Des milliers de Russes rendent hommage à l'opposant assassiné Boris Nemtsov

Des gens déposent des fleurs dans le centre de Moscou le 27 février 2021 sur le site où le défunt chef de l'opposition Boris Nemtsov a été mortellement abattu sur un pont près du Kremlin (Photo, AFP)
Des gens déposent des fleurs dans le centre de Moscou le 27 février 2021 sur le site où le défunt chef de l'opposition Boris Nemtsov a été mortellement abattu sur un pont près du Kremlin (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 27 février 2021

Des milliers de Russes rendent hommage à l'opposant assassiné Boris Nemtsov

  • «Ceux qui défendent leurs libertés et la démocratie en Russie continuent d'être la cible d'attaques et d'assassinats. Le peuple russe mérite mieux», a dénoncé le chef de la diplomatie américaine
  • Plusieurs milliers de Russes se sont rassemblés samedi dans le centre de Moscou en mémoire de Boris Nemtsov

MOSCOU/ WASHINGTON: Des milliers de Russes, et des diplomates occidentaux, se sont rassemblés samedi dans le centre de Moscou en mémoire de l'opposant Boris Nemtsov, l'un des principaux détracteurs du président Vladimir Poutine jusqu'à son assassinat il y a six ans. 

A l'occasion de l'anniversaire de sa mort, marqué alors que l'opposant au Kremlin Alexeï Navalny vient d'être transféré dans une colonie pénitentiaire, les Etats-Unis se sont dits « profondément préoccupés » par « l'intolérance croissante » de la Russie envers la liberté d'expression. 

EN BREF 

« Ceux qui défendent leurs libertés et la démocratie en Russie continuent d'être la cible d'attaques et d'assassinats. Le peuple russe mérite mieux », a dénoncé le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, dans un communiqué.    

Boris Nemtsov, qui jouait un rôle important dans l'opposition à Vladimir Poutine et avait été vice-premier ministre à l'époque du président Boris Eltsine, a été abattu de quatre balles tirées à bout portant sur un pont à deux pas du Kremlin, le 27 février 2015. 

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(Photo, AFP)

Dès la matinée, un flot continu de citoyens russes, et de diplomates occidentaux, ont déposé des fleurs sur le mémorial de fortune érigé à la mémoire de Boris Nemtsov sur les lieux de sa mort, régulièrement démantelé par les autorités. 

« Nous nous rassemblons ce jour chaque année à cet endroit pour montrer au pouvoir que nous n'avons pas oublié et n'oublierons pas. La mémoire de Boris ne sera pas effacée », a déclaré aux journalistes l'opposant et ancien Premier ministre Mikhaïl Kassianov. 

« Je suis certain que ce pour quoi Boris se battait, la liberté des Russes, leur bien-être et une vie digne, sera bientôt réalité », a-t-il ajouté, saluant « sa contribution dans la libération des Russes de cette oppression et de ce totalitarisme qui nous suit depuis l'époque soviétique ». 

L'anniversaire de la mort de Nemtsov est généralement marqué par une marche de l'opposition dans le centre de Moscou, mais il a été décidé cette année de ne se rendre qu'au mémorial en raison des restrictions sanitaires dues à la pandémie. 

Selon l'ONG Compteur Blanc, spécialisée dans le suivi des manifestations, environ 7 800 personnes avaient pris part au rassemblement à 17H30 (14H30 GMT). 

« Il faut garder la mémoire de ce grand crime contre la démocratie et la société civile russe », a déclaré un participant, Mikhaïl, étudiant de 21 ans.  

« Il disait la vérité et pour cela, dans notre pays, on assassine », a abondé Irina Drozdova, avocate de 44 ans. 

La femme d'Alexeï Navalny, Ioulia Navalnaïa, était également là, avec un bouquet d'oeillets rouges. Des gerbes ont également été déposées par les ambassadeurs de l'Union européenne, des Etats-Unis et du Royaume-Uni, entre autres représentants occidentaux. 

« Une inspiration » 

« Nemtsov fait encore figure d'exemple pour ceux qui ne sont pas indifférents à la liberté, aux droits humains et à la démocratie », a tweeté la représentation de l'UE en Russie. 

« Il reste une inspiration pour nombre de ceux qui aspirent à la justice, la transparence, la liberté », a abondé la porte-parole de l'ambassade américaine à Moscou, Rebecca Ross, également sur Twitter. 

En juillet 2017, cinq hommes originaires des républiques de Tchétchénie et d'Ingouchie, dans le Caucase russe, ont été condamnés pour ce meurtre à des peines de 11 à 20 ans de prison. 

La famille de Boris Nemtsov a toutefois dénoncé un « fiasco total » de la justice russe qui n'a pas identifié le véritable commanditaire. 

Plus de cinq ans après la mort de Nemtsov, Alexeï Navalny a été victime d'un empoisonnement dont il accuse le Kremlin qui, lui, dément toute implication. 

Après cinq mois de convalescence en Allemagne, l'opposant de 44 ans a été arrêté en janvier à son retour en Russie. Son arrestation a provoqué en Russie d'importantes manifestations, auxquelles les autorités ont répondu par plus de 11 000 arrestations, suivies généralement d'amendes et de courtes peines de prison. 

Condamné à deux ans et demi de détention pour une affaire de fraude dont il dénonce les motivations politiques, il a été transféré dans une colonie pénitentiaire.  

L'Union européenne a décidé la semaine dernière de sanctionner quatre hauts fonctionnaires russes responsables du traitement infligé à l'opposant. 


Berlin, Paris et Londres prêts à des «actions défensives» pour «détruire» les capacités militaires de l'Iran

Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale. (AFP)
Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale. (AFP)
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  • Téhéran a répliqué à l'offensive américaine et israélienne débutée samedi avec des frappes tous azimuts contre plusieurs pays voisins, notamment ceux abritant des bases américaines, et Israël, où neuf personnes ont été tuées dimanche selon les secours
  • Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale

BERLIN: Les dirigeants allemands, français et britanniques se sont dit prêts dimanche à des "actions défensives nécessaires et proportionnées" face aux ripostes iraniennes afin de "détruire à la source" les capacités militaires de Téhéran.

"Nous prendrons des mesures pour défendre nos intérêts et ceux de nos alliés dans la région", potentiellement en empêchant la République islamique de tirer des missiles et des drones, a mis en garde le groupe E3, qui rassemble les trois puissances, dans une déclaration commune.

Téhéran a répliqué à l'offensive américaine et israélienne débutée samedi avec des frappes tous azimuts contre plusieurs pays voisins, notamment ceux abritant des bases américaines, et Israël, où neuf personnes ont été tuées dimanche selon les secours.

Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale.

Les frappes "ont ciblé nos alliés proches et menacent notre personnel militaire et nos civils dans toute la région", ajoute le communiqué.

Berlin, Paris et Londres discuteront de ces mesures défensives avec les États-Unis et leurs alliés dans la région.

Dimanche, Washington a aussi fait état des premiers soldats américains tués dans le cadre de l'opération qui a mené à la mort du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

L'Iran ne se fixe "aucune limite" dans son droit à se défendre, a déclaré dimanche le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, dans un entretien avec la chaîne de télévision américaine ABC. "Ce que font les États-Unis est un acte d'agression. Ce que nous faisons, c'est nous défendre. C'est très différent", a-t-il insisté.

 


Trump dit qu'il «va parler» aux dirigeants iraniens 

Donald Trump, qui multiplie dimanche les coups de fil avec les journalistes depuis sa résidence de Floride, a déclaré au magazine The Atlantic qu'il "allait parler" aux dirigeants iraniens, mais sans dire quand ni quels seraient ses interlocuteurs. (AFP)
Donald Trump, qui multiplie dimanche les coups de fil avec les journalistes depuis sa résidence de Floride, a déclaré au magazine The Atlantic qu'il "allait parler" aux dirigeants iraniens, mais sans dire quand ni quels seraient ses interlocuteurs. (AFP)
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  • "Ils veulent parler, et j'ai accepté de parler, donc je vais leur parler", a dit Trump
  • "La plupart de ces gens sont morts. Certains de ceux avec qui nous étions en négociations sont morts", a ajouté le président américain, en jugeant que les dirigeants iraniens "avaient voulu la jouer trop finement"

PALM BEACH: Donald Trump, qui multiplie dimanche les coups de fil avec les journalistes depuis sa résidence de Floride, a déclaré au magazine The Atlantic qu'il "allait parler" aux dirigeants iraniens, mais sans dire quand ni quels seraient ses interlocuteurs.

"Ils veulent parler, et j'ai accepté de parler, donc je vais leur parler", a-t-il dit, selon les propos rapportés par le mensuel américain.

"La plupart de ces gens sont morts. Certains de ceux avec qui nous étions en négociations sont morts", a ajouté le président américain, en jugeant que les dirigeants iraniens "avaient voulu la jouer trop finement".

48 dirigeants iraniens tués

Donald Trump a déclaré dimanche que 48 dirigeants iraniens avaient été tués et 9 navires iraniens coulés dans l'offensive déclenchée samedi, tout en se disant prêt au dialogue avec Téhéran.

"Cela avance rapidement. Personne n'arrive à croire à notre réussite, 48 dirigeants ont été éliminés d'un coup", a dit le président américain, selon une journaliste de Fox News qui lui a parlé au téléphone et qui a retranscrit ses propos sur son compte X.

"Je viens juste d'être informé que nous avons détruit et coulé 9 navires iraniens, pour certains relativement grands et importants. Nous traquons le reste", a-t-il écrit par ailleurs sur son réseau Truth Social. "Dans une attaque différente, nous avons en grande partie détruit leur quartier général maritime."

Le président américain, qui supervise les opérations depuis sa résidence de Mar-a-Lago en Floride, n'a pas jusqu'ici commenté la mort de trois militaires américains, premières pertes des Etats-Unis depuis le déclenchement du conflit.

Donald Trump, qui n'est pas apparu en public depuis le début de la guerre, annoncée dans un message vidéo enregistré, a multiplié les conversations téléphoniques avec des journalistes.

Des dirigeants iraniens "veulent parler, et j'ai accepté de parler, donc je vais leur parler", a-t-il ainsi dit à un journaliste de The Atlantic.

"La plupart de ces gens sont morts. Certains de ceux avec qui nous étions en négociations sont morts", a ajouté le président américain, en jugeant que les dirigeants iraniens "avaient voulu la jouer trop finement".

Dans un entretien avec un journaliste de la chaîne d'informations financières CNBC, il a assuré que l’opération militaire contre l'Iran "progressait très bien" et "plus vite que prévu".

Des bombardiers furtifs B-2 ont participé aux bombardements, a dit dimanche le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom. Ce sont les mêmes appareils qui avaient frappé en juin dernier des installations d'enrichissement d'uranium en Iran.


Trump mécontent de l'Iran malgré une percée selon le médiateur omanais

Le président Donald Trump quitte la salle de réception diplomatique pour monter à bord de Marine One depuis la pelouse sud de la Maison-Blanche, vendredi 27 février 2026, à Washington. (AP)
Le président Donald Trump quitte la salle de réception diplomatique pour monter à bord de Marine One depuis la pelouse sud de la Maison-Blanche, vendredi 27 février 2026, à Washington. (AP)
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  • Donald Trump se dit mécontent des négociations avec l’Iran et n’exclut pas des frappes, tout en affirmant n’avoir pris aucune décision finale, malgré un important déploiement militaire américain au Moyen-Orient
  • Le médiateur omanais Badr Albusaidi annonce une percée : l’Iran accepterait de ne pas stocker d’uranium enrichi, tandis que Washington exige toujours l’arrêt total de l’enrichissement

WASHINGTON: Donald Trump tient le monde en haleine: il a affiché vendredi son mécontentement envers l'Iran, mais dit n'avoir pas pris de "décision finale" sur d'éventuelles frappes, alors que le médiateur omanais s'est targué d'une percée dans les négociations pour éviter la guerre.

Le président américain a déclaré à des journalistes "ne pas être très content de la manière des Iraniens de négocier", au lendemain d'une troisième session de pourparlers à Genève sous médiation omanaise.

Mais "nous n'avons pas pris (de) décision finale" sur de possibles frappes, a-t-il déclaré, sur fond de déploiement militaire américain massif au Moyen-Orient, le plus important depuis des décennies, et de craintes d'un embrasement régional en cas d'attaque américaine.

Le chef de la diplomatie omanaise a cependant assuré vendredi qu'une percée avait eu lieu, affirmant que l'Iran avait accepté de ne pas stocker d'uranium enrichi.

"C'est quelque chose de complètement nouveau, qui rend vraiment l'argument de l'enrichissement moins pertinent, parce que désormais nous parlons de l'absence de stockage", a expliqué Badr Albusaidi sur la chaîne américaine CBS.

Plus tôt dans la journée, Donald Trump avait exigé que l'Iran n'effectue "aucun enrichissement" d'uranium. "Vous n'avez pas besoin d'enrichir quand vous avez autant de pétrole", a-t-il déclaré à la presse lors d'un déplacement au Texas (sud).

- Porte-avions déployés -

Dans ce contexte de tensions, les Etats-Unis ont recommandé vendredi au personnel non essentiel de leur ambassade à Jérusalem de quitter Israël - leur allié, et ennemi juré de l'Iran - en raison "de risques pour leur sécurité".

Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, se rendra lundi en Israël - que l'Iran avait frappé en juin en riposte à une attaque israélienne sur son territoire -, a annoncé le département d'Etat.

Les Etats-Unis ont dépêché dans la région deux porte-avions dont le Gerald Ford, le plus grand au monde, attendu au large d'Israël après avoir quitté jeudi la Crète.

Washington a également inscrit vendredi l'Iran sur sa liste noire de pays pratiquant "des détentions injustifiées", et appelé les ressortissants américains s'y trouvant à "partir immédiatement".

Dans le centre de Téhéran, tout en disant préférer éviter la guerre et souhaiter la levée des sanctions internationales qui asphyxient l'économie iranienne, Hamid Beiranvand, un employé de 42 ans, affirme qu'"il ne faut faire aucune concession" aux Américains.

Accusant Téhéran - qui dément - de vouloir se doter de la bombe atomique, les Etats-Unis insistent pour une interdiction totale d'enrichissement d'uranium, tandis que l'Iran défend son droit au nucléaire civil.

Washington veut aussi limiter le programme balistique iranien, une question que Téhéran refuse d'aborder.

Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a appelé vendredi les Etats-Unis à éviter "toute exigence excessive", tempérant l'optimisme qu'il avait affiché la veille à l'issue des pourparlers.

- Risque d'aggravation "rapide" -

Le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU, Volker Türk, s'est dit "extrêmement inquiet du risque d'escalade militaire régionale".

Le Royaume-Uni et le Canada ont dit retirer une partie de leur personnel diplomatique de Tel-Aviv, le centre économique d'Israël où la plupart des pays ont leur ambassade, par mesure de précaution.

Pékin et Ottawa ont tous deux appelé leurs ressortissants à évacuer l'Iran, tandis que Londres a retiré le personnel de son ambassade à Téhéran.

Le ministre iranien Abbas Araghchi s'était prévalu jeudi de "très bons progrès" dans les discussions avec les Etats-Unis.

Une prochaine session doit se tenir "très bientôt", après des discussions "entre équipes techniques" lundi à Vienne en Autriche, assistées "d'experts" de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), avait-il ajouté.

"La paix est à portée de main", a même assuré vendredi sur X l'Omanais Badr Busaidi, disant s'être entretenu à Washington avec le vice-président JD Vance.

Donald Trump avait lancé le 19 février un ultimatum de "10 à 15 jours" pour décider si un accord était possible ou s'il allait recourir à la force.

Les deux pays avaient repris des pourparlers l'année dernière, interrompus par la guerre israélo-iranienne de 12 jours en juin à laquelle Washington s'était brièvement joint.

Les nouvelles tensions sont apparues après la répression dans le sang, en janvier, d'un vaste mouvement de contestation d'Iraniens, auxquels Donald Trump avait promis de venir "en aide".