Chute record de la livre libanaise, manifestations de colère

Le taux de change se situe entre 14.800 et 14.900 livres pour un dollar. (AFP).
Le taux de change se situe entre 14.800 et 14.900 livres pour un dollar. (AFP).
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Publié le Mardi 16 mars 2021

Chute record de la livre libanaise, manifestations de colère

  • La livre libanaise a atteint mardi un plus bas historique sur le marché noir où elle frôle les 15.000 livres pour un dollar
  • L'effondrement monétaire inédit par son ampleur dans l'histoire du pays a suscité une nouvelle vague de colère

BEYROUTH: La livre libanaise a atteint mardi un plus bas historique sur le marché noir où elle frôle les 15.000 livres pour un dollar, poursuivant sa dégringolade dans le sillage d'un effondrement économique, aggravé par l'inertie des responsables. 

Cette nouvelle chute a provoqué la colère de manifestants qui ont bloqué des routes à travers le pays tandis que de nombreux commerces ont fermé face à l'envolée des prix. 

Trois changeurs, interrogés par l'AFP sous couvert de l'anonymat, ont assuré que le taux de change se situait entre 14.800 et 14.900 livres pour un dollar. 

Dans un quartier de Beyrouth, un habitant a indiqué à l'AFP avoir changé au taux de 15.000 livres pour un dollar. 

Depuis le début de la crise à l'automne 2019, la livre libanaise a perdu 90% de sa valeur face au billet vert, alors que le taux officiel est toujours fixé à 1.507 livres pour un dollar. 

Après avoir oscillé durant des semaines autour de 8.500 livres pour un dollar, la situation s'est nettement détériorée début mars, le billet vert franchissant le seuil symbolique des 10.000 livres. 

L'effondrement, inédit par son ampleur dans l'histoire du pays, a suscité une nouvelle vague de colère. 

Tout au long de l'après-midi et en soirée à Beyrouth, des avenues ont été bloquées par des manifestants qui ont incendié des pneus et des bennes à ordures. 

"Le dollar est à 15.000 livres, le peuple est affamé. Ou allons-nous? Que veulent les dirigeants (...)? Que le citoyen s'immole, ou immole ses enfants?", a lancé un manifestant au micro d'une chaîne de télévision locale. 

"Le pays s'effondre"

Des jeunes en moto ont circulé pour appeler les commerçants à fermer boutique, d'après l'agence nationale d'information ANI. Des heurts ont eu lieu devant un supermarché de Beyrouth, contraint de baisser son rideau.  

Des blocages ont également eu lieu à travers le pays, notamment dans la ville de Tyr (sud), selon ANI. 

La dépréciation a provoqué des envolées de prix record et face à cette volatilité extrême, des commerces ont temporairement fermé leurs portes ces derniers jours, dans l'attente d'une stabilisation. 

"Fermé à cause du dollar élevé", pouvait-on lire sur la façade d'une épicerie à Beyrouth. 

Certaines stations essence ont pour leur part fermé pour cause de pénuries. 

"Le pays s'effondre autour de nous et nous ne pouvons rien faire", a déploré sur Twitter Maha Yahya, directrice du Centre Carnegie à Beyrouth, fustigeant des politiciens qui "tiennent le pays en otage". 

Malgré l'urgence, les politiciens, accusés d'incompétence et de corruption, restent imperturbables après avoir survécu à un mouvement de contestation inédit fin 2019. 

Et plus de sept mois après l'explosion meurtrière du 4 août au port de Beyrouth, imputée à la négligence des autorités, le pays attend toujours la formation d'un nouveau gouvernement, les partis étant bien trop absorbés par leurs marchandages interminables pour céder aux pressions locales et internationales. 

Outre la dégringolade monétaire, le pays connaît une explosion du chômage et une paupérisation à grande échelle. Plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, selon l'ONU, tandis que les banques continuent d'imposer des restrictions draconiennes aux épargnants. 


Le premier ministre libanais dit qu'il ne laissera pas son pays être entrainé dans un nouveau conflit

Salam a déclaré que l’objectif du Liban était de renforcer sa souveraineté et d’attirer les investissements internationaux. (WGS)
Salam a déclaré que l’objectif du Liban était de renforcer sa souveraineté et d’attirer les investissements internationaux. (WGS)
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  • Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a affirmé que le Liban ne serait pas entraîné dans un nouveau conflit, après des déclarations du Hezbollah liées à une éventuelle attaque américaine contre l’Iran
  • Il a souligné le contrôle de l’État sur le sud du Liban et appelé au soutien arabe pour renforcer l’armée libanaise, en amont d’une conférence internationale prévue le 5 mars à Paris

DUBAI: Le premier ministre libanais a affirmé mardi qu'il "ne permettra(it)" pas que son pays soit entrainé dans un nouveau conflit, après que le Hezbollah a dit qu'il se sentirait visé par toute éventuelle attaque américaine contre l'Iran.

"Nous ne permettrons jamais à quiconque d'entrainer le pays dans une nouvelle aventure", a dit Nawaf Salam lors d'une conférence à Dubai, en réponse à une question sur les déclarations récentes du chef du Hezbollah pro-iranien.

La guerre menée par le Hezbollah contre Israël en soutien au Hamas a couté "très cher" au Liban et "personne n'est prêt à exposer le pays à des aventures de ce genre", a-t-il ajouté.

Le chef du groupe islamiste, Naïm Qassem, a dit la semaine dernière que sa formation se sentirait "visé" par une éventuelle attaque américaine contre l'Iran, et "choisira(it) en temps voulu comment agir".

Ce mouvement chiite est sorti affaibli d'un conflit meurtrier avec Israël qui a pris fin en novembre 2024. Il n'est pas intervenu pendant la guerre de 12 jours entre l'Iran et Israël en juin 2025.

Malgré un cessez-le-feu, Israël poursuit ses frappes régulières contre ses bastions et ses militants, l'accusant de tenter de se réarmer.

M.Salam a affirmé que son gouvernement avait "aujourd'hui un contrôle opérationnel du sud du pays", où l'armée avait annoncé avoir mené à bien le désarmement du Hezbollah au sud du fleuve Litani, à quelque 30 km de la frontière avec Israël.

Il a appelé les pays arabes à le soutenir, à l'occasion de la conférence internationale prévue le 5 mars à Paris et destinée à lever des fonds pour l'armée libanaise, confrontée à un manque de moyens financiers et d'équipements face au Hezbollah, qu'elle cherche à désarmer sur l'ensemble du pays.

"J'espère que tous nos frères arabes y participeront activement, car c'est la clé de la sécurité", a-t-il déclaré.


Rafah: douze personnes entrées en Egypte de Gaza au premier jour de la réouverture du passage

Les autorités égyptiennes ont mobilisé 150 hôpitaux et 300 ambulances, de même que 12.000 médecins et 30 équipes d'urgence pour accueillir les patients de Gaza, selon AlQahera News, un média d'Etat proche des renseignements égyptiens. (AFP)
Les autorités égyptiennes ont mobilisé 150 hôpitaux et 300 ambulances, de même que 12.000 médecins et 30 équipes d'urgence pour accueillir les patients de Gaza, selon AlQahera News, un média d'Etat proche des renseignements égyptiens. (AFP)
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  • "Cinq blessés et sept accompagnateurs" ont traversé le poste-frontière, a déclaré mardi la source, alors que le nombre maximum de patients de Gaza autorisés à entrer en Egypte avait été limité lundi à 50 avec deux accompagnants chacun
  • Lundi, un responsable égyptien du ministère de la Santé a confirmé à l'AFP que trois ambulances ont transportés des patients palestiniens, qui "ont "été immédiatement examinés pour déterminer vers quel hôpital ils seraient transférés"

RAFAH: Douze personnes, des blessés et leurs accompagnants, sont entrées en Egypte de la bande de Gaza, au premier jour lundi de la réouverture très limitée du passage de Rafah, a déclaré mardi à l'AFP une source à la frontière.

"Cinq blessés et sept accompagnateurs" ont traversé le poste-frontière, a déclaré mardi la source, alors que le nombre maximum de patients de Gaza autorisés à entrer en Egypte avait été limité lundi à 50 avec deux accompagnants chacun, selon trois sources officielles à la frontière égyptienne.

Lundi, un responsable égyptien du ministère de la Santé a confirmé à l'AFP que trois ambulances ont transportés des patients palestiniens, qui "ont "été immédiatement examinés pour déterminer vers quel hôpital ils seraient transférés."

Les autorités égyptiennes ont mobilisé 150 hôpitaux et 300 ambulances, de même que 12.000 médecins et 30 équipes d'urgence pour accueillir les patients de Gaza, selon AlQahera News, un média d'Etat proche des renseignements égyptiens.

Quelque "20.000 patients, dont 4.500 enfants" ont "un besoin urgent de soins", selon Mohammed Abou Salmiya, directeur du principal hôpital du territoire palestinien, Al-Chifa.

Le nombre de personnes ayant pu rentrer dans la bande de Gaza n'a pas été communiqué officiellement.

Lundi, des bus blancs, qui avaient acheminé plus tôt dans la journée des Palestiniens d'Egypte vers le territoire palestinien ont retraversé le poste-frontière à vide, selon des images de l'AFP.

Fermé depuis mai 2024 par l'armée israélienne, le passage de Rafah a rouvert lundi au compte-gouttes dans les deux sens, avec d'importantes restrictions imposées par Israël, mais sans ouverture à l'entrée d'aide humanitaire internationale.

Ce seul passage entre la bande de Gaza et le monde extérieur sans passer par Israël a été rouvert au surlendemain de frappes israéliennes sur le territoire palestinien qui ont fait des dizaines de morts, selon la Défense civile dans la bande de Gaza, l'armée affirmant avoir riposté à la sortie de combattants palestiniens d'un tunnel dans la zone qu'elle contrôle à Rafah.

La réouverture de Rafah constitue une "fenêtre d'espoir" pour les habitants de Gaza, a estimé lundi Ali Shaath, chef du Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) chargé de gérer le territoire pendant une période transitoire sous l'autorité du "Conseil de paix" présidé par Donald Trump.

La réouverture de la frontière devrait aussi permettre l'entrée à Gaza, à une date encore inconnue, des 15 membres qui constituent le NCAG.

 

 


Le prince héritier saoudien reçoit le président turc à Riyad

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais Al-Yamamah à Riyad, mardi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais Al-Yamamah à Riyad, mardi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais Al-Yamamah à Riyad, mardi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais Al-Yamamah à Riyad, mardi. (SPA)
Erdogan a été reçu à l'aéroport international King Khalid par le prince Mohammed bin Abdulrahman bin Abdulaziz, gouverneur adjoint de la région de Riyad. (SPA)
Erdogan a été reçu à l'aéroport international King Khalid par le prince Mohammed bin Abdulrahman bin Abdulaziz, gouverneur adjoint de la région de Riyad. (SPA)
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  • Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président turc Recep Tayyip Erdogan ont tenu une séance de pourparlers au palais Al-Yamamah à Riyad, mardi

RIYAD: Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu mardi le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais Al-Yamamah, à Riyad.

Une cérémonie officielle d’accueil a été organisée en l’honneur du président Erdogan, à l’issue de laquelle les deux dirigeants ont tenu une séance de discussions.

Le président turc est arrivé plus tôt dans la journée en Arabie saoudite pour une visite officielle.

Il a été accueilli à l’aéroport international King Khalid par le vice-gouverneur de la région de Riyad, le prince Mohammed ben Abdulrahman ben Abdulaziz, ainsi que par plusieurs hauts responsables saoudiens.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com