Accord entre Paris et la Commission européenne pour secourir Air France

Avion de la compagnie nationale française Air France. (AFP)
Avion de la compagnie nationale française Air France. (AFP)
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Publié le Dimanche 04 avril 2021

Accord entre Paris et la Commission européenne pour secourir Air France

  • «Nous avons un accord de principe avec la commissaire européenne (chargée de la Concurrence) Margrethe Vestager sur un nouveau soutien financier à Air France»
  • C'est l'épilogue de semaines de discussions intenses entre Paris et la Commission européenne, gardienne d'une concurrence équilibrée

PARIS : Paris et Bruxelles sont tombés d'accord sur le déblocage d'une nouvelle aide financière pour Air France, qui devra en échange abandonner "un certain nombre de créneaux" à l'aéroport parisien d'Orly, a annoncé dimanche le ministre français de l'Économie Bruno Le Maire. 

"Nous avons un accord de principe avec la commissaire européenne (chargée de la Concurrence) Margrethe Vestager sur un nouveau soutien financier à Air France", a-t-il déclaré lors de l'émission télévisée Grand Jury LCI/RTL/Le Figaro.

C'est l'épilogue de semaines de discussions intenses entre Paris et la Commission européenne, gardienne d'une concurrence équilibrée.

L'État français, qui détient 14,3% d'Air France, est donc disposé à un renflouement public pour voler au secours de la compagnie, touchée comme tout le secteur aérien par la crise du Covid-19 et qui a perdu 7,1 milliards d'euros en 2020.

Mais M. Le Maire n'a pas précisé le montant: il "sera discuté avec Air France", a-t-il dit. Un conseil d'administration d'Air France est prévu lundi, "qui doit valider le principe de cet accord".

Selon une source syndicale, un comité social et économique (CSE) central extraordinaire d'Air France a aussi "été convoqué en urgence mardi matin, à 08H30", avec comme ordre du jour "la situation économique d'Air France".

M. Le Maire a salué "une très bonne nouvelle pour Air France et pour l'ensemble du secteur aérien français", au terme d'une négociation "dure", "longue et difficile". L'accord trouvé est "juste et proportionné".

Mais Air France devra en échange faire des concessions sur des créneaux aériens et devra aussi "faire des efforts de compétitivité", a-t-il prévenu.

En contrepartie, la Commission européenne demandait que "nous abandonnions 24 créneaux horaires d'atterrissage et de décollage à Orly. Ma position depuis le début était de dire que c'était trop et que ça ne servait à rien de soutenir Air France d'un côté si c'était, de l'autre, pour valoriser excessivement la concurrence en demandant 24 créneaux aériens sur Orly", a expliqué Bruno Le Maire.

Au final, "il y aura un abandon d'un certain nombre de créneaux européens, mais pas 24. Je ne peux pas donner le chiffre aujourd'hui car il doit d'abord être présenté au conseil d'administration d'Air France (...) mais ce sera moins que 24", a-t-il assuré.

Les syndicats de la compagnie française avaient rejeté l'éventualité d'un abandon de créneaux.

"Pas un chèque en blanc" 

M. Le Maire a rappelé que l'État français avait déjà "beaucoup soutenu" Air France depuis le début de la crise liée à la pandémie, en apportant 7 milliards d'euros, et ne signait pas aujourd'hui "un chèque en blanc".

"Il y a des dizaines de milliers d'emplois derrière, c'est stratégique pour le pays. Mais Air France doit faire des efforts de compétitivité" et "continuer à réduire ses émissions de CO2". 

"Les contribuables ont déjà apporté 7 milliards d'euros à Air France. Je suis prêt à apporter un nouveau soutien, mais qu'Air France renoue avec des bénéfices (...) et apporte la preuve de sa compétitivité (...) Les contribuables font un effort, Air France doit faire un effort de son côté", a averti le ministre.

Interrogé pour savoir s'il réclamait des suppressions d'emplois, M. Le Maire a répondu que "l'amélioration de la compétitivité ne passe pas nécessairement par la suppression d'emplois, par la destruction de valeur". "C'est au président d'Air France Ben Smith et à l'ensemble de ses équipes de nous faire des propositions pour que l'argent des Français que nous allons mettre en soutien à Air France soit bien placé", a-t-il dit.

Air France-KLM a déjà bénéficié d'aides publiques massives de Paris et La Haye: plus de 10 milliards d'euros, dont 7 milliards de prêts directs ou garantis par l'État français actionnaire.

Mais la pandémie perdure et les perspectives de reprise dans l'aérien restent incertaines.

Le groupe Air France-KLM a perdu deux tiers de ses clients l'an dernier et sa dette a quasiment doublé à 11 milliards d'euros.

Un processus de recapitalisation pourrait s'esquisser, pour lequel l'État néerlandais, qui possède 14% du groupe franco-néerlandais, aurait son mot à dire. La Haye s'était montré il y a quelques mois prêt à en discuter.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.