Arabie saoudite: Le ministère des transports annonce d'importants projets routiers

Le marché de la sous-traitance en l’Arabie saoudite est considéré comme le plus important du Moyen-Orient. (SPA)
Le marché de la sous-traitance en l’Arabie saoudite est considéré comme le plus important du Moyen-Orient. (SPA)
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Publié le Mardi 23 mars 2021

Arabie saoudite: Le ministère des transports annonce d'importants projets routiers

  • Le ministère des Transports a annoncé un certain nombre de projets au cours du forum, notamment une route à deux voies de 400 kilomètres entre Hail et AlUla, qui contribuera à améliorer les transports entre les deux zones
  • Le forum, organisé en partenariat avec Saudi Aramco et Sabic, prévoit la présentation de quelque 1 000 projets prévus dans le Royaume au cours des trois prochaines années

DJEDDAH: Plusieurs nouveaux projets de transport saoudiens ont été annoncés au cours de la première journée du Forum des projets futurs (FPF) organisé par l'Autorité des entrepreneurs saoudiens.

L’événement en ligne de lundi a offert l’occasion de dévoiler de passionnants projets qui profiteront à l’économie saoudienne et stimuleront l’industrie touristique du Royaume.

Il a été précisé que le secteur de la sous-traitance représente 6,4 % de la production locale dans le Royaume l'année dernière et compte près de 175 000 entreprises.

Le forum, organisé en partenariat avec Saudi Aramco et Sabic, présentera quelque 1 000 projets prévus dans le Royaume au cours des trois prochaines années.

Dans le cadre de cette rencontre, 37 organismes privés et gouvernementaux ont dévoilé des projets d'une valeur de plus de 600 milliards de riyals saoudiens, soit 160 milliards de dollars (1 dollar = 0,84 euro).

Le ministère des Transports a annoncé plusieurs projets au cours du forum, notamment une route à deux voies de 400 kilomètres entre Hail et AlUla, qui contribuera à améliorer les transports entre les deux zones.

Le ministère a également annoncé un projet d'autoroute à deux voies appelé «Al-Shimassi-Al-Qor», qui sera construite à La Mecque. L'autoroute à trois voies de 63 kilomètres sera achevée d'ici à trois ans. Le projet contribuera à augmenter le nombre de pèlerins qui pourront accéder à la ville pendant les périodes de pointe, permettant ainsi de réduire les embouteillages.

Une route de liaison entre les autoroutes de Jubail et de Dammam a également été discutée, tandis qu'il a été annoncé que la route Dhahran-Al-Batha devrait être achevée dans les trois prochaines années.

Le marché de la sous-traitance du Royaume est considéré comme le plus important du Moyen-Orient, les rapports internationaux estimant que le volume de nouveaux projets du secteur dépasse 5 000 programmes, d’un coût global pouvant atteindre 6 000 milliards de riyals saoudiens. Le forum se poursuivra en ligne mardi et mercredi.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur ArabNews.com


Budget Sécu: les études des généralistes allongées d'un an, en priorité dans les déserts médicaux

Le président de la République avait en effet promis durant sa campagne de «déployer la quatrième année d'internat pour les médecins généralistes dans les zones rurales». (AFP).
Le président de la République avait en effet promis durant sa campagne de «déployer la quatrième année d'internat pour les médecins généralistes dans les zones rurales». (AFP).
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  • «Compte tenu de la démographie médicale et de la répartition des professionnels sur le territoire, cette année de consolidation aura vocation à se dérouler en priorité en zone sous-dense», écrivent les ministres de la Santé et de l'Enseignement supérieur
  • Incluse dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale présenté lundi en Conseil des ministres, cette réforme devrait «entrer en vigueur à la rentrée universitaire 2023», précisent les deux ministres

PARIS : Le budget de la sécurité sociale pour 2023 comprendra une mesure pour allonger d'un an les études des futurs médecins généralistes, incités à terminer leur cursus dans les déserts médicaux, selon un document des ministères de la Santé et de la Recherche que l'AFP a consulté samedi.

"Compte tenu de la démographie médicale et de la répartition des professionnels sur le territoire, cette année de consolidation aura vocation à se dérouler en priorité en zone sous-dense", écrivent les ministres de la Santé François Braun et de l'Enseignement supérieur Sylvie Retailleau dans une lettre de mission adressée à quatre praticiens chargés de mener la concertation sur le projet.

"L’ajout de cette phase de consolidation au diplôme d’études spécialisées de médecine générale, qui serait exercée exclusivement en pratique ambulatoire, viserait à compléter la formation, ainsi alignée sur les autres diplômes d’études spécialisées", expliquent les ministres rappelant une promesse du candidat Macron.

Le président de la République avait en effet promis durant sa campagne de "déployer la quatrième année d'internat pour les médecins généralistes dans les zones rurales", moyen parmi d'autres d'envoyer "un renfort massif dans les déserts médicaux".

Incluse dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale présenté lundi en Conseil des ministres, cette réforme devrait "entrer en vigueur à la rentrée universitaire 2023", précisent les deux ministres.

L'objectif affiché est aussi d'"armer les jeunes médecins généralistes en prévision d'une installation rapide", quand beaucoup privilégient aujourd'hui le statut de remplaçant.


Gaz naturel: nouvel investissement majeur de TotalEnergies au Qatar

TotalEnergies «aura un rôle stratégique renforcé» dans le développement gazier au Qatar, a assuré M. Kaabi. (AFP)
TotalEnergies «aura un rôle stratégique renforcé» dans le développement gazier au Qatar, a assuré M. Kaabi. (AFP)
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  • Le géant français avait déjà signé en juin un accord de plus de 2 milliards de dollars avec Doha pour le développement du projet North Field East (NFE)
  • Le Qatar, l'un des principaux producteurs de GNL au monde et dont le gaz est l'un des moins chers à produire, souhaite augmenter sa production de plus de 60% pour atteindre 110 millions de tonnes d'ici à 2027

DOHA: Le Qatar a annoncé samedi la signature d'un important contrat de 1,5 milliard de dollars avec le géant gazier et pétrolier français TotalEnergies pour le développement du plus grand champ de gaz naturel au monde.

L'annonce survient sur fond de crise de l'énergie en Europe provoquée par la guerre russe en Ukraine, le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, et le ministre de l'Energie et PDG de QatarEnergy (QE), Saad Sherida Al-Kaabi, soulignant l'importance des contrats de longue durée pour assurer l'approvisionnement énergétique de l'Europe.

"QatarEnergy (QE) a sélectionné TotalEnergies comme premier partenaire étranger pour le développement du champ de gaz naturel North Field South (NFS)", a affirmé le géant qatari des hydrocarbures dans un communiqué.

Le géant français avait déjà signé en juin un accord de plus de 2 milliards de dollars avec Doha pour le développement du projet North Field East (NFE).

Le North Field South et le North Field East sont des projets d'extension du champ offshore North Field, le plus grand gisement de gaz naturel au monde que le Qatar partage avec l'Iran.

«Rôle stratégique renforcé»

L'accord de samedi a été signé à Doha par MM. Kaabi et Pouyanné.

TotalEnergies investira 1,5 milliard de dollars dans le nouveau projet, a affirmé M. Pouyanné lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre qatari.

TotalEnergies "aura un rôle stratégique renforcé" dans le développement gazier au Qatar, a assuré M. Kaabi.

Selon QE, la participation de TotalEnergies dans ce projet est de 9,375%, alors que le Qatar a fixé à 25% la part totale des sociétés étrangères.

"D'autres partenaires seront sélectionnés à un stade ultérieur", selon l'agence de presse qatarie QNA.

North Field représente environ 10% des réserves de gaz naturel connues dans le monde, selon QE. Il s'étend sous la mer jusqu'à l'Iran, qui peine à exploiter sa partie du gisement en raison des sanctions internationales.

Le Qatar, l'un des principaux producteurs de GNL au monde et dont le gaz est l'un des moins chers à produire, souhaite augmenter sa production de plus de 60% pour atteindre 110 millions de tonnes d'ici à 2027.

La Corée du Sud, le Japon et la Chine en sont les principaux clients, l'Europe s'étant longtemps opposée aux accords à long terme souhaités par l'émirat. Mais suite à la guerre en Ukraine, les importateurs de GNL s'empressent de sécuriser des alternatives au gaz russe.

Contrats à long terme 

L'arrêt total des livraisons de gaz russe via le gazoduc Nord Stream depuis le 2 septembre fait craindre en Europe une grave crise énergétique cet hiver.

"Nous avons besoin de nouvelles capacités, c'est certain et (cet investissement) tombe à point", a affirmé samedi le PGD de TotalEnergies.

"La plupart des dirigeants dans le monde connaissent maintenant (l'importance) du GNL", a-t-il ajouté, prônant la conclusion de contrats à long terme.

"La question est simple, plus il (le contrat) est long, meilleur sera le prix pour l'acheteur", a-t-il dit. "Si l'on veut un prix bon marché pour une courte durée, la réponse sera +non+, a insisté M. Pouyanné.

Cette annonce intervient alors que le chancelier allemand Olaf Scholz a entamé samedi une tournée dans le Golfe. Il doit rencontrer dimanche M. Kaabi, qui n'a pas voulu donner des détails sur les négociations avec Berlin.

M. Kaabi s'est toutefois dit surpris par des informations de presse selon lesquelles le Qatar insiste pour la conclusion de contrats de 20 ans.

"Pour nous, (un contrat de) 15 ans ou plus est un contrat à long terme", a-t-il dit.

Il a en outre affirmé que son pays menait des "négociations avec la plupart des acheteurs à travers le monde, et certaines sont dans un état plus avancé" que d'autres, confirmant par ailleurs que Doha est en discussions avec la Grande-Bretagne.

En juillet, le géant énergétique britannique Shell a été choisi comme cinquième et dernier partenaire étranger pour développer le projet North Field East, où la production doit débuter en 2026.

A travers une co-entreprise avec QE, la compagnie britannique a pris une part de 6,25% dans le projet, équivalente à celle du français TotalEnergies et de l'américain ExxonMobil.

L'Italien Eni et l'Américain ConocoPhillips ont chacun pris des parts de 3,125%.


Travail dissimulé: Le modèle Stuart passé au grill judiciaire

Un cycliste avec un sac de la société Deliveroo roule dans une rue de Paris (Photo, AFP).
Un cycliste avec un sac de la société Deliveroo roule dans une rue de Paris (Photo, AFP).
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  • Les deux trentenaires ont défendu avec vigueur leur modèle d'entreprise devant le tribunal
  • Deliveroo et deux anciens dirigeants ont été condamnés en première instance pour des faits similaires de travail dissimulé

PARIS: Les travailleurs indépendants l'étaient-ils vraiment? Pendant quatre jours, la justice a tenté de mettre au jour le modèle Stuart, plateforme de livraison rachetée par La Poste en 2017 et accusée de travail dissimulé entre 2015 et 2016.

"D'un côté, il y a le salariat avec ses contraintes et avantages, et de l'autre, l'entrepreneuriat avec ses avantages et inconvénients, et je suis très attaché à la liberté d'entreprendre", a expliqué à la barre le fondateur de Stuart Benjamin Chemla, poursuivi en compagnie de son associé Clément Benoit, fondateur de Resto In, également prévenu.

Pendant quatre jours, les deux trentenaires ont défendu avec vigueur leur modèle d'entreprise devant le tribunal correctionnel de Paris, qui doit rendre sa décision le 12 janvier.

Lancé en 2015, Stuart, aujourd'hui implanté dans six pays et 125 villes, n'a jamais été qu'une simple plateforme d'intermédiation entre des coursiers indépendants et des commerces ayant besoin de livrer leurs clients, selon ses fondateurs.

"On est là pour apporter du business à des gens", a soutenu Benjamin Chemla. Clément Benoit, qui a lancé Resto In dont la spécialité était la livraison de repas avant de disparaître au profit de Stuart, a résumé le modèle ainsi: "notre vision était de digitaliser une offre de restaurant pour la rendre accessible aux clients, pas d'être une boîte de logistique".

Mais pour le parquet, le système mis en œuvre plaçait les livreurs auto-entrepreneurs dans un lien de subordination vis-à-vis des plateformes qui contrôlaient l'organisation du travail et usaient d'un pouvoir de sanction.

En avril, Deliveroo et deux anciens dirigeants ont été condamnés en première instance pour des faits similaires de travail dissimulé.

Désactivation 

"Selon moi, si on annule une course ou si on laisse passer une course deux fois, déconnexion de 15 minutes. Si on réitère = un jour + call du support", peut-on lire dans un mail de Benjamin Chemla envoyé en 2015 et présenté à la cour.

L'objet du message était de réfléchir aux moyens possibles à mettre en œuvre pour limiter les courses annulées par les livreurs, dont c'est pourtant le droit en tant qu'indépendants.

Pour Benjamin Chemla, il s'agissait en réalité de faire le tri en déconnectant des livreurs inactifs afin "d'améliorer l'expérience utilisateur". "Il fallait qu'on puisse anticiper sur une manne d'utilisateurs et une manne de clients Stuart. Le compte pouvait être désactivé si pas actif depuis trois semaines", a précisé le fondateur de la société.

Toujours pour favoriser l'exécution des commandes, un ancien directeur commercial s'interroge par exemple sur l'opportunité "de montrer moins d'infos sur l'appli driver lorsqu'une course est proposée" car les livreurs sont enclins "à ne pas accepter la course en fonction de la distance pour aller au pick-up".

Autre élément souligné par le tribunal, l'existence d'un mode de travail spécifique à Stuart appelé "shift" qui permettait aux livreurs de s'inscrire sur un planning.

Ils devaient ensuite rester connectés toute la durée du créneau, accepter au moins deux tiers des courses proposées et ne pas s'éloigner de la zone géographique désignée. En échange, Stuart garantissait un versement minimum de 9 euros de l'heure.

Dissimulation de l'emploi 

"Il fallait bien mettre des garanties. On s'engageait à amener un minimum de business (au livreur), en retour on attendait deux tiers des courses acceptées. La sanction du non-respect de ces règles commerciales, c'était juste le basculement en mode +free+", c'est-à-dire avec la liberté de choisir ses courses, mais sans minimum garanti, a expliqué Benjamin Chemla.

Pour la procureure pourtant, "la plateforme régit les conditions de travail (...), contrôle et use d'un pouvoir de sanction" ce qui constitue "une dissimulation généralisée de l'emploi des livreurs qui concerne plusieurs centaines d'emplois".

Elle a requis la peine d'amende maximale contre Stuart soit 375.000 euros et autant pour Resto In (aujourd'hui disparu), mais avec un sursis sur une partie de la somme.

Contre Benjamin Chemla et Clément Benoit, une peine de 18 mois avec sursis a été requise, assortie de 60.000 et 50.000 euros d'amende, ainsi qu'une interdiction de gérer une société pendant cinq ans.