Hommage à l'Assemblée à Olivier Dassault, «gentleman au destin d'exception»

Députés et ministres français observent une minute de silence à la mémoire de l'homme politique Olivier Dassault, décédé dans un accident d'hélicoptère, lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris. (AFP)
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Publié le Mardi 09 mars 2021

Hommage à l'Assemblée à Olivier Dassault, «gentleman au destin d'exception»

  • «Ingénieur, pilote, photographe d'art, réalisateur, industriel, élu de la République», le député de l'Oise avait «tous les talents», a déclaré la vice-présidente de l'Assemblée Laëtitia Saint-Paul (LREM)
  • Damien Abad, président du groupe LR à l'Assemblée auquel appartenait Olivier Dassault, a salué un «gentleman au destin d'exception, qui ne s'est jamais contenté d'être un simple héritier»

PARIS : Les députés et le gouvernement ont rendu hommage mardi au député Olivier Dassault, «gentleman au destin d'exception», décédé dimanche dans un accident d'hélicoptère.

«Ingénieur, pilote, photographe d'art, réalisateur, industriel, élu de la République», le député de l'Oise avait «tous les talents», a déclaré la vice-présidente de l'Assemblée Laëtitia Saint-Paul (LREM), au perchoir pour les questions au gouvernement, au lendemain de la journée des droits des femmes .

Le Premier ministre Jean Castex a évoqué un nom associé à «une légende de l'industrie aéronautique française» au travers de son père Serge Dassault et de son grand-père Marcel Dassault, mais aussi un photographe d'art «dont l'oeuvre fut exposée dans le monde entier» et un homme «qui aimait profondément le travail parlementaire».

Damien Abad, président du groupe LR à l'Assemblée auquel appartenait Olivier Dassault, a salué un «gentleman au destin d'exception, qui ne s'est jamais contenté d'être un simple héritier».

Elu d'une «circonscription rurale et populaire» et «photographe de grand talent», il avait «une âme d'artiste qui le rendait si attachant». Tout à la fois «profondément gaulliste» et «libéral» au plan économique, il était «un homme libre», a ajouté M. Abad.

Dans le sillage d'interventions de députés de tous bords, le patron des députés macronistes Christophe Castaner a de son côté évoqué un homme «aimable aux mille talents».

Le chef du goupe communiste André Chassaigne lui aussi a tenu à saluer Olivier Dassault dont «une des qualités était le respect qu'il avait pour ceux et celles qui ne partageaient pas ses idées».

M. Chassaigne a aussi évoqué la mémoire de Marcel Dassault, qui, après sa déportation à Buchenwald, «n'a jamais oublié les liens et les souffrances qu'il avait pu avoir dans le camp avec les militants communistes».

Olivier Dassault est mort dimanche soir à l'âge de 69 ans dans le crash de son hélicoptère à Touques, près de Deauville, dans le Calvados. Le pilote de l'appareil a également perdu la vie dans l'accident.


Darmanin veut retirer le statut de réfugié aux étrangers radicalisés ou délinquants

Gérald Darmanin, ministre français de l'Intérieur . (Photo, AFP)
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  • « Fait inédit, nous avons demandé à l'Ofpra de retirer les protections d'asile pour ceux qui seraient en contradiction avec les valeurs de la République »
  • Ces trois derniers mois, a souligné M. Darmanin, 147 retraits de protections ont été décidés

PARIS : Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a demandé aux autorités compétentes de retirer le statut de réfugié aux étrangers connus pour des faits de radicalisation ou de troubles à l'ordre public, un tour de vis « sans précédent » qui témoigne d'un durcissement politique.

« Fait inédit, nous avons demandé à l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides, Ndlr) de retirer les protections d'asile pour ceux qui seraient en contradiction avec les valeurs de la République », a indiqué le ministre de l'Intérieur dans un entretien au Figaro à paraître vendredi. 

Le ministère de l'Intérieur a souligné auprès de l'AFP avoir « mis un accent particulier sur la déchéance de protection pour ceux qui ont commis des actes répréhensibles, que ce soit lié à la radicalisation ou à l'ordre public ».

Ces trois derniers mois, a souligné M. Darmanin, 147 retraits de protections ont été décidés.

« C'est sans précédent. Notre politique est claire: juger les étrangers pour ce qu'ils font et pas pour ce qu'ils sont », a-t-il précisé.

« On sera inflexibles sur les questions d'ordre public », a encore insisté la Place Beauvau auprès de l'AFP, déclinant la priorité du moment: « Les gens qui figurent au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), dont on s'attache à ce qu'ils soient sous mesure administrative et reconduits ».

A cet égard, le ministère affirme avoir « mis hors d'état de nuire la première liste identifiée de 231 personnes, qui sont toutes sous mesures administratives, en centre de rétention ou expulsés ». 

« Avec la difficulté majeure que les éloignements sont très compliqués » dû à la fermeture des frontières liée à la Covid-19.

Au Figaro, Gérald Darmanin a précisé que 1 083 étrangers en situation irrégulière sont inscrits au FSPRT, ainsi que « 4 000 personnes non françaises en situation régulière, dont 25% d'Algériens et 20% de Marocains, 15% de Tunisiens et 12% de Russes ».

Dans le même entretien, il demande le retrait du titre de séjour pour ces personnes, déjà obtenu dans 200 cas ces six derniers mois, « ce qui est un record », s'est-il encore félicité.

 


Estrosi quitte à son tour LR en dénonçant une « dérive »

Pour le maire de Nice, « il est temps de reconstituer une grande formation politique moderne pour rassembler les gens de droite et du centre autour d'un vrai projet » (Photo, AFP/Archive)
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  • Le maire de Nice accuse « une faction qui semble avoir pris en otage la direction du parti » pour faire capoter une alliance entre LREM et LR aux régionales
  • « Ce qui est malfaisant c'est de ne rêver que d'entre soi » et « de pactiser avec nos ennemis de l'extrême droite », ajoute l’élu gaulliste

PARIS : Le maire de Nice Christian Estrosi a annoncé jeudi qu'il quittait à son tour Les Républicains et appelé, après le psychodrame autour des régionales en Paca, à « reconstituer une grande formation politique ».

« Je m'en vais de LR », une décision « pénible pour le gaulliste que je suis », a expliqué M. Estrosi au Figaro, en déplorant « la dérive d'une faction qui semble avoir pris en otage la direction du parti » pour faire capoter le projet d'alliance entre LREM et LR aux régionales.

S'il se dit « gaulliste depuis toujours », M. Estrosi déplore n'avoir « jamais subi une telle violence dans (son) parti » que lors des discussions autour de cette affaire depuis dimanche, où il assure avoir été qualifié, tout comme M. Falco, de « malfaisant ».

« Ce qui est malfaisant c'est de ne rêver que d'entre soi » et « de pactiser avec nos ennemis de l'extrême droite », ajoute M. Estrosi, qui demande aux Républicains de « dire clairement qu'en toutes circonstances et dans toutes les élections, ils feront barrage à l'extrême droite avant toute chose ».

« Je regrette toujours les départs, mais cette décision a le mérite de la cohérence », a de son côté déclaré à l'AFP le président de LR Christian Jacob.

« Conformément aux valeurs de notre famille politique, nous sommes et nous resterons les opposants déterminés à l'idéologie du Rassemblement national », a-t-il ajouté.

Considéré comme « Macron-compatible », M. Estrosi avait jeté un pavé dans la mare en septembre dernier en suggérant un accord entre la droite et Macron pour 2022.

Pour le maire de Nice, qui avait lancé son mouvement politique « la France audacieuse » en septembre, « il est temps de reconstituer une grande formation politique moderne pour rassembler les gens de droite et du centre autour d'un vrai projet ».

« Je n'entends subir ni l'autorité d'un appareil politique, ni d'une autorité gouvernementale quelle qu'elle soit », et « les seuls à qui j'ai des comptes à rendre, ce sont les électeurs de ma ville et de notre territoire », a-t-il ajouté.


Le Conseil d'Etat rejette la demande de la Mosquée de Paris d'ouvrir les mosquées la nuit du 8 mai

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  • Le recteur de la Mosquée de Paris réclamait que les lieux de culte puissent ouvrir de 21H00 à 2H00 du matin, pendant le couvre-feu, la nuit du 8 au 9 mai, qui correspond à la «Nuit du Destin»
  • Une décision justifiée par le fait que «la situation sanitaire demeure préoccupante, avec des indicateurs encore dégradés et un rythme de propagation du virus qui demeure élevé sur l’ensemble du territoire»

PARIS: Le Conseil d'Etat a rejeté jeudi la demande de la Mosquée de Paris de pouvoir laisser ouvertes les mosquées une partie de la nuit du 8 au 9 mai, nuit particulière du ramadan, au motif, notamment que «la situation sanitaire demeure préoccupante».

Le recteur de la Mosquée de Paris réclamait que les lieux de culte puissent ouvrir de 21H00 à 2H00 du matin, pendant le couvre-feu, la nuit du 8 au 9 mai, qui correspond à la «Nuit du Destin» dans le mois du ramadan. 

Cette nuit «constitue un rite essentiel pour les musulmans, à savoir la célébration de la nuit au cours de laquelle le Coran a été révélé au prophète Mohammed (...) par l'ange Gabriel», avait argué Chems-eddine Hafiz, qui avait saisi la plus haute juridiction administrative après un premier refus du ministre de l'Intérieur.

Le Conseil d'Etat a justifié sa décision par le fait que «la situation sanitaire demeure préoccupante, avec des indicateurs encore dégradés et un rythme de propagation du virus qui demeure élevé sur l’ensemble du territoire», affirme l'institution, dans un commentaire accompagnant la décision.

Le juge des référés a par ailleurs relevé qu'il est déjà possible, pour les musulmans, «de participer collectivement aux cérémonies religieuses organisées entre 6 heures et 19 heures». Et que «le ministre de l'Intérieur a, pour la période du ramadan, autorisé l'ouverture des mosquées dès la première prière du matin» (avant 6h).

Il constate aussi que «des mesures alternatives ont été mises en place par de nombreuses mosquées pour permettre un suivi adapté des croyants» pour cette nuit, notamment «avec un service religieux par voie dématérialisée».

Autre argument: «il serait très difficile pour les pouvoirs publics de s'assurer que tous les déplacements dans la nuit du 8 au 9 mai, hors motif impérieux, sont en lien avec la "Nuit du Destin"», affirme le Conseil d'Etat. 

De ce fait, «l’impossibilité de se rendre dans un lieu de culte pendant le couvre-feu, y compris pour la "Nuit du destin", ne porte pas une atteinte manifestement disproportionnée à la liberté de culte compte tenu de l’objectif de protection de la santé publique», conclut-il.

Le mois de jeûne du ramadan a débuté le 13 avril et doit se terminer autour du 13 mai.