« Profond regret » de l'ONU d'avoir échoué à mettre fin à la souffrance en Syrie

L'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie Geir Pedersen a dressé hier un constat d'échec total de son organisation en Syrie, lors de son dernier exposé au Conseil de sécurité. (Photo, AFP/Fichier)
L'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie Geir Pedersen a dressé hier un constat d'échec total de son organisation en Syrie, lors de son dernier exposé au Conseil de sécurité. (Photo, AFP/Fichier)
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Publié le Mardi 16 mars 2021

« Profond regret » de l'ONU d'avoir échoué à mettre fin à la souffrance en Syrie

  • «Il y a dix ans, les manifestations populaires pacifiques ont été violemment réprimées», rappelle l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie
  • «Au lieu de créer des retards et des diversions, le régime d'Assad devrait libérer les individus arbitrairement détenus», a déclaré Pedersen

NEW YORK: Geir Pedersen, l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, a poussé un profond soupir lundi avant de prononcer son dernier exposé au Conseil de sécurité sur ce conflit qui sera selon lui gravé dans les mémoires «comme l'un des chapitres les plus sombres de l'histoire récente».

L’émissaire, qui commémorait le dixième anniversaire du début de la guerre civile, note qu'elle a duré à peu près aussi longtemps que les Première et Seconde Guerres mondiales réunies. Il se désole aussi que l'ONU n'ait pas été en mesure de mettre fin à la souffrance du peuple syrien.

«Il y a dix ans, les manifestations populaires pacifiques ont été violemment réprimées», rappelle Pedersen aux membres du conseil. «La Syrie a été plongée dans une spirale de conflit armé. Avec le temps, de nombreux pays et combattants du monde entier sont venus en Syrie pour combattre sous une forme ou une autre.

«Les Syriens ordinaires doivent parfois avoir le sentiment qu'ils sont tous pris au piège d'un conflit interminable et international. (Le) peuple syrien compte parmi les plus grandes victimes de ce siècle».

Au cours de la dernière décennie, les Syriens ont été «blessés, mutilés et tués de toutes les manières imaginables. Même leurs morts ont été profanés», a-t-il déclaré. «Ils ont été enlevés en pleine rue, jetés en prisons, disparus, maltraités, torturés, et exhibés dans des cages et rachetés ou échangés dans le cadre d’échanges de prisonniers».

«Ils ont vécu l’indescriptibles horreur des armes chimiques. Ils ont vu des combattants étrangers affluer dans leur pays». Cinq armées étrangères sont activement engagées dans le conflit, ajoute-t-il.

«Ils ont été déplacés vers des camps grand comme des villes, ils ont dormi à l’extérieur, dans des oliveraies et des maisons abandonnées, pour être de nouveaux déplacés, tour à tour entre une chaleur suffocante et la neige glaciale», poursuit l'envoyé norvégien. «Ils ont fui la Syrie, pour se retrouver presque invariablement face à davantage de pauvreté et de discrimination ou, pire encore, pour périr en mer lors d’un quête pour un refuge.

«Ils ont connu la corruption, la mauvaise gestion, les sanctions et la crise économique. Toutes les parties belligérantes font subir aux femmes syriennes des violences sexuelles, et nous observons une augmentation des mariages précoces et forcés».

Pendant ce temps, dit-il, les auteurs vivent dans une «impunité quasi totale». L’envoyé de l’ONU regrette l’absence de progrès dans les pourparlers entre le gouvernement et l'opposition, ainsi que la communauté internationale «divisée, prise dans une concurrence géopolitique et des discours contradictoires».

Pedersen, le quatrième envoyé chargé de diriger les efforts de l'ONU pour mettre fin à la guerre syrienne, est entré en fonction en janvier 2019.

«J’exprime le profond regret de l’Organisation des Nations Unies que nous n’ayons pas encore été en mesure de négocier la fin de ce conflit tragique», a-t-il déclaré lundi. Ses trois prédécesseurs avaient fait des déclarations similaires.

Geir Pedersen note toutefois qu’un calme relatif règne actuellement, les lignes de front n’ayant pas bougé depuis un an. Il a appelé à ce que ce calme fragile se transforme en un véritable cessez-le-feu à l'échelle nationale, conformément à la résolution 2254 du Conseil de sécurité.

Il a cependant mis en garde contre le danger d'une «stase prolongée», qui verrait les Syriens continuer de payer un lourd tribut en termes de «découragement et de désespoir», si la communauté internationale ne collabore pas dans le but de résoudre la crise.

«C'est un grave danger, surtout si la Syrie ne reçoit pas une attention diplomatique internationale de haut niveau et créative», a déclaré Pedersen. «Après tout, il s’agit de l’un des conflits les plus internationalisés d’une génération, et bon nombre des problèmes qui comptent le plus pour les Syriens ne sont même pas entre les mains des Syriens.»

Appelant à mettre fin au syndrome du «vous d'abord» qui a persécuté une grande partie de la diplomatie internationale sur la Syrie, il a souligné la nécessité d'une approche mutuelle de «pas à pas, étape par étape», de la part des puissances syriennes et internationales.

Dans l’avenir immédiat, il a jugé important de progresser sur la question des détenus, des personnes enlevées et des personnes disparues, «un geste humanitaire important et un facteur de confiance essentiel».

L'envoyé juge également nécessaire «un accès humanitaire complet, durable et sans entrave à toutes les régions de la Syrie».

Dans le dossier du Comité constitutionnel syrien, Pedersen souligne qu’une sixième session du petit comité de rédaction du Comité constitutionnel doit avoir des objectifs clairs, des méthodes de travail plus crédibles, une meilleure coopération entre les coprésidents, et un plan de travail clair pour l'avenir.

Dans le dossier du Comité constitutionnel syrien, Pedersen souligne qu’une sixième session du petit comité de rédaction du Comité constitutionnel doit être soigneusement préparée et l’ONU sera prête à la convoque dès qu’un accord aura lieu.

Pedersen a exhorté les 15 membres du Conseil de sécurité «à ne pas perdre de vue l'importance fondamentale d'un règlement pacifique du conflit syrien».

«Une solution politique est la seule issue - et je suis convaincu que c'est possible. À certains égards, c'est plus possible maintenant qu'avant. Mais pour transformer cette possibilité en réalité, un engagement créatif et de haut niveau des principaux acteurs internationaux concernés par ce conflit sera nécessaire», conclut l’émissaire.

Les critiques de Pedersen au sujet des «discours contradictoires», semblent être tombées dans l'oreille d'un sourd.

La Russie défend Assad

Vassili Nebenzia, le représentant permanent de la Russie auprès de l’ONU, a encore une fois pris la défense du régime d’Assad. Il a reproché aux «forces externes» d’attiser le conflit qui a commencé en 2011 dans une tentative de renverser «les autorités légitimes».

Bien que les Syriens, dont 60% sont confrontés à la faim, nécessitent une assistance internationale collective, «ce n’est pas la distribution de nourriture qui va résoudre le problème», a-t-il déclaré.

«Il est impératif d'aider les Syriens pacifiques à se refaire une vie normale avec des projets d'infrastructure qui assureraient un redressement rapide de la situation. Une telle approche faciliterait le retour des réfugiés et des PDI (personnes déplacées à l'intérieur du pays)», ajoute Nebenzia.

Les puissances internationales, dont l'UE, ont clairement indiqué à plusieurs reprises qu’elles ne débloqueraient pas de fonds pour la reconstruction de la Syrie si le processus de paix n’avance pas, et sans la mise en œuvre de la résolution 2254 et de mesures afin de tenir pour responsable les auteurs de crimes de guerre et ou de crimes contre l'humanité.

La Russie a opposé son veto à seize résolutions du Conseil de sécurité sur la Syrie au cours de la dernière décennie, soutenue dans de nombreux cas par la Chine.

«Il n’y a qu’une seule raison qui nous empêche de mettre en œuvre cette feuille de route et de résoudre la crise: le refus du régime d’Assad de faire preuve de bonne foi», affirme Linda Thomas-Greenfield, ambassadrice américaine auprès de l’ONU. «Nous appelons donc la Russie à faire pression sur le régime d'Assad pour qu'il cesse de perdre du temps».

Elle a par ailleurs averti la communauté internationale «de ne pas se laisser berner par les prochaines élections présidentielles syriennes. Ces élections ne seront ni libres ni équitables. Elles ne vont conférer la moindre légitimité au régime d'Assad. Elles ne répondent pas aux critères précisés dans la résolution 2254, notamment qu'elles soient supervisées par l'ONU, ou tenues en vertu d’une nouvelle constitution».

«Au lieu de créer des retards et des diversions, le régime d'Assad devrait libérer les individus arbitrairement détenus, en particulier les femmes, les enfants et les personnes âgées», déclare Thomas-Greenfield.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com


Liban: le président condamne les frappes israéliennes meurtrières

Un bâtiment lourdement endommagé est photographié dans le village d’Ali al-Nahri, au centre de la vallée orientale de la Bekaa, au Liban, le 21 février 2026, à la suite de frappes israéliennes. (AFP)
Un bâtiment lourdement endommagé est photographié dans le village d’Ali al-Nahri, au centre de la vallée orientale de la Bekaa, au Liban, le 21 février 2026, à la suite de frappes israéliennes. (AFP)
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  • Vendredi, dix personnes ont été tuées dans la vallée de la Bekaa et deux dans le camp palestinien d’Ain el-Héloué
  • Israël affirme viser des centres de commandement du Hezbollah et du Hamas, tandis que le président Joseph Aoun parle d’« agression flagrante » menaçant la stabilité et les efforts diplomatiques

BEYROUTH: Le président libanais a condamné samedi les attaques israéliennes meurtrières ayant visé son pays la veille, un député du Hezbollah appelant de son côté à suspendre les réunions du comité de surveillance du cessez-le-feu entre Israël et le mouvement pro-iranien.

Vendredi, dix personnes ont été tuées dans des frappes israéliennes sur la vallée de la Bekaa (est), et deux autres dans le camp palestinien de Ain el-Héloué (sud). L'armée israélienne a affirmé qu'elle y avait visé des "centres de commandement" du Hezbollah et du Hamas palestinien.

Ces attaques sont une "agression flagrante visant à mettre à mal les efforts diplomatiques" du Liban et de "pays amis" pour "la stabilité et l'arrêt des hostilités israéliennes contre le Liban", a déclaré le président Joseph Aoun dans un communiqué.

Les bombardements israéliens sont réguliers au Liban, en dépit d'un cessez-le-feu ayant mis fin en novembre 2024 à la guerre entre Israël et le Hezbollah. L'armée israélienne dit y viser le mouvement pro-iranien, qu'elle accuse de se réarmer, et son allié du Hamas.

Un commandant du Hezbollah a été tué dans une des frappes de vendredi dans la Bekaa, a indiqué le mouvement.

Le député du Hezbollah Rami Abou Hamdane a déclaré samedi que le mouvement "n'acceptera pas que les autorités se comportent en simples analystes politiques, faisant peu de cas de frappes israéliennes auxquelles nous ne sommes habitués".

Il a appelé le gouvernement à suspendre les réunions du comité de surveillance du cessez-le-feu - auquel participent les États-Unis, la France, le Liban, Israël et les Nations unies -, "jusqu'à ce que l'ennemi arrête ses attaques". Il est prévu que le comité se réunisse la semaine prochaine.

Le gouvernement libanais a annoncé en début de semaine que l'armée disposerait d'une période de quatre mois, renouvelable, pour mettre en oeuvre la deuxième phase de son plan visant à désarmer le Hezbollah, sorti affaibli en novembre 2024 d'un an de conflit avec Israël.

Les autorités israéliennes jugent insuffisants les progrès réalisés.

Plus de 370 personnes ont été tuées dans des raids israéliens au Liban depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, selon un bilan de l'AFP fondé sur les données des autorités libanaises.


« Si les actions des RSF à El-Fasher ne sont pas un génocide, alors qu’est-ce que c’est ? » déclare l’ambassadeur du Soudan à l’ONU

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  • La mission d’enquête de l’ONU affirme que les atrocités des RSF au Darfour portent les « caractéristiques d’un génocide » après l’assaut meurtrier d’Al-Fasher
  • Le représentant permanent du Soudan auprès de l’ONU, Al-Harith Idriss Al-Harith Mohamed, accuse les Émirats arabes unis d’armer les RSF

​​​​​​NEW YORK : Lorsque la mission d’enquête soutenue par l’ONU sur le Soudan a conclu que les atrocités commises par les Forces de soutien rapide (RSF) dans et autour d’El-Fasher en octobre dernier portaient les « caractéristiques d’un génocide », cela a constitué l’une des évaluations internationales les plus accablantes du conflit à ce jour.

Le rapport d’investigation, publié jeudi, détaille les massacres, violences sexuelles, viols, tortures, enlèvements et le ciblage délibéré de communautés non arabes, en particulier les Zaghawa et les Fur, lors de l’assaut des RSF sur la ville darfourienne en octobre.

Plus de 6 000 civils ont été tués en seulement trois jours de carnage, tandis qu’environ 40 % de la population estimée à 260 000 habitants avant la guerre ont réussi à fuir Al-Fasher. Le sort du reste reste inconnu.

Pour Al-Harith Idriss Al-Harith Mohamed, représentant permanent du Soudan auprès de l’ONU, les conclusions confirment ce que Khartoum affirme depuis des mois.

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Vue aérienne de la fumée noire et des flammes sur un marché à Omdurman. (Reuters/Archives)

« Juridiquement, nous assistons à un génocide », a déclaré Al-Harith à Arab News dans une interview exclusive.

La guerre entre les Forces armées soudanaises et les RSF — un puissant groupe paramilitaire issu des milices Janjaweed du Darfour — a éclaté en avril 2023 après des mois de tensions croissantes sur la réforme du secteur de la sécurité et la transition politique.

Depuis lors, le Soudan est plongé dans ce que les agences humanitaires ont qualifié de pire crise humanitaire au monde. Cependant, l’assaut d’octobre sur El-Fasher, le dernier bastion important de l’armée au Darfour, a représenté un nouveau niveau de brutalité.

« Vous ne pouvez pas décrire le meurtre de 6 000 victimes en trois jours, l’enterrement de personnes vivantes, les viols et violences sexuelles, le ciblage des infrastructures hospitalières et le massacre de ceux qui fuyaient El-Fasher et d’autres villes pour échapper à la zone de combat en quête de sécurité », a déclaré Al-Harith.

« Alors si ce n’est pas un génocide, qu’est-ce qui pourrait être qualifié de génocide ? »

Il a souligné non seulement l’ampleur des meurtres, mais aussi l’intention — un élément juridique clé selon la Convention sur le génocide.

La mission d’enquête a conclu qu’au moins trois des cinq critères juridiques du génocide avaient été remplis par les actions des RSF : tuer des membres d’un groupe ethnique protégé ; causer des dommages corporels ou mentaux graves ; et infliger délibérément des conditions visant à provoquer la destruction physique totale ou partielle.

« N’oubliez pas la rhétorique qu’ils utilisent », a ajouté Al-Harith. « Ils publient des vidéos montrant des gens tués en fonction de leur origine ethnique. Ils détiennent des personnes dans des chars. Ils enchaînent des femmes et les vendent comme esclaves. Vous y croyez ? »

Pour Al-Harith, le catalogue des abus — meurtres ciblés ethniquement, violences sexuelles systématiques, destruction des infrastructures civiles — reflète non seulement des excès sur le champ de bataille mais aussi un motif idéologique.

« La milice se déclare racialement supérieure à ses victimes », a-t-il dit. « C’est une sorte d’endoctrinement démoniaque dans leur culture. »

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Combattants des RSF brandissant des armes et célébrant dans les rues d’El-Fasher. (RSF/AFP/Archives)

Le gouvernement soudanais a accusé à plusieurs reprises les Émirats arabes unis de fournir armes et soutien logistique aux RSF — accusation qu'Abou Dhabi nie fermement.

Lors de la Conférence de sécurité de Munich en février 2026, le Premier ministre soudanais Kamil Idris a publiquement accusé les Émirats de fournir des armes et de l’aide aux RSF, affirmant que le Soudan disposait de preuves « au-delà de tout doute raisonnable » provenant de sources de l’ONU et des États-Unis.

Interrogé sur les preuves que Khartoum possède pour étayer cette affirmation, Al-Harith a déclaré que des éléments avaient déjà été soumis au Conseil de sécurité de l’ONU.

« Nous avons soumis des preuves au Conseil de sécurité l’an dernier, avec des compléments successifs à la plainte », a-t-il dit. « Ces mémos sont accompagnés d’annexes, de vidéos, de photos, de listes d’armes — même les numéros de série de drones et de missiles indiquant la propriété. »

Il a souligné que le Soudan n’est pas seul à exprimer ces préoccupations. « Des institutions occidentales prestigieuses, des observateurs, des militants des droits humains, des instituts stratégiques, des analystes politiques, et même des membres du Congrès américain, ont soulevé ce problème », a-t-il dit.

« Certains membres du Congrès ont appelé à arrêter la vente d’armes américaines aux Émirats car, soutiennent-ils, les Émirats continuent de violer les clauses contractuelles en transférant des armes létales à un tiers. »

Les Émirats ont toujours rejeté ces allégations comme infondées. Pourtant, le message d’Al-Harith à Abou Dhabi était sans équivoque.

« Les Émirats porteront la pleine responsabilité juridique des crimes commis par la milice, qui a grandi grâce à une assistance continue et à la fourniture d’armes létales », a-t-il déclaré. « Ils doivent arrêter avant qu’il ne soit trop tard. »

Il a averti que le ressentiment envers les Émirats se répand.

« Cela a conduit à une profonde haine envers les Émirats, non seulement au Soudan mais dans toute la région », a-t-il dit. « Et ils n’ont pas le courage de dire : ‘Nous sommes désolés.’ Vous ne pouvez pas être partie à la médiation ; si vous voulez arrêter la guerre et instaurer la paix, vous devez venir avec la conscience claire. »

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Réfugiés soudanais d’El-Fasher arrivant dans un camp au Tchad. (Reuters/Archives)

Bien que très critique vis-à-vis du soutien externe aux RSF, Al-Harith a salué l’engagement diplomatique de l’Arabie saoudite.

Depuis le déclenchement de la guerre, Riyad a joué un rôle visible de médiation, accueillant des pourparlers entre les parties belligérantes à Djeddah en 2023 aux côtés des États-Unis. Le soi-disant processus de Djeddah visait à assurer des cessez-le-feu et l’accès humanitaire, bien que les accords aient souvent échoué.

« L’implication positive de l’Arabie saoudite est très bienvenue », a déclaré Al-Harith. « Leurs engagements et contributions humanitaires sont très importants. Leur soutien politique au gouvernement soudanais et à l’armée dans sa lutte pour repousser l’agression est énorme. »

Il a également évoqué ce qu’il a décrit comme un « condominium de paix à double niveau » qui a pris de l’ampleur après la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane à Washington en novembre dernier, estimant que cela contribuait à corriger ce qu’il considère comme une « interprétation erronée » du conflit.

Cependant, il a déclaré que la médiation doit être accompagnée d’une mise en œuvre effective. « Si vous voulez arrêter la guerre, dites à la milice — et faites-la tenir — ses engagements de Djeddah de 2023 », a-t-il déclaré.

Depuis trois ans, le gouvernement soudanais demande au Conseil de sécurité de l’ONU d’agir plus fermement contre les RSF, y compris par des sanctions et un embargo sur les armes à l’échelle nationale.

« La guerre ne s’arrêtera pas sans une position forte contre les atrocités de la milice », a déclaré Al-Harith. « Nous avons fait appel à la communauté internationale. »

Il a précisé que le comportement des RSF reflète une anarchie non limitée par des normes morales ou juridiques. « Imaginez donner un fusil à un électron libre qui ne se soumet à aucune morale ni éthique, qui ne respecte aucune loi. Il l’utilisera », a-t-il dit.

Le Soudan, a-t-il insisté, est « un État ancien », avec une armée nationale qui existe depuis plus d’un siècle avant la crise actuelle.

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Femmes et enfants déplacés du Kordofan du Sud assis par terre à El Obeid, État du Kordofan du Nord, Soudan. (Reuters/Archives)

« Ils (les RSF) veulent détruire l’armée par la milice et la remplacer par la milice — et ils appellent cela ‘réforme du secteur militaire et de sécurité’. C’est des absurdités », a-t-il dit.

Al-Harith a rejeté les affirmations des RSF selon lesquelles l’armée est influencée par les islamistes qui dominaient le Soudan sous l’ancien président Omar el-Béchir jusqu’à sa destitution en 2019.

« Les islamistes ont été massivement écartés après la révolution de 2019 », a-t-il dit. « Les membres militaires du Conseil souverain ont été choisis dans ce contexte révolutionnaire. Ceux qui parlent aujourd’hui d’influence islamiste faisaient eux-mêmes partie d’un gouvernement hybride avec eux. Pourquoi ne l’ont-ils pas dit à l’époque ? »

Al-Harith a également accusé des acteurs externes de soutenir financièrement certaines voix civiles opposées à l’armée.

« Ils ont été intimidés par les Émirats avec des paiements somptueux, ce qu’ils appellent assistance financière, pour se présenter comme des civils soudanais avec une voix différente », a-t-il dit. « Nous n’avons pas peur d’une voix différente. »

Concernant l’application d’un embargo sur les armes, une mesure que certains membres du « Quintet » soudanais — composé de l’Union africaine, de l’Autorité intergouvernementale pour le développement, de la Ligue arabe, de l’UE et de l’ONU — ont préconisée, Al-Harith a déclaré que les outils existaient déjà.

« L’ONU dispose de mécanismes », a-t-il dit. « Les engagements de Djeddah sont là. Nous pouvons mettre en place un mécanisme sous supervision de l’ONU. Cela pourrait fonctionner. »

Il a insisté sur le fait que le gouvernement soudanais reste engagé dans le droit humanitaire international et les cadres de l’ONU concernant la violence sexuelle en conflit.

En avril, a-t-il noté, le gouvernement a signé un accord-cadre avec le représentant spécial de l’ONU sur la violence sexuelle en conflit. « Nous sommes conscients de notre rôle, de son étendue et de son importance dans l’arrêt de la guerre », a-t-il dit.

En fin de compte, l’appel d’Al-Harith à la communauté internationale, et en particulier au Quintet soudanais, était un appel à l’unité et à une pression décisive.

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Un char d’armée endommagé dans une rue à Omdurman, Soudan. (Reuters/Archives)

« Si le quintet agit uni pour exercer une pression énorme sur la milice, cela sera de bon augure et conduira à l’arrêt de la guerre », a-t-il dit.

Il a insisté sur le fait que les Forces armées soudanaises se battent défensivement. « L’armée n’est pas intéressée par la guerre », a-t-il dit. « Elle a le devoir constitutionnel de repousser l’agression et de stopper la violence de la milice. Si cela s’arrête, l’armée ne poursuit pas la guerre. »

Protéger les frontières et les civils, a-t-il dit, est le mandat de l’armée. « Ils doivent protéger leur pays et leurs civils. Ils se battent pour repousser l’agression », a-t-il dit. « Bien sûr, ils n’iraient pas offrir des bouquets de fleurs à la milice. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien rencontre le sénateur américain Lindsey Graham à Riyad

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le sénateur américain Lindsey Graham se rencontrent à Riyad. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le sénateur américain Lindsey Graham se rencontrent à Riyad. (SPA)
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  • Le prince héritier Mohammed ben Salmane a rencontré Lindsey Graham à Riyad pour discuter des relations bilatérales et des enjeux régionaux
  • Graham souligne la vision du prince héritier pour la région et son rôle clé dans une solution digne pour le peuple palestinien

RIYAD : Le prince héritier Mohammed ben Salmane a rencontré le sénateur américain Lindsey Graham à Riyad vendredi, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Les deux ont discuté des relations bilatérales entre l’Arabie saoudite et les États-Unis, ainsi que des développements régionaux.

Étaient également présents le ministre saoudien des Affaires étrangères Faisal ben Farhane, le ministre de la Défense Khaled Al-Saud et Musaad Al-Aiban, membre du Conseil des ministres.

Plus tôt, Graham avait déclaré que le prince héritier croyait en la nécessité de parvenir à une solution digne pour le peuple palestinien.

« L’Arabie saoudite est la clé de ce que j’espère voir se réaliser dans la région et dans le monde », a-t-il ajouté.

« La vision du prince héritier saoudien façonnera la région pour les générations à venir et est bénéfique pour le monde civilisé. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com