Une rare unité au Conseil de sécurité de l'ONU en faveur d'une distribution équitable des vaccins

L'équité en matière de vaccins est «le plus grand test moral devant la communauté mondiale», a déclaré le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. (Reuters)
L'équité en matière de vaccins est «le plus grand test moral devant la communauté mondiale», a déclaré le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. (Reuters)
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Publié le Jeudi 18 février 2021

Une rare unité au Conseil de sécurité de l'ONU en faveur d'une distribution équitable des vaccins

  • Le Royaume-Uni appelle à une nouvelle résolution exigeant un cessez-le-feu mondial pour garantir que les personnes vivant dans les zones de conflit ne manquent pas la vaccination contre la Covid-19
  • 10 pays représentent 75% de toutes les vaccinations, plus de 130 n'en ont eu aucun

NEW YORK: Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a ouvert mercredi dernier une réunion de haut niveau du Conseil de sécurité en critiquant vivement la distribution «extrêmement inégale et injuste» des vaccins contre la Covid-19.

«Seuls 10 pays ont administré 75% de tous les vaccins contre la Covid-19», indique-t-il. «Pendant ce temps, plus de 130 pays n'ont pas reçu la moindre dose. Les personnes touchées par les conflits et par l'insécurité courent le risque de rester à la traîne.»

L'équité vaccinale est «le plus grand test moral devant la communauté mondiale», ajoute-t-il.

Guterres a appelé le G20, les pays les plus riches du monde, à mettre en place un groupe de travail d'urgence afin de créer un plan mondial de vaccination avec la contribution de scientifiques, de fabricants de vaccins, des autorités qui ont le pouvoir d'assurer une distribution équitable des vaccins et de ceux qui peuvent financer le plan. Il déclare que ce groupe de travail devrait avoir la capacité «de mobiliser les sociétés pharmaceutiques et les principaux acteurs de l'industrie et de la logistique».

Le chef de l'ONU avertit que si on laissait le virus se répandre «comme une traînée de poudre dans le Sud», il continuerait de muter en générant de nouveaux variants potentiellement plus transmissibles et mortels, ce qui pourrait réduire l'efficacité des vaccins et des thérapies. Il ajoute que cela pourrait conduire à une résurgence du virus dans le Nord et retarder la reprise économique.

Treize ministres ont pris la parole lors de la réunion virtuelle, qui était la première session du Conseil de sécurité organisée spécifiquement pour discuter des vaccins contre la Covid-19. Il a été convoqué par Dominic Raab, le ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni, pays qui en assume la présidence du conseil ce mois-ci.

Dominic Raab a proposé une nouvelle résolution appelant à un cessez-le-feu mondial temporaire et à un effort coordonné pour distribuer et administrer le vaccin partout, «y compris dans les endroits les plus difficiles à atteindre, comme les lieux de conflit ou d'autres zones insécurisées».

Il a ajouté : «Les cessez-le-feu ont été utilisés pour vacciner les communautés les plus vulnérables dans le passé. Il n'y a aucune raison qui justifie que nous ne puissions le faire.»

En réponse à la pandémie et à l'appel à un cessez-le-feu mondial lancé par Guterres le 23 mars de l'année dernière, le Conseil de sécurité a adopté au mois de juillet la résolution 2532. Elle appelait à «une cessation générale et immédiate des hostilités dans toutes les situations inscrites à son ordre du jour [le Conseil de sécurité]» et exhortait toutes les parties engagées dans des conflits armés, y compris celles qui ne figuraient pas à l'ordre du jour du conseil, à «s'engager immédiatement dans une pause humanitaire durable pour au moins quatre-vingt-dix jours consécutifs».

Raab a déclaré en outre que le conseil devait prendre de nouvelles mesures «pour appeler à des cessez-le-feu spécifiquement pour permettre la vaccination contre la Covid dans ces zones si gravement touchées par le conflit».

Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, a déclaré au conseil que l'administration Biden «travaillera avec nos partenaires à travers le monde pour étendre la capacité de fabrication et de distribution et pour améliorer l'accès, y compris aux populations marginalisées».

Le président américain, Joe Biden, a rétabli les liens américains avec l'Organisation mondiale de la santé après que son prédécesseur, Donald Trump, a coupé tous les ponts avec elle. Blinken a déclaré que, d'ici à la fin du mois, les États-Unis paieraient plus de 200 millions de dollars (soit 166 millions d’euros) en obligations évaluées et actuelles à l'agence des Nations unies, mais il a ajouté que Washington chercherait à proposer des réformes «pour vaincre la Covid-19 et prévenir de futures pandémies».

Les États-Unis prévoient également de fournir un «soutien financier significatif» à Covax – une initiative internationale, dirigée par l'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination, qui vise à garantir à tous les pays un accès équitable aux vaccins – et s'emploiera à renforcer d'autres initiatives multilatérales dans le cadre de la réponse mondiale à la Covid-19, a indiqué Blinken. 

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a critiqué l'élargissement du «fossé d'immunité» qui émerge entre les nations. Il a exhorté le monde à «s'unir pour rejeter le “nationalisme des vaccins”, à en promouvoir une distribution juste et équitable et, en particulier, à les rendre accessibles et abordables pour les pays en développement, y compris ceux qui sont en conflit».

Subrahmanyam Jaishankar, ministre des Affaires étrangères de l’Inde, a fait savoir que toute accumulation de «doses superflues mettra en échec nos efforts qui visent à atteindre la sécurité sanitaire collective».

Il a également averti que les coûts potentiels d'une distribution inégale de vaccins seraient énormes. Il a cité une prédiction de la Chambre de commerce internationale selon laquelle un échec de la communauté internationale à lutter contre les inégalités en matière de vaccins pourrait coûter à l'économie mondiale jusqu'à 9200 milliards de dollars (7600 milliards d’euros).

Le ministre mexicain des Affaires étrangères, Marcelo Ebrard, a affirmé que, si les tendances actuelles persistent, les pays en développement n'auraient pas accès aux vaccins avant le milieu de l’année 2023. Il a appelé à l'accélération de l'initiative Covax et à la fin de la «thésaurisation indue» et de la «monopolisation des vaccins» par certains pays.

Les autorités britanniques ont affirmé que plus de 160 millions de personnes risquent d'être exclues des efforts de vaccination parce qu'elles vivent dans des pays en proie à des conflits et à l'instabilité, notamment le Yémen, la Syrie, le Soudan du Sud, la Somalie et l'Éthiopie.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


En Turquie, le pape Léon XIV visite la Mosquée bleue d'Istanbul

Le pape Léon XIV visite la mosquée du sultan Ahmed (Mosquée bleue) à Istanbul, le 29 novembre 2025. (AFP)
Le pape Léon XIV visite la mosquée du sultan Ahmed (Mosquée bleue) à Istanbul, le 29 novembre 2025. (AFP)
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  • Le pape Léon XIV a visité la Mosquée bleue d’Istanbul pour la première fois depuis son élection, marquant un signe d’amitié envers l’islam sunnite
  • Son voyage en Turquie comprend également des rencontres avec les chefs des Églises chrétiennes, une messe à Istanbul et prépare une visite au Liban

ISTANBUL: Le pape Léon XIV a visité samedi la Mosquée bleue d'Istanbul, joyau emblématique de la ville et célèbre monument ottoman dont il s'est fait expliquer l'histoire, sans s'y recueillir contrairement à son prédécesseur François.

Au troisième jour de sa visite en Turquie, le premier pape américain de l'Histoire s'est présenté en chaussettes blanches dans ce lieu symbolique du XVIIe siècles aux murs ornés de faïences fines, accompagné du mufti d'Istanbul.

Ce signe d'amitié envers l'islam sunnite, religion majoritaire du pays, constitue la première visite dans un lieu de culte musulman de Léon XIV depuis son élection en mai, qui marche ainsi sur les pas de Benoit XVI en 2006 et de François en 2014.

Entouré de dignitaires musulmans, le souverain pontife à effectué le tour de la mosquée dans un silence troublé par le seul bruit des appareils photo sans marquer de moment de prière.

"Le pape a visité la mosquée en silence, dans un esprit de recueillement et d'écoute, avec un profond respect pour le lieu et pour la foi de ceux qui y étaient réunis en prière", a fait valoir le service de presse du Vatican.

La mosquée de Sultanahmet, appelée Mosquée bleue pour ses céramiques, est l'une des principales attractions touristiques d'Istanbul, construite sur le site de l'ancien "palais sacré" des empereurs byzantins, sous le règne du sultan ottoman Ahmed Ier.

Contrairement à ses prédécesseurs, Léon XIV ne s'est pas non plus rendu à Sainte-Sophie, l'ancienne basilique byzantine située à 300 mètres en face, devenue un musée puis transformée en mosquée en 2020.

Dehors, malgré le froid et un ciel très gris, une petite foule - des touristes pour la plupart - a accueilli l'arrivée du convoi par des vivats enthousiastes.

"C'est positif et surtout courageux. Les voyages du pape c'est toujours très beau, il apporte la paix avec lui", s'est réjouie Roberta Ribola, quinquagénaire italienne originaire de Brescia (nord).

Dans la foulée, Léon a rencontré les chefs des Églises et des communautés chrétiennes à l'église syriaque orthodoxe de Mor Ephrem.

Dans l'après-midi, il doit participer à une prière à l'église patriarcale Saint-Georges avant de rejoindre le patriarche œcuménique Bartholomée Ier au palais patriarcal, sur les rives de la Corne d'or.

Les deux dirigeants spirituels y signeront une déclaration commune dont le contenu n'a pas été dévoilé.

La journée s'achèvera par une messe à la Volkswagen Arena d'Istanbul, une salle de spectacles où 4.000 fidèles sont attendus.

Vendredi, le pape a appelé à l'unité et la fraternité entre chrétiens de différentes confessions lors de la célébration des 1.700 ans du Concile œcuménique de Nicée, un évènement fondateur pour le christianisme.

Après Paul VI (1967), Jean-Paul II (1979), Benoît XVI (2006) et François (2014), Léon est le cinquième pape à se rendre en Turquie.

De dimanche à mardi, il poursuivra son voyage avec une visite très attendue au Liban.


Pourparlers sur l'Ukraine: Kiev et l'Europe voient des avancées mais encore beaucoup de travail

Le président américain avait initialement donné jusqu'au 27 novembre au président ukrainien Volodymyr Zelensky pour répondre à son plan, comprenant notamment la cession de territoires ukrainiens et s'apparentant à une capitulation de Kiev. Il a ensuite précisé que ce n'était pas sa "dernière offre". (AFP)
Le président américain avait initialement donné jusqu'au 27 novembre au président ukrainien Volodymyr Zelensky pour répondre à son plan, comprenant notamment la cession de territoires ukrainiens et s'apparentant à une capitulation de Kiev. Il a ensuite précisé que ce n'était pas sa "dernière offre". (AFP)
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  • Les discussions entre Ukrainiens, Américains et Européens, convoquées dimanche dans l'urgence, se sont tenues sur la base du projet de plan en 28 points de Donald Trump, considéré comme largement favorable à Moscou
  • Américains et Ukrainiens ont affirmé qu'un "futur accord" de paix devrait respecter la souveraineté de l'Ukraine

KIEV: Le chancelier allemand a insisté lundi pour que la Russie rejoigne la table des négociations sur un plan de paix pour l'Ukraine, au lendemain de pourparlers à Genève ayant donné lieu à un "nouvel élan", mais qui nécessitent encore "du travail" selon Kiev et l'UE.

Les discussions entre Ukrainiens, Américains et Européens, convoquées dimanche dans l'urgence, se sont tenues sur la base du projet de plan en 28 points de Donald Trump, considéré comme largement favorable à Moscou. Américains et Ukrainiens ont affirmé qu'un "futur accord" de paix devrait respecter la souveraineté de l'Ukraine.

L'Ukraine, qui lutte depuis près de quatre ans contre l'invasion de la Russie, est de nouveau au coeur d'échanges lundi à Luanda en marge d'un sommet entre l'UE et l'Union africaine. Et la "Coalition des volontaires", qui réunit les alliés de l'Ukraine, se réunira mardi en visioconférence.

"La Russie doit être présente à la table (des négociations)", a affirmé le chancelier allemand Friedrich Merz, jugeant néanmoins improbable "une percée" diplomatique cette semaine.

Le président américain avait initialement donné jusqu'au 27 novembre au président ukrainien Volodymyr Zelensky pour répondre à son plan, comprenant notamment la cession de territoires ukrainiens et s'apparentant à une capitulation de Kiev. Il a ensuite précisé que ce n'était pas sa "dernière offre".

Salué par le président russe Vladimir Poutine, le texte initial du plan Trump reprenait plusieurs exigences cruciales pour Moscou. Le Kremlin a dit lundi n'avoir aucune information à l'issue des pourparlers de Génève, mais savoir que des "modifications" avaient été apportées.

Si M. Zelensky a salué lundi des avancées, il a estimé qu'il fallait "beaucoup plus" pour parvenir à une "paix réelle" avec la Russie et mettre fin au conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Atmosphère "constructive"

Le dirigeant ukrainien s'est néanmoins félicité de l'inclusion d'éléments "extrêmement sensibles": la libération totale des prisonniers ukrainiens selon la formule de "tous-contre-tous" et des civils, et le retour des "enfants ukrainiens enlevés par la Russie".

Un haut responsable ukrainien a indiqué à l'AFP que l'hypothèse d'une visite de Volodymyr Zelensky à Washington était "au stade de la discussion", sans date fixée.

L'atmosphère à Genève était "parfois tendue, parfois plus légère mais dans l'ensemble constructive", a-t-il décrit, évoquant une ambiance "typique des négociations extrêmement importantes".

Depuis Luanda, les alliés européens de Kiev se sont dit prudemment optimistes.

"Il reste encore du travail à faire mais il y a une base solide pour avancer", a dit la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a lui salué un "nouvel élan".

Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a aussi noté les "progrès significatifs" réalisés à Genève.

Aucune nouvelle version du texte n'a pour l'heure été publiée.

"Nous continuons tous à travailler avec nos partenaires, en particulier les États-Unis, et à rechercher des compromis qui nous renforcent et ne nous affaiblissent pas", a dit M. Zelensky lors d'une conférence virtuelle en Suède, ajoutant que son pays se trouve à un "moment critique".

Le président américain a semblé se réjouir de l'issue de la rencontre à Genève. "Est-ce vraiment possible que de grands progrès soient réalisés dans les pourparlers de paix entre la Russie et l'Ukraine??? Ne croyez que ce que vous voyez, mais quelque chose de bon pourrait bien se produire", a-t-il écrit sur son réseau Truth Social.

A Genève, son secrétaire d'Etat Marco Rubio s'était dit dimanche "très optimiste" sur la possibilité de conclure "très vite" un accord, estimant que "les points qui restent en suspens ne sont pas insurmontables".

Les Russes auront "leur mot à dire", avait-il aussi assuré.

Lors d'un entretien téléphonique lundi entre Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, le dirigeant russe a réitéré son opinion selon laquelle le plan initial des États-Unis pourrait "servir de base à un règlement de paix final".

La poussée lente, mais progressive, des troupes russes accentue la pression sur Kiev.

Moscou a revendiqué lundi la prise d'un village dans la région de Zaporijjia (sud), tandis que des frappes aériennes russes ont fait au moins quatre morts à Kharkiv.

La Russie cible quasi quotidiennement le pays au moyen de drones ou de missiles. Les infrastructures énergétiques sont particulièrement visées, faisant craindre un hiver difficile en Ukraine. Kiev vise de son côté régulièrement des dépôts et raffineries de pétrole et d'autres installations côté russe.

 


L'IA générative, un potentiel «Frankenstein des temps modernes», prévient le chef des droits humains de l'ONU

Les droits humains risquent d'être les premières victimes du déploiement de l'intelligence artificielle (IA) générative par les géants de la tech, a déclaré le Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme lundi, mettant en garde contre le potentiel "monstrueux" de tels systèmes. (AFP)
Les droits humains risquent d'être les premières victimes du déploiement de l'intelligence artificielle (IA) générative par les géants de la tech, a déclaré le Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme lundi, mettant en garde contre le potentiel "monstrueux" de tels systèmes. (AFP)
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  • "Le modèle économique actuel des plateformes de médias sociaux alimente déjà la polarisation, l'extrémisme et l'exclusion. De nombreux pays peinent à endiguer ce phénomène", a souligné M. Türk
  • Et si l'IA générative est porteuse d'"immenses promesses", les droits humains peuvent en "être les premières victimes", a-t-il estimé

GENEVE: Les droits humains risquent d'être les premières victimes du déploiement de l'intelligence artificielle (IA) générative par les géants de la tech, a déclaré le Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme lundi, mettant en garde contre le potentiel "monstrueux" de tels systèmes.

"L'IA générative recèle un immense potentiel, mais son exploitation à des fins purement politiques ou économiques peut manipuler, déformer et détourner l'attention", a déclaré le Haut Commissaire Volker Türk lors d'une réunion à Genève (Suisse), soulignant que "sans garanties et réglementations adéquates, les systèmes d'IA pourraient se transformer en un monstre de Frankenstein des temps modernes".

"Le modèle économique actuel des plateformes de médias sociaux alimente déjà la polarisation, l'extrémisme et l'exclusion. De nombreux pays peinent à endiguer ce phénomène", a souligné M. Türk lors d'un forum sur les entreprises et les droits humains.

Et si l'IA générative est porteuse d'"immenses promesses", les droits humains peuvent en "être les premières victimes", a-t-il estimé.

L'exploitation de cette technologie "à des fins purement politiques ou économiques" fait peser une menace "sur plusieurs droits humains, notamment le droit à la vie privée, la participation politique, la liberté d'expression et le droit au travail".

Le Haut Commissaire a averti que ces menaces "pourraient se concrétiser en préjudices qui compromettent les promesses des technologies émergentes et pourraient engendrer des conséquences imprévisibles".

"Il est de la responsabilité des gouvernements de s'unir pour éviter un tel scénario", a insisté M. Türk.

Par ailleurs, le chef des droits humains de l'ONU a mis en évidence une autre menace représentée par la concentration croissante du pouvoir des entreprises et l'"accumulation massive de richesses personnelles et d'entreprises entre les mains d'une poignée d'acteurs".

"Dans certains cas, cela dépasse le poids économique de pays entiers", a-t-il déclaré, insistant sur le fait que lorsque "le pouvoir n'est pas encadré par la loi, il peut mener à des abus et à l'asservissement".