Covid-19: aux bras de jeunes bénévoles, des «aînées» rompent avec le mutisme

Pour Geneviève, comme pour les autres personnes âgées, le confinement et les restrictions sanitaires, «c'est vraiment très triste». «La vie c'est de sortir, de s'amuser... On ne peut plus maintenant» (Photo, AFP).
Pour Geneviève, comme pour les autres personnes âgées, le confinement et les restrictions sanitaires, «c'est vraiment très triste». «La vie c'est de sortir, de s'amuser... On ne peut plus maintenant» (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 23 février 2021

Covid-19: aux bras de jeunes bénévoles, des «aînées» rompent avec le mutisme

  • Les visites de bénévoles «ça (me) réconforte», confesse-t-elle, «j'ai le moral quand je les vois; d'abord je parle, et c'est important de parler» pour ne pas perdre la tête
  • Selon un récent sondage Odoxa, 56% des Français craignent «un conflit des générations dans les mois qui viennent»

PARIS: «C'est pas les uns contre les autres»: Dilara, 25 ans, tend son bras à Geneviève, 91 ans. Ensemble, elles arpentent, tant bien que mal, les rues de la capitale pour sortir du mutisme et de la solitude infligés par les mesures liées à la Covid-19.

Sous un soleil éclatant de février et malgré des températures encore fraîches, la nonagénaire qui vit seule depuis de nombreuses années, se réjouit de la visite de Dilara Ekici, étudiante de 25 ans et bénévole de l'association «Paris en Compagnie», dispositif de solidarité lancé en 2018 par la mairie de Paris à destination des plus de 65 ans, et soutenu par 3 associations (autonomie Saint-Jacques, les Petits frères des Pauvres et Lulu dans ma rue). 

«J'ai un bras pour m'appuyer, je peux marcher un peu mieux que toute seule, et puis la compagnie c'est si agréable», s'enthousiasme Geneviève Dupaquier, une dame coquette aux yeux bleus perçants, qui laisse deviner un large sourire derrière son masque.

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«La solitude est un sujet qui touche les personnes âgées mais qui touche aussi et en  grand nombre de jeunes notamment, étudiants ou jeunes actifs» (Photo, AFP).

Les visites de bénévoles «ça (me) réconforte», confesse-t-elle, «j'ai le moral quand je les vois; d'abord je parle, et c'est important de parler» pour ne pas perdre la tête. 

Pour Geneviève, comme pour les autres personnes âgées, le confinement et les restrictions sanitaires, «c'est vraiment très triste». «La vie c'est de sortir, de s'amuser... On ne peut plus maintenant. On est obligé de rester chez soi, on ne peut pas recevoir ses amis parce qu'il ne faut pas», ajoute ce brin de femme, plusieurs fois arrière grand-mère d'enfants qu'elle ne connait pas. 

Elle regrette ces petites habitudes «à la résidence, où tous les samedis soirs on se faisait un petit apéro, tantôt chez l'une, tantôt chez l'autre». De vieilles routines qui rythmaient sa vie, avant, et dont le retour semble encore lointain. 

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«J'ai un bras pour m'appuyer, je peux marcher un peu mieux que toute seule, et puis la compagnie c'est si agréable», s'enthousiasme Geneviève Dupaquier (Photo, AFP).

Plus de défense ?

La semaine dernière, quelques voix au sein du Conseil scientifique (qui guide le gouvernement) ont estimé qu'il ne fallait plus enchaîner les confinements mais opter pour un «contrat social» entre générations, où les plus âgés et fragiles accepteraient de s'auto-isoler. Une idée à la «faisabilité très discutable», pour le ministre de la Santé.

«Pourquoi ? parce que les jeunes ne risquent pas d'attraper la maladie ? Parce qu'ils ont plus de défense que nous ?», s'agace Geneviève.

«La solitude est un sujet qui touche les personnes âgées mais qui touche aussi et en  grand nombre de jeunes notamment, étudiants ou jeunes actifs», avertit l'adjointe chargée des Solidarités entre les générations à la mairie de Paris, Véronique Levieux. Deux groupes entre lesquels «il y a beaucoup plus de liens positifs et d'envie d'aller les uns vers les autres que de source de conflit», assure l'élue.

«Il n'y a pas de génération sacrifiée, personne n'a décidé d'envoyer le virus contre les jeunes», tempère de son côté Serge Guérin, sociologue spécialiste du vieillissement. Pour ce spécialiste, force est plutôt de constater «qu'il y a un truc qui fonctionne bien en France c'est l'inter-génération».

Selon un récent sondage Odoxa, 56% des Français craignent pourtant «un conflit des générations dans les mois qui viennent», «des désaccords importants entre les Français les plus jeunes et les plus âgés».

Assise sur un banc à deux pas du Sénat, Dilara Ekici, étudiante en quête d'un stage à Paris, balaye tout conflit avec les séniors: «C'est pas les uns contre les autres».

Pour Salma Eddourhri, 25 ans, autre bénévole, les jeunes ont «envie de vivre, envie de voir beaucoup de choses... Mais je suis contre ce confinement par génération». Ca reviendrait à sacrifier «une autre génération, (celle) des séniors et des aînés», opine-t-elle.

A Sèvres, commune à l'ouest de Paris, dans l'appartement exigu et empli de souvenirs d'Odette Tremon, 84 ans, parfois c'est la bénévole qui se laisse aller et raconte «(ses) problèmes». 

«Je suis jeune diplômée et trouver un travail aujourd'hui c'est assez compliqué»... Bref, «des problèmes qui (la) chagrinent personnellement», avoue-t-elle.

«A 25 ans, je rentre chez moi à 18H, j'habite toute seule, je suis vraiment dans une situation d'isolement aussi», explique-t-elle. «Je suis privée de mes parents parce qu'ils vivent à l'étranger; avec la fermeture des frontières, je n'ai pas le droit d'aller les voir.»

A d'autres moments, c'est Odette qui fond en larmes en évoquant le souvenir de son amoureux de 40 ans, parti brutalement fin août. A Noël, c'est ensemble que les deux femmes ont choisi de réveillonner.


Après Chypre, Macron sur le Charles de Gaulle pour souligner l'important déploiement militaire français

Emmanuel Macron est arrivé lundi après-midi à bord du Charles de Gaulle en Méditerranée après avoir évoqué à Chypre une future mission internationale "purement défensive" pour "rouvrir" le détroit d'Ormuz, dans le cadre d'un important déploiement militaire français autour du conflit au Moyen-Orient. (AFP)
Emmanuel Macron est arrivé lundi après-midi à bord du Charles de Gaulle en Méditerranée après avoir évoqué à Chypre une future mission internationale "purement défensive" pour "rouvrir" le détroit d'Ormuz, dans le cadre d'un important déploiement militaire français autour du conflit au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Emmanuel Macron s'était auparavant rendu à l'aéroport militaire de Paphos, dans le sud-ouest de Chypre, île méditerranéenne touchée par un drone peu après le début de cette offensive
  • "Lorsque Chypre est attaquée, c'est l'Europe qui est attaquée", a-t-il martelé. "Nous n'accepterons pas que le moindre morceau du territoire européen, comme Chypre, soit exposé au danger"

A BORD DU CHARLES DE GAULLE: Emmanuel Macron est arrivé lundi après-midi à bord du Charles de Gaulle en Méditerranée après avoir évoqué à Chypre une future mission internationale "purement défensive" pour "rouvrir" le détroit d'Ormuz, dans le cadre d'un important déploiement militaire français autour du conflit au Moyen-Orient.

Le président français a atterri en hélicoptère sur le porte-avions, qui se trouve désormais au large de la Crète, en Grèce. Il a été redirigé sur son ordre vers la Méditerranée orientale après le début du conflit déclenché le 28 février par des frappes américano-israéliennes contre l'Iran.

Emmanuel Macron s'était auparavant rendu à l'aéroport militaire de Paphos, dans le sud-ouest de Chypre, île méditerranéenne touchée par un drone peu après le début de cette offensive, pour apporter son soutien à son homologue chypriote Nikos Christodoulides.

"Lorsque Chypre est attaquée, c'est l'Europe qui est attaquée", a-t-il martelé. "Nous n'accepterons pas que le moindre morceau du territoire européen, comme Chypre, soit exposé au danger", a renchéri à leurs côtés le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, tout en assurant qu'il s'agissait d'actions "strictement défensives, loin de tout engagement militaire". La France, l'Italie et l'Espagne ont dépêché chacune une frégate dans la zone.

Le Charles de Gaulle est au coeur d'un important dispositif naval français appelé aussi à mobiliser "huit frégates" et "deux portes-hélicoptères amphibies" dans une vaste zone incluant la Méditerranée orientale, la mer Rouge et le détroit d'Ormuz dans le Golfe, a détaillé Emmanuel Macron.

Coordination du G7 

Il a notamment annoncé que la France contribuerait "dans la durée" avec "deux frégates" à l'opération Aspides mise en place en 2024 par l'Union européenne en mer Rouge, sous commandement grec. Une frégate française y participait déjà.

Le Premier ministre grec a invité ses "collègues européens à renforcer cette opération avec davantage de moyens flottants".

L'UE s'est justement dite disposée "à adapter et à renforcer davantage" ses missions de protection maritime, ont indiqué la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Antonio Costa à l'issue d'une réunion en visioconférence avec plusieurs dirigeants du Moyen-Orient.

Au-delà, "nous sommes en train de mettre en place" une "mission purement défensive, purement d'accompagnement", qui "a vocation à permettre, dès que cela sera possible, après la sortie de la phase la plus chaude du conflit", "l'escorte de porte-conteneurs et de tankers, pour rouvrir progressivement le détroit d'Ormuz", a affirmé le chef de l'Etat français.

C'est, selon lui, "essentiel au commerce international, mais également à la circulation du gaz et du pétrole qui doivent pouvoir sortir à nouveau de cette région", alors que l'impraticabilité du détroit, en raison du conflit, a fait s'envoler les cours ces derniers jours.

Emmanuel Macron a assuré préparer cette mission "strictement pacifique" avec des partenaires "européens et non européens". Des discussions sont évoquées côté français notamment avec l'Inde et d'autres pays asiatiques fortement touchés par la situation actuelle.

La France, qui préside cette année le G7, prépare pour mardi une réunion de ministres de l'Energie de ce groupe de pays (France, Etats-Unis, Royaume-Uni, Italie, Allemagne, Canada, Japon) en marge d'un sommet à Paris sur le nucléaire civil. "J'ai souhaité qu'on puisse mobiliser au niveau du G7 une coordination étroite pour piloter au mieux les sujets énergétiques", a dit le président français, qui a précisé à des journalistes que ces pays envisageaient parmi les "options" possibles de puiser dans leurs réserves stratégiques.

La courte visite à Chypre a permis à Emmanuel Macron de réaffirmer ses autres objectifs, dont la protection des pays du Golfe visés par des frappes iraniennes, et celle des ressortissants français dans la région.

Après s'être entretenu dans la matinée, pendant son vol vers Chypre, avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président français a une nouvelle fois appelé le Hezbollah pro-iranien à "cesser toutes frappes depuis le sol libanais".

"Israël doit ensuite cesser au plus vite son opération militaire et ses frappes sur le Liban pour permettre à la souveraineté et l'intégrité territoriales du Liban d'être recouvrées, et aux forces armées libanaises seules légitimes d'assurer la sécurité de leur sol", a-t-il insisté.


Macron s'est entretenu lundi matin avec Netanyahu de la situation au Moyen-Orient et au Liban selon l'Elysée

Le président français avait déjà échangé mercredi dernier avec M. Netanyahu, pour la première fois depuis l'été 2025, alors qu'Israël poursuit ses frappes contre l'Iran mais aussi Beyrouth, dont la partie sud est le bastion du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le président français avait déjà échangé mercredi dernier avec M. Netanyahu, pour la première fois depuis l'été 2025, alors qu'Israël poursuit ses frappes contre l'Iran mais aussi Beyrouth, dont la partie sud est le bastion du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
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  • Emmanuel Macron s'est entretenu lundi matin avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de la situation au Moyen-Orient et au Liban, a indiqué l'Elysée
  • Emmanuel Macron se rendra lundi après-midi à bord du porte-avions Charles de Gaulle, qui se trouve au large de la Crète, en Méditerranée orientale, où il a été dépêché pour faire face à la situation au Moyen-Orient

PAPHOS: Emmanuel Macron s'est entretenu lundi matin avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de la situation au Moyen-Orient et au Liban, a indiqué l'Elysée.

Le président français avait déjà échangé mercredi dernier avec M. Netanyahu, pour la première fois depuis l'été 2025, alors qu'Israël poursuit ses frappes contre l'Iran mais aussi Beyrouth, dont la partie sud est le bastion du Hezbollah pro-iranien.

 

 

 


Liban: Macron condamne une "attaque inacceptable" contre une position de l'ONU

Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron condamne une attaque contre une position de la Finul au sud du Liban et réaffirme le rôle stabilisateur de la force onusienne
  • Il exprime le soutien de la France à la souveraineté et à la sécurité de la Syrie, du Liban et de l’Irak, tout en appelant à éviter que le conflit régional ne s’étende

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a condamné vendredi une "attaque inacceptable" contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays, après s'être entretenu avec ses homologues libanais Joseph Aoun et syrien Ahmad Al-Chareh.

"La France œuvre avec ses partenaires à éviter que le conflit ne se propage davantage dans la région", a affirmé sur le réseau social X le chef de l'Etat, soulignant le "rôle clé de stabilisation au sud du Liban" joué par la Finul.

Emmanuel Macron a assuré que son pays resterait "engagé" dans cette force qui compte quelque 700 Français et assuré que "la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie et du Liban, comme de chaque pays dans la région, devait être respectée".

Une position de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a été ciblée vendredi dans le sud du pays, faisant des blessés parmi les Casques bleus ghanéens, selon l'Agence nationale d'information (Ani) libanaise, alors que la guerre déclenchée le week-end dernier par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran s'est étendue au Liban.

Israël a répliqué à des tirs du Hezbollah pro-iranien par des bombardements au Liban, notamment dans son fief de la partie sud de Beyrouth.

Le chef de l'Etat français a discuté auparavant avec le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani, à qui il a exprimé la "pleine solidarité" de la France, après l'attaque par des drones de l'aéroport de Bassora et de deux installations pétrolières dans le sud de l'Irak.

"J'ai renouvelé mon appui à son action résolue pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans le conflit", a-t-il ajouté, estimant que la stabilité de ce pays "est essentielle pour toute la région".

"La France soutient le plein respect de la souveraineté, de la sécurité, et de l’intégrité territoriale de l’Irak", a-t-il également assuré.

Le gouvernement irakien et le gouvernement de la région autonome du Kurdistan ont affirmé que l'Irak ne devait pas servir de base pour lancer des attaques contre des pays voisins, alors que des informations font état de la possibilité que des combattants kurdes traversent la frontière avec l'Iran.

L'Iran a menacé, pour sa part, de prendre pour cible "toutes les installations" de la région du Kurdistan en Irak si des combattants kurdes parvenaient à entrer sur le territoire de la République islamique.