Troupeaux décimés par la fièvre aphteuse, des éleveurs palestiniens tentent de se relever

Un ouvrier porte un agneau mort dans une ferme du village de Wadi Al-Faraa, après qu'une importante épidémie de fièvre aphteuse ait dévasté les troupeaux de Cisjordanie, le 25 avril 2022. Une épidémie de fièvre aphteuse en Cisjordanie au début de l'année a tué des milliers de têtes de bétail, poussant les agriculteurs palestiniens qui vivent déjà sous l'occupation au bord de la faillite. (Photo par JAAFAR ASHTIYEH / AFP)
Un ouvrier porte un agneau mort dans une ferme du village de Wadi Al-Faraa, après qu'une importante épidémie de fièvre aphteuse ait dévasté les troupeaux de Cisjordanie, le 25 avril 2022. Une épidémie de fièvre aphteuse en Cisjordanie au début de l'année a tué des milliers de têtes de bétail, poussant les agriculteurs palestiniens qui vivent déjà sous l'occupation au bord de la faillite. (Photo par JAAFAR ASHTIYEH / AFP)
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Publié le Dimanche 05 juin 2022

Troupeaux décimés par la fièvre aphteuse, des éleveurs palestiniens tentent de se relever

  • Depuis sa ferme dans une zone rurale à la sortie de Naplouse (nord), Mohammed Bachir chiffre ses pertes à 150 000 dollars (139 000 euros)
  • De février à mars, en pleine éclosion de fièvre aphteuse, cet éleveur a perdu plus de 300 bêtes forçant ses équipes à brûler des centaines d'agneaux dans un petit coin de sa terre

NAPLOUSE : Ces derniers mois, les éleveurs palestiniens ont perdu plus de 2.000 têtes de bétail en Cisjordanie occupée. En cause: l'apparition d'une nouvelle souche de fièvre aphteuse à l'heure où les autorités locales mettaient le frein sur la vaccination animale.

Depuis sa ferme dans une zone rurale à la sortie de Naplouse (nord), Mohammed Bachir chiffre ses pertes à 150 000 dollars (139 000 euros). De février à mars, en pleine éclosion de fièvre aphteuse, cet éleveur a perdu plus de 300 bêtes forçant ses équipes à brûler des centaines d'agneaux dans un petit coin de sa terre.

Après l'apparition d'une nouvelle souche de fièvre aphteuse, initialement découverte en novembre en Jordanie, les éleveurs palestiniens de Cisjordanie ont vu leur bétail décimé et ont blâmé l'Autorité palestinienne pour avoir interrompu les campagnes de vaccination sur leurs animaux.

"Je n'ai reçu aucune aide de l'Autorité palestinienne, même pas un coup de fil", se lamente Mohammed Bachir, propriétaire de milliers de bêtes. "Ils devraient nous protéger, protéger la terre", enjeu par ailleurs au coeur du conflit israélo-palestinien.

D'après le ministère palestinien de l'Agriculture, 2 000 bêtes sont mortes cette année mais des éleveurs interrogés jugent ce chiffre incomplet et montrent du doigt le faible taux de vaccination du bétail.

Selon un responsable du ministère palestinien s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, entre 60 et 70% des chèvres et des moutons sont vaccinés chaque année contre la fièvre aphteuse en Cisjordanie. Mais les autorités locales n'ont pas mené de campagne de vaccination depuis 2019, ce qui a fait chuter ce taux à 20%, note ce responsable.

Responsable ?

Le ministère pointe du doigt la pandémie, les autorités ayant consacré leurs efforts à des campagnes de vaccination humaine contre le Covid-19, qui a fait des milliers de morts en Cisjordanie occupée, alors que les fabricants de vaccins ont réorienté leur production face à la flambée des contaminations à travers le monde.

Le ministère palestinien reproche aussi à Israël d'avoir fait obstruction à l'importation de vaccins contre la fièvre aphteuse, une maladie animale très contagieuse mais qui ne se transmet pas aux humains.

Faux, rétorque le Cogat, organe du ministère israélien de la Défense qui supervise les activités civiles dans les Territoires palestiniens.

"Il n'y a eu aucune demande officielle de l'Autorité palestinienne pour l'importation de tels vaccins", a indiqué le Cogat à l'AFP. "Et compte tenu des exigences sanitaires qui sont apparues, l'Etat d'Israël a transféré des doses de vaccin en sa possession à l'Autorité palestinienne".

Agriculture politique

Pour Abbas Milhem, directeur exécutif du syndicat des agriculteurs palestiniens, l'épisode de fièvre aphteuse, qui s'est terminé en avril grâce entre autres à des mesures pour isoler le bétail affecté, était une plaie de plus pour les fermiers locaux considérés comme les "gardiens de la terre" par les Palestiniens dans leur conflit avec Israël, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967.

"Le vrai combat contre l'occupation et l'annexion se fait sur la terre, mais les agriculteurs ne peuvent le mener seuls", dit-il, alors que plus de 475.000 colons israéliens résident aujourd'hui en Cisjordanie, où vivent 2,9 millions de Palestiniens. Les colonies sont considérées comme illégales par le droit international.

Dans la "zone C" de la Cisjordanie occupée, sous plein contrôle militaire et civil d'Israël et où se concentrent les colonies juives, les terres agricoles n'ayant pas été cultivées pendant trois ans peuvent être réclamées par l'Etat israélien, expliquent des critiques.

"Israël peut les désigner comme appartenant à l'Etat et se les approprier pour son usage propre, même si le terrain est enregistré comme un terrain palestinien privé", relève Eyal Hareuveni, chercheur à l'organisation israélienne anti-colonisation B'Tselem.

D'où l'incompréhension de certains agriculteurs face au gel de la campagne de vaccination, car outre la mise à mort du bétail et les pertes financières, il en va du devoir de l'Autorité palestinienne de les défendre.

Sur sa ferme aux alentours de Naplouse, Mohammed Bachir n'a point de doute à ce sujet: "les fermiers protègent la terre (...) si vous enlevez les fermiers, Israël la prendra".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.


L'Iran dit avoir visé des bases américaines au Koweït et aux Emirats

L'armée iranienne a dit jeudi avoir visé des bases américaines au Koweït et aux Emirats arabes unis, après des frappes des Etats-Unis sur son territoire. (AFP)
L'armée iranienne a dit jeudi avoir visé des bases américaines au Koweït et aux Emirats arabes unis, après des frappes des Etats-Unis sur son territoire. (AFP)
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  • "Ce matin, l'armée a frappé au moyen de missiles et de drones les systèmes de communication par satellite, les dépôts d'équipement et les hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït"
  • Aux Emirats, "les systèmes radar de l'armée américaine" ont été visés sur la base aérienne al-Minhad par des missiles et drones, a ajouté cette source

TEHERAN: L'armée iranienne a dit jeudi avoir visé des bases américaines au Koweït et aux Emirats arabes unis, après des frappes des Etats-Unis sur son territoire.

"Ce matin, l'armée a frappé au moyen de missiles et de drones les systèmes de communication par satellite, les dépôts d'équipement et les hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", indique un communiqué militaire relayé par la télévision d'Etat.

Aux Emirats, "les systèmes radar de l'armée américaine" ont été visés sur la base aérienne al-Minhad par des missiles et drones, a ajouté cette source.