Le pétrole franchit le seuil des $70 suite aux attaques contre les installations saoudiennes

Des travailleurs irakiens sont vus à la raffinerie de pétrole de Rumaila, près de la ville de Bassorah, à 550 kilomètres au sud-est de Bagdad. (AP)
Des travailleurs irakiens sont vus à la raffinerie de pétrole de Rumaila, près de la ville de Bassorah, à 550 kilomètres au sud-est de Bagdad. (AP)
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Publié le Mardi 09 mars 2021

Le pétrole franchit le seuil des $70 suite aux attaques contre les installations saoudiennes

  • Les prix du pétrole se sont repliés lundi après avoir franchi brièvement, pour le Brent, le seuil des 70 dollars le baril
  • Les Etats-Unis ont condamné lundi des attaques «odieuses» et «inacceptables», attribuées aux rebelles yéménites Houthis

NEW YORK: Avec changement d'origine, cours à la clôture, nouveau commentaire d'analyste aux paragraphes 8,9 et 17 et réaction de Washington

Les prix du pétrole se sont repliés lundi après avoir franchi brièvement, pour le Brent, le seuil des 70 dollars le baril, dopé par des attaques contre les installations pétrolières d'Arabie saoudite et par les limitations volontaires de production de l'Opep+.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai a culminé à 71,38 dollars en cours de séance asiatique, à son plus haut depuis le 8 janvier 2020. Il s'est ensuite replié pour terminer en retrait de 1,61% ou 1,12 dollar à 68,24 dollars par rapport à la clôture de vendredi.

Le baril américain de WTI pour avril a lâché 1,57% ou 1,04 dollar à 65,05 dollars.

Malgré ces replis, les deux contrats de référence évoluent à des niveaux proches de ceux d'avant la pandémie de Covid-19.

Le ministère saoudien de l'Energie, cité par l'agence officielle Spa, a annoncé dimanche soir qu'un drone avait frappé un port pétrolier alors qu'un missile balistique avait visé des installations du géant de l'énergie Aramco, dans l'est saoudien.

«L'un des parcs de réservoirs pétroliers du port de Ras Tanoura (est), un des plus grands ports pétroliers du monde, a été attaqué ce matin par un drone venant de la mer», a indiqué le ministère dans son communiqué, précisant que le drone avait été détruit.

Les Etats-Unis ont condamné lundi des attaques «odieuses» et «inacceptables», attribuées aux rebelles yéménites Houthis.

Les prix ont rapidement effacé leurs gains du début de la séance. «La production de pétrole n'a pas été affectée», explique Louise Dickson, analyste chez Rystad.

«Le marché a relâché ses gains quand il a été clair que l'attaque n'avait pas provoqué de dommages et il y a eu des prises de profits après la remarquable hausse de ces derniers mois», a indiqué également Andy Lipow de Lipow Oil Associates. 

Le seuil des 70 dollars «est certainement un seuil psychologique dont les membres de l'Opep+ doivent être satisfaits», a ajouté l'analyste. 

Prudence de l'Opep

«L'or noir était déjà proche des 70 dollars», remarquent pour leur part les analystes de Commerzbank, profitant de la prudence de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de ses partenaires (Opep+), qui se sont réunis la semaine passée.

Alors que les analystes s'attendaient à des tensions entre l'Arabie saoudite et la Russie, c'est la prudence du premier qui a prévalu, la réunion n'ayant débouché jeudi que sur une ouverture modérée du robinet de brut à compter du mois prochain.

«Les Saoudiens sont très prudents sur la perspective d'une relance de la demande post-Covid 19», explique Stephen Brennock, analyste chez PVM.

«Les inquiétudes sur une potentielle destruction de la demande en raison de la hausse des prix, ou sur un déséquilibrage du marché avec une offre insuffisante, n'ont pas été entendues», résument les analystes de JP Morgan.

Les prix du brut ont renoué avec leur niveau de début 2020, avant que la pandémie de coronavirus ne paralyse l'économie mondiale et ne fasse plonger les cours.

Inflation et guerre des producteurs

Depuis fin 2020, les marchés espèrent que les vaccinations vont permettre une relance rapide, notamment pour le secteur des transports.

Aux Etats-Unis, le passage au Sénat du plan de relance géant voulu par Joe Biden promet une demande forte chez le premier consommateur mondial.

D'une manière générale, selon Andy Lipow, «le marché est enthousiaste avec le déploiement des vaccins aux Etats-Unis et le passage du plan de relance de 1 900 milliards de dollars ce qui va encourager la demande».

Mais la hausse des prix du brut «pourrait faire plus de mal que de bien» à l'économie mondiale, prévient Stephen Brennock. «Cette dernière montée devrait alimenter la crainte des marchés sur un retour de l'inflation», prévient-il.

Par ailleurs, des prix aussi élevés pourraient inciter des producteurs américains à relancer de coûteuses exploitations de pétrole de schiste, commentent les analystes de JP Morgan.

«Avec un baril de WTI au-dessus de 60 dollars cette année, la production devrait grimper, cela veut dire que l'année prochaine sera marquée par une nouvelle guerre pour les parts de marché», prévoient-ils.


Maisonnave: Le secteur culturel de l'Arabie Saoudite est un nouveau moteur économique entre Riyad et Paris

M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
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  • La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad
  • Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif

RIYAD: La culture est devenue un pilier fondamental des relations bilatérales entre la France et l'Arabie saoudite, selon l'ambassadeur de France au Royaume, Patrick Maisonnave.

Maisonnave a souligné son lien avec les secteurs du divertissement et du tourisme, ce qui en fait un nouveau moteur de la coopération économique entre Riyad et Paris.

Il a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique dans le quartier Jax de Diriyah, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour son attractivité dans les décennies à venir.

La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad.

Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif.

Lancement de La Fabrique, un espace dédié à la créativité artistique

L'ambassadeur a souligné que le processus de transformation du Royaume dans le cadre de la Vision 2030 a contribué à l'émergence d'une nouvelle génération de jeunes artistes et créateurs, ainsi qu'à un désir croissant de la société saoudienne de se connecter à la culture et de s'intéresser à ce qui se passe dans le monde.

Il a affirmé que la relation entre les deux pays est "profonde, voire culturelle par excellence", l'intérêt de la partie saoudienne pour la culture française allant de pair avec l'intérêt croissant du public français et des institutions culturelles qui se développent dans le Royaume.

Selon les dernières estimations, l'économie de la culture représente environ 2,3 % du produit intérieur brut de la France, soit plus de 90 milliards d'euros (106,4 milliards de dollars) de recettes annuelles, d'après les données du gouvernement. Le secteur emploie directement plus de 600 000 personnes, ce qui en fait l'un des secteurs les plus créateurs d'emplois dans les domaines de la création, de l'édition, du cinéma et des arts visuels.

L'Arabie saoudite bénéficie de l'expérience française dans le domaine culturel

M. Maisonnave a expliqué que la France possède des institutions culturelles bien établies, tandis que l'Arabie saoudite est en train de construire un secteur culturel solide, ce qui ouvre la voie à des opportunités de coopération.

Cette initiative s'inscrit dans le prolongement de la signature, il y a un an, de dix accords culturels majeurs entre des institutions françaises et saoudiennes, visant à renforcer la coopération et à transférer l'expertise et les connaissances françaises afin de contribuer au développement du système culturel dans le Royaume.

Il a ajouté que des expériences telles que La Fabrique permettent de rencontrer la nouvelle génération de créateurs saoudiens, qui ont exprimé leur intérêt pour la mise en relation avec des institutions et des artistes français à Paris et en France.

La Fabrique offre un espace pour de multiples pratiques artistiques contemporaines, y compris les arts de la performance, les arts numériques et interactifs, la photographie, la musique et le cinéma, tout en permettant au public d'assister aux étapes de la production d'œuvres artistiques et d'interagir avec le processus de création.


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
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  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.


Aldi dément une «éventuelle vente» de ses magasins français

Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
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  • Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché
  • D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans

PARIS: Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988.

Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché (3% selon Kantar WorldPanel fin novembre), loin derrière son rival également allemand Lidl, 6e (8,1%).

D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans, a demandé à la Deutsche Bank d'étudier un scénario de cession de sa filiale française", la maison mère "rechignant" à remettre au pot, après plus d'un milliard d'euros versés fin 2023.

"Les informations au sujet d'une éventuelle vente d'Aldi France sont fausses" a réagi Aldi Nord, sa maison mère, sollicitée par l'AFP.

"Aldi est et restera engagé à long terme sur le marché français", a assuré le groupe, pour qui les "spéculations" au "sujet d'un prétendu processus de vente" ou "retrait de France" sont "sans fondement".

"Depuis des années, nous investissons massivement dans notre assortiment ainsi que dans la modernisation de notre réseau de magasins et de logistique", a fait valoir le discounter, invoquant une stratégie "clairement axée sur l'optimisation et la croissance en France".

"L'évolution positive est constante et conforme aux objectifs du groupe Aldi Nord", a-t-il assuré.

Il reste qu'Aldi, comme Lidl, n'a pas bénéficié en France de la période de forte inflation alimentaire, qui a à l'inverse profité au numéro un Leclerc.

En outre le groupe avait déboursé en 2020 plus de 700 millions d'euros pour racheter 547 Leader Price auprès du distributeur en difficulté Casino. Aldi pesait alors 2,4% du marché de la distribution alimentaire, et Leader Price 1,5%.

Selon ses comptes consolidés pour l'année 2022, dernier exercice publié, Aldi a réalisé 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel en France, en forte hausse de 17%. Mais en creusant sa perte nette, passée en un an de près de 291 millions d'euros à 397 millions.

En cas de vente, les acheteurs potentiels ne manqueraient pas, comme l'a souligné jeudi sur son site le spécialiste du secteur Olivier Dauvers, citant Lidl, Carrefour et  Action.