Bolton : l'Iran n'a jamais renoncé à l'idée de se doter d'une capacité nucléaire

John Bolton, ancien conseiller à la sécurité nationale des États-Unis. (AP)
John Bolton, ancien conseiller à la sécurité nationale des États-Unis. (AP)
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Publié le Jeudi 18 février 2021

Bolton : l'Iran n'a jamais renoncé à l'idée de se doter d'une capacité nucléaire

  • Dans une interview exclusive avec Arab News, l’ancien conseiller à la sécurité nationale du président américain Donald Trump affirme que les pays du Golfe doivent être inclus dans les négociations avec Téhéran
  • « Je ne pense pas que le régime iranien ait jamais vraiment pris la décision stratégique de renoncer au développement de l'arme nucléaire », précise John Bolton

ATLANTA - John Bolton, l’ancien conseiller à la sécurité nationale du président américain Donald Trump, a déclaré mercredi qu'il doutait des promesses de Téhéran de ne pas poursuivre le développement d'armes nucléaires, même si le retour à l'accord nucléaire avec l'Iran semble constituer une priorité pour l'administration Biden.

Dans une interview exclusive accordée à Arab News, M. Bolton déclare qu'il encourage l'inclusion des pays arabes du Golfe dans toute négociation concernant le programme nucléaire iranien, jugeant cette initiative comme « idée positive ».

Il ajoute qu'il n'est pas en faveur d'un changement de régime à Téhéran qui suppose une intervention militaire étrangère, tout en étant convaincu que « l’opposition populaire à l'intérieur du pays finira par le renverser».

Au cours d'une discussion portant sur une série de dossiers qui touchent le Moyen-Orient, M. Bolton précise qu'il ne s'oppose pas, par principe, à un réengagement du président américain Joe Biden avec l'Iran. D'après lui, Joe Biden a joué un rôle important dans la conclusion de l'accord nucléaire iranien de 2015, connu officiellement sous le nom de Plan d'action global conjoint, durant son mandat de vice-président sous Barack Obama. Ainsi, il ne faut pas s'étonner si le retour à cet accord figure à l'ordre du jour. Néanmoins, il avertit que Téhéran maintient sa volonté de développer ses capacités nucléaires.

« Je ne pense pas que le régime iranien ait jamais vraiment pris la décision stratégique de renoncer au développement de l'arme nucléaire », précise-t-il.

Selon M. Bolton, les pays du Golfe ont le droit d'être impliqués dans les nouvelles négociations que la communauté internationale entend engager avec l'Iran, en raison de leur proximité avec celui-ci, et du fait des activités agressives du régime dans la région.

Se démarquant des commentaires précédents dans lesquels il a laissé entendre qu'une intervention militaire internationale devrait être envisagée, M. Bolton estime que le changement en Iran proviendra très probablement de l'intérieur du pays, sous la forme d'un soulèvement civil et militaire interne.

Il estime que la popularité du régime auprès des Iraniens connaît son point le plus bas en raison de sa mauvaise gestion de l'économie et des sanctions paralysantes imposées par l'administration Trump.

« Je pense que la popularité du régime iranien a atteint son point le plus bas depuis la révolution de 1979 », dit-il. « Le résultat le plus plausible, à mon avis, est une division parmi les officiers et l'armée nationale - et même parmi les Gardiens de la Révolution, dont les familles et les amis sont confrontés à la crise économique actuelle. A mon avis, c'est ainsi que le régime s'effondrera. Je n'envisage aucune intervention étrangère ».

En ce qui concerne les questions régionales plus larges, M. Bolton a salué les pays du Golfe pour avoir résolu leur différend diplomatique de longue date avec le Qatar. En effet, l'Arabie saoudite, les EAU et Bahreïn, ainsi que l'Égypte, ont consenti en janvier à rétablir leurs relations avec Doha. En juin 2017, ils avaient rompu leurs liens en raison des divergences dans les politiques régionales. Il estime que les pays du Golfe doivent faire preuve d'unité dans les efforts qu'ils déploient pour faire face à la menace iranienne qui pèse sur leurs intérêts.

Toutefois, M. Bolton a critiqué la Turquie, sous la direction du président Recep Tayyip Erdogan, pour être intervenu militairement dans le nord de la Syrie. Il a également dénoncé la décision d'Ankara de se procurer le système de missiles S-400 de la Russie, qui est un adversaire de l'OTAN – alors que la Turquie est membre de cette organisation.

Au sujet du conflit israélo-palestinien, M. Bolton juge irréaliste la solution des deux États, qui prévoit un État palestinien autonome sur les territoires occupés de Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem-Est arabe.

Le monde est tenu d'accorder une plus grande attention aux espoirs et aux aspirations du peuple palestinien, souligne-t-il. En effet, les aspirations du peuple sont différentes de celles des dirigeants palestiniens, poursuit-il, qui poursuivent une « stratégie obsolète » qui était peut-être appropriée quelques décennies auparavant. Cette approche n'est plus pertinente aujourd’hui, compte tenu des changements que le monde, et le monde arabe en particulier, a connus.

Ces changements devraient encourager les Palestiniens à développer une « nouvelle façon de penser » et à progresser au-delà de la solution à deux États qu'il qualifie de « morcelée ».

L'alternative proposée par M. Bolton est de croire en une « solution à trois Etats » qui ramènerait la bande de Gaza à la souveraineté égyptienne, comme elle l'était avant son occupation par Israël en 1967. Il suggère que la Jordanie et Israël doivent partager la souveraineté de la Cisjordanie, ce qui assurerait, selon lui, une « existence économique viable » pour les Palestiniens.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Iran: le guide suprême dit avoir approuvé l'accord avec les Etats-Unis, malgré une «opinion différente»

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails. (AFP)
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails. (AFP)
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  • "J'avais une opinion différente, mais j’ai donné mon autorisation en raison de l’engagement que le respectable président (iranien), en tant que président du Conseil suprême de sécurité nationale, a pris envers moi en son nom"
  • Selon lui, le président l'a aussi assuré que "si la partie américaine formule des exigences excessives" dans la suite des négociations en vue d'un accord final, "ils ne s’y soumettront pas"

TEHERAN: Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails.

"J'avais une opinion différente, mais j’ai donné mon autorisation en raison de l’engagement que le respectable président (iranien), en tant que président du Conseil suprême de sécurité nationale, a pris envers moi en son nom et au nom des autres membres pour protéger les droits de la nation iranienne et du front de la résistance" à Israël, a déclaré Mojtaba Khamenei, dans un message écrit lu à la télévision d’État.

Selon lui, le président l'a aussi assuré que "si la partie américaine formule des exigences excessives" dans la suite des négociations en vue d'un accord final, "ils ne s’y soumettront pas".

"Il est évident que les négociations en face-à-face qui se tiendront à l'avenir ne présagent pas de l'acceptation du point de vue de l'ennemi", a souligné le guide suprême, dans cette première réaction à l’accord irano-américain visant à mettre fin à la guerre, signé tôt jeudi par les présidents américain Donald Trump et iranien Masoud Pezeshkian.

Le dirigeant n’a pas été vu en public depuis son entrée en fonction en mars, à la suite de l’assassinat de son père et prédécesseur, l’ayatollah Ali Khamenei, lors des premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février, qui ont déclenché la guerre régionale.

Mojtaba Khamenei a encore affirmé que Donald Trump avait "par désespoir, actionné toutes sortes de leviers" pour obtenir cet accord avec l’Iran,  afin de mettre fin à la guerre.


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.