Vivendi et Amber Capital, nouveaux alliés contre Lagardère

Le statut atypique du groupe Lagardère permet à Arnaud Lagardère (associé-commandité) de conserver le contrôle avec seulement quelque 7% du capital. En contrepartie, il est responsable indéfiniment des dettes de l'entreprise sur ses biens propres. (Photo AFP).
Le statut atypique du groupe Lagardère permet à Arnaud Lagardère (associé-commandité) de conserver le contrôle avec seulement quelque 7% du capital. En contrepartie, il est responsable indéfiniment des dettes de l'entreprise sur ses biens propres. (Photo AFP).
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Publié le Mardi 11 août 2020

Vivendi et Amber Capital, nouveaux alliés contre Lagardère

  • Les grandes manœuvres se poursuivent chez Lagardère: ses deux premiers actionnaires, le groupe de médias Vivendi et le fonds activiste Amber Capital, s'allient pour demander une représentation au conseil de surveillance
  • Officiellement, l'annonce est motivée par "les très mauvais résultats" financiers de Lagardère, durement touché par la pandémie de Covid-19 qui a notamment fait s'effondrer son activité de distribution dans les lieux de transports

PARIS : Les grandes manœuvres se poursuivent chez Lagardère: ses deux premiers actionnaires, le groupe de médias Vivendi et le fonds activiste Amber Capital, s'allient pour demander une représentation au conseil de surveillance, dans le but de s'opposer au gérant controversé Arnaud Lagardère mais aussi de contrer l'influence de Bernard Arnault.

Mardi, les deux parties ont annoncé la signature d'un "pacte" en vue d'obtenir "au conseil de surveillance une représentation minoritaire, de trois membres pour Amber Capital et un membre pour Vivendi", selon un communiqué de celui-ci.

Ils feront conjointement dans les dix jours une demande écrite amiable pour convoquer une assemblée générale et, en cas de refus, seront solidaires pour la réclamer devant la justice, précise l'Autorité des marchés financiers, qui a publié la convention entre les deux actionnaires. Ces derniers s'engagent ensuite à voter "en faveur des résolutions nécessaires à la mise en œuvre" des nouvelles nominations.

L'annonce vient confirmer le retournement d'alliance de Vincent Bolloré, l'homme fort de Vivendi, arrivé au capital peu avant l'assemblée générale de mai dernier pour sauver la mise d'Arnaud, fils unique du fondateur de l'entreprise Jean-Luc Lagardère, face à Amber qui souhaitait renouveler entièrement le conseil de surveillance : un soutien qualifié alors d'"amical" et justifié par les liens entre les deux familles.

Depuis, Vivendi (monté à 23,5% des parts) comme Amber Capital (20%) ont fait part séparément de leurs velléités d'être représentés dans ce conseil, seul organe susceptible de s'opposer au renouvellement du mandat de gérant de l'héritier, prévu début 2021. Pour le fonds britannique, c'est la troisième tentative depuis un premier échec lors de l'assemblée générale de 2018.

Le pacte entre les deux actionnaires "ne crée aucun accord entre les signataires sur la stratégie ou le contrôle de Lagardère" qui les obligerait au lancement d'une offre publique d'achat, précise Amber. Il prévoit par ailleurs un droit de première offre et un droit de préemption réciproques: si Vivendi ou Amber vend ses parts, l'autre sera prioritaire pour les racheter.

 "Très mauvais résultats"

Officiellement, l'annonce est motivée par "les très mauvais résultats" financiers de Lagardère, durement touché par la pandémie de Covid-19 qui a notamment fait s'effondrer son activité de distribution dans les lieux de transports (gares et aéroports). Le groupe, également maison mère d'Europe 1, Paris Match et du Journal du Dimanche, a accusé une perte nette de 481 millions d'euros au premier semestre, contre un bénéfice de 52 millions d'euros un an plus tôt.

Amber et Vivendi devraient également œuvrer pour la transformation en société anonyme de Lagardère, actuellement société en commandite par actions. Ce combat de longue date d'Amber Capital, qui critique la gestion de M. Lagardère, était au cœur de l'assemblée générale du 5 mai. Les nouveaux actionnaires de Lagardère "remplaceront tôt ou tard la gouvernance", avait affirmé à l'issue de l'assemblée Joseph Oughourlian, le fondateur d'Amber, sur la chaîne BFM Business.

Le statut atypique du groupe Lagardère permet à Arnaud Lagardère (associé-commandité) de conserver le contrôle avec seulement quelque 7% du capital. En contrepartie, il est responsable indéfiniment des dettes de l'entreprise sur ses biens propres.

Le pacte permet enfin à Vivendi et Amber d'unir leurs forces face à l'influence de Bernard Arnault, le milliardaire à la tête du groupe de luxe LVMH. Il avait annoncé fin mai venir éponger une partie des dettes d'Arnaud Lagardère contre 25% des parts de la holding personnelle de l'héritier.

Cette arrivée surprise avait remis en cause l'espoir de plusieurs actionnaires de voir les choses évoluer rapidement au sein de la gouvernance, et permet à M. Arnault de devenir incontournable pour toute décision stratégique touchant aux activités de Lagardère SCA, notamment des cessions d'actifs. Contacté mardi par l'AFP, le groupe Lagardère n'a pas fait de commentaires.

 


Un nouvel organe de protection de la propriété intellectuelle permettra d’attirer davantage d’investissements

L’Arabie saoudite a mis en place un organe d’enquête spécialisé dans les litiges relatifs à la propriété intellectuelle. (Reuters)
L’Arabie saoudite a mis en place un organe d’enquête spécialisé dans les litiges relatifs à la propriété intellectuelle. (Reuters)
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  • Le Conseil du ministère public d’Arabie saoudite a approuvé la création du ministère public de la propriété intellectuelle à la mi-février
  • Dans son communiqué, le ministère de la Justice indique que la création de cet organe a été décidée en application de la Stratégie nationale sur la propriété intellectuelle

RIYAD: Des experts en innovation et en économie ont déclaré à Arab News que la mise en place par l’Arabie saoudite d’un organe d’enquête spécialisé dans les litiges relatifs à la propriété intellectuelle permettra de favoriser la réalisation de projets innovants et d’attirer des investissements étrangers dans le pays.

Le Conseil du ministère public d’Arabie saoudite a approuvé la création du ministère public de la propriété intellectuelle à la mi-février.

Dans son communiqué, le ministère de la Justice indique que la création de cet organe a été décidée en application de la Stratégie nationale sur la propriété intellectuelle lancée par le prince héritier Mohammed ben Salmane, «qui consiste à mettre en place un environnement distingué pour l’organisation et le développement de services judiciaires dans les domaines de la propriété intellectuelle».

Le communiqué décrit le ministère public de la propriété intellectuelle comme «l’un des principaux facteurs permettant d’atteindre les objectifs de la Vision 2030 du Royaume».

Cet organe est chargé d’enquêter et d’engager des actions pénales dans les cas de violation des droits de propriété intellectuelle stipulés dans le système du droit des marques et le système de protection des droits d’auteur, déférés par l’Autorité saoudienne de la propriété intellectuelle, ainsi que dans le système des brevets et de la topographie pour les circuits intégrés, les variétés végétales et les modèles industriels.

Selon le ministère, «ces poursuites favoriseront le développement du Parlement dans le domaine de la protection judiciaire globale de la propriété intellectuelle. Elles disposeront d’un cadre de procureurs qualifiés qui ont été formés et ont acquis les compétences nécessaires conformément aux normes de compétence juridique pour la protection pénale des cas de violation des droits de propriété intellectuelle, ce qui conduira à la croissance (de ce secteur).»

«La mise en place d’un ministère public de la propriété intellectuelle contribue à créer “un environnement qui attire les technologies internationales, les innovateurs et les inventeurs aux niveaux local et mondial», a affirmé Abdallah Alakeel, président de l’Association saoudienne pour la recherche scientifique et l’innovation.

«L’inventeur, l’innovateur ou le propriétaire d’une entreprise créative ou technique aura la garantie que ses droits dans le Royaume seront protégés et sécurisés grâce à la présence de lois et de règlements clairs», a-t-il souligné.

Abdallah al-Hamed, responsable du conseil en investissement chez GIB Capital, espère que la création de cet organe préservera positivement les droits et confirmera la capacité du détenteur de ces droits à en bénéficier financièrement et intellectuellement de manière claire et authentique. Cela donnera lieu à une nouvelle réflexion sur l’environnement de la propriété intellectuelle et sa capacité en Arabie saoudite.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un «Davos des banlieues» en septembre pour les entreprises des quartiers populaires

Bobigny, banlieue nord-est de Paris, le 17 mars 2021. (AFP)
Bobigny, banlieue nord-est de Paris, le 17 mars 2021. (AFP)
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  • «C'est l'occasion de poser une vision, un plan de développement économique de ces banlieues», estime Aziz Senni, organisateur de «Davos des banlieues»
  • «On dit souvent que la banlieue coûte au budget de l'Etat, on nous dit toujours combien ça coûte sans jamais nous dire combien elle rapporte», dit l'entrepreneur

PARIS: Un forum économique ou "Davos" des banlieues, visant à favoriser l'activité des entreprises des quartiers populaires, sera organisé les 17 et 18 septembre à Paris, ont annoncé jeudi ses organisateurs.

"L'enjeu (...) est d'identifier des leviers pour engager une véritable dynamique économique au sein des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), où vivent plus de 5 millions de Français, dont la plupart sont exposés à un taux de chômage 2,7 fois supérieur à celui de la moyenne nationale", indique le Forum économique des banlieues (FEB).

Dans les locaux du Conseil économique, social et environnemental (Cese), le millier de participants attendus passeront d'abord une journée à plancher sur la situation économique des quartiers populaires et les solutions pouvant y être apportées.

La seconde journée sera consacrée à la mise en relation d'entrepreneurs des quartiers avec de grandes entreprises, avec pour objectif de décrocher 100 millions d'euros de commandes.

"C'est l'occasion de poser une vision, un plan de développement économique de ces banlieues", estime auprès de l'AFP l'entrepreneur Aziz Senni, organisateur de ce "Davos des banlieues", clin d'œil à la ville suisse où se tient chaque année le Forum économique mondial.

"On dit souvent que la banlieue coûte au budget de l'Etat, on nous dit toujours combien ça coûte sans jamais nous dire combien elle rapporte", poursuit-il. "On a là un tissu économique qu'on pourrait développer, en créant des emplois locaux, des stages, des alternances".

Chaque intervenant sera invité à formuler des propositions pour les entreprises des quartiers populaires, qui seront consignées dans un Livre blanc.

Le Premier ministre Gabriel Attal, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire ou les anciens ministres Jean-Louis Borloo et Najat Vallaud-Belkacem y sont attendus, selon le FEB.

Côté acteurs privés, le fondateur de Free Xavier Niel, la directrice générale de la Fédération bancaire française Maya Atig ainsi que l'ex-président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux ont confirmé leur participation, indique-t-on de même source.

Les organisateurs souhaitent mettre l'accent sur les TPE et PME créées depuis plus de deux ans et moins éligibles aux aides publiques à l'entrepreneuriat, a expliqué Aziz Senni.

Le Forum économique des banlieues souhaite faciliter l'accès de 250 000 de ces entreprises installées dans les QPV aux marchés publics et privés.


Saudi Mobily connaîtra la plus forte croissance dans le secteur des télécommunications au Moyen-Orient en 2024

Brand Finance a également placé le PDG de l'entreprise, Salman bin Abdulaziz Al-Badran, parmi les 10 premiers chefs d'entreprise de l'indice mondial de protection des marques. (Shutterstock)
Brand Finance a également placé le PDG de l'entreprise, Salman bin Abdulaziz Al-Badran, parmi les 10 premiers chefs d'entreprise de l'indice mondial de protection des marques. (Shutterstock)
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  • Saudi Mobily a été classée comme l'entreprise à la croissance la plus rapide dans le secteur des télécommunications au Moyen-Orient en 2024 par le cabinet de conseil en marketing Brand Finance.
  • Brand Finance évalue les labels sur la base de plusieurs critères principaux, notamment l'indice de force de la marque, l'impact de l'entreprise sur l'augmentation du chiffre d'affaires et des bénéfices, et les prévisions de croissance future

RIYADH : Saudi Mobily a été classée comme l'entreprise à la croissance la plus rapide dans le secteur des télécommunications au Moyen-Orient en 2024 par le cabinet de conseil en marketing Brand Finance.

La liste révèle que la valeur de l'entreprise a augmenté d'environ 18 % par rapport à l'année précédente, conservant ainsi sa position de leader parmi les plus grandes entreprises du secteur au Moyen-Orient.

Les classements et les chiffres récemment publiés s'alignent sur l'objectif de l'Arabie saoudite de développer et de promouvoir la transformation numérique dans le Royaume et d'améliorer les services fournis dans le domaine des technologies de l'information et de la communication.

"Mobily est devenue le meilleur choix pour les particuliers et les entreprises, car ses réalisations au niveau de la marque reflètent ses performances exceptionnelles dans la fourniture de services numériques intégrés et pionniers dans le Royaume et sa réalisation de grands progrès dans le développement de l'infrastructure numérique", a déclaré Noura Al-Shiha, vice-présidente principale de la marque et de la communication d'entreprise chez Mobily.

Brand Finance a également placé le PDG de l'entreprise, Salman bin Abdulaziz Al-Badran, parmi les 10 premiers chefs d'entreprise de l'indice mondial de protection des marques.

Cette place est principalement attribuée aux diverses initiatives qu'il a lancées depuis qu'il a rejoint la société, également appelée Etihad Etisalat Co, en 2019, et à son rôle central dans l'amélioration de la croissance de la marque de l'entreprise.

Al-Shiha a déclaré que l'inclusion du PDG de Mobily dans l'indice mondial de protection des marques reflète son intérêt à faire de l'entreprise l'un des noms commerciaux les plus forts au monde. 

Brand Finance évalue les labels sur la base de plusieurs critères principaux, notamment l'indice de force de la marque, l'impact de l'entreprise sur l'augmentation du chiffre d'affaires et des bénéfices, et les prévisions de croissance future.

La majorité des investissements de Mobily se concentrent sur le développement de l'infrastructure et l'adoption de nouvelles technologies telles que l'informatique en nuage et l'Internet des objets, l'augmentation des centres de données et l'élargissement de la portée du déploiement du réseau 5G. 

Cherchant à offrir une expérience moderne à ses clients, l'entreprise souhaite les placer au centre de son attention en adoptant l'approche "Customer First". Cette stratégie vise à atteindre les objectifs de la Saudi Vision 2030, qui s'efforce d'améliorer la qualité de vie des familles et des individus dans le Royaume.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com