Alaabi: des jouets éducatifs pour promouvoir la culture et la langue arabe

Hala GHarib, fondatrice de Alaabi (photo fournie)
Hala GHarib, fondatrice de Alaabi (photo fournie)
Arabicubes, le jouet le plus vendu de la marque Alaabi (photo fournie)
Arabicubes, le jouet le plus vendu de la marque Alaabi (photo fournie)
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Publié le Dimanche 21 février 2021

Alaabi: des jouets éducatifs pour promouvoir la culture et la langue arabe

  • En 2019, Hala Gharib lance la première start-up spécialisée dans la création et la fabrication de jeux et de ressources pédagogiques inspirés de la culture arabe
  • Les jeux proposés contribuent à stimuler la curiosité des enfants, à développer leurs compétences cognitives et à faciliter la découverte de la culture arabe et de sa richesse

BEIRUT : En 2019, Hala Gharib lance Alaabi («Mes jouets» en arabe), la première start-up spécialisée dans la création et la fabrication de jeux et de ressources pédagogiques inspirés de la culture arabe. Son objectif? Rendre l'enseignement et l'apprentissage de la langue amusant et facile d’accès.

À l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle – proclamée par l’Unesco en 1999 –, Arab News en français a rencontré cette entrepreneure qui s’est lancée dans cette aventure par amour pour sa langue maternelle.

«J'ai tout d’abord créé Alaabi pour des raisons personnelles. Comme des millions de personnes d’origine arabe qui résident loin de leur pays, j’ai voulu que mes enfants, nés à l’étranger, découvrent leur culture d’origine et s’en rapprochent. Or, la manière la plus efficace est certainement de passer par la langue, considérée comme le meilleur intermédiaire pour stimuler le sentiment d’appartenance. Ma démarche consistant à rechercher des jouets de bonne qualité pour soutenir ce parcours d'apprentissage me semblait vaine. Mais j’ai pris conscience que je n’étais pas seule. J’ai alors voulu accompagner parents, enseignants, orthophonistes, travailleurs sociaux [dans les camps de réfugiés], et toute personne désireuse de découvrir et de mieux connaître cette langue», déclare Hala Gharib. 

Ainsi, les «outils» proposés, c’est-à-dire les jeux éducatifs créatifs et durables, contribuent à stimuler la curiosité des enfants, à développer leurs compétences cognitives et à faciliter la découverte de la culture arabe et de sa richesse, car «la mémoire visuelle joue un rôle essentiel dans l’apprentissage de la langue», explique la créatrice d’Alaabi.

Une méthode à la fois ludique et didactique 

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(Photo fournie)

Design pointilleux, graphisme minimaliste et soigné… Alaabi propose six produits ludiques autour de l’apprentissage de la langue, des chiffres, des jeux portant sur la culture ou le vocabulaire. Pour étoffer cette gamme déjà riche, d’autres jouets pédagogiques sont actuellement en cours d’étude.

Tous ont été élaborés avec l’aide de professionnels du langage. «Nos jouets et nos jeux ont été conçus avec des professeurs d'arabe afin d'optimiser le processus d'apprentissage, que ce soit à la maison ou à l'école», explique Hala Gharib, qui insiste sur l’importance d’une méthode «facile, ludique, amusante». Cette dernière s’appuie sur des matériaux «de grande qualité qui répondent aux normes internationales et européennes en matière de jouets pour enfants».

Par ailleurs, cette entreprise située à Londres ne se limite pas à l’Europe puisque, outre le Vieux Continent, les réseaux de distribution couvrent le monde arabe, notamment les Émirats arabes unis et le Qatar. «Il y a même une autorité gouvernementale dans le Golfe qui a commandé un grand nombre de jouets, ce qui accroît la crédibilité des jouets utilisés à des fins éducatives dans le monde arabe également», se félicite-t-elle, avant d’ajouter: «Je développe actuellement un réseau aux États-Unis et au Canada.»

L’entrepreneure précise en outre que ses produits ne sont pas conçus uniquement pour les enfants. Les Arabicubes, par exemple, sont aussi populaires auprès des apprenants adultes que des orthophonistes. Chacun de ces nombreux cubes de bois colorés présente une lettre sur l’un de ses côtés; en faisant tourner l’ensemble du bloc, on fait apparaître les lettres sous leurs différentes formes et, en les assemblant, on peut créer des mots et des phrases simples.

«Approche sensorielle»

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(Photo fournie)

Hala Gharib explique qu’elle n’aimait pas la langue arabe lorsqu’elle était à l’école. «Dans ma jeunesse, les méthodes d’enseignement de l’arabe n’étaient pas modernes, et elles ne le sont toujours pas dans certains pays». Cela rend l’apprentissage plus difficile, notamment pour les nouvelles générations. «Il nous appartient de rendre l’apprentissage des enfants simple et facile. Pour cela, l’approche sensorielle est nécessaire», précise-t-elle.

Le message qu’elle veut transmettre s’adresse en grande partie aux parents qui ont parfois des préjugés sur la langue arabe. «Si vous la percevez en tant que source de richesse, vos enfants auront la même interprétation», estime-t-elle. «Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas s’adapter ni s’imprégner de la culture du pays qui nous a accueillis, mais cela ne signifie pas non plus qu’il faudrait renoncer à sa culture d’origine. Il faut nourrir ce multilinguisme, ce multiculturalisme, et en faire un atout.»

Par ailleurs, «la langue arabe est belle avec le brassage de ses accents, ses connotations, ses subtilités, et c’est aussi pour cela qu’il m’a semblé important de transmettre ces notions à nos jeunes générations», conclut l’entrepreneure.


Liban: neuf blessés dans une frappes israélienne sur un hôpital

Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh.  Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban. (AFP)
Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh. Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban. (AFP)
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  • Le ministère a précisé que les différentes sections de l'hôpital, dont les urgences et l'unité de soins intensifs, ont été endommagées ainsi que des ambulances stationnées dans la cour de l'établissement
  • Il a mis en ligne une vidéo qui montre des éclats de verre dispersés dans l’un des couloirs de l’hôpital, des fenêtres et des portes soufflées, ainsi qu’un plafond effondré dans l’un des bureaux, tandis qu’un membre du personnel se trouve sur les lieux

BEYROUTH: Neuf personnes ont été blessées jeudi dans une frappe israélienne qui a endommagé un hôpital du sud du Liban, selon le ministère de la Santé, l'armée israélienne poursuivant ses raids malgré une trêve fragile avec le Hezbollah pro-iranien.

Dans un communiqué, le ministère a "vivement dénoncé" la frappe qui a "infligé de graves dégâts à l'hôpital gouvernemental de Tebnine".

Il a précisé que la frappe a fait "neuf blessés, parmi lesquels sept membres du personnel de l'hôpital dont cinq femmes".

Le ministère a précisé que les différentes sections de l'hôpital, dont les urgences et l'unité de soins intensifs, ont été endommagées ainsi que des ambulances stationnées dans la cour de l'établissement.

Il a mis en ligne une vidéo qui montre des éclats de verre dispersés dans l’un des couloirs de l’hôpital, des fenêtres et des portes soufflées, ainsi qu’un plafond effondré dans l’un des bureaux, tandis qu’un membre du personnel se trouve sur les lieux.

Le ministère avait indiqué mercredi que trois hôpitaux dans le sud avaient été fermés et 16 autres endommagés depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien le 2 mars.

Les frappes israéliennes ont coûté la vie à 3.089 personnes au Liban, dont 116 secouristes et personnels de la santé, depuis le début des hostilités, selon le ministère de la Santé libanais.

Par ailleurs, ce même ministère a révisé jeudi à la hausse un bilan concernant une frappe sur la localité de Deir Qanun al-Nahr mardi qui a fait 14 morts, dont trois femmes et quatre enfants, contre 10 indiqué précédemment.

Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh.

Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban.

Il a dit avoir mené "une vaste attaque contre différentes positions" israéliennes dans trois localités au moyen de "drones d'attaques et de roquettes en salves répétées", selon un communiqué.

Un cessez-le-feu qui devait expirer le 17 mai a été prolongé de 45 jours à l'issue de négociations entre le Liban et Israël, inédites depuis des décennies, sous médiation américaine.

Le Liban a été plongé dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei.

 


Washington annonce des sanctions visant des personnes considérées proches du Hezbollah

Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien. (AFP)
Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien. (AFP)
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  • Le gouvernement libanais a refusé mi-mars les lettres de créance de l'ambassadeur iranien et ordonné son départ du pays, mais M. Sheibani a refusé de quitter Beyrouth
  • La décision du gouvernement avait été vivement critiquée par le Hezbollah

WASHINGTON: Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien.

Parmi les cibles des sanctions du département américain du Trésor se trouvent l'ambassadeur désigné de l'Iran au Liban, Mohammad Reza Raouf Sheibani, des responsables des services de renseignement libanais, des alliés politiques du Hezbollah et quatre responsables du groupe.

L'un d'entre eux, Hassan Fadlallah, est un député du Hezbollah qui a également dirigé la radio (Al-Nour) et la télévision (Al-Manar) du mouvement.

Le gouvernement libanais a refusé mi-mars les lettres de créance de l'ambassadeur iranien et ordonné son départ du pays, mais M. Sheibani a refusé de quitter Beyrouth.

La décision du gouvernement avait été vivement critiquée par le Hezbollah.

"Le Hezbollah est une organisation terroriste qui doit être totalement désarmée. Le département du Trésor continuera de s'en prendre aux responsables ayant infiltré le gouvernement libanais et permettant au Hezbollah de mener sa campagne de violence sans but contre le peuple libanais et d'entraver la paix", a déclaré le secrétaire du Trésor, Scott Bessent, cité dans le communiqué.

En réaction, le Hezbollah a dénoncé dans un communiqué "une tentative d'intimidation américaine contre le peuple libanais (...) en soutien à l'agression" israélienne contre le Liban.

"Ces sanctions (...) nous confortent dans nos choix (...) et n'auront aucun impact concret sur nos choix (...) ni sur l'action entreprise pour défendre la souveraineté" du peuple libanais, a ajouté le mouvement.

Les sanctions impliquent le gel de l'ensemble des avoirs détenus directement et indirectement par les personnes ciblées ainsi que l'interdiction pour les citoyens et entreprises américains de mener des échanges avec elles.

Cette interdiction s'applique également aux entreprises étrangères si elles disposent d'une filière aux Etats-Unis ou réalisent une partie de leurs échanges en dollars.

Les sanctions visent aussi deux responsables du mouvement chiite Amal, allié du Hezbollah, qui a dénoncé une mesure "inacceptable et injustifiée", visant "en premier lieu le mouvement Amal et son rôle politique, attaché aux causes nationales ainsi qu'à la protection de l'Etat et de ses institutions".

Le Hezbollah estime par ailleurs que "le fait de cibler les officiers libanais à la veille des rencontres au Pentagone est une tentative évidente d'intimider nos institutions sécuritaires officielles et de soumettre l'Etat aux conditions de la tutelle américaine".

Des négociations, inédites depuis des décennies, sont en cours entre le Liban et Israël sous médiation américaine. Le Hezbollah s'y oppose. Le Pentagone doit accueillir une session de discussions le 29 mai en présence d'une délégation de l'armée libanaise.

Le Liban a été plongé début mars dans la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei. Des troupes israéliennes sont ensuite entrées dans le sud du Liban.

Bien qu'une trêve soit actuellement en cours, Israël et le Hezbollah poursuivent leurs affrontements.


Maroc: au moins quatre morts dans l'effondrement d'un immeuble à Fès

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  • Dans certains quartiers périphériques de Fès, de nombreux bâtiments sont érigés sans respecter les normes de construction en vigueur
  • Les opérations de recherches se poursuivent pour tenter de secourir "d'autres personnes susceptibles d'être piégées sous les décombres", ont précisé les autorités locales

RABAT: Au moins quatre personnes sont décédées jeudi dans l'effondrement d'un immeuble à Fès, dans le nord du Maroc, selon un bilan provisoire des autorités locales qui poursuivent leurs opérations à la recherche d'éventuelles autres victimes coincées sous les décombres.

Six autres personnes ont été blessées à des degrés divers dans l'effondrement de cet immeuble résidentiel de quatre étages, situé dans un quartier périphérique de cette ville, selon les mêmes sources, citées par l'agence officielle MAP.

Dans certains quartiers périphériques de Fès, de nombreux bâtiments sont érigés sans respecter les normes de construction en vigueur.

Les opérations de recherches se poursuivent pour tenter de secourir "d'autres personnes susceptibles d'être piégées sous les décombres", ont précisé les autorités locales.

Le périmètre de l'accident a été sécurisé et les habitants des immeubles mitoyens ont été évacués à titre préventif.

Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances et les causes du sinistre.

Début décembre, 22 personnes avaient été tuées dans l'effondrement de deux immeubles mitoyens déjà à Fès, le pire accident de ce type ces dernières années dans le pays.

Toujours à Fès, neuf personnes avaient péri en mai 2025 dans l'effondrement d'un immeuble d'habitation. En février 2024, cinq personnes étaient aussi mortes dans l'effondrement d'une maison dans la vieille ville.