc. Photo d'illustration. (AFP)
Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc. Photo d'illustration. (AFP)
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  • Des propos à caractère terroriste ont été signalés
  • Les deux policiers ont été pris en charge au CHU de Toulouse-Rangueil, a encore précisé M. Moudenc

TOULOUSE: Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc.

Des propos à caractère terroriste ont été signalés, a rapporté l'édile sur Facebook et sur X.

Les deux policiers ont été pris en charge au CHU de Toulouse-Rangueil, a encore précisé M. Moudenc.

Les deux agents, un homme et une femme, effectuaient une patrouille en plein coeur de Toulouse lorsqu'ils ont été agressés par un passant armé de plusieurs couteaux, selon le quotidien la Dépêche du Midi, citant l'adjoint à la Sécurité de Toulouse, Emilion Esnault.

Blessés aux bras durant l'affrontement, ils ont pu finalement maîtriser l'homme à l'aide de gaz lacrymogène, selon la même source.


En France, les canicules à répétition s'invitent dans la recherche de logement

Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
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  • La chaleur devient un critère immobilier à part entière : exposition, étage, volets, ventilation, extérieur, arbres et climatisation pèsent davantage dans les choix
  • Face à des canicules plus fréquentes, les acheteurs se projettent sur le confort d’été à long terme et questionnent désormais l’habitabilité réelle des logements

PARIS: Climatisation, volets, arbres: les Français commencent à intégrer les fortes températures dans leurs critères de recherche de nouveau logement, conséquence des vagues de chaleur qui se succèdent et ne sont plus considérées comme des phénomènes isolés.

Exemple de cette évolution des comportements: Christian Tokoto, agent immobilier chez Guy Hoquet, a en vente "un appartement magnifique, avec de grandes vitres" en plein centre de Paris. Malgré "beaucoup de visites, les clients nous disent +trop chaud+, parce qu'il n'est pas traversant. Et donc, pour l'instant, il est toujours sur le marché !"

En France comme dans une grande partie de l'Europe, peu de régions échappent cet été à des températures qui dépassent régulièrement 35 voire 40°C, alors que les logements sont peu adaptés aux canicules et très rarement climatisés.

C'est le cas notamment des immeubles dits haussmanniens emblématiques de Paris, construits au XIXe siècle avec des toits en zinc ravissants sur les cartes postales mais qui chauffent fortement sous l'effet de la chaleur et du soleil.

"Au dernier étage d'un immeuble haussmannien la chaleur à l'intérieur devient vraiment insupportable", observe auprès de l'AFP Joseph Denke, agent immobilier chez FredéLion à Paris.

Il constate une évolution des critères depuis quelques mois, notamment une baisse de la demande pour l'exposition sud synonyme de soleil.

- Horizon "10-15 ans" -

La chaleur ressentie lors de la visite d'un studio de 14 m2 fait d'ailleurs douter un de ses clients, Camille Couturier, 30 ans. "Etre sous les toits c'est quelque chose qui peut être inquiétant, qui pourrait être un point négatif à l'appartement", relève-t-il à côté de la fenêtre ouverte du logement non-traversant.

En achetant un appartement, il se projette "au moins à 10-15 ans" et s'inquiète donc de savoir s'il pourra "utiliser cet appartement de manière vivable" ou "devoir fuir comme tout le monde parce qu'il fait trop chaud".

Alors que l'Europe occidentale a connu son début d'été le plus chaud enregistré selon l'observatoire européen du changement climatique, un logement sur deux en France serait une bouilloire thermique, surnom donné aux habitations qui se réchauffent très vite, estime le cabinet Pouget Consultants et Ignes.

Pour Sophie Bourg, directrice marketing de la plateforme d'annonces leboncoin immobilier, les canicules ne sont plus perçues par les Français "comme des épiphénomènes" mais "sont vraiment intégrées comme étant structurelles dans les choix résidentiels". "La fraîcheur, le confort d'été sont devenus un critère immobilier à part entière", assure-t-elle.

Un tiers des répondants à un sondage mené en ligne par la société en juin disaient ne pas exclure de déménager si les canicules s'intensifient.

- "Plus un tabou" -

Exposition, étage, piscine, volets, possibilité de faire des courants d'air, espaces extérieurs, terrasse ombragée et même présence d'arbres dans le quartier font désormais partie des critères et discussions que les professionnels de l'immobilier interrogés par l'AFP voient émerger.

Quant à la climatisation, sa possible généralisation a fait l'objet d'intenses débats politiques en France en début d'été, car elle est vue par certains comme un simple remède à l'inaction face au changement climatique et provoque des rejets de chaleur à l'extérieur.

Mais lors des recherches de logement, "ce n'est plus du tout un tabou", tranche Yann Jéhanno, président du réseau immobilier Laforêt.

"Les acquéreurs ne regardent plus seulement le logement, mais plutôt son habitabilité. Ils ne vont plus se contenter seulement du diagnostic de performance énergétique, mais interroger les agents immobiliers avec des questions très concrètes sur la température pendant la dernière vague de chaleur, s'il est possible d'aérer la nuit, si on dort bien dans les chambres", détaille-t-il.