L'Iran n'est pas un pays pour les minorités: l'agonie des Arabes, des Kurdes, des Baloutches et des Azéris d'Iran

Depuis la révolution islamique de 1979, les minorités kurdes, arabes et baloutches ont été réprimées de manière particulièrement sévère par les forces de sécurité du régime. (AFP)
Depuis la révolution islamique de 1979, les minorités kurdes, arabes et baloutches ont été réprimées de manière particulièrement sévère par les forces de sécurité du régime. (AFP)
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Publié le Mardi 09 mars 2021

L'Iran n'est pas un pays pour les minorités: l'agonie des Arabes, des Kurdes, des Baloutches et des Azéris d'Iran

  • Depuis la révolution islamique de 1979, les sunnites des provinces périphériques ont subi de nombreuses répressions sévères
  • Les derniers bouleversements au Sistan et au Baloutchistan ont mis en évidence la marginalisation considérable des groupes ethniques non persans

WASHINGTON D.C.: La persécution des opposants politiques en Iran a été largement documentée. Toutefois, la notion courante de «peuple iranien» privilégie les doléances des musulmans chiites et de ceux qui parlent le persan au détriment des griefs des minorités ethniques. Ainsi, les événements qui se produisent à Téhéran et dans d'autres villes sont toujours privilégiés aux dépens des incidents que subissent les provinces lointaines.

Au total, les groupes ethniques non persans d’Iran constituent près de 50% de la population, tous étant largement marginalisés.

Au cours des dernières années, le régime de Téhéran, ainsi que ses complices en Occident, ont invariablement avancé l'argument qui place les États-Unis en position d'oppresseur et le «peuple iranien» en position de victime. Toutefois, ce récit est souvent interrompu par les manifestations des minorités ethniques opprimées de l'Iran, qui échappent souvent à tout contrôle, à l’instar des violents affrontements qui ont récemment secoué le sud-est du pays, une zone en proie à la pauvreté.

En effet, selon une déclaration commune de divers groupes de droits de l'homme, les autorités ont désactivé le réseau de données mobiles dans la province du Sistan et du Baloutchistan. Ces groupes jugent que ces mesures constituent un «outil pour camoufler» la répression sévère que le gouvernement mène contre les manifestations qui secouent cette partie du pays.

Indignés par les coups de feu tirés sur des trafiquants de carburant qui tentaient d’entrer en Iran à venant du Pakistan, les habitants avaient attaqué le bureau du gouverneur du district et pris d'assaut deux postes de police dans la ville de Saravan.

Plusieurs groupes de militants se révoltent au Sistan et au Baloutchistan. Certains revendiquent une plus grande autonomie pour la région. Les relations entre les résidents baloutches, à majorité sunnites, et la théocratie chiite iranienne restent tendues depuis bien longtemps.

En effet, depuis la révolution islamique de 1979, les Kurdes, les Arabes et les Baloutches ont été réprimés de manière particulièrement sévère par les forces de sécurité du régime. Par conséquent, quarante ans plus tard, des provinces telles que le Khouzistan, le Kurdistan, le Sistan et le Baloutchistan demeurent les régions les moins stables et les moins développées d'Iran.

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Des provinces telles que le Khouzistan, le Kurdistan, le Sistan et le Baloutchistan demeurent les régions les plus instables et les moins développées d'Iran. (AFP)

Le plus souvent, les autorités prétendent combattre le «terrorisme» et l'«extrémisme» pour justifier les exécutions, les détentions arbitraires et les tirs à balles réelles qu’elles engagent contre les minorités qui protestent. Les activités contestataires les plus bénignes, comme la publication de critiques du régime sur les réseaux sociaux, peuvent, elles aussi, entraîner la peine de mort.

«On sait que, en Iran, la discrimination est institutionnalisée par la Constitution du pays», explique Abdel Sattar Doshouki, directeur du Centre d'études sur le Baloutchistan, situé à Londres, dans un rapport soumis au forum du Conseil des droits de l'homme des Nations unies sur les questions relatives aux minorités.

«La politique que mène le régime iranien au Sistan et au Baloutchistan, ainsi que dans d'autres provinces, repose sur la discrimination raciale et linguistique, l'assimilation, les préjugés et les inégalités en matière de religion, l'oppression brutale, la privation et l'exclusion des personnes qui sont majoritaires dans les provinces et les régions», ajoute-t-il.

En outre, les militants baloutches ont lancé plusieurs appels à la communauté internationale ainsi qu’aux puissances régionales pour qu'elles exercent des pressions sur le gouvernement iranien afin qu’il cesse sa politique généralisée consistant à harceler et à emprisonner ses dirigeants locaux.

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L'attaque de 2018 qui visait un défilé militaire à Ahvaz a fait ressurgir la rancœur croissante des groupes minoritaires face aux tactiques de répression employées par Téhéran. (AFP)

 

Les Arabes d'Ahvaz, qui constituent la plus grande communauté arabe d'Iran, sont confrontés à la même répression. Originaires du Khouzistan, ils vivent dans un contexte de grande pauvreté, même si cette région possède près de 80% des ressources pétrolières de l'Iran.

La province n'a jamais été gouvernée par un Arabe et la majorité de ses hauts fonctionnaires sont des Perses étroitement liés au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). Le persan est la langue officielle, alors que la langue arabe n'est pas enseignée dans les écoles.

Mardi, l'organisation des droits de l'homme d'Ahvaz a annoncé que quatre autres prisonniers politiques avaient été exécutés dans la fameuse prison de Sepidar. Parmi les rares personnes qui ont survécu figure Saleh Hamid, un activiste politique et intellectuel arabe d'Ahvaz qui a été arrêté par les autorités iraniennes au début des années 2000 pour avoir prétendument diffusé une propagande contre le régime.

Activités de subversion

Selon le témoignage qu'il a donné au Centre de documentation des droits de l'homme en Iran (IHRDC), dont le siège est aux États-Unis, Hamid s'est rendu en Syrie pour s'inscrire à l'université de Damas, où il a rejoint l'Association des étudiants arabes d’Ahvaz.

Selon M. Hamid, ce groupe d'étudiants promouvait principalement la culture arabe d'Ahvaz. Cependant, l’intellectuel pense que ce sont les services de renseignement syriens qui ont considéré qu'il menait des activités de subversion, puisqu'il a été détenu à l'aéroport de Téhéran-Imam Khomeini alors qu'il revenait de vacances.

Hamid a été libéré au bout de quatre jours avant d'être à nouveau arrêté par des officiers civils à Ahvaz, au domicile de son père. Au bout de deux mois passés dans le centre de détention du Corps des gardiens de la révolution islamique à Chaharshir, Hamid a été libéré sous caution. Par la suite, il a fui le pays avant son procès.

Pour lui, la politique de persécution de Téhéran cherche à effacer toute identité ethnique qu'il est impossible de rattacher à l'idéologie hégémonique de la République islamique. Il estime que la communauté internationale, en particulier les puissances européennes, soucieuses de préserver l'accord sur le nucléaire iranien de 2015, est tenue de faire de la protection des minorités la condition préalable à tout accord commercial avec le régime.

Une mise à l’écart politique des Azéris d'Iran

«Les droits de l'homme en Iran paient la facture des négociations relatives au dossier nucléaire et au commerce entre l'Union européenne et l'Iran», confie M. Hamid à Arab News. «Au cours des négociations, ils oublient les droits de l'homme, la suppression et la répression. Nous demandons que la question des droits de l'homme figure parmi les principaux thèmes de négociation avec le régime. La discrimination touche tous les aspects. Demandez à un citoyen arabe en Iran s'il a pu bénéficier du pétrole, il vous répondra: “Je n'ai eu que de la fumée.”»

Les Azéris d'Iran, qui constituent au moins 16% de la population du pays, sont une autre minorité confrontée à de nombreux problèmes. Bien que les Azéris soient chiites, le Corps des gardiens de la révolution islamique se méfie d’un bon nombre d'entre eux en raison de leurs affinités culturelles et linguistiques avec la Turquie, sans compter le sentiment de parenté ethnique qu'ils éprouvent envers le peuple de l'Azerbaïdjan voisin.

Cette mise à l’écart politique des Azéris d'Iran s’est récemment traduite par des manifestations qui ont secoué la ville de Tabriz, dans le nord du pays, lors de la guerre entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie, qui a pris fin au mois de novembre. Ils en voulaient à Téhéran pour avoir, prétendument, acheminé des armes vers l'Arménie afin de les utiliser contre l'Azerbaïdjan.

Les Azéris d'Iran, qui désignent leur région natale par le terme Guney Azerbaïdjan ou «Azerbaïdjan du Sud», ne sont pas non plus autorisés à utiliser leur langue maternelle dans les établissements scolaires qu’ils fréquentent. Ils sont nombreux à considérer que, pour que leur situation s’améliore, une «réunification» de leur territoire historique avec l'Azerbaïdjan constituerait la seule solution.

Yashar Piri, un militant iranien azéri, a récemment été arrêté et sauvagement frappé par le Corps des gardiens de la révolution islamique pour avoir réalisé des graffitis revendiquant davantage de droits à la langue. Par son geste, Piri a fait preuve d'un courage remarquable dans la mesure où la détention, la torture ou encore l'exécution arbitraire sont le destin qu’on réserve aux militants des droits des minorités.

«Ce régime repose entre autres sur la persécution des minorités religieuses», affirme Masih Alinejad, journaliste et activiste iranienne, à Arab News.

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Les arabes d'Ahvaz ont exercé des pressions sur les gouvernements étrangers pour les inciter à agir. (AP)

 

«Voilà quarante-deux ans que le régime recourt à l'arrestation, à la persécution, à l'exécution et à la confiscation des biens de ces minorités. Ces dernières n'ont donc pas réussi à exploiter pleinement leur potentiel et ont disposé de peu d’opportunités d’emploi», explique la journaliste.

«Le sort des minorités sunnites musulmanes, comme les Kurdes et les Baloutches, n'a pas été meilleur. Les régions habitées par ces minorités comptent parmi les plus pauvres et les plus négligées par le régime. Ces minorités apparaissent de manière flagrante dans les statistiques relatives aux exécutions effectuées dans la République islamique d'Iran. Dans ces régions, la pauvreté est si grande que de nombreuses personnes sont contraintes de se livrer à la contrebande de marchandises à travers les frontières afin de gagner leur vie et de subvenir aux besoins de leur famille», déplore Masih Alinejad.

C’est bel et bien le cas des Kurdes du nord-ouest de l'Iran qui constituent environ 10% de la population totale. Principalement établis dans les provinces de l'Azerbaïdjan occidental, du Kermanchah, du Kurdistan et d'Ilam, de nombreux jeunes Kurdes gagnent leur vie en transportant des marchandises sur leur dos à travers les dangereux passages montagneux du Zagros vers la région kurde du nord de l'Irak.

Résistance des minorités iraniennes

Appelés «kolbars», ceux d'entre eux qui parviennent à survivre au froid glacial et aux chutes d'eau doivent également traverser de vastes champs de mines et affronter les gardes-frontières du Corps des gardiens de la révolution islamique, qui sont prêts à tirer à tout moment.

À l'instar d'autres minorités d’Iran, les Kurdes ne sont pas autorisés à enseigner leur langue maternelle dans le cadre du programme national. En outre, la peine de mort attend ceux qui sont soupçonnés d'appartenir à l'un des nombreux groupes d'opposition kurdes présents le long de la frontière.

En effet, les activistes estiment que la terreur des exécutions et la menace de déplacement démographique auxquelles les minorités d'Iran sont confrontées devraient être reconnues pour ce qu'elles sont: des crimes contre l'humanité.

Ils constatent par ailleurs avec désarroi que l'exclusion économique, sociale et politique des minorités ethniques et religieuses d'Iran ne figure jamais dans le discours diplomatique qui entoure la question nucléaire et l'ingérence régionale du Corps des gardiens de la révolution islamique.

Au bout du compte, les activistes affirment que la résistance des minorités iraniennes, qui sont déterminées à conserver leur identité et leurs traditions, freine l'absolutisme de la théocratie chiite.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.

 


L'Arabie Saoudite remporte un siège au Comité exécutif de la Fédération internationale des journalistes

L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
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  • L’Arabie Saoudite a obtenu pour la première fois un siège au Comité exécutif de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), via l’élection d’Adhwan Al-Ahmari, président de l’Association des journalistes saoudiens
  • Cette élection, dans un contexte très compétitif (148 pays en lice pour seulement 16 sièges), reflète une reconnaissance internationale accrue de la position du Royaume dans le secteur des médias

PARIS: L'Arabie Saoudite a réalisé un nouvel exploit en remportant un siège au Comité exécutif de la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Cette étape est une première du genre dans l'histoire de la présence du Royaume au sein de cette entité médiatique internationale, grâce à l'élection du président de l'Association des journalistes saoudiens, Adhwan Al-Ahmari, en tant que représentant du Royaume au sein du Comité.

Cette victoire intervient dans un contexte de forte compétition internationale au sein de la fédération, à laquelle ont participé plus de 148 pays pour les sièges proposés. Seuls 16 pays ont réussi à remporter l'adhésion au Comité exécutif, ce qui reflète l'ampleur de la confiance internationale dont jouit l'Arabie Saoudite et sa position croissante dans le secteur des médias et de la presse.

Cette réalisation renforce la présence saoudienne dans les institutions médiatiques internationales et ouvre la voie à une plus grande participation à la prise de décision concernant la profession de journaliste à l'échelle mondiale, tout en transmettant l'expérience médiatique saoudienne sur les plateformes internationales.


Négociations avec Israël: le chef de la délégation libanaise va se rendre à Washington

Le président libanais Joseph Aoun (sur la photo) a rencontré vendredi le diplomate Simon Karam, chef de la délégation qui se rendra à Washington la semaine prochaine pour des discussions prévues avec Israël. (Photo d’archives/AFP)
Le président libanais Joseph Aoun (sur la photo) a rencontré vendredi le diplomate Simon Karam, chef de la délégation qui se rendra à Washington la semaine prochaine pour des discussions prévues avec Israël. (Photo d’archives/AFP)
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  • Le Liban prépare une nouvelle session de négociations de paix avec Israël à Washington, avec comme priorités la consolidation du cessez-le-feu, le retrait israélien et le rétablissement complet de la souveraineté libanaise
  • Malgré les efforts diplomatiques soutenus par Washington, les tensions restent fortes : Israël poursuit ses frappes et le Hezbollah rejette des discussions directes

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a donné vendredi ses directives au chef de la délégation libanaise aux négociations de paix avec Israël prévues la semaine prochaine à Washington, a annoncé la présidence.

Les deux premières sessions de ces discussions destinées à aboutir à un accord de paix s'étaient tenues aux Etats-Unis au niveau des ambassadeurs des deux pays, toujours en état de guerre.

Joseph Aoun a reçu Simon Karam, un diplomate chevronné, et "lui a donné ses directives" avant la réunion prévue le 14 mai, selon un communiqué de la présidence.

M. Karam "va se rendre bientôt à Washington", a indiqué une source officielle à l'AFP.

L'ambassadrice libanaise à Washington, le chargé d'affaires adjoint et "un militaire" feront partie de la délégation, a précisé cette source.

"Le Liban attend de ces négociations trois objectifs essentiels: consolider le cessez-le-feu, obtenir le retrait d'Israël (...) et étendre l'entière souveraineté de l'Etat sur le territoire national", a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Youssef Raggi, vendredi dans un communiqué.

La première réunion entre les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, s'était tenue le 14 avril à Washington. Il s'agissait de la première rencontre de ce type depuis 1993.

Le président américain Donald Trump avait annoncé, à l'issue de la seconde réunion organisée à la Maison Blanche, une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril entre les deux pays.

Il avait alors dit s'attendre à ce que les dirigeants israélien Benjamin Netanyahu et libanais Joseph Aoun se rencontrent "dans les semaines à venir".

Mais le président Aoun a affirmé lundi qu'un accord de sécurité et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre.

Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio avait dit mardi qu'il n'y avait "aucun problème entre les gouvernements libanais et israélien", affirmant que le Hezbollah constituait la pierre d'achoppement.

"Je pense qu'un accord de paix entre Israël et le Liban est rapidement accessible", a ajouté le secrétaire d'Etat américain.

Le mouvement Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en soutien à son allié iranien, est opposé à ces pourparlers et s'est prononcé pour des négociations indirectes.

Malgré la trêve, Israël poursuit ses frappes qui ont fait plus de 2.700 morts depuis le 2 mars, tandis que le Hezbollah revendique également des attaques contre Israël.


Liban: frappes israéliennes sur plusieurs localités du sud malgré la trêve

L'aviation israélienne vise jeudi plusieurs localités du sud du Liban, selon un média d'Etat et des correspondants de l'AFP, au lendemain d'une frappe sur la banlieue sud qui a tué un responsable militaire du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
L'aviation israélienne vise jeudi plusieurs localités du sud du Liban, selon un média d'Etat et des correspondants de l'AFP, au lendemain d'une frappe sur la banlieue sud qui a tué un responsable militaire du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
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  • La ville de Nabatiyé a été particulièrement touchée, avec des frappes sur le centre commercial et des immeubles résidentiels, selon un correspondant de l'AFP
  • Les frappes israéliennes, qui se poursuivent malgré une trêve entrée en vigueur le 17 avril, ont également visé plusieurs autres régions du sud, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle)

NABATIYE: L'aviation israélienne vise jeudi plusieurs localités du sud du Liban, selon un média d'Etat et des correspondants de l'AFP, au lendemain d'une frappe sur la banlieue sud qui a tué un responsable militaire du Hezbollah pro-iranien.

La ville de Nabatiyé a été particulièrement touchée, avec des frappes sur le centre commercial et des immeubles résidentiels, selon un correspondant de l'AFP.

Les frappes israéliennes, qui se poursuivent malgré une trêve entrée en vigueur le 17 avril, ont également visé plusieurs autres régions du sud, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

L'armée israélienne a ordonné jeudi aux habitants de trois villages du sud, situés loin de la frontière, d'évacuer.

Sur la route menant du village de Toul à Nabatiyé, une ambulance de Comité islamique de la santé, affilié au Hezbollah, a été visée, et deux secouristes blessés, a indiqué à l'AFP le porte-parole de l'organisation, Mahmoud Karaki.

Mercredi, 11 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le sud et l'est du Liban, selon le ministère de la Santé.

D'autre part, quatre soldats israéliens ont été blessés dans le sud, dont un grièvement, mercredi, par un drone explosif, selon un communiqué militaire israélien publié jeudi.

Le Hezbollah revendique des attaques contre les forces israéliennes qui occupent des zones du sud du pays, malgré la trêve.

Mercredi soir, une frappe avait visé pour la première fois depuis près d'un mois la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah.

Le porte-parole de l'armée israélienne en arabe a affirmé jeudi que le chef de l'unité d'élite du Hezbollah, la force al-Radwan, "Ahmad Ghaleb Ballout", avait été tué dans cette frappe.

Une source proche du Hezbollah avait indiqué à l'AFP que Ballout, chef des opérations de la force al-Radwan selon elle, avait été tué. La formation pro-iranienne n'a pas confirmé.

Jeudi matin, les secouristes continuaient de rechercher des victimes dans les décombres de l'immeuble visé dans la banlieue sud, selon un photographe de l'AFP.

Les étages supérieurs de l'immeuble ont été soufflés.

Les frappes israéliennes au Liban ont fait plus de 2.700 morts, plus de 8.200 blessés et un million de déplacés depuis début mars.