Archives de la guerre d'Algérie: un «nouveau pas», selon les médias algériens

Le bâtiment des Archives nationales d'Algérie à Alger. (AFP)
Le bâtiment des Archives nationales d'Algérie à Alger. (AFP)
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Publié le Mercredi 10 mars 2021

Archives de la guerre d'Algérie: un «nouveau pas», selon les médias algériens

  • "Le président Macron a fait faire un grand pas, peut-être le plus grand jamais fait, à la recherche de la vérité dans l'histoire de la lutte pour l'indépendance algérienne"
  • "La vérité prime sur le jugement (...). Le jugement de l'histoire repose sur les faits, pas sur le repentir ou non de leurs auteurs"

ALGER : La presse algérienne prend acte du "nouveau pas" du président français Emmanuel Macron dans le dossier mémoriel, avec circonspection, au lendemain de sa décision de faciliter l'accès aux archives classifiées de la guerre d'Algérie (1954-1962).

"Le président Macron a fait faire un grand pas, peut-être le plus grand jamais fait, à la recherche de la vérité dans l'histoire de la lutte pour l'indépendance algérienne", écrit le journal quotidien francophone Liberté.

"La vérité prime sur le jugement (...). Le jugement de l'histoire repose sur les faits, pas sur le repentir ou non de leurs auteurs", juge le quotidien.

Proche du pouvoir, le journal L'Expression note "que le président français semble vouloir mettre les bouchées doubles dans la voie d'une relation apaisée avec l'Algérie".

Tout en estimant que ces "décisions ne manquent pas de courage", le journal francophone relève qu'il s'agit "d'accès" et non de restitution (des archives) comme l'exige l'Algérie".

Le président français a décidé de "permettre aux services d'archives de déclassifier les documents couverts par le secret de la Défense nationale (...) jusqu'aux dossiers de l'année 1970 incluse".

Cette décision vise à écourter les délais d'attente liés à la procédure de déclassification des documents relatifs à la guerre d'Algérie.

Toutefois, les informations sur les dix-sept essais nucléaires menés par la France dans le Sahara algérien entre 1960 et 1966 doivent rester secrètes, a indiqué l'Elysée, au grand dam d'Alger qui les réclame.

"Gardons-nous de tomber dans le simplisme euphorique. Cette ouverture ne règle pas les contentieux de l'histoire car les archives ne disent pas tout et peuvent même désinformer", avertit L'Expression.

La part de l'Algérie

La presse arabophone soupçonne M. Macron d'arrière-pensées électoralistes à l'approche du scrutin présidentiel du printemps 2022 qui coïncidera avec le 60e anniversaire de la fin de la guerre d'Algérie (mars) et de l'indépendance algérienne (juillet).

Par cette annonce, "le président Macron tente de s'attirer la sympathie et les voix des sept millions d'Algériens établis en France lors des prochaines élections", estime El Fadjr.

La décision de l'Elysée n'a suscité jusqu'à présent aucune réaction officielle à Alger.

Elle s'inscrit dans le cadre des "actes symboliques" promis par le chef de l'Etat français pour "réconcilier les mémoires" entre Français et Algériens et relancer des relations bilatérales souvent houleuses.

Ce "travail de mémoire" s'est accéléré depuis la remise le 20 janvier d'un rapport de l'historien Benjamin Stora sur le sujet et devrait encore s'amplifier d'ici la fin du mandat d'Emmanuel Macron.

M. Macron et son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune se sont engagés à travailler ensemble sur la question mémorielle.

Mais aucun geste de réciprocité sur la facilitation d'accès aux archives en Algérie, également réclamée par les historiens français et algériens, n'a été annoncé par Alger jusqu'ici.

L'alter ego algérien de Benjamin Stora, Abdelmadjid Chikhi, directeur des archives nationales, n'a pas remis de rapport.

"En l'état actuel des choses, la question se pose alors de savoir quelle est, dans ce projet, la part de l'Algérie à laquelle le président Tebboune s'est engagé. Car, bien qu'il ait été originellement présenté comme entreprise commune, il n'a, pour l'heure, pas produit de contribution, de notre côté", commente le quotidien Liberté.

"Même si l'armée et l'administration françaises constituent les principales sources de données touchant à la période coloniale, en général, et la guerre d'indépendance, en particulier, il devrait y avoir, côté algérien, matière à contribuer à cet effort d'éclairement de ce douloureux passé. Malheureusement, en la matière, le pays est d'emblée mal parti", souligne son éditorialiste.

 


Le Premier ministre du Qatar à Téhéran pour relancer la diplomatie

Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre. (Reuters)
Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre. (Reuters)
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  • Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre et chef de la diplomatie qatarie, s'est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi, a rapporté la télévision d'Etat iranienne
  • "Ils ont discuté des efforts déployés pour apaiser les tensions", ainsi que des échanges en cours entre l'Iran et Oman, pays qui bordent le détroit d'Ormuz, au sujet de "la mise en place d'un couloir maritime conjoint temporaire"

TEHERAN: Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre.

Déclenché le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l'Iran qui a riposté en bombardant les pays du Golfe, dont le Qatar, le conflit a baissé en intensité ces derniers mois, se cristallisant autour du détroit stratégique d'Ormuz, verrouillé par Téhéran.

Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre et chef de la diplomatie qatarie, s'est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi, a rapporté la télévision d'Etat iranienne.

"Ils ont discuté des efforts déployés pour apaiser les tensions", ainsi que des échanges en cours entre l'Iran et Oman, pays qui bordent le détroit d'Ormuz, au sujet de "la mise en place d'un couloir maritime conjoint temporaire", a indiqué sur X le ministère qatari des Affaires étrangères.

Le Premier ministre qatari a "souligné la nécessité de respecter la souveraineté des pays voisins et la liberté de navigation", et insisté sur "l'importance de poursuivre les efforts diplomatiques pour résoudre les différends par le dialogue", indique le ministère.

Navire attaqué 

L'Iran exclut tout retour à la situation d'avant-guerre dans le détroit, par lequel transitait avant fin février un cinquième des hydrocarbures mondiaux.

Une situation inacceptable pour Washington et plusieurs autres pays de la région, qui réclament la réouverture du passage.

En début de semaine, l'Iran et Oman avaient annoncé discuter d'un accord-cadre en vue d'établir un "couloir temporaire" et de déployer un projet conjoint de déminage.

Selon les discussions en cours, les navires entrant dans le Golfe emprunteraient les eaux iraniennes, et ceux en sortant passeraient par les eaux omanaises avant de poursuivre leur route dans les eaux iraniennes, a indiqué Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères.

Mi-août, le Qatar avait appelé Mascate et Téhéran à finaliser un accord, afin de "faciliter" la reprise des négociations visant à mettre fin à la guerre.

Toutefois, un navire a une nouvelle fois été touché par un projectile dans le détroit d'Ormuz dans la nuit de mercredi à jeudi, a annoncé l'agence maritime britannique UKMTO.

Les navires tentant de franchir le détroit sont régulièrement pris pour cible par l'Iran, qui conditionne la réouverture complète du détroit à une série de concessions de Washington et un arrêt de la guerre "sur tous les fronts".

Mais la visite du ministre qatari intervient aussi à un moment où les Etats-Unis, délaissant le volet militaire de la guerre, accentuent la pression économique sur l'Iran, déjà sous le coup de sanctions internationales depuis des décennies.

Lundi, le ministre des Finances américain Scott Bessent a annoncé un nouveau paquet de sanctions et menacé d'isolement économique tout pays qui continuerait de commercer avec Téhéran.

Bien que la République islamique ait assuré que les Etats-Unis n'obtiendront "rien" avec cette pression, le président iranien Massoud Pezeshkian a reconnu que son pays faisait face à "de nombreuses difficultés économiques".

Le blocus des ports iraniens, imposé par Washington en représailles au verrouillage d'Ormuz, empêche le pays d'importer de l'essence, alors que la production nationale ne suffit pas à couvrir les besoins, a admis mercredi soir un haut responsable iranien.

Réduction des quotas d'essence 

Après l'annonce des nouvelles sanctions, les files d'attente s'allongeaient devant les stations-service en Iran.

Les autorités ont annoncé une rare réduction des quotas d'essence en vigueur depuis des années, avec des prix majorés pour quiconque souhaiterait les dépasser.

Les prix des carburants en Iran, l'un des principaux producteurs de pétrole mondiaux, sont parmi les plus bas du monde.

En 2019, une hausse soudaine du prix de l'essence avait provoqué des manifestations qui s'étaient étendues à une centaine de villes, faisant des dizaines de morts.

Alors que les Etats-Unis veulent sanctionner les partenaires économiques de l'Iran, le ministre iranien du Pétrole, Mohsen Paknejad, a affirmé jeudi que les ventes de pétrole au-delà des eaux territoriales iraniennes se poursuivaient.

"Des livraisons sont effectuées aux clients. (...) Elles ont certes diminué, mais elles ont persisté", a-t-il assuré auprès de l'agence Isna.

Les cours du pétrole brut restent stables jeudi matin, le marché jugeant que les initiatives diplomatiques se poursuivent au Moyen-Orient, le baril de Brent s'échangeant à 88 dollars.


L'Iran annonce des «accords» avec Oman sur un partage des revenus du détroit d'Ormuz

Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime. (AFP)
Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime. (AFP)
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  • Mardi à Téhéran, selon un communiqué conjoint, les ministres des Affaires étrangères omanais et iranien avaient discuté d'un accord-cadre établissant un "couloir temporaire" de navigation dans le détroit d'Ormuz
  • Selon le communiqué, les négociations se poursuivaient   pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires"

TEHERAN: Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime.

"Au cours des négociations avec Oman, certains accords ont été conclus concernant la part de chaque pays dans les eaux du détroit et la part de l'Iran et d'Oman dans ses revenus", a déclaré le porte-parole des Gardiens de la Révolution, Hossein Mohebi.

Il a accusé les Etats-Unis d'"entraver les travaux" visant à finaliser un accord.

Mardi à Téhéran, selon un communiqué conjoint, les ministres des Affaires étrangères omanais et iranien avaient discuté d'un accord-cadre établissant un "couloir temporaire" de navigation dans le détroit d'Ormuz et y prévoyant une opération de déminage.

Selon le communiqué, les négociations se poursuivaient   pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires".

Le stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran.

Les Etats-Unis mènent en retour un blocus des ports iraniens.

L'Iran discute depuis des semaines avec Oman, tout en affirmant que le détroit restera verrouillé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord conclu mi-juin, prévoyant notamment la levée du blocus américain et des sanctions économiques contre Téhéran.

 


Le Premier ministre qatari à Téhéran jeudi

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  • Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran
  • Il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions

DOHA: Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran, où il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions, a déclaré mercredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed Al Ansari, sur X.