Loi climat: la publicité des énergies fossiles sera interdite

 Les gens brandissent des banderoles alors que des milliers de personnes participent à une manifestation appelée par les jeunes pour le climat et plusieurs ONG et syndicats pour une « vraie » loi sur le climat, à Nantes, dans l'ouest de la France, le 28 mars 2021. (Photo, AFP)
Les gens brandissent des banderoles alors que des milliers de personnes participent à une manifestation appelée par les jeunes pour le climat et plusieurs ONG et syndicats pour une « vraie » loi sur le climat, à Nantes, dans l'ouest de la France, le 28 mars 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 02 avril 2021

Loi climat: la publicité des énergies fossiles sera interdite

  • Un amendement de LREM, adopté en séance, interdit la publicité pour la « commercialisation et la promotion » des énergies fossiles
  • La droite a dénoncé un article qui pourrait priver des secteurs comme les médias ou les associations sportives et culturelles d'importantes ressources publicitaires

PARIS : Les députés ont durci jeudi l'interdiction de la publicité pour les énergies fossiles, et renforcé la lutte contre le « blanchissement écologique », tout en restant en deçà des demandes de la gauche mais aussi de certains dans la majorité.

Un amendement de la co-rapporteure Aurore Bergé (LREM), adopté en séance, interdit la publicité pour la « commercialisation et la promotion » des énergies fossiles, alors que le texte initial ne mentionnait que la « vente ».

Un autre amendement de Mme Bergé renforce les sanctions en cas de non-respect de cette interdiction, qui pourraient atteindre un montant correspondant à la totalité des dépenses consacrées à l'opération délictueuse, au lieu de la moitié comme initialement prévu.

Ces dispositions figurent à l'article 4 de ce projet de loi visant à « lutter contre le dérèglement climatique », en première lecture à l'Assemblée nationale, dont le gouvernement veut faire un marqueur du quinquennat.

La droite a dénoncé un article qui pourrait priver des secteurs comme les médias ou les associations sportives et culturelles d'importantes ressources publicitaires.

Des élus LR comme Julien Aubert ont également déploré que le gaz naturel soit mis sur le même plan que le charbon ou le pétrole, alors qu'il génère moins de CO2.

La gauche et certains députés de l'aile la plus écologiste de la majorité ont à l'inverse plaidé en vain pour un tour de vis sur la publicité automobile, notamment celle en faveur des véhicules les plus polluants. 

Mme Bergé a pointé un « risque important pour les médias », déjà très fragilisés par la crise sanitaire, le secteur automobile constituant leur deuxième source de recettes publicitaires. Elle a également souligné que cette publicité était désormais très largement consacrée aux véhicules les plus propres, électriques ou hybrides.

Le WWF a déploré que l'Assemblée ne soit pas allée plus loin: « la proposition du gouvernement d'interdire la publicité des énergies fossiles n'a de sens que si on inclut les produits qui polluent et qui consomment ces énergies fossiles », en particulier les SUV (4X4 urbains) les plus lourds, selon l'ONG dans un communiqué.

La Convention citoyenne pour le climat, qui a inspiré les mesures de ce projet de loi, avait aussi proposé des limitations fortes de la publicité.

Les députés se sont par ailleurs attaqués au « blanchissement écologique » (« greenwashing »), en assimilant à une « pratique commerciale trompeuse » le fait d'attribuer à un produit des vertus environnementales fallacieuses. Cette « meilleure définition » vise « ceux qui veulent faire passer des vessies pour des lanternes », a déclaré la ministre Barbara Pompili. Les parlementaires ont aussi durci les sanctions correspondantes, qui pourront atteindre 80% des dépenses engagées. 

Ils ont en outre interdit, dans une publicité, « le fait d’affirmer à tort qu’un produit ou un service est neutre en carbone » ou « dépourvu de conséquences négatives sur le climat ».

Et ont rendu obligatoire l’affichage dans la publicité en faveur des voitures et de l’électroménager de leur classe d’émissions de dioxyde de carbone (A à G).

Dans la soirée, les députés ont adopté l'article 5 qui prévoit la promotion par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) de « codes de bonne conduite » pour les publicités audiovisuelles sur « des biens et services ayant un impact négatif sur l'environnement ».

A gauche, Mathilde Panot (LFI) a relevé que « les engagements volontaires n'ont jamais mené à rien », critiquant de la part du gouvernement une « écologie de la caresse envers les lobbies ».  

La droite s'est aussi opposée à la mesure, mais pour d'autres raisons, ne voulant pas « alourdir le système français » avec des objectifs « non négociés » et "sans visibilité" pour les secteurs concernés.

Mme Pompili a pour sa part défendu des « premiers engagements prometteurs » de filières comme l'automobile et l'agroalimentaire, jugeant que « la méthode de corégulation retenue est bonne ». 


Le Rwanda approuve la nomination d'un ambassadeur de France à Kigali

Les couleurs du drapeau rwandais ornent des bureaux d'une école de Kigali.(Image d'illustration / AFP)
Les couleurs du drapeau rwandais ornent des bureaux d'une école de Kigali.(Image d'illustration / AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron avait annoncé le 27 mai le retour d'un ambassadeur français au Rwanda, lors d'une visite dans la capitale Kigali marquant une normalisation des relations entre les deux pays
  • Il avait alors reconnu les responsabilités de la France dans le génocide des Tutsi de 1994, qui a fait au moins 800 00 morts

KIGALI : Le gouvernement rwandais a approuvé samedi soir la nomination d'Antoine Anfré au poste d'ambassadeur de France au Rwanda, poste inoccupé depuis 2015 en raison des tensions entre les deux pays sur le rôle joué par Paris dans le génocide de 1994.

Le président français Emmanuel Macron avait annoncé le 27 mai le retour d'un ambassadeur français au Rwanda, lors d'une visite dans la capitale Kigali marquant une normalisation des relations entre les deux pays. Il avait alors reconnu les responsabilités de la France dans le génocide des Tutsi de 1994, qui a fait au moins 800 00 morts.

Le choix d'Antoine Anfré à ce poste a été approuvé samedi soir lors d'une réunion du cabinet gouvernemental rwandais, dirigée par le président Paul Kagame, selon un compte-rendu officiel consulté dimanche par l'AFP.

Ancien ambassadeur au Niger (2014-2015), M. Anfré est cité à plusieurs reprises dans le rapport d'une commission d'historiens français dirigée par Vincent Duclert remis en mars au président Macron et qui a conclu aux "responsabilités lourdes et accablantes" de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda.

Alors "rédacteur Rwanda" à la direction des Affaires africaines et malgaches (DAM) du ministères des Affaires étrangères, il avait mis en garde dès 1991 contre les risques de dérives violentes au Rwanda et pointé "un nécessaire changement" de la politique de la France dans la région, selon le rapport Duclert qui affirme que ses notes lui ont valu d'être mis à l'écart de la DAM.

Diplômé de Sciences-Po et de l'ENA, il a notamment occupé les postes de sous-préfet de Limoux (Aude) entre 2000 et 2003, puis de premier conseiller d'ambassade à Nairobi et Ankara de 2006 à 2009. Il a également été conseiller d'ambassade à Londres de 2011 à 2014.


Darmanin mobilise les préfets sur l'expulsion des étrangers auteurs d'infractions

Gérald Darmanin, ministre français de l'Intérieur. (AFP)
Gérald Darmanin, ministre français de l'Intérieur. (AFP)
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  • Le ministre de l'Intérieur a réuni vendredi les préfets et leur a demandé de «faire remonter les noms des étrangers coupables de graves troubles à l'ordre public à expulser en priorité au cours des prochaines semaines»
  • Autre demande faite aux préfets: envoyer un courrier et convoquer les personnes concernées par une «dégradation» de titre de séjour, qui peut par exemple passer de dix à un ans

PARIS : Gérald Darmanin a demandé aux préfets un meilleur suivi des étrangers en situation irrégulière auteurs de "graves troubles à l'ordre public", afin de prioriser leur expulsion, a-t-on appris dimanche auprès de son entourage, confirmant une information du JDD.

Le ministre de l'Intérieur a réuni vendredi les préfets et leur a demandé de "faire remonter les noms des étrangers coupables de graves troubles à l'ordre public à expulser en priorité au cours des prochaines semaines", a précisé son entourage.

Autre demande faite aux préfets: envoyer un courrier et convoquer les personnes concernées par une "dégradation" de titre de séjour, qui peut par exemple passer de dix à un ans. Comme le prévoit la loi, "tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public" peut se voir retirer son titre de séjour.

"Il ressort des éléments de votre dossier que vous vous êtes affranchi du respect des lois et que, ce faisant, vous avez dérogé aux obligations qui vous lient à la République. (...) En conséquence, votre titre de séjour vous a été retiré et (a été) remplacé par une carte de séjour temporaire, valable un an", est-il écrit dans ce courrier consulté par l'AFP. 

"Tout autre acte de délinquance conduira à un nouvel examen de votre situation qui pourrait aller jusqu'à vous contraindre au départ du sol national", est-il encore écrit dans le courrier.

Ces demandes de Gérald Darmanin aux préfets interviennent après une réunion mercredi d'Emmanuel Macron qui a réclamé à plusieurs ministres une meilleure efficacité des expulsions d'étrangers en situation irrégulière.

Le chef de l'Etat a demandé aux ministres "d'activer de manière volontariste les dispositifs en vigueur" et d'intensifier les négociations avec les pays d'origine pour qu'ils acceptent le retour d'un plus grand nombre de leurs ressortissants.

Sur environ 120 000 demandeurs d'asile par an, 20 000 obtiennent le statut de réfugiés, 20 000 repartent et 80 000 se maintiennent illégalement sur le territoire.

Début mai, le ministre de l'Intérieur avait déjà indiqué avoir demandé aux autorités compétentes de retirer le statut de réfugié aux étrangers connus pour des faits de radicalisation ou de troubles à l'ordre public. 147 retraits de protection avaient été décidées en trois mois avait indiqué le ministre en mai.


«Plutôt après les vacances»: incertitude avant l'ouverture de la vaccination aux 12-18 ans

Un adolescent entre dans un site de vaccination COVID-19 pop-up le 5 juin 2021 dans le quartier de Jackson Heights dans le quartier de Queens à New York. (Photo, AFP)
Un adolescent entre dans un site de vaccination COVID-19 pop-up le 5 juin 2021 dans le quartier de Jackson Heights dans le quartier de Queens à New York. (Photo, AFP)
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  • A partir de mardi, les 12-18 ans pourront recevoir le vaccin Pfizer/BioNTech,
  • «Est-ce que c'est à nous, les ados, de nous faire vacciner parce que des adultes ne veulent pas?»

PARIS: "Il faudra bien le faire. Mais pourquoi si vite?" A deux jours de l'ouverture de la vaccination aux mineurs, adolescents et parents interrogés, se montrent hésitants, peu pressés de penser à la piqûre avant l'été.

A partir de mardi, les 12-18 ans pourront recevoir le vaccin Pfizer/BioNTech, premier à avoir obtenu le feu vert pour être utilisé chez les mineurs.

Une "bonne nouvelle" pour Clarisse, 17 ans, lycéenne à Paris. "J'y ai réfléchi avec mes parents et je pense que je vais me faire vacciner", dit-elle, y voyant un moyen d'accéder à nouveau "à la culture, les concerts, l'opéra" qui lui ont tant manqué ces derniers mois.

Toutefois, cette musicienne, élève de Première avec horaires aménagés, se sent "un peu forcée". "On est des citoyens donc on est responsables. Mais est-ce que c'est à nous, les ados, de nous faire vacciner parce que des adultes ne veulent pas?", relève-t-elle.

Occupée par son bac de Français puis par ses vacances, elle n'envisage toutefois pas de prendre rendez-vous dès la mi-juin et attendra "la fin de l'été".

Comme Lucie, collégienne de 14 ans, qui ne se sent "ni prioritaire, ni pressée" et préfère "laisser la place aux plus âgés qui ne sont toujours pas vaccinés".

"Je suis pour la vaccination et je sais bien qu'il faudra le faire. Mais pourquoi si vite? Mes parents ont été vaccinés il y a quelques jours", dit cette adolescente qui a déjà eu la Covid.

Annoncée le 2 juin par Emmanuel Macron et déjà mise en place dans plusieurs pays, la vaccination des moins de 18 ans se fera sur la base du volontariat avec accord des parents.

Dans une réaction mercredi, le Comité national d'éthique (CCNE) a regretté la rapidité de cette décision, jugeant que "plusieurs indicateurs sont au vert et que la rentrée scolaire de septembre" aurait été une meilleure date de démarrage de la campagne.

Sollicité par l'AFP, le ministère de la Santé a fait savoir que "ses modalités sont en cours de définition et seraient communiquées prochainement".

«Un non-sujet»

Élise, 15 ans, collégienne à Strasbourg, a "envie de se faire vacciner pour contribuer à l'immunité collective" mais est "un peu la seule de la classe" à penser ainsi.

Son père Christophe lui donnera son accord "si elle le veut vraiment". "Mon autre fille de 12 ans est presque convaincue aussi mais elle n'aime pas les piqûres. On essaiera d'argumenter mais, si elle se braque, je pense qu'on n'insistera pas", explique-t-il.

Reste que le planning d'été de la famille est bien chargé. "On attendra peut-être début septembre pour prendre rendez-vous, ça sera plus simple", ajoute le quadragénaire.

A l'inverse, Pauline, 40 ans, cherchera dès mardi à faire vacciner ses jumeaux de 15 ans.

"On en a tout de suite parlé avec eux et ils sont partants. Cela me rassure pour la rentrée", dit cette cadre dans l'audiovisuel qui a reçu sa première dose de vaccin il y a une semaine. 

"Si le plus de personnes possibles sont vaccinées en septembre, il y aura moins de Covid au lycée, moins de cas contacts et moins de cours qui sautent ou à la maison", plaide la mère d'Alice et Jules qui feront leur rentrée en Première.

Parmi ses élèves de Terminale, Marie, professeur d'Histoire-géographie près de Paris, estime que la vaccination est "un non-sujet". Elle même n'y est "pas très favorable" pour ses trois enfants de 13 à 18 ans dont seul l'aîné souhaite se faire vacciner.

Elle juge qu'"on manque de recul". "A 15 ans, ils ont toute la vie devant eux et ça reste une prise de risque", dit Marie, 44 ans, regrettant "qu'on compte sur les ados pour faire grimper les chiffres de la vaccination avant l'été".

La famille se laisse le temps de la réflexion. "S'il y a une autre vague et que les cas remontent à l'automne, alors j'irai me faire vacciner. Et si les enfants ont envie, on en rediscutera".