Face à l'effondrement du Liban, l'exode douloureux des médecins

Le personnel médical est photographié devant l'AUBMC (American University of Beirut Medical Centre) dans la capitale libanaise, Beyrouth, le 17 mars 2021.  (ANWAR AMRO / AFP)
Le personnel médical est photographié devant l'AUBMC (American University of Beirut Medical Centre) dans la capitale libanaise, Beyrouth, le 17 mars 2021. (ANWAR AMRO / AFP)
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Publié le Vendredi 19 mars 2021

Face à l'effondrement du Liban, l'exode douloureux des médecins

  • Il n'y a pas si longtemps, le petit pays était encore surnommé "l'hôpital du monde arabe", pour ses services hospitaliers de pointe dans le privé et ses médecins formés en Europe ou aux Etats-Unis
  • Avec la dégringolade de la livre libanaise, même les classes les plus aisées n'ont pas été épargnées

BEYROUTH : Il y a deux ans, Nour al-Jalbout rentrait au Liban pour y poursuivre sa carrière. Aujourd'hui l'urgentiste s'apprête à faire le voyage en sens inverse vers les Etats-Unis, fuyant comme des centaines de médecins un pays en plein effondrement.

"Ma famille est ici, je voulais servir la communauté. J'ai tout donné de mon coeur au Liban, mais je n'ai rien reçu en retour", confie la trentenaire entre deux interventions aux urgences du prestigieux hôpital de l'université américaine de Beyrouth (AUB).

Partir est une décision "qui vous ronge au quotidien", assure-t-elle. "Mais c'est la meilleure chose à faire."

Sa blouse blanche encore tâchée du sang d'un patient blessé par balles, elle examine la radiographie d'un autre malade, venu d'un pays de la région.

Il n'y a pas si longtemps, le petit pays était encore surnommé "l'hôpital du monde arabe", pour ses services hospitaliers de pointe dans le privé et ses médecins formés en Europe ou aux Etats-Unis.

Mais avec l'impasse politique et l'effondrement économique que rien ne semble enrayer depuis l'automne 2019, le secteur de la santé est confronté à une fuite des cerveaux.

Trois masques chirurgicaux sur le visage, Mme Jalbout explique avoir présenté une demande d'émigration aux Etats-Unis où un poste l'attend à Harvard.

Après une année infernale, elle ne se sent plus en sécurité dans un pays instable. "J'aime Beyrouth, mais c'est comme de l'opium: on est accro mais c'est toxique."

Les larmes aux yeux, elle se souvient des blessés qui ont afflué en masse un soir d'été, le 4 août, quand des tonnes de nitrate d'ammonium ont explosé au port de Beyrouth. Puis le coup de fil à son mari, qui lui apprend que leur appartement a été pulvérisé.

Le drame ce jour-là a fait plus de 200 morts.

"Catastrophique"

Avec la dégringolade de la livre libanaise, même les classes les plus aisées n'ont pas été épargnées.

Convertis en dollar, les salaires des médecins ne valent plus rien. Leurs économies sont retenues en otage par les banques, qui ont imposé aux usagers des restrictions drastiques.

Dans ce contexte, malgré les moyens limités et les pénuries, le secteur médical a dû faire face en début d'année à une explosion des cas de coronavirus, avec des établissements saturés.

Pour le pays en crise, aucun signe d'amélioration en vue: la classe politique, accusée de corruption et d'incompétence, reste empêtrée depuis plus de sept mois dans des marchandages sur la formation d'un nouveau gouvernement.

Fuyant ce chaos généralisé, environ un millier de médecins --soit 20% des effectifs-- ont quitté le Liban depuis 2019, indique le président de leur syndicat Charaf Abou Charaf.

Nombreux étaient des pointures, précieux tant pour soigner que pour former la prochaine génération de praticiens.

"Ils ont surtout entre 35 et 55 ans, ils représentent la colonne vertébrale du secteur médical", déplore M. Abou Charaf. "Si ça continue comme ça, ce sera catastrophique."

Certains émigrent vers le Golfe, d'autres rallient l'Europe, l'Australie ou les Etats-Unis.

"Amertume" 

Une fuite des cerveaux qui désespère le président du syndicat: "Nous avons investi dans l'éducation de nos enfants. L'Occident vient les cueillir et va en profiter, alors que nous avons désespérément besoin d'eux". 

L'exode est sans précédent, a récemment reconnu le chef de la commission parlementaire sur la Santé, Assem Araji.

"Quand j'étais interne à l'AUB dans les années 1980, l'odeur de la mort était dans toutes les rues à cause de la guerre civile" de 1975-1990, a-t-il récemment tweeté. "Mais seul un nombre limité de médecins étaient partis."

Environ un millier d'infirmières ont aussi quitté le pays, selon leur syndicat.

A 40 ans, le psychiatre François Kazour s'envole samedi pour la France avec son épouse dermatologue et leurs deux jeunes enfants.

Le couple va devoir entamer un long processus pour obtenir une équivalence de diplôme. Quitter le Liban, où il espérait voir grandir ses enfants, suscite "beaucoup d'amertume" pour ce franco-Libanais, enseignant à l'université.

S'il cite la crise économique, les revenus qui ont diminué, il explique que ce n'est pas la principale raison du départ.

"Depuis que je suis né, notre vie est ponctuée par des événements de guerre, l'instabilité politique, des explosions", énumère-t-il. "Franchement, je n'ai pas envie que mes enfants vivent ça."


L'Arabie saoudite condamne l'attaque de drone près de la centrale nucléaire d'Abou Dhabi

 Le ministère des affaires étrangères de l'Arabie saoudite a déclaré que l'attaque menaçait la sécurité et la stabilité régionales. (SPA)
Le ministère des affaires étrangères de l'Arabie saoudite a déclaré que l'attaque menaçait la sécurité et la stabilité régionales. (SPA)
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  • Ministère des Affaires étrangères : L'attentat menace la sécurité et la stabilité régionales
  • Le Koweït, le Bahreïn et le chef de la Ligue arabe expriment également leur condamnation

RIYAD: L'Arabie saoudite a condamné une attaque de drone qui a visé un générateur d'électricité aux Émirats arabes unis, situé à l'extérieur du périmètre de la centrale nucléaire de Barakah, dans la région d'Al-Dhafra, à Abou Dhabi.

Le ministère des Affaires étrangères a déclaré que cette attaque menaçait la sécurité et la stabilité régionales, et a exprimé sa solidarité avec les Émirats arabes unis et son soutien à toutes les mesures visant à préserver leur souveraineté, leur sécurité et leur intégrité territoriale, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

Les ministères des affaires étrangères du Koweït et de Bahreïn, ainsi que le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, ont également condamné l'attentat.

Le Koweït a déclaré que le fait de viser des installations nucléaires pacifiques constituait une violation flagrante du droit international et représentait un risque pour les civils, l'environnement et la sécurité.

Bahreïn a réaffirmé sa solidarité avec les Émirats arabes unis et a félicité les forces de défense aérienne d'Abou Dhabi pour leur réponse à la menace.

M. Aboul Gheit a exprimé son soulagement après les déclarations de l'Autorité fédérale de régulation nucléaire des Émirats arabes unis selon lesquelles l'incendie provoqué par l'attaque avait été circonscrit.

L'autorité "a confirmé que l'incendie n'a pas affecté la sécurité de la centrale ou l'état de préparation de ses systèmes essentiels, et que toutes les unités fonctionnent normalement".

Les Émirats arabes unis n'ont pas précisé qui avait lancé le drone ni son territoire d'origine.

L'attaque s'est produite pendant un fragile cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran, alors que près de 40 pays préparent des efforts pour rouvrir le détroit d'Ormuz, fermé depuis fin février, ce qui a perturbé les marchés du pétrole et du gaz.


Le ministère de la défense saoudien annonce l'interception de trois drones en provenance de l'espace aérien irakien

Le porte-parole du ministère de la Défense du Royaume, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré que le Royaume prendrait les mesures opérationnelles nécessaires pour répondre à toute tentative de violation de sa souveraineté et de sa sécurité. (SPA)
Le porte-parole du ministère de la Défense du Royaume, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré que le Royaume prendrait les mesures opérationnelles nécessaires pour répondre à toute tentative de violation de sa souveraineté et de sa sécurité. (SPA)
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  • Le porte-parole du ministère de la Défense du Royaume, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré qu'il prendrait les mesures opérationnelles nécessaires pour répondre à toute tentative de violation de sa souveraineté et de sa sécurité
  • M. Al-Maliki a ajouté qu'il prendrait également des mesures pour assurer la sécurité des citoyens et des résidents sur le territoire saoudien

RIYAD: L'Arabie saoudite a déclaré dimanche avoir intercepté trois drones qui avaient pénétré sur son territoire depuis l'espace aérien irakien.

Le porte-parole du ministère de la Défense du Royaume, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré qu'il prendrait les mesures opérationnelles nécessaires pour répondre à toute tentative de violation de sa souveraineté et de sa sécurité.

M. Al-Maliki a ajouté qu'il prendrait également des mesures pour assurer la sécurité des citoyens et des résidents sur le territoire saoudien.

Bien que les hostilités dans le cadre du conflit iranien aient été largement réduites depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu en avril, des drones ont été lancés depuis l'Irak en direction des pays du Golfe.


Liban: nouvelles frappes israéliennes malgré la prolongation de la trêve

Des personnes se tiennent au milieu des décombres et des gravats près de bâtiments endommagés et effondrés après des bombardements israéliens nocturnes sur la ville de Tyr, dans le sud du Liban, le 16 mai 2026. (AFP)
Des personnes se tiennent au milieu des décombres et des gravats près de bâtiments endommagés et effondrés après des bombardements israéliens nocturnes sur la ville de Tyr, dans le sud du Liban, le 16 mai 2026. (AFP)
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  • Israël a mené de nouvelles frappes dans le sud du Liban après avoir ordonné l’évacuation de plusieurs villages, malgré la prolongation récente de la trêve entre les deux pays lors de négociations à Washington
  • Les violences continuent d’aggraver la crise humanitaire : plus de 400 personnes ont été tuées depuis le début de la trêve et près d’un million de personnes ont été déplacées au Liban depuis le début du conflit régional

BEYROUTH: Israël mène de nouvelles frappes sur le sud du Liban samedi après avoir ordonné aux habitants de neuf villages d'évacuer, malgré la prolongation d'un mois et demi de la trêve lors de négociations entre les deux pays la veille à Washington.

"Les forces de défense israéliennes ont commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah dans plusieurs zones du sud du Liban", a affirmé l'armée israélienne dans un communiqué.

L'Agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle) a rapporté des frappes sur au moins cinq villages du sud, précédées un mouvement d'exode des habitants vers Saïda, la grande ville du sud, et Beyrouth.

L'armée israélienne avait auparavant ordonné aux habitants de neuf villages des régions de Saïda et Nabatiyé de les évacuer en prévision de frappes.

Ces frappes sur le sud dévasté se poursuivent malgré l'annonce vendredi soir de la prolongation d'une trêve entrée en vigueur le 17 avril entre les deux pays, et qui devait expirer dimanche.

Israël et le Liban mènent des négociations à Washington, les premières depuis des décennies entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Le Hezbollah pro-iranien est opposé à ces négociations et continue de revendiquer des attaques contre l'armée israélienne qui occupe désormais une partie du sud du pays, et épisodiquement contre le nord d'Israël.

Plus de 400 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes au Liban depuis le début de la trêve, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

Le Liban a été entraîné dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars et près de 3.000 personnes ont été tuées et plus d'un million déplacées depuis, selon les chiffres officiels.