L’ONU exige une enquête «crédible» sur le meurtre d’un opposant du Hezbollah

Lokman Slim, 58 ans, a été abattu de six balles, dont trois dans la tête, dans sa voiture le 4 février 2021. Il a été retrouvé dans une région du sud du Liban contrôlée par le Hezbollah. (Photo, Archives)
Lokman Slim, 58 ans, a été abattu de six balles, dont trois dans la tête, dans sa voiture le 4 février 2021. Il a été retrouvé dans une région du sud du Liban contrôlée par le Hezbollah. (Photo, Archives)
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Publié le Mardi 23 mars 2021

L’ONU exige une enquête «crédible» sur le meurtre d’un opposant du Hezbollah

  • Inquiétudes quant à l’efficacité de l’enquête du gouvernement libanais sur l’assassinat de Lokman Slim
  • « L’assassinat de M. Slim, en cas d’impunité, pourrait avoir un effet paralysant profond sur la liberté d’expression au Liban »

LONDRES : Des experts des droits de l’homme de l’ONU ont appelé le gouvernement libanais à « mener une enquête crédible et efficace » sur l’assassinat de l’éminent intellectuel et critique du Hezbollah, Lokman Slim.

« Plus d’un mois après l’assassinat de M. Slim, les mesures d’enquête prises au niveau national n’ont abouti à aucun résultat significatif, ce qui suscite des inquiétudes quant à l’efficacité de l’enquête en cours », déclarent les trois Rapporteurs spéciaux du Conseil des droits de l’homme des Nations unies.

« Le gouvernement doit urgemment mettre en œuvre des mesures pour garantir l’indépendance et l’impartialité de l’enquête et veiller à ce que les responsables soient identifiés et tenus de rendre des comptes ».

M. Slim critiquait ouvertement le Hezbollah soutenu par l’Iran, et beaucoup pensent que le parti est responsable son meurtre.

Lokman Slim, 58 ans, a été abattu de six balles, dont trois dans la tête, dans sa voiture le 4 février. Il a été retrouvé dans une région du sud du Liban contrôlée par le Hezbollah.

Avant sa mort, il avait dit que s’il est tué, « on n’aurait pas de mal à identifier les coupables ».

Les experts, spécialisés dans les exécutions extrajudiciaires, l’indépendance de la justice et la liberté d’expression, expliquent que « L’assassinat de M. Slim semble être lié à son engagement civique et semble être emblématique de la régression de l’espace civique libanais, dans le contexte d’une recrudescence des arrestations, des intimidations, des menaces et des violences à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme, des journalistes et des militants ».

« Nous sommes très préoccupés par le fait que l’assassinat de M. Slim, en cas d’impunité, pourrait avoir un profond effet paralysant sur la liberté d’expression au Liban », ajoute-t-ils.

Selon l’ONU, Lokman Slim enquêtait sur les raisons pour lesquelles l’énorme quantité de nitrate d’ammonium qui a explosé au port de Beyrouth l’année dernière se trouvait dans le pays. L’explosion a fait plus de 200 morts et des milliers de blessés

« Tout lien présumé entre l’explosion et l’assassinat de M. Slim devrait faire l’objet d’une enquête approfondie », insistent les experts.

À la suite de la mort de M. Slim, l’ambassadrice des États-Unis au Liban, Dorothy Shea, a condamné l’assassinat, disant son pays attristé « d’avoir perdu un grand homme par un acte de barbarie aussi inacceptable que nous n’oublierons jamais ».

Elle a par ailleurs souligné « la nécessité de savoir qui a commis ce crime odieux », et s’est engagée à « continuer à soutenir les institutions fondées par M. Slim».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com

 


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.