Vaccins contre la Covid-19: le Conseil de sécurité de l'ONU entre dans le débat

Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, alors qu'il s'adresse à la réunion de haut niveau sur le financement de l'Agenda 2030 pour le développement durable à l'ère de COVID-19 et au-delà, lors de la 75e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, le 29 septembre 2020, à New York. (Eskinder DEBEBE / NATIONS UNIES / AFP)
Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, alors qu'il s'adresse à la réunion de haut niveau sur le financement de l'Agenda 2030 pour le développement durable à l'ère de COVID-19 et au-delà, lors de la 75e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, le 29 septembre 2020, à New York. (Eskinder DEBEBE / NATIONS UNIES / AFP)
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Publié le Dimanche 14 février 2021

Vaccins contre la Covid-19: le Conseil de sécurité de l'ONU entre dans le débat

  • Chargé de garantir la paix et la sécurité dans le monde, le Conseil de sécurité de l'ONU ne dispose d'aucune compétence particulière en matière de santé mondiale
  • Selon des diplomates, le Royaume-Uni a récemment partagé avec quelques pays un projet de résolution sur la gestion des vaccins

NATIONS UNIES : A l'initiative du Royaume-Uni, qui se targue d'avoir mis en place un processus efficace de vaccination, le Conseil de sécurité de l'ONU discutera mercredi de l'accès aux vaccins contre le Covid-19 et doit aborder plusieurs questions susceptibles de diviser ses membres

Comment assurer leur diffusion mondiale et éviter qu'ils ne soient préemptés par les pays riches de l'hémisphère nord aux dépens de l'hémisphère sud? Faut-il prioriser la vaccination des Casques bleus mobilisés dans une quinzaine d'opérations et des membres des agences onusiennes, y compris dans des pays qui n'ont pas accès aux vaccins? Et qui devrait s'en charger: l'ONU, le pays d'origine ou celui de déploiement?

"Les vaccins, la vaccination, ce n'est pas vraiment le job du Conseil de sécurité", relève sous couvert d'anonymat un ambassadeur d'un pays membre du Conseil. Mais "le Conseil peut apporter une contribution", ajoute-t-il, excluant l'adoption d'une résolution dès la session ministérielle organisée cette semaine.

Chargé de garantir la paix et la sécurité dans le monde, le Conseil de sécurité de l'ONU ne dispose d'aucune compétence particulière en matière de santé mondiale.

En juillet 2020, il avait adopté au terme de plus de trois mois de laborieuses négociations, otages d'un duel sino-américain, son unique résolution à ce jour sur la pandémie. Elle visait alors à encourager à cesser les hostilités dans les pays en conflit afin de faciliter la lutte contre la propagation de la maladie.

Selon des diplomates, le Royaume-Uni a récemment partagé avec quelques pays un projet de résolution sur la gestion des vaccins. "Il y a un projet de résolution, les négociations viennent de débuter, cela va prendre du temps", indique l'un d'eux. 

La vaccination, "c'est le grand défi du moment" et "il faudra beaucoup de temps avant que tout le monde soit vacciné", souligne l'ambassadeur de l'Union européenne (UE) auprès de l'ONU, le Suédois Olof Skoog. Il rappelle que l'UE a contribué à créer le mécanisme Covax qui, sous l'égide de l'ONU, doit permettre "la livraison d'au moins 2 milliards de doses avant fin 2021, dont au moins 1,3 milliard à 92 pays à revenus inférieurs".

"Pas de vaccin-apartheid" 

"Ce que nous ne voulons pas, c'est d'un vaccin-apartheid" avec un Nord qui en dispose et un Sud qui n'arrive pas à obtenir de doses, comme l'a récemment dénoncé l'Afrique du Sud, explique l'ambassadeur s'exprimant anonymement.

Selon lui, les négociations sur une résolution au Conseil de sécurité risquent "d'être compliquées", certains membres du Conseil n'étant guère favorables à l'idée de "transparence" qui devrait accompagner a priori un engagement universel à ne laisser aucun pays de côté.

Plusieurs Etats, dont la Chine, la Russie ou certains pays du Golfe, se sont déjà lancés dans la "diplomatie du vaccin", mettant en avant leur production nationale ou facilitant un accès à des doses.

Dans ses discours, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres répète qu'avec la propagation du virus et de ses variants, la sécurité ne sera assurée que si tout le monde bénéficie de la même protection. Il appelle à ce que les vaccins deviennent un "bien public commun", sans réelle concrétisation jusqu'à présent.

Interrogé récemment sur le rôle de l'ONU dans l'établissement d'une sorte de "certificat de vaccination" qui ne puisse être contrefait, le porte-parole de l'Organisation, Stéphane Dujarric, a estimé qu'il y avait "le besoin d'une standardisation et d'une coordination internationales" à cet égard.

"L'autre chose préoccupante, c'est l'élément criminel. Des gens qui falsifient les certificats de vaccination ou, pire encore, qui donnent aux gens de faux vaccins", a-t-il ajouté, soulignant l'importance d'une "coopération internationale dans ce domaine".


Suni Williams, l'astronaute bloquée neuf mois dans l'ISS, prend sa retraite

 L'astronaute américaine Suni Williams, dont le séjour dans l'espace initialement prévu pour durer huit jours avait duré neuf mois à cause de défaillances techniques dans le vaisseau qui devait la ramener sur Terre, a pris sa retraite fin décembre, a annoncé mardi la Nasa. (AFP)
L'astronaute américaine Suni Williams, dont le séjour dans l'espace initialement prévu pour durer huit jours avait duré neuf mois à cause de défaillances techniques dans le vaisseau qui devait la ramener sur Terre, a pris sa retraite fin décembre, a annoncé mardi la Nasa. (AFP)
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  • Les deux vétérans de l'espace avaient vu leur séjour s'éterniser en raison des problèmes détectés sur le système de propulsion du vaisseau spatial Boeing Starliner, qui effectuait avec eux son premier vol habité
  • La situation avait conduit la Nasa à décider à l'été 2024 de ramener le vaisseau de Boeing à vide sur Terre et de faire revenir les deux astronautes par l'entremise de SpaceX, l'entreprise du multimilliardaire Elon Musk

WASHINGTON: L'astronaute américaine Suni Williams, dont le séjour dans l'espace initialement prévu pour durer huit jours avait duré neuf mois à cause de défaillances techniques dans le vaisseau qui devait la ramener sur Terre, a pris sa retraite fin décembre, a annoncé mardi la Nasa.

L'astronaute était devenue célèbre avec son collègue Butch Wilmore quand leur voyage aller-retour vers la Station spatiale internationale (ISS), qui devait durer huit jours en juin 2024, s'était prolongé au-delà de neuf mois, bien plus longtemps que les rotations classiques d'environ six mois.

Les deux vétérans de l'espace avaient vu leur séjour s'éterniser en raison des problèmes détectés sur le système de propulsion du vaisseau spatial Boeing Starliner, qui effectuait avec eux son premier vol habité.

La situation avait conduit la Nasa à décider à l'été 2024 de ramener le vaisseau de Boeing à vide sur Terre et de faire revenir les deux astronautes par l'entremise de SpaceX, l'entreprise du multimilliardaire Elon Musk.

Les deux astronautes avaient pu finalement revenir sur Terre en mars 2025 après 286 jours dans l'espace.

Leur périple avait pris une tournure politique avec le retour au pouvoir du président républicain Donald Trump, ce dernier accusant son prédécesseur démocrate Joe Biden d'avoir volontairement "abandonné" les deux infortunés.

Suni Williams, 60 ans, avait rejoint la Nasa en 1998. Elle a été "une pionnière des vols spatiaux habités, façonnant l'avenir de l'exploration grâce à son leadership à bord de la station spatiale", a déclaré Jared Isaacman, directeur de la Nasa, dans un communiqué.

Suni Williams a participé à trois missions à bord de l'ISS, la première ayant eu lieu en 2006.

Au cours de sa carrière, Suni Williams a passé 608 jours dans l'espace, ce qui représente le deuxième plus long temps cumulé passé dans l'espace dans l'histoire de la Nasa, a indiqué l'agence spatiale.

Elle a également enregistré le plus long temps de sortie extravéhiculaire de toutes les femmes astronautes, soit 62 heures et 6 minutes, ce qui représente le quatrième plus long temps de tous les astronautes de la Nasa.


Les tensions au Moyen-Orient occupent le devant de la scène à Davos

Des dirigeants du monde entier, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires se rendent dans la station alpine de Davos chaque année au mois de janvier. (AFP/File Photo)
Des dirigeants du monde entier, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires se rendent dans la station alpine de Davos chaque année au mois de janvier. (AFP/File Photo)
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  • Pour sa 56e édition, la réunion annuelle du WEF devrait attirer environ 3 000 participants de plus de 130 pays
  • La délégation saoudienne, dirigée par le ministre des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, partagera les expériences réussies du Royaume dans le cadre de Vision 2030

DAVOS : Des dirigeants mondiaux, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires arrivent dans la ville suisse de Davos, recouverte de neige, pour le Forum économique mondial 2026, que les organisateurs ont qualifié de "l'un des rassemblements de plus haut niveau de l'histoire de l'événement".

La réunion de cette année, qui se tiendra du 19 au 23 janvier, abordera une série de défis géopolitiques urgents, de la guerre en Ukraine aux tensions croissantes au Moyen-Orient, où de nombreux points chauds à Gaza, au Liban et sur la mer Rouge ont ravivé les craintes d'une escalade régionale plus large.

Placé sous le thème "Un esprit de dialogue", le forum se tient à un moment de fragmentation mondiale sans précédent, d'inégalités économiques croissantes et de changements technologiques perturbateurs, offrant une plateforme pour favoriser la coopération mondiale afin de faire face aux grandes incertitudes.

Le forum de cette année devrait attirer un nombre record de participants gouvernementaux : 400 dirigeants politiques de premier plan, six dirigeants du G7, près de 850 PDG et présidents de conseils d'administration parmi les plus importants au monde, et près de 100 licornes et pionniers de la technologie de premier plan sont attendus.

Le président américain Donald Trump, le président français Emmanuel Macron, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le président égyptien Abdel Fattah El-Sisi, le président syrien Ahmad Al-Sharaa et Aziz Akhannouch, le chef du gouvernement marocain, figurent parmi les 65 chefs d'État qui participeront à cet événement de premier plan.

La délégation saoudienne, dirigée par le ministre des affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, comprendra la princesse Reema Bandar Al-Saud, ambassadrice d'Arabie saoudite aux États-Unis, Khalid Al-Falih, ministre de l'investissement, Bandar Alkhorayef, ministre de l'industrie et des ressources minérales, Ahmed Al-Khateeb, ministre du tourisme, Faisal Alibrahim, ministre de l'économie et de la planification, Abdullah Al-Swaha, ministre des communications et des technologies de l'information, et Mohammed Al-Jadaan, ministre des finances.

Les ministres engageront un dialogue avec des leaders mondiaux, tout en partageant les expériences réussies du Royaume dans le cadre de la Vision saoudienne 2030, selon un communiqué du ministère de l'économie et de la planification.

En marge du WEF, le ministère accueillera pour la deuxième année consécutive le pavillon de la Maison saoudienne, qui réunira des leaders d'opinion internationaux pour plus de 20 sessions axées sur les principales tendances et les défis qui façonnent l'économie mondiale.

Borge Brende, président-directeur général du FEM, a déclaré que la réunion de cette année serait "l'une des plus importantes", soulignant que "le dialogue n'est pas un luxe en période d'incertitude ; c'est une nécessité urgente".

Le forum mondial "offrira un espace à un mélange inégalé de dirigeants et d'innovateurs mondiaux pour dépasser les divisions, se faire une idée d'un paysage mondial en évolution rapide et proposer des solutions aux défis les plus importants et les plus pressants d'aujourd'hui et de demain", a ajouté M. Brende.


Malgré les frappes russes et le froid, Kiev danse le ska

Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
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  • Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin
  • Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage

KIEV: Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses.

C'est une "flashmob", explique-t-elle, une fête improvisée entre les habitants des immeubles environnants pour "ne pas penser aux problèmes", alors que le quartier est quotidiennement privé d'électricité pendant "17 ou 18 heures".

Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin.

Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage.

Le réseau a été rétabli depuis, mais reste extrêmement fragile et les coupures de courant font partie du quotidien des habitants de la capitale.

Ces derniers jours, le mercure flirte avec les -20 degrés, faisant chuter la température des logements, avec parfois 10 petits degrés dans les pièces.

"Les gens en ont assez de rester sans courant, de se sentir tristes", résume Olena Chvydka. "C’est une charge psychologique pour chacun".

Pour résister, Olena a organisé une fête en plein air. Platines et baffles ont été installées à 13H, quand il faisait encore -10 °C. "Maintenant, il doit faire -15 ou moins", sourit-elle.

"Invincibles" 

House, rap, ska... les styles s'enchaînent sous les doigts gelés du DJ, dont le visage dépasse à peine d'une doudoune épaisse et d'un gros bonnet.

Pieds dans la neige glacée, une femme se déhanche, auréolée de fourrure synthétique, engoncée dans une combinaison en satin bleu.

Des verres de vin chaud, des pas de danse maladroits sur la glace, des sourires sur les visages: "Les gens sont détendus ici. C’est vraiment cool", dit à l'AFP Olga Pankratova, résidente et ancienne officier des forces armées.

"Beaucoup de résidences font cela maintenant. Je suppose que c’est une question d’unité", glisse-t-elle.

"Ce genre de rassemblements apporte une forme de résistance civilisée à la force qui nous est imposée: missiles, explosions, flammes... Ça nous unit".

Un effet de mode s'est emparé de la capitale et les vidéos de soirées de ce genre fleurissent sur les réseaux sociaux.

L'ambiance tranche avec l'atmosphère de la capitale. Depuis janvier, le ronron des générateurs est devenu la bande originale des rues de Kiev, moins peuplées qu'à l'accoutumée à cause de la glace qui recouvre ses pavés.

L'Ukraine craint aussi une reprise des frappes russes sur ses infrastructures, alors que des drones de reconnaissance russes survolent Kiev en journée, alimentant les rumeurs de possibles attaques massives sur la ville.

"Peu importe à quel point on se force à faire bonne figure, cela affecte beaucoup notre état émotionnel sur le moment", confie Olga en évoquant les coupures de courant et accusant la Russie de "vouloir instiller la peur et la haine" dans la société ukrainienne.

"Les gens sont invincibles", lance pour sa part Ievgueniï, officier militaire à la retraite, qui a participé à l'organisation de la fête.

"Malgré la situation très compliquée, ils veulent tenir bon et célébrer. Et ils attendent la victoire quoi qu’il arrive", conclut-il.