A Beyrouth, David Hale rencontre les bénévoles du "base camp" près du port et constate « l’absence de l’État »

Le sous-secrétaire d’État américain aux Affaires politiques David Hale rencontre les volontaires du « base camp » non loin du site de l’explosion du 4 août (Hussein Malla/Pool/AFP)
Le sous-secrétaire d’État américain aux Affaires politiques David Hale rencontre les volontaires du « base camp » non loin du site de l’explosion du 4 août (Hussein Malla/Pool/AFP)
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Publié le Vendredi 14 août 2020

A Beyrouth, David Hale rencontre les bénévoles du "base camp" près du port et constate « l’absence de l’État »

  • Selon le numéro 3 de la diplomatie américaine, « l'engagement de ces volontaires contraste fortement avec la "gouvernance dysfonctionnelle et les promesses vides" des dirigeants politiques libanais »
  • Depuis l'explosion le 4 août d'une énorme quantité de nitrate d'ammonium au port de Beyrouth, de nombreux étudiants et jeunes professionnels ont abandonné leurs cours et emplois pour sauver des vies

BEYROUTH : Avant même de rencontrer les responsables libanais, le numéro trois de la diplomatie américaine David Hale s'est rendu dans un quartier dévasté de Beyrouth où de jeunes bénévoles portent assistance aux victimes de l'explosion meurtrière, en l'absence d'aide de l'État.

Dans le camp de bénévoles "Base camp", dans le quartier ravagé de Gemmayzé, tout est fait "pour faire avancer les choses", a déclaré le sous-secrétaire d'État américain pour les Affaires politiques à l'issue de sa tournée jeudi.

Selon lui, l'engagement de ces volontaires contraste fortement avec la "gouvernance dysfonctionnelle et les promesses vides" des dirigeants politiques libanais et pourrait "permettre de reconstruire Beyrouth, mais aussi d'entreprendre les réformes nécessaires" pour un changement au Liban.

Depuis l'explosion le 4 août d'une énorme quantité de nitrate d'ammonium au port de Beyrouth, de nombreux étudiants et jeunes professionnels ont abandonné leurs cours et emplois pour sauver des vies, aider et reconstruire les maisons détruites.

"Je ne vois pas pourquoi (M. Hale) se rendrait ensuite chez les politiques", estime Wassim Bou Malham, 33 ans, qui dirige une équipe collectant des données au "Base camp".

"L'aide se passe ici, la collecte de données ici, le nettoyage ici, la reconstruction ici", dit-il à l'AFP.

La visite de M. Hale à Gemmayzé fait suite à celle du président français Emmanuel Macron une semaine plus tôt, qui a été accueilli en sauveur par les habitants.

Portant des masques de protection et des gilets jaunes, les bénévoles ont des airs d'experts internationaux lorsqu'ils expliquent la manière dont ils nettoient les rues et gèrent l'aide.

Ils décrivent des modélisations 3D, la collecte de données et les opérations de secours organisées depuis l'explosion qui a fait au moins 171 morts, plus de 6.500 blessés, et 300.000 sans abris.

"Aucun responsable"

M. Bou Malham a appris à gérer des bases de données en travaillant pour de grandes boîtes de nuit à Beyrouth. Des compétences utiles désormais pour venir en aide aux personnes affectées par l'explosion.

La banque de données numérique qu'il a développée avec son équipe de  bénévoles est essentielle dans la gestion des livraisons d'aides à des milliers de survivants.

"Nous n'avons vu aucun responsable du gouvernement ou représentant venir ici et nous demander si nous avions besoin de quoi que ce soit", accuse-t-il.

L'État brille par son absence, et pas seulement dans ce camp.

Quelques heures après l'explosion, le nombre de jeunes bénévoles dépassait largement celui des membres de la Défense civile.

Dès le lendemain de la tragédie, ils ont établi un camp offrant nourriture, médicaments, abris temporaires et services de réparation à des milliers de Libanais, en coordination avec des ONG. Et leurs opérations continuent de se développer.

Le "Base camp" a reçu plus de 200 appels en seulement deux heures après la création d'un numéro d'urgence. Les bénévoles ont évalué les dégâts dans 1.200 maisons et installé au moins 600 portes en bois.

"Le travail accompli parlera de lui-même", affirme Bouchra, volontaire de 37 ans, accusant l'État d'inaction.

"Pas d'État"

L'explosion a alimenté la rage de la rue contre les dirigeants libanais accusés d'être responsables du drame en raison de leur incurie et de la corruption.

Les donateurs occidentaux se sont également montrés critiques des dirigeants libanais, qui n'ont jamais entrepris les réformes réclamées par la communauté internationale.

A l'issue d'une conférence internationale de soutien au Liban, les participants ont exigé que l'aide d'urgence soit "directement" distribuée à la population.

John Barsa, l'administrateur de l'agence d'aide internationale des États-Unis USaid, a déclaré que l'aide américaine "n'irait absolument pas au gouvernement".

Jeudi, il a ajouté que l'USaid "augmenterait son soutien financier aux groupes de la société civile au Liban de 30% à 6.627 millions de dollars".

Dans le camp de Gemmayzé, cette aide serait la bienvenue.

Ziad al-Zein arrive avant les bénévoles qui commencent leurs journées à 9 heures, pour s'assurer de la propreté et de la sécurité du camp. 

"Nous ne sommes pas des experts en gestion de crise ou de catastrophe. Nous apprenons au fur et à mesure", explique ce bénévole de 33 ans. "Il n'y a pas d'État. Et nous n'abandonnerons pas nos concitoyens dans ces conditions."


Israël et le Liban conviennent de renouveler le cessez-le-feu

Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington. (AFP)
Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington. (AFP)
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  • Israël et le Liban ont également convenu de participer à un nouveau round de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un "accord global", ajoute la déclaration
  • Plus tôt, le président Donald Trump avait insisté pour "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet

WASHINGTON: Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington.

"A l'issue des négociations menées sous l'égide des Etats-Unis, Israël et le Liban ont convenu de la mise en œuvre d'un cessez-le-feu", qui sera subordonné "à l'arrêt complet des tirs du Hezbollah et à l'évacuation de tous les membres du Hezbollah du secteur du Sud-Litani", peut-on lire dans cette déclaration entre les trois parties aux négociations.

"Les deux parties ont convenu de faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif sur le territoire, à l'exclusion de tous les acteurs non étatiques", selon la même source.

Ces mesures doivent permettre de "progresser vers un accord global de paix et de sécurité".

"Tous les pays ont réaffirmé que l'avenir des relations entre Israël et le Liban devait être décidé par les deux gouvernements souverains. Ils ont rejeté toute tentative, de la part d'un État ou d'un acteur non étatique, de prendre en otage l'avenir du Liban", une référence implicite à l'Iran, accusé de soutenir le Hezbollah pro-iranien.

Israël et le Liban ont également convenu de participer à un nouveau round de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un "accord global", ajoute la déclaration.

Plus tôt, le président Donald Trump avait insisté pour "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet.

Des délégations israéliennes et libanaises se sont réunies à Washington mardi et mercredi, alors que des frappes israéliennes au Liban ont fait au moins neuf morts, dont un soldat et deux secouristes.


Liban: un média d'Etat rapporte des frappes israéliennes après l'annonce d'un cessez-le-feu conditionnel

Un média d'Etat libanais a fait état jeudi de plusieurs frappes israéliennes sur le sud du pays, quelques heures après l'annonce à Washington d'un accord israélo-libanais pour un cessez-le-feu  conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah. (AFP)
Un média d'Etat libanais a fait état jeudi de plusieurs frappes israéliennes sur le sud du pays, quelques heures après l'annonce à Washington d'un accord israélo-libanais pour un cessez-le-feu  conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah. (AFP)
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  • Les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, se sont également mis d'accord pour "faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif"
  • Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, a qualifié jeudi cet accord de "grave erreur"

BEYROUTH: Un média d'Etat libanais a fait état jeudi de plusieurs frappes israéliennes sur le sud du pays, quelques heures après l'annonce à Washington d'un accord israélo-libanais pour un cessez-le-feu  conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah.

L'Agence nationale d'information (ANI) a annoncé des frappes de drones israéliens le long de routes dans trois localités du sud du Liban, indiquant qu'au moins une d'entre elles avait fait des victimes, sans préciser s'il s'agissait de morts ou de blessés.

Quelques heures plus tôt, l'armée israélienne avait annoncé qu'une "infiltration d'appareil hostile" avait déclenché une alerte aérienne dans un village du nord d'Israël, près de la frontière avec le Liban.

Israël et le Liban sont convenus mercredi, à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington, de la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah et à "l'évacuation" de tous les membres du mouvement de la zone située au sud du fleuve Litani, qui coule à une trentaine de kilomètres de la frontière avec Israël.

Les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, se sont également mis d'accord pour "faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif".

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, a qualifié jeudi cet accord de "grave erreur".

De son côté, Mahmoud Qomati, haut responsable du Hezbollah, avait assuré mardi que sa formation n'accepterait pas un "cessez-le-feu partiel" avec Israël.

Un accord de cessez-le-feu au Liban est entré en vigueur le 17 avril mais les deux parties ont poursuivi leurs attaques à un rythme quasi-quotidien, s'accusant mutuellement de violer la trêve.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé, plus de 600 personnes ont été tuées au Liban depuis le 17 avril.

Les frappes israéliennes ont fait 3.516 morts depuis le 2 mars, début de la guerre au Liban, et ont déplacé plus d'un million de personnes, selon les autorités. Côté israélien, 26 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.

 


Au moins 8 morts dans des frappes israéliennes sur Gaza

 Au moins huit personnes ont été tuées tôt jeudi dans des bombardements israéliens sur la ville de Gaza, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées tôt jeudi dans des bombardements israéliens sur la ville de Gaza, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien. (AFP)
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  • Cinq et deux personnes ont été tuées respectivement dans des frappes contre des appartements dans le nord-ouest et le sud-ouest de la ville de Gaza, et une autre dans un raid contre une maison dans le camp de réfugiés d'Al-Shati
  • Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025, la bande de Gaza reste le théâtre de violences, avec des frappes israéliennes quasi quotidiennes

GAZA: Au moins huit personnes ont été tuées tôt jeudi dans des bombardements israéliens sur la ville de Gaza, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien.

Cinq et deux personnes ont été tuées respectivement dans des frappes contre des appartements dans le nord-ouest et le sud-ouest de la ville de Gaza, et une autre dans un raid contre une maison dans le camp de réfugiés d'Al-Shati, dans l'ouest de la ville, a indiqué ce porte-parole, Mahmoud Bassal.

Ces frappes ont également fait au moins 15 blessés, a-t-il ajouté.

Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025, la bande de Gaza reste le théâtre de violences, avec des frappes israéliennes quasi quotidiennes.

Selon le ministère de la Santé du territoire, placé sous l'autorité du mouvement islamiste palestinien Hamas, plus de 900 personnes ont été tuées depuis l'entrée en vigueur de cette trêve, conclue après deux ans de guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas contre Israël.

La première phase de la trêve a vu la libération des derniers otages israéliens de Gaza enlevés par le Hamas, en échange de Palestiniens détenus par Israël. Mais le passage à la deuxième phase, devant se traduire par le désarmement du Hamas et un retrait progressif de l'armée israélienne, semble complètement grippé.

La semaine dernière, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait déclaré avoir ordonné à l'armée de prendre le contrôle de 70% de la bande de Gaza, contre 60% contrôlé actuellement.

Fin mai, le tout nouveau chef de la branche armée du Hamas, Mohammed Odeh, a été tué par une frappe israélienne, 11 jours après l'assassinat de son prédécesseur.