40 millions de dollars de KSrelief pour la sécurité alimentaire au Yémen

L’accord a été signé par le superviseur général de KSRelief et conseiller à la Cour royale, le Dr Abdallah Al-Rabiah, et par le directeur exécutif du PAM, David Beasley (Capture d’écran).
L’accord a été signé par le superviseur général de KSRelief et conseiller à la Cour royale, le Dr Abdallah Al-Rabiah, et par le directeur exécutif du PAM, David Beasley (Capture d’écran).
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Publié le Mercredi 24 février 2021

40 millions de dollars de KSrelief pour la sécurité alimentaire au Yémen

  • Le programme d’aide du PAM durera 6 mois et bénéficiera à plus de 2,3 millions de personnes
  • Le contrat sera d’une valeur de 150 millions de riyals saoudiens (40 millions de dollars)

RIYAD: Le centre d’aide humanitaire et de secours du roi Salmane (KSrelief) a conclu un accord mardi avec le Programme alimentaire mondial (PAM) afin d’améliorer la sécurité alimentaire des familles les plus démunies au Yémen.

Le contrat, d’une valeur de 150 millions de riyals saoudiens (40 millions de dollars), bénéficiera à plus de 2,3 millions de personnes, selon un communiqué du PAM.

L’accord a été signé par le superviseur général de KSRelief et conseiller à la Cour royale, le Dr Abdallah Al-Rabiah, et par le directeur général du PAM, David Beasley.

Il vise à répondre aux priorités des Yéménites en matière de sécurité alimentaire et de besoins nutritionnels, en conjonction avec le rapport du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire pour l’analyse de l’insécurité alimentaire dans le pays.

Marib, Taïz, Aden et Sanaa font partie des gouvernorats qui recevront les aides, selon le communiqué, car le projet sera achevé dans les six prochains mois.

«L’Arabie saoudite joue un rôle de pionnier dans le domaine du travail humanitaire et des secours au niveau mondial», déclare Al-Rabiah. «Tout au long de son histoire, le Royaume a tendu la main aux pays frères et amis en se fondant sur sa foi dans l’importance du travail humanitaire», ajoute-t-il.

Il explique par ailleurs que les besoins humanitaires au Yémen sont une priorité, et que l’Arabie Saoudite est le plus grand promoteur et bailleur de fonds des mécanismes de réponse humanitaire dans le pays.

Le soutien de Riyad couvre tous les secteurs humanitaires, affirme Al-Rabiah, et assiste l’ONU et ses agences qui fournissent des conditions de vie dignes à des millions de Yéménites.

Le contrat perpétue l’aide humanitaire et les secours fournis par le Royaume, représenté par KSrelief, pour soutenir le Yémen et son peuple.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


A Bagdad, une mosquée de l'ère Saddam cristallise les divisions

Cette photo prise le 16 novembre 2021 montre une vue de la grande mosquée al-Rahman dans le district d'al-Mansour de la capitale irakienne Bagdad, l'un des derniers projets du défunt dictateur irakien Saddam Hussein. Conçue pour accueillir 15 000 fidèles, l'une des plus grandes du Moyen-Orient, la mosquée al-Rahman était censée rivaliser en grandeur avec le Taj Mahal, mais le projet monumental de l'ancien dictateur irakien n'a jamais été achevé. (Ahmad Al-Rubaye/AFP)
Cette photo prise le 16 novembre 2021 montre une vue de la grande mosquée al-Rahman dans le district d'al-Mansour de la capitale irakienne Bagdad, l'un des derniers projets du défunt dictateur irakien Saddam Hussein. Conçue pour accueillir 15 000 fidèles, l'une des plus grandes du Moyen-Orient, la mosquée al-Rahman était censée rivaliser en grandeur avec le Taj Mahal, mais le projet monumental de l'ancien dictateur irakien n'a jamais été achevé. (Ahmad Al-Rubaye/AFP)
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  • Prévue pour accueillir 15.000 fidèles, la mosquée Al-Rahmane devait être une des plus grandes du Moyen-Orient
  • Initialement de rite sunnite, la mosquée est tombée sous la coupe des religieux chiites après 2003

BAGDAD, Irak : La monumentale mosquée inachevée en béton gris, en plein cœur de la capitale irakienne, était un des derniers projets phares de Saddam Hussein et devait rivaliser avec le Taj Mahal. Elle est aujourd'hui un enjeu de lutte entre différentes factions politico-religieuses.

Prévue pour accueillir 15.000 fidèles, la mosquée Al-Rahmane devait être une des plus grandes du Moyen-Orient. Lancée à la fin des années 1990 en plein embargo occidental, sa construction était un pied-de-nez à Washington. Elle ne sera jamais achevée et le dictateur sera renversé en 2003 par l'invasion américaine.

Aujourd'hui, un trou béant s'ouvre vers le ciel, à l'endroit où le dôme central de céramique orné d'or, haut de 84 mètres, devait couvrir le lieu de culte.

En revanche, les huit dômes secondaires, hauts de 28 mètres et abritant eux-mêmes huit petits dômes de 14 mètres, sont quasi terminés. Plusieurs grues sont toujours immobilisées autour du bâtiment, dans un des quartiers aisés de la capitale.

"Malheureusement nous avons négligé le patrimoine du pays. Ces projets appartiennent à tous les Irakiens, il faut exploiter cet héritage, en faire des sites culturels et touristiques", plaide l'architecte et universitaire Mohamed Qassem Abdel Ghaffour.

"Tout ça, c'est l'argent de l'Irak et l'État doit en tirer profit", insiste-t-il.

Initialement de rite sunnite, la mosquée est tombée sous la coupe des religieux chiites après 2003. Elle est aujourd'hui au cœur de dissensions internes au sein de cette communauté, qui domine le pouvoir central de Bagdad.

"Depuis la chute de l'ancien régime, la mosquée est contrôlée par le Parti de la vertu islamique", indique un haut responsable gouvernemental s'exprimant sous anonymat. "Le parti n'a jamais pu finir la construction, car les besoins (financiers) sont énormes."

- «Partis armés» -

Ce parti a été un "obstacle" face aux projets du gouvernement, qui aurait pu transformer le bâtiment en université ou en musée, assure le responsable.

Saddam Hussein "voulait une mosquée plus grande encore que le Taj Mahal", reconnaît-il.

Officiellement le parti nie avoir fait main basse sur la mosquée. Même si, chaque vendredi, ses partisans s'y rendent pour la traditionnelle prière de la mi-journée, sous un des dômes secondaires.

Et quelque 150 familles affiliées au parti vivent depuis des années dans des habitations informelles érigées sur des terrains vagues autour de la mosquée.

Saisi par le Waqf chiite -- une institution religieuse gérant les biens de la communauté chiite --, un tribunal avait reconnu en janvier 2020 que la propriété de la mosquée revenait à cette institution qui gère les biens religieux de la communauté.

Le verdict obligeait le Parti de la vertu islamique à payer 200 millions de dollars (176,5 millions d'euros) de compensations, selon un communiqué du Waqf.

Le Waqf accusait le parti de s'être accaparé le site "pendant plus de 16 ans", l'administrant "sans aucune légitimité légale ou religieuse".

La décision de justice n'a jamais été appliquée.

"A plusieurs reprises, l'armée et la police sont intervenues. Mais face aux armes de l'Etat, il y a les armes des partis", résume le militant Subeih al-Kachtini. "La construction ne pourra pas reprendre tant que la mosquée continuera à être l'objet de conflits partisans."

- «Récupération de la religion» -

Le site, assure le Waqf chiite, pourrait permettre la création de 20.000 emplois, grâce à des investissements visant à ériger des centres commerciaux ou des complexes résidentiels sur les terrains jouxtant la mosquée.

Mais en attendant, c'est le statu quo.

Pour Caecilia Pieri, chercheuse associée à l'Institut français du Proche-Orient, la mosquée s'inscrit dans la "politique de symbolique architecturale" menée sous l'ancien régime.

Saddam Hussein érige alors d'immenses monuments à Bagdad, et son action dans les années 1990 se fait sous le signe de "la récupération de la religion: je mets Allah Akbar sur le drapeau et je construis des mosquées", indique cette spécialiste de l'architecture de Bagdad au XXe siècle.

L'architecte Mazen al-Aloussi, un des responsables de la conception du projet sous l'ancien régime, vante, lui, une initiative "unique en son genre".

Ayant quitté l'Irak en 2005 pour fuir les violences confessionnelles qui déchiraient le pays, il assure que les financements nécessaires pour achever l'édification de la mosquée ne devraient pas être si élevés que cela.

"Il faudrait en faire une mosquée unifiée, où tant les chiites que les sunnites vont prier."


L'attaque de Daech contre un village irakien tue 10 soldats kurdes

Les forces de sécurité irakiennes montent la garde pendant les prières du vendredi dans le district de Sadr City à Bagdad (Photo, AFP)
Les forces de sécurité irakiennes montent la garde pendant les prières du vendredi dans le district de Sadr City à Bagdad (Photo, AFP)
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  • Le Premier ministre du Kurdistan appelle à une plus grande coopération en matière de sécurité entre les forces de sécurité kurdes irakiennes et les forces irakiennes
  • Des responsables militaires occidentaux affirment qu'il reste au moins 10 000 combattants de Daech en Irak et en Syrie

SULAYMĀNĪYAH : Une attaque menée par des combattants de Daech sur un village du nord de l'Irak vendredi a tué trois villageois et 10 soldats kurdes, ont annoncé des responsables de la région kurde autonome d'Irak.

Daech a revendiqué l'attaque meurtrière dans un communiqué publié sur un compte Telegram affilié.

L'attaque a eu lieu dans la région de Makhmour, un foyer pour l'activité de Daech, où sont régulièrement menées des attaques contre les forces kurdes, irakiennes et souvent des civils.

Makhmour est une région montagneuse située à environ 70 km au sud-est de Mossoul et à 60 km au sud-ouest de la capitale kurde d'Erbil.

Le Premier ministre du Kurdistan, Masrour Barzani, a appelé à une plus grande coopération en matière de sécurité entre les forces de sécurité kurdes irakiennes et les forces irakiennes pour faire cesser les activités de Daech.

Les responsables et les analystes irakiens ont longtemps imputé au manque de coordination le long d'une partie du territoire revendiqué par Bagdad et Erbil la capacité continue de Daech à mener des attaques meurtrières.

Daech contrôlait environ un tiers de l'Irak entre 2014 et 2017, notamment la région reculée de Makhmour mais aussi de grandes villes dont Mossoul.

Une coalition informelle de forces dirigées par les États-Unis, de troupes irakiennes, kurdes et de milices chiites soutenues par l'Iran a vaincu le groupe extrémiste en 2017, mais ses membres parcourent toujours les régions du nord de l'Irak et du nord-est de la Syrie.

Des responsables militaires occidentaux affirment qu'il reste au moins 10 000 combattants de Daech en Irak et en Syrie.

Un communiqué des forces armées de la région du Kurdistan, les peshmergas, a déclaré que des combattants de Daech avaient attaqué le village aux premières heures de vendredi, tuant trois habitants.

Le communiqué a indiqué que les forces peshmergas sont intervenues, entraînant des affrontements qui ont tué au moins sept de leurs soldats.

Les responsables kurdes de la sécurité et de l'hôpital ont affirmé que le bilan final était d'au moins 10 soldats peshmergas et trois villageois.

Par ailleurs, des manifestants kurdes à La Haye ont pris d'assaut vendredi le siège de l'organisation mondiale des armes chimiques, déclenchant des affrontements au cours desquels six personnes ont été blessées et 50 autres arrêtées, a annoncé la police néerlandaise.


Téhéran bloque les négociations de Vienne pour avancer dans son programme nucléaire

Le négociateur en chef iranien sur le nucléaire Ali Bagheri Kani quitte le Palais de Coburg, lieu de la réunion du JCPOA qui vise à relancer l'accord sur le nucléaire iranien, à Vienne vendredi. (Photo, AFP)
Le négociateur en chef iranien sur le nucléaire Ali Bagheri Kani quitte le Palais de Coburg, lieu de la réunion du JCPOA qui vise à relancer l'accord sur le nucléaire iranien, à Vienne vendredi. (Photo, AFP)
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  • Selon des responsables américains, l'Iran s'apprêtait à doubler sa capacité d'uranium enrichi et ses capacités nucléaires au cours des cinq derniers mois et demi
  • «Si l'Iran fait échouer le JCPOA, alors d'autres sanctions entreront en vigueur», a signalé la diplomatie américaine

CHICAGO : De hauts responsables du département d'État américain ont accusé Téhéran de ne pas prendre au sérieux les négociations sur la limitation de la technologie nucléaire et d'utiliser la relance du JCPOA comme excuse pour accroitre son programme nucléaire.

Ces responsables ont admis samedi que bien que le président Joe Biden considère la conduite de l'Iran comme «inacceptable», Washington préférait relancer des pourparlers plutôt que de poursuivre des mesures plus strictes ou un élargissement des sanctions.

Au cours des cinq derniers mois, l’Iran prétendait «se préparer» devant les négociateurs du JCPOA à Vienne, tout en œuvrant en à doubler sa capacité d'uranium enrichi et ses capacités nucléaire

«Nous attendons patiemment depuis cinq mois et demi. Le gouvernement iranien a déclaré qu'il avait besoin de temps afin de reprendre les pourparlers sur un retour mutuel à la conformité du JCPOA, et je crois que ce que nous avons vu au cours de la semaine dernière, c'est ce que ‘se préparer’ signifiait pour eux», a révélé un responsable.

«Cela signifiait continuer à accélérer leur programme nucléaire de manière particulièrement provocatrice, et leur dernière provocation telle que rapportée par l'AIEA mercredi, alors que nous étions encore en plein pourparlers, était de se préparer au doublement de leur capacité de production d'uranium enrichi à 20 % à Fordo.

«Ce que «se préparer» signifiait, c'était continuer à bloquer l'AIEA malgré les efforts de tous les membres du P5+1, (et) les efforts constructifs dans le but de trouver une voie à suivre entre le directeur général Grossy et Téhéran».

Le P5+1 fait référence aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU : la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis, plus l'Allemagne.

L'Iran cherche à «revenir en arrière» sur tous les compromis passés au cours des six cycles de pourparlers improductifs, tout en demandant plus de concessions, a souligné le même responsable.

«En d'autres termes, ne pas revenir avec une proposition sérieuse sur la façon dont nous pourrions reprendre la conformité mutuelle avec le JCPOA, mais soulever des problèmes qui vont au-delà du JCPOA», a expliqué le responsable.

Le chef de la diplomatie américaine Anthony Blinken a déclaré qu'il ne savait pas quand les pourparlers du JCPOA à Vienne reprendront, ajoutant que «la date de ces pourparlers, la date de cette reprise, nous importe beaucoup moins que de savoir si l'Iran viendra avec une attitude sérieuse, prêt à négocier de façon sérieuse. Si les Iraniens sont sérieux, ils trouveront un homologue très sérieux de l'autre côté, ce sont les États-Unis, mais il faudra attendre et voir s'ils prennent cette position. Mais jusqu'à présent, ce que nous avons vu à Vienne dans leur programme nucléaire et dans leurs relations avec l'AIEA indiquent malheureusement le contraire».

Le responsable du département d'État a écarté les questions concernant la Chine, qui a violé les sanctions en achetant du pétrole brut iranien.

«Si l'Iran fait échouer le JCPOA, alors d'autres sanctions entreront en vigueur», a-t-il signalé, refusant de donner plus de détails sur ces actions.

Lorsqu'on lui a demandé si Biden avait besoin d’«apaiser» les inquiétudes d'Israël, qui possède une énorme cache d'armes nucléaires, ou s'il y a des inquiétudes qu'Israël pourrait riposter par une frappe militaire à toute augmentation de l'activité nucléaire iranienne, le responsable a répondu : «Notre travail n’est pas de calmer Israël… Notre mission est de travailler ensemble vers notre objectif commun.

«Israël est un pays souverain et prend ses propres décisions, mais nous sommes convaincus que nous sommes plus forts lorsque nous agissons ensemble».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com