Définitivement libre, Gbagbo désormais attendu en Côte d'Ivoire

Les partisans de Laurent Gbagbo fêtent son acquittement par la CPI. (Photo, AFP)
Les partisans de Laurent Gbagbo fêtent son acquittement par la CPI. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 02 avril 2021

Définitivement libre, Gbagbo désormais attendu en Côte d'Ivoire

  • Dénouement heureux pour l'ex-président, accusé de crimes contre l'humanité, après une longue procédure devant la Cour pénale internationale
  • Ses adversaires estiment toujours qu'il a précipité son pays dans le chaos et la violence qui ont provoqués plus de 3000 morts

ABIDJAN : L'acquittement définitif de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo par la justice internationale devrait accélérer son retour à Abidjan après dix ans d'absence, maintes fois annoncé et repoussé, désormais attendu avec impatience par ses partisans.

Le dénouement heureux pour Laurent Gbagbo, accusé de crimes contre l'humanité, et son ancien ministre de la Jeunesse Charles Blé Goudé d'une longue procédure devant la Cour pénale internationale (CPI) a été salué avec enthousiasme par leurs partisans. 

Pas d'immenses manifestations de joie dans les rues cependant : une cinquantaine de militants pro-Gbagbo, portant maillots et pagnes à son effigie, s'étaient rassemblés dans un « maquis » (restaurant populaire) du quartier de Yopougon à Abidjan, pour suivre en direct mercredi la retransmission de la décision de la CPI, qui a confirmé l'acquittement de l'ex-président prononcé en 2019.

« Je suis très émue, je suis fière, tout est fini », a déclaré Victorine Tiébesson, militante du parti créé par M. Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI). « Il va nous revenir bientôt, c'est un chaînon manquant de la réconciliation en Côte d'Ivoire », a-t-elle affirmé.

Armand Ouégnin, président d'Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS, coalition de partis pro-Gbagbo emmenée par le FPI) et député de Yopougon, a estimé que « le président Laurent Gbagbo n'a jamais été un criminel ». « Il reviendra pour contribuer à la réconciliation nationale, il reviendra triomphalement dans son pays ».

« Décrispation »

L'ex-président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, ancien parti unique devenu principale formation d'opposition), Henri Konan Bédié, ex-rival de M. Gbagbo avec qui il est désormais allié, s'est également réjoui.

« L'acquittement de ces deux personnalités et leur retour définitif en Côte d'Ivoire vont certainement contribuer à la décrispation de la vie politique nationale », a-t-il twitté.

Le parti au pouvoir, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), n'avait pas encore réagi jeudi.

Pour Issiaka Diaby, du Collectif des victimes de Côte d'Ivoire (CVCI), « c'est une décision qui consacre l'impunité, les victimes estiment qu'elles ont été le dindon d'une farce judiciaire ».

Au nom de la « réconciliation nationale », les autorités ont octroyé fin 2020 à Laurent Gbagbo deux passeports, un ordinaire et un diplomatique, et l'intéressé avait alors exprimé son souhait de rentrer dès décembre.

Ce retour, qu'il a ensuite annoncé pour « bientôt », restait suspendu à la décision de la CPI, mais il l'est aussi à un feu vert définitif du pouvoir.

Selon son épouse Simone, qui vit à Abidjan, « la balle est désormais dans le camp du gouvernement » pour le retour de son mari.

« Tendance à l'apaisement »

Les adversaires de Laurent Gbagbo estiment toujours qu'il a précipité son pays dans le chaos en refusant sa défaite face à Alassane Ouattara à la présidentielle de 2010. Plus de 3 000 personnes avaient été tuées dans les violences ayant suivi ce refus.

L'ancien président (2000-2010), arrêté en avril 2011 à Abidjan et transféré à La Haye en septembre de la même année, encourt toujours en Côte d'Ivoire une condamnation à 20 ans de prison pour le « braquage » de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) lors de la crise de 2010-2011.

Cette condamnation n'a pas été levée et, théoriquement, Laurent Gbagbo pourrait être arrêté à son retour, ce qui irait à l'encontre de la volonté de « réconciliation nationale » affichée par le régime de M. Ouattara et ne manquerait pas de provoquer des manifestations potentiellement violentes.

L'ex-chef des Jeunes patriotes ivoiriens Charles Blé Goudé, lui aussi sous le coup d'une condamnation à 20 ans de prison par la justice ivoirienne pour « complicité de meurtre », a déclaré jeudi espérer « un geste » du pouvoir, « une amnistie ou une grâce », « pour que le président Laurent Gbagbo et moi nous puissions rentrer chez nous », dans une interview sur la chaîne France 24.

« Arrêter Laurent Gbagbo, l'envoyer à la Maca (Maison d'arrêt d'Abidjan) est difficilement envisageable », note l'analyste politique Sylvain N'Guessan qui ajoute: « Cela créerait des troubles, alors que la tendance est plutôt à l'apaisement des relations politiques depuis les législatives » du 6 mars.

Ce scrutin auquel le FPI de Gbagbo a participé - une première après dix ans de boycott électoral - s'est déroulé dans le calme et la victoire du parti au pouvoir n'a pas été contestée dans la rue. Une exception dans un pays plutôt habitué aux violences électorales ces dernières années.

Les députés pro-Gbagbo, dont son fils Michel, élu à Yopougon, ont d'ailleurs assisté jeudi à la rentrée solennelle de la nouvelle Assemblée nationale, dont le président Amadou Soumahoro, a salué « le retour de l'opposition dans le jeu démocratique ».

 


Foot: Hervé Renard nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire

Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
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  • Hervé Renard est nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire, un poste qu'il avait déjà occupé entre 2014 et 2015 avec une victoire à la CAN
  • Le Français succède à Emerse Faé, qui quitte ses fonctions malgré le sacre continental de 2024 et le meilleur parcours mondial de l'histoire du pays en 2026

PARIS: Le Français Hervé Renard a été nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire pour succéder à Emerse Faé, a annoncé mardi la fédération ivoirienne de football (FIF) sur ses réseaux sociaux.

Âgé de 57 ans, Renard, qui a brièvement dirigé la Tunisie lors du Mondial-2026 en étant arrivé en pleine compétition, avait déjà occupé ce poste entre 2014 et 2015, avec à la clé une Coupe d'Afrique des nations en 2015.

Renard, dont l'arrivée avait été annoncée dès mardi par le journal le Parisien, prend la suite de Faé, non reconduit par la FIF malgré une Coupe d'Afrique des nations remportée en 2024 et une qualification en 16e de finale lors du Mondial 2026, une première dans l'histoire du pays.

Renard, qui a dirigé au cours de sa carrière de nombreuses sélections, avait pris la tête de la Tunisie à la suite du lourd revers contre la Suède (5-1) lors du premier match des Aigles de Carthage au Mondial, une déroute qui avait coûté sa place à Sabri Lamouchi.

Il a officié à deux reprises, avec deux défaites à la clé, contre le Japon (4-0) et les Pays-Bas (3-1).

Libre de tout contrat après ce court intérim, Hervé Renard retrouve onze ans plus tard le banc de la Côte d'Ivoire où il jouit d'une très grande popularité, gagnée grâce au sacre de la CAN-2015 avec la génération de Yaya Touré, après près de 25 ans de disette.

Déjà vainqueur de la CAN trois ans plus tôt avec la Zambie, le technicien s'est bâti une réputation solide sur le continent africain où il a multiplié les expériences à la tête d'équipes nationales (Ghana, Angola, Maroc...).

Il a toutefois connu ces dernières années des expériences plus mitigées notamment à la tête de la sélection saoudienne, dont il a été limogé en avril malgré une qualification au Mondial-2026, ou sur le banc de l'équipe de France féminine, avec laquelle il a atteint les quarts des JO-2024 à Paris.

M. Renard est attendu à Abidjan dans les prochains jours afin de prendre officiellement ses fonctions, a précisé la fédération ivoirienne.


Trump dit que soit le détroit d'Ormuz "ouvrira très bientôt", soit l'Iran sera frappé "très fort"

Le président américain Donald Trump a déclaré qu'un accord visant à rouvrir le détroit d'Ormuz pourrait être conclu dès mercredi, tout en avertissant que l'Iran serait « frappé très durement » si les négociations échouaient. (AP)
Le président américain Donald Trump a déclaré qu'un accord visant à rouvrir le détroit d'Ormuz pourrait être conclu dès mercredi, tout en avertissant que l'Iran serait « frappé très durement » si les négociations échouaient. (AP)
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  • Donald Trump affirme qu'un accord avec l'Iran sur la réouverture du détroit d'Ormuz est proche, tout en menaçant Téhéran de représailles en cas d'échec
  • Un accord temporaire de 60 jours serait à l'étude pour encadrer la navigation dans le détroit, alors que les incidents sécuritaires se poursuivent

Rancho Palos Verdes, États-Unis:  Donald Trump a déclaré mardi que le détroit d'Ormuz ouvrirait "très bientôt, ou alors (les Iraniens) seront frappés très fort", dans un entretien accordé à la chaîne Fox News.

"Nous avons de très bonnes discussions", a encore dit le président américain, en déplacement en Californie (ouest), assurant que l'Iran voulait passer un accord.

"J'ai le temps", a aussi déclaré le dirigeant républicain à propos de ce conflit qui dure depuis plus de cinq mois.

Selon le site Axios, qui cite des "sources régionales", un accord temporaire de 60 jours est en discussion pour organiser le passage dans le détroit entre l'Iran et le sultanat d'Oman.

Cet accord préliminaire, qui pourrait être annoncé dès mercredi, prévoit selon Axios que tout transport maritime entrant via le détroit emprunterait une voie nord dans les eaux iraniennes, et tout navire sortant suivrait une trajectoire méridionale dans les eaux contrôlées par Oman, le tout sans péage ou droit de passage.

Pendant cette période de soixante jours, et dans l'attente d'un accord définitif, la voie médiane du détroit serait déminée, toujours selon Axios, qui prévient que ce compromis n'est pas encore scellé.

"Il y a une chance que nous parvenions aujourd'hui ou demain à un accord visant à rouvrir le détroit et à aller vers une normalisation", a déclaré mardi le ministre des Finances américain Scott Bessent dans un entretien à la chaîne CNBC.

Les tensions dans le détroit, devenu un enjeu de premier plan dans la guerre au Moyen-Orient, restent vives. Mardi, l'agence maritime britannique UKMTO a indiqué qu'un navire y avait été touché par un "projectile inconnu".


Un "projectile inconnu" frappe un cargo dans le détroit d'Ormuz, selon l'UKMTO

Des navires naviguent près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
Des navires naviguent près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
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  • Un cargo a été touché par un « projectile inconnu » dans le détroit d’Ormuz, selon l'agence maritime britannique UKMTO
  • Aucun blessé ni dégât n'a été signalé à ce stade

DUBAI: Un "projectile inconnu" a frappé un cargo dans le détroit d'Ormuz, a alerté l'agence maritime britannique UKMTO dans la nuit de lundi à mardi, sans faire mention d'éventuels blessés ou dégâts.

Un cargo, dont le nom n'a pas été précisé, a signalé à l'UKMTO avoir été "touché par un projectile inconnu", selon le communiqué de l'organisation. Les faits sont survenus à quelque 20 milles nautiques (37 kilomètres) au nord-est de la ville omanaise d'Al Khasab, de même source.