En Tunisie, l’interminable casse-tête de l’endettement hôtelier

Déjà bien mal en point avant cette crise, l’industrie touristique risque d’y laisser des pans entiers (Photo, AFP)
Déjà bien mal en point avant cette crise, l’industrie touristique risque d’y laisser des pans entiers (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Mardi 11 août 2020

En Tunisie, l’interminable casse-tête de l’endettement hôtelier

  • Depuis une bonne dizaine d’années, près du tiers des 800 hôtels que compte le pays sont en grave crise
  • « On ne peut pas sauver le tourisme sans régler au préalable le problème de l’endettement »

TUNIS: Hôteliers et autorités sont en désaccord depuis plusieurs années sur la façon de régler l’épineux problème de la dette. Qui fait peser sur le système bancaire le risque d’une crise systémique.

Être nommé ministre du Tourisme et de l’Artisanat aujourd’hui en Tunisie n’est pas un cadeau. Succéder à René Trabelsi, qui a occupé ce poste de novembre 2018 à février 2020, et qui est crédité d’un très bon parcours et d’un bilan positif, encore moins. Pourtant, Mohamed Ali Toumi, chef d’entreprise de son état, n’a pas hésité à entamer une première expérience politique d’autant plus périlleuse que l’industrie touristique s’apprêtait à vivre, à cause de la pandémie de Covid-19, sa plus grave crise depuis la première guerre du Golfe en 1991. 

Déjà bien mal en point avant cette crise, l’industrie touristique risque d’y laisser des pans entiers. Depuis une bonne dizaine d’années, près du tiers des 800 hôtels que compte le pays sont en grave crise. Leur endettement s’est aggravé au fil des ans et s’élève aujourd’hui à 4,3 milliards de dinars (près de 1,4 milliard d’euros), faisant peser sur le secteur bancaire le risque d’une crise systémique. 

Cette situation risquant fort de s’aggraver du fait de la pandémie de Covid-19, le nouveau ministre du Tourisme et de l’Artisanat a pris d’emblée le taureau par les cornes, dans l’espoir de pouvoir mettre d’accord gouvernement et hôteliers, que le sujet divise depuis longtemps. 

Après un premier round de discussion avec les principales parties prenantes de cet épineux dossier, Mohamed Ali Toumi a soumis au chef du gouvernement une note dans laquelle il propose la création d’un « groupe de travail de haut niveau ». Sa mission sera d’« évaluer les mesures prises précédemment dans le cadre de la restructuration financière du secteur touristique et trouver des solutions ».

Il s’agit en l’occurrence des deux mécanismes mis sur la table respectivement par les hôteliers et les autorités : l’Asset Management Company et le Livre blanc.
Annoncée en septembre 2012, par le chef du gouvernement démissionnaire lorsqu’il était ministre du Tourisme, l’Autorisation de mise à la consommation (AMC), détenue par l’État, devait reprendre les créances des banques auprès des hôteliers, et vendre les établissements dont les propriétaires 
seraient incapables de rembourser les crédits. 

Refusant d’être dépossédés de leurs biens, les hôteliers « se sont mobilisés et ont fait du lobbying », révèle le ministre du Tourisme et de l’Artisanat. Le projet est tombé à l’eau.

Élaboré principalement par la Fédération tunisienne de l’hôtellerie (FTH) et la Société tunisienne de banque, la plus importante banque publique, détentrice de près d’un tiers des créances du secteur (1,4 milliard de dinars), le Livre blanc propose d’attirer de nouveaux investisseurs « car les fonds propres du secteur sont insuffisants à son redressement », explique un hôtelier. Mais « pour que cela se fasse et que certaines établissements puissent être restructurés et rénovés, il faut une incitation fiscale à cet apport d'argent frais. Que le ministère des Finances refuse d’accorder », dévoile notre interlocuteur. 

Mohamed Ali Toumi avait l’intention de lancer un nouveau round de discussions « pour voir laquelle des options est la meilleure ou s’il est possible de mixer les deux », explique-t-il. Car « on ne peut pas sauver le tourisme sans régler au préalable le problème de l’endettement », justifie le ministre. Le gouvernement étant démissionnaire depuis le 15 juillet, « nous croisons les doigts pour que notre ministre soit maintenu dans la prochaine équipe et puisse ouvrir rapidement le dossier de l’endettement », déclare un hôtelier.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Short Url
  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Short Url
  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.


Veolia renforce sa performance opérationnelle et relève ses objectifs pour 2026

Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Short Url
  • Veolia confirme une dynamique de croissance solide, avec des résultats financiers en hausse et une meilleure performance opérationnelle
  • Le groupe relève ses ambitions 2026, soutenu par ses activités internationales et ses marchés d’avenir

DUBAI: Veolia a signé un premier semestre 2026 solide, porté par une amélioration de sa rentabilité et une croissance de ses principaux indicateurs financiers. Fort de ces résultats, le groupe relève ses objectifs pour l'ensemble de l'année et confirme la trajectoire de son plan stratégique GreenUp.

Le chiffre d'affaires atteint 22,2 milliards d'euros, en hausse de 1,5 %, tandis que l'EBITDA progresse de 5 % pour s'établir à 3,55 milliards d'euros. La marge d'EBITDA s'améliore de 70 points de base, reflet des efforts continus du groupe en matière d'efficacité opérationnelle. Le résultat net courant part du groupe s'élève à 837 millions d'euros, en progression de 10,4 %, dépassant le rythme de croissance initialement attendu.

Cette performance repose sur la bonne tenue des activités Eau et Énergie, sur une croissance soutenue à l'international, notamment dans les Amériques et en Asie, ainsi que sur des gains d'efficacité de 195 millions d'euros réalisés au premier semestre. Veolia continue de bénéficier d'une forte demande pour ses services liés à la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, tout en maintenant une discipline stricte sur ses coûts et ses investissements.

Le groupe poursuit également sa transformation avec la finalisation de l'acquisition de Clean Earth, qui renforce sa position sur le marché américain du traitement des déchets dangereux. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de développement international de Veolia et devrait contribuer à sa croissance à partir de 2027.

Parallèlement, Veolia accélère son développement sur les marchés liés aux centres de données, à la microélectronique et aux solutions numériques. Le groupe vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel sur ces activités d'ici 2030 et entend accroître le rôle de l'intelligence artificielle dans l'amélioration de son efficacité opérationnelle.

Au vu de ces performances, Veolia relève son objectif de croissance du résultat net courant pour 2026 à un minimum de 8 %, contre une prévision précédente plus prudente, et confirme l'ensemble des ambitions de son plan GreenUp. Ces résultats illustrent la capacité du groupe à conjuguer croissance, amélioration de la rentabilité et investissements dans ses relais de développement.