«Enterré vivant»: en Tunisie, l'exode des médecins fragilise le secteur de la santé

Le médecin urgentiste tunisien Abdelwaheb Mghirbi, 35 ans, pose pour une photo à l'annexe du service COVID-19 de l'hôpital Mami dans la ville de l'Ariana près de la capitale, le 12 mars 2021. (FETHI BELAID / AFP)
Le médecin urgentiste tunisien Abdelwaheb Mghirbi, 35 ans, pose pour une photo à l'annexe du service COVID-19 de l'hôpital Mami dans la ville de l'Ariana près de la capitale, le 12 mars 2021. (FETHI BELAID / AFP)
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Publié le Jeudi 01 avril 2021

«Enterré vivant»: en Tunisie, l'exode des médecins fragilise le secteur de la santé

  • "En Tunisie je me sens enterré vivant," lâche Abdelwaheb Mghirbi, 35 ans, urgentiste dans un hôpital public à Tunis
  • La santé représente 6% du budget de l'Etat, et la Tunisie recherche toujours des fonds pour financer l'exercice 2021, d'autant que les dirigeants peinent à s'entendre sur un plan de réformes

TUNIS : Abdelwaheb, médecin urgentiste sur le front contre le Covid-19 en Tunisie, n'a pas été payé depuis des mois. A 35 ans, il se prépare à partir à l'étranger en quête de meilleures conditions de travail, comme la majorité des médecins tunisiens.

La proportion des jeunes diplômés s'exilant à la fin de leurs études, principalement vers la France, l'Allemagne ou les pays du Golfe, ne cesse d'augmenter.

"En 2019 et 2020, près de 80% de jeunes diplômés sont partis à l'étranger", avertit le chirurgien Slim Ben Salah, président sortant du Conseil de l'ordre des médecins tirant la sonnette d'alarme sur le vieillissement des médecins dans le service public.

"Ils sont tellement dégoûtés, ces élites du pays qui ont eu leur bac avec plus de 17 de moyenne, et qui se retrouvent marginalisés par les autorités après 10 ans d'études. Mais qu'a fait l'Etat pour qu'ils restent? Moi aussi je n'en peux plus et je vais partir!", s'emporte le chirurgien.

La Tunisie continue de former chaque année 800 médecins, dont les compétences sont reconnues à l'international, mais les infrastructures sont dégradées, le matériel et les médicaments manquent et les effectifs sont parfois insuffisants, résultat d'une mauvaise gestion et de la corruption.

"En Tunisie je me sens enterré vivant," lâche Abdelwaheb Mghirbi, 35 ans, urgentiste dans un hôpital public à Tunis.

Marié depuis cinq ans, il se prive d'avoir des enfants, estimant ne pas avoir les moyens d'assumer cette responsabilité.

"Le plus grand problème ici est le côté matériel, nos salaires sont humiliants", estime-t-il.

Un médecin interne touche 1.200 dinars (365 euros) par mois, c'est au-dessus du salaire moyen mais tout juste la moitié du budget minimum nécessaire à une famille avec deux adultes et deux enfants pour vivre "dignement", selon une étude récente des ONG et un institut de recherche.

"C'est inacceptable et révoltant", déplore Abdelwaheb, d'autant que "les obligations sont là", avec des heures supplémentaires en raison du manque d'effectifs dans des hôpitaux encombrés.

"Anxiété et angoisse"

"Mais en contrepartie, il y a zéro droit", ajoute M. Mghirbi. Il n'a pas été payé depuis son recrutement en CDD en décembre 2020, n'a pas de couverture sociale et travaille en l'absence d'équipements de base pour traiter les malades.

"Je ne peux ni profiter de la vie, faute de moyens, ni travailler dans de bonnes conditions, ni faire quoi que ce soit", regrette-t-il.

Cette année, s'est ajoutée la crainte que l'Etat "soit incapable de nous payer".

La santé représente 6% du budget de l'Etat, et la Tunisie recherche toujours des fonds pour financer l'exercice 2021, d'autant que les dirigeants peinent à s'entendre sur un plan de réformes réclamé par les bailleurs internationaux.

"A un certain moment, tu te dis +mais qu'est ce que je suis en train de faire?+", se désespère Abdelwaheb. Pour lui, "la situation en Tunisie est devenue une source d'anxiété et d'angoisse".

Les querelles politiques, les tensions sociales et les difficultés économiques participent au climat "étouffant" du pays, souligne le médecin.

"Je ne vois plus d'espoir ici, je veux partir pour avoir un meilleur moral", explique-t-il, lui qui a déjà eu plusieurs offres et prépare ses papiers pour l'étranger.

Mal-être 

Signe du mal-être des médecins: des manifestations ont éclaté en décembre 2020, après la mort accidentelle d'un chirurgien interne de 27 ans en raison d'un ascenseur défaillant dans un hôpital d'une région défavorisée du nord-ouest du pays.

Une étude publiée en 2020 par un jeune doctorant en médecine souligne que l'exode de compétences touche tous types de médecins et cadres paramédicaux, accentuant les carences "en particulier dans les régions les moins développées".

Les pays embauchant du personnel avec de telles compétences "profitent gratuitement d'un capital humain très qualifié," déplore Ahlem Belhaj, secrétaire générale du syndicat des médecins.

"Ce flux nous interpelle", reconnaît le directeur général de la Santé, Fayçal Ben Salah, évaluant le coût total de formation d'un médecin à plus de 150.000 dinars (46.000 euros).

L'émigration des cerveaux peut être considérée comme une "exportation des services, mais il faut que cela soit contrôlé pour que l'Etat et le peuple s'y retrouvent", souligne-t-il, appelant à organiser ces migrations par des conventions entre Etats.


La Jordanie dit avoir intercepté un drone sur son territoire

L'armée jordanienne a dit mardi avoir détruit un drone qui survolait la partie orientale et désertique de son territoire, sans préciser sa provenance. (AFP)
L'armée jordanienne a dit mardi avoir détruit un drone qui survolait la partie orientale et désertique de son territoire, sans préciser sa provenance. (AFP)
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  • "Le drone a été abattu avec succès dans le désert oriental, sur le territoire du Royaume", a-t-il indiqué, sans préciser la provenance du drone
  • Mardi, l'armée israélienne a également annoncé avoir intercepté un drone près de la frontière avec la Jordanie, à l'ouest, avant qu'il ne pénètre dans l'espace aérien israélien, après en avoir intercepté deux autres lundi, dans le même contexte

AMMAN: L'armée jordanienne a dit mardi avoir détruit un drone qui survolait la partie orientale et désertique de son territoire, sans préciser sa provenance.

"L'armée de l'air royale jordanienne a neutralisé un drone qui avait violé l'espace aérien jordanien à l'aube mardi matin", a indiqué son porte-parole dans un communiqué.

"Le drone a été abattu avec succès dans le désert oriental, sur le territoire du Royaume", a-t-il indiqué, sans préciser la provenance du drone.

Mardi, l'armée israélienne a également annoncé avoir intercepté un drone près de la frontière avec la Jordanie, à l'ouest, avant qu'il ne pénètre dans l'espace aérien israélien, après en avoir intercepté deux autres lundi, dans le même contexte.

La Jordanie a été prise pour cible à plusieurs reprises lors de la reprise des frappes réciproques entre l'Iran et les États-Unis début juillet.


Washington confirme de nouvelles discussions entre le Liban et Israël à Rome

Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani. (Photo d'archives Reuters)
Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani. (Photo d'archives Reuters)
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  • Les États-Unis confirment des pourparlers Israël-Liban à Rome (4-6 août) sur les zones pilotes, la frontière et un accord de sécurité
  • L'armée libanaise affirme que les opérations israéliennes entravent son déploiement dans le sud, malgré l'accord de juin

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont confirmé lundi la tenue de nouveaux pourparlers entre Israël et le Liban, à Rome du 4 au 6 août, dans le cadre de la création de "zones pilotes" avec l'armée libanaise.

"À Rome, les groupes techniques s'attacheront à faire progresser la mise en œuvre intégrale de l'accord-cadre", a déclaré un responsable du département d'Etat sous couvert d'anonymat, citant l'extension du processus des "zones pilotes", le règlement de toutes les questions frontalières en suspens et l'élaboration d'un accord global de paix et de sécurité.

"L'expérience tirée des premières zones nous aidera à perfectionner la mise en œuvre des zones pilotes afin qu'elle puisse s'étendre de manière progressive", a-t-il ajouté.

L'armée libanaise a condamné dimanche la poursuite des opérations militaires d'Israël dans le sud du Liban, qui l'empêche selon elle de s'y déployer comme prévu par l'accord signé en juin entre les deux pays à Washington.

Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, avait annoncé il y a quelques jours la tenue de ces pourparlers.

L'accord conclu en juin prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe toujours une partie du sud du pays - sous réserve d'un désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Malgré l'accalmie dans les combats, l'armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes dans le sud.


L'armée saoudienne intercepte des drones provenant d'Irak

Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense. (SPA)
Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense. (SPA)
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  • Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak
  • Ceux-ci visaient des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense

RIYAD: Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense.

"Des attaques terroristes ont été lancées depuis le territoire irakien par des milices terroristes soutenues par l'Iran", a affirmé le ministère dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Riyad appelle l'Irak à empêcher les attaques 

L'Arabie saoudite a exhorté lundi le gouvernement de Bagdad à empêcher les attaques de drones lancées depuis son territoire, après avoir accusé des groupes armés pro-Iran basés en Irak, d'avoir ciblé le royaume.

Le royaume "réaffirme la nécessité pour le gouvernement irakien de prendre toutes les mesures nécessaires afin d'empêcher que son territoire ne serve de point de départ à une agression", peut-on lire dans un communiqué des autorités publié par une chaîne de télévision officielle saoudienne.