Décès du prince Philip, époux de la reine Elisabeth II

Photo d'archive prise en 2007 et publiée le 18 novembre 2007 montre la reine britannique Elizabeth II et son mari, le prince Philip de Grande-Bretagne, duc d'Édimbourg (à gauche) marchant à Broadlands, Hampshire.(AFP)
Photo d'archive prise en 2007 et publiée le 18 novembre 2007 montre la reine britannique Elizabeth II et son mari, le prince Philip de Grande-Bretagne, duc d'Édimbourg (à gauche) marchant à Broadlands, Hampshire.(AFP)
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Publié le Vendredi 09 avril 2021

Décès du prince Philip, époux de la reine Elisabeth II

  • Le prince Philip, âgé de 99 ans, avait subi récemment une intervention cardiaque réussie. Il est décédé le 9 avril 2021
  • Après son hospitalisation, le prince Philip était retourné à Windsor, à l'ouest de Londres, où il avait passé le confinement avec son épouse de 94 ans

LONDRES : Le prince Philip, époux de la reine Elizabeth II, est mort vendredi à l'âge de 99 ans au château de Windsor, trois semaines après avoir passé un mois à l'hôpital pour une infection puis un problème cardiaque, a annoncé le palais de Buckingham.

"C'est avec un profond chagrin que sa majesté la reine annonce la mort de son époux bien aimé le prince Philip, duc d'Edimbourg", selon un communiqué de Buckingham, précisant qu'il est mort "paisiblement ce (vendredi) matin au château de Windsor".

Après son hospitalisation, le prince Philip était retourné à Windsor, à l'ouest de Londres, où il avait passé le confinement avec son épouse de 94 ans.

FICHIERS) Dans ce fichier, photo prise le 1er juin 1987. Portrait officiel publié en juin 1987 et pris au palais de Buckingham montrant la reine britannique Elizabeth II et le prince Philip, duc d'Édimbourg. Le mari de la reine Elizabeth II, le prince Philip, âgé de 99 ans, qui a récemment été hospitalisé et a subi une intervention cardiaque réussie, est décédé le 9 avril 2021, a annoncé le palais de Buckingham. PISCINE / AFP
Portrait officiel publié en juin 1987 et pris au palais de Buckingham montrant la reine britannique Elizabeth II et le prince Philip, duc d'Édimbourg. (Pool / AFP)

Le duc d'Edimbourg, qui aurait eu cent ans en juin, avait été admis le 16 février dans un hôpital privé de la capitale britannique, le King Edward VII.

Il y était retourné pour poursuivre sa convalescence après avoir subi "avec succès", début mars, une intervention pour un problème cardiaque préexistant dans un autre établissement londonien, l'hôpital St Bartholomew's, doté du plus grand service cardiovasculaire spécialisé en Europe.

Réputé pour son fort caractère mais aussi pour ses gaffes, le duc d'Edimbourg avait été hospitalisé en février par mesure de "précaution" après s'être senti mal.

Le palais de Buckingham avait précisé quelques jours plus tard que cette hospitalisation était due à une infection.

Si son transfert pour ses problèmes cardiaques avait fait craindre une détérioration de son état de santé, ses proches s'étaient voulus rassurants.

Le prince Charles lui avait rendu visite à l'hôpital.

La princesse Elizabeth (future reine Elizabeth II) et Philip, duc d'Édimbourg posent le jour de leur mariage au palais de Buckingham à Londres le 20 novembre 1947. (AFP)
La princesse Elizabeth (future reine Elizabeth II) et Philip, duc d'Édimbourg posent le jour de leur mariage au palais de Buckingham à Londres le 20 novembre 1947.

Record de longévité

L'hospitalisation du prince Philip était survenue dans une période de crise pour la famille royale, avec la diffusion le 7 mars aux Etats-Unis d'une interview explosive du prince Harry, petit-fils de la reine, et de sa femme Meghan Markle, près d'un an après leur retrait effectif de la monarchie et leur exil en Californie.

Le couple a dénoncé le racisme de certains membres de la famille royale, tout en précisant qu'il ne s'agissait ni de la reine ni de son époux, et Meghan a avoué avoir eu des pensées suicidaires.

Le prince Philip, né à Corfou le 10 juin 1921 avec les titres de prince de Grèce et du Danemark, a battu en 2009 le record de longévité des conjoints de monarques britanniques détenu par Charlotte, épouse de George III.

Envoyé en Ecosse pour suivre sa scolarité, il fait ses classes à partir de 1939 dans l'armée britannique, au Royal Naval College de Dartmouth (sud de l'Angleterre).

Il rencontre à cette époque pour la première fois la princesse Elizabeth. Leur union est célébrée le 20 novembre 1947. Ils ont eu quatre enfants (Charles, Anne, Andrew et Edward).

La reine d’Angleterre Elizabeth II, accompagnée du prince Philip, duc d'Édimbourg, salue la foule, le 2 juin 1953 après son couronnement à l'abbaye de Westminster, à Londres.(AFP)
La reine d’Angleterre Elizabeth II, accompagnée du prince Philip, duc d'Édimbourg, salue la foule, le 2 juin 1953 après son couronnement à l'abbaye de Westminster, à Londres

Le duc d'Edimbourg a pris sa retraite en août 2017, après avoir participé à plus de 22.000 engagements publics officiels depuis l'accession de son épouse au trône en 1952.

Il avait déjà subi plusieurs hospitalisations depuis 2017, la dernière en date remontant à décembre 2019 pour "des problèmes de santé préexistants", mais jamais aussi longuement.

En janvier 2019, il avait eu un spectaculaire accident de voiture lorsque sa Land Rover avait percuté un autre véhicule en sortant d'une allée du domaine de Sandringham et s'était renversée. Indemne, il avait alors renoncé à conduire.

Le prince Philip et Elizabeth II ont célébré en novembre 2017 leurs noces de platine au château de Windsor. Les cloches de l'abbaye de Westminster, où ils s'étaient mariés le 20 novembre 1947, ont sonné pendant plus de trois heures à cette occasion pour leur rendre hommage.

Pluie d'hommages au Royaume-Uni

Un "homme extraordinaire" et "dévoué" à son pays comme à sa famille: les hommages ont afflué au Royaume-Uni pour saluer la mémoire du prince Philip, époux de la reine Elizabeth II décédé vendredi à 99 ans. 

Premier à lui rendre hommage, le Premier ministre conservateur Boris Johnson a salué "la vie et le travail extraordinaires" du duc d'Edimbourg.

Prince consort à la longévité la plus longue, "il a contribué à guider la famille royale et la monarchie de sorte qu'elle demeure une institution incontestablement vitale pour l'équilibre et le bonheur de notre vie nationale", a-t-il déclaré sur le perron du 10 Downing Street. 

"Figure publique hautement respectée" mais aussi "mari dévoué" et "père fier et aimant", il a "gagné l'affection de plusieurs générations ici au Royaume-Uni, à travers le Commonwealth et dans le monde", a-t-il ajouté.

Le chef de l'opposition travailliste Keir Starmer a déploré "la perte d'un serviteur public extraordinaire", qui a "dédié sa vie à notre pays", d'abord au sein de la Royal Navy puis aux côtés d'Elizabeth II. 

"On se souviendra surtout de lui pour son engagement extraordinaire et son dévouement à la reine", a-t-il déclaré. Leur mariage de plus de sept décennies a été "un symbole de force, de stabilité et d'espoir", une source d'inspiration pour "des millions de personnes au Royaume-Uni et au-delà".

L'ancien Premier ministre Tony Blair, au pouvoir au moment de la mort de la princesse Diana en 1997, a rendu hommage à un homme "souvent en avance sur son temps".

"Il sera naturellement particulièrement reconnu pour son soutien remarquable et inébranlable à la reine pendant tant d'années. Cependant, il doit également être salué et célébré à part entière comme un homme de prévoyance, de détermination et de courage", a-t-il dit.

Plus sobrement, la Première ministre indépendantiste écossaise Nicola Sturgeon s'est dite "attristée" par la mort du duc d'Edimbourg et a adressé des condoléances en son nom et celui des Ecossais à la reine et la famille royale.

Selon elle, il laissera "une marque profonde" en Ecosse, nation avec laquelle il partageait "des liens profonds et durables" et où il passait régulièrement ses vacances à Balmoral.

En Irlande du Nord, agitée depuis plus d'une semaine par des émeutes, la Première ministre unioniste Arlene Foster a rappelé que le prince était "largement respecté pour service actif et dévoué à son pays ainsi que pour son soutien inébranlable à Sa Majesté la reine pendant son règne".

Avec un "intérêt marqué pour l'Irlande du Nord", "il avait un impact profond et positif sur des milliers de nos jeunes", notamment via son programme en faveur de la jeunesse "The Duke of Edinburgh's Award", a-t-elle souligné.

Le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, a également salué "un homme extraordinaire, qui a consacré sa vie au service public et à aider les autres".

"Il a aussi combattu pour le Royaume-Uni - et les libertés qui nous sont chères aujourd'hui  - durant la Seconde Guerre mondiale", a-t-il ajouté.

 

 

Johnson salue la vie et le travail "extraordinaires" du prince Philip

LONDRES: Le Premier ministre britannique Boris Johnson a salué "la vie et le travail extraordinaires" du prince Philip, décédé vendredi à 99 ans, et présenté ses condoléances à la reine Elizabeth II et la famille royale.

"Nous sommes en deuil, avec Sa Majesté la reine, nous lui présentons nos condoléances, à sa famille" et "la nation et le royaume offrent leurs remerciements pour la vie et le travail extraordinaires du prince Philip, duc d'Edimbourg", a déclaré le chef du gouvernement devant Downing Street.

 

Le prince Philip "incarnait une génération", affirme le Premier ministre australien

SYDNEY: Le prince Philip, époux de la reine Elizabeth II décédé vendredi, "incarnait une génération qu'on ne reverra jamais", a affirmé le Premier ministre australien Scott Morrison, qui a ordonné la mise en berne des drapeaux.

"Toute la famille du Commonwealth se rassemble dans la peine et la gratitude pour le décès et la vie du prince Philip. Que Dieu vous bénisse, de la part de tous ici en Australie", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le prince Philip "représentait le Royaume-Uni avec dignité", salue George W. Bush

WASHINGTON: L'ex-président américain George W. Bush a salué "la longue et remarquable vie" du prince Philip, décédé vendredi à 99 ans.

"Tout au long de sa longue et remarquable vie, il s'est consacré à de nobles causes et aux autres. Il a représenté le Royaume-Uni avec dignité et a apporté une force et un soutien sans limites à la couronne" britannique, a estimé l'ancien président dans un communiqué.

Le Premier ministre irlandais "attristé" de la mort du prince Philip

DUBLIN: Le Premier ministre irlandais Micheal Martin s'est dit "attristé" par le décès, vendredi, du prince Philip, l'époux d'Elizabeth II à qui il dit transmettre ses pensées.

"Attristé d'apprendre la mort de Son Altesse Royale, le prince Philip, duc d'Édimbourg. Nos pensées et nos prières accompagnent la reine Elizabeth et le peuple du Royaume-Uni", a tweeté Micheal Martin.

Le prince Philip a vécu "au service de son pays", salue Berlin

BERLIN: Le ministre des Affaires étrangères allemand a salué la "longue vie au service de son pays" du prince Philip, décédé vendredi à 99 ans, et présenté ses condoléances à la reine Elizabeth II et à la famille royale.

"Nous sommes profondément attristés par la perte de son altesse royale le Prince Philip. Nos pensées et nos prières vont à la famille royale, au peuple du Commonwealth et à tous ceux qui l'aimaient tendrement. Il a vécu une longue vie au service de son pays", a déclaré sur Twitter Heiko Maas.

Tony Blair salue "sa détermination et son courage"

LONDRES: L'ancien Premier ministre britannique Tony Blair a salué "la détermination et le courage" du prince Philip à l'annonce de son décès. "Il sera naturellement particulièrement reconnu pour son soutien remarquable et inébranlable à la reine pendant tant d'années. Cependant, il doit également être salué et célébré à part entière comme un homme de prévoyance, de détermination et de courage", a déclaré l'ancien dirigeant travailliste, ajoutant que le prince Philip "était souvent en avance sur son temps", a ajouté Tony Blair. 

Le Premier ministre indien salue la carrière "remarquable" du prince Philip

NEW DELHI: Le Premier ministre indien Narendra Modi a rendu hommage vendredi à la carrière militaire et à l'implication sociale du prince Philip, décédé à l'âge de 99 ans.

"Mes pensées vont au peuple britannique et à la famille royale", a écrit M. Modi sur Twitter. "Il a eu une carrière remarquable dans l'armée et était au premier plan dans beaucoup

Le prince Philip sera "très regretté en Israël"

JÉRUSALEM:  Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a présenté vendredi ses "plus sincères condoléances" à la reine Elizabeth après le décès de son époux, le prince Philip, qui sera "très regretté en Israël".

"J'exprime mes plus sincères condoléances à sa majesté la reine Elizabeth, au prince Charles, à la famille royale et au peuple britannique pour le décès du duc d'Edimbourg. Le prince Philip sera très regretté en Israël et dans le monde", a écrit M. Netanyahu sur Twitter. "

Justin Trudeau: Le prince Philip était "un homme de conviction et de principes"

OTTAWA: Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a salué en le prince Philip "un homme de conviction et de principes". "Le prince Philip était un homme de conviction et de principes, animé par son sens du devoir envers les autres", a salué vendredi le Premier ministre canadien Justin Trudeau, après le décès de l'époux de la reine Elizabeth II.

"Nous nous souviendrons affectueusement de lui en tant que pilier dans la vie de notre reine", cheffe d'Etat en titre du Canada, a estimé M. Trudeau, dans un communiqué, évoquant "le compagnon de toute une vie".


L'Iran accuse les Etats-Unis d'avoir violé le cessez-le-feu et menace de riposter

L'Iran a accusé mardi les Etats-Unis d'avoir violé le cessez-le-feu après des frappes américaines nocturnes dans le sud du pays, qui portent un coup aux apparents progrès dans les négociations pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a accusé mardi les Etats-Unis d'avoir violé le cessez-le-feu après des frappes américaines nocturnes dans le sud du pays, qui portent un coup aux apparents progrès dans les négociations pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "L'armée terroriste américaine, poursuivant ses actions illégales et injustifiées depuis le cessez-le-feu (...), a commis au cours des dernières 48 heures une violation flagrante du cessez-le-feu dans la région d'Hormozgan"
  • Et de prévenir: "La République islamique ne laissera aucun acte malveillant sans réponse et n'hésitera pas à défendre la nation iranienne"

TEHERAN: L'Iran a accusé mardi les Etats-Unis d'avoir violé le cessez-le-feu après des frappes américaines nocturnes dans le sud du pays, qui portent un coup aux apparents progrès dans les négociations pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient.

Les signes d'ouverture de ces derniers jours ont de nouveau cédé la place à une rhétorique martiale, dans un conflit où les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril mais où les menaces ne cessent pas tout comme le blocage du détroit d'Ormuz, faisant flamber les prix du pétrole.

"L'armée terroriste américaine, poursuivant ses actions illégales et injustifiées depuis le cessez-le-feu (...), a commis au cours des dernières 48 heures une violation flagrante du cessez-le-feu dans la région d'Hormozgan", a déclaré le ministère des Affaires étrangères, sans préciser la nature des faits.

Et de prévenir: "La République islamique ne laissera aucun acte malveillant sans réponse et n'hésitera pas à défendre la nation iranienne".

Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) avait annoncé plus tôt avoir frappé dans la nuit des sites de lancement de missiles dans le sud de l'Iran.

L'Iran n'a pas officiellement confirmé l'information, mais les médias d'Etat ont rapporté des explosions dans la ville portuaire de Bandar Abbas, et annoncé qu'une enquête était en cours pour en déterminer l'origine.

Dans un autre incident, les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé avoir abattu un drone américain et tiré sur d'autres aéronefs tentant de pénétrer dans l'espace aérien du pays, sans préciser la date de ces incidents.

Les dernières frappes américaines connues remontent à début mai quand le sud de l'Iran avait été visé, provoquant une riposte de l'armée iranienne sur des bateaux dans le détroit d'Ormuz. Une "broutille", avait alors dit Donald Trump.

 Internet partiellement rétabli 

Portés la veille par l'espoir d'un accord, les marchés mondiaux ont "retrouvé un ton plus prudent", malgré "l'optimisme du week-end", commente Daniela Hathorn, analyste chez Capital.com. Les Bourses européennes hésitaient à la mi-journée et le pétrole est reparti à la hausse.

En Iran, les autorités ont annoncé de premières mesures pour rétablir internet après une coupure quasi-totale depuis le début de la guerre, déclenchée par une attaque israélo-américaine le 28 février. L'ONG étrangère de surveillance de la cybersécurité NetBlocks avait auparavant fait état d'un rétablissement "partiel".

"Depuis quelques minutes, je peux ouvrir des sites internet internationaux avec mon fournisseur d'accès", a déclaré à l'AFP une habitante de 22 ans de la ville occidentale de Kermanshah, ajoutant qu'elle avait toutefois toujours besoin de VPN (réseau privé virtuel) pour accéder aux réseaux sociaux.

Malgré les menaces, les tractactions diplomatiques se poursuivent. De hauts responsables iraniens, dont le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, se sont rendus lundi à Doha, une première depuis le début de la guerre.

Le gouverneur de la Banque centrale a également fait le déplacement pour discuter des fonds gelés à l'étranger en raison des sanctions américaines. Téhéran exige le déblocage de 24 milliards d'avoirs, selon l'agence de presse Tasnim.

C'est un des principaux points de contentieux, aux côtés du volet nucléaire que l'Iran souhaite aborder dans un second temps. Washington, qui soupçonne Téhéran de vouloir se doter de la bombe atomique, réclame la destruction du stock d'uranium hautement enrichi, dont le sort est incertain depuis de précédentes frappes israélo-américaines, en juin 2025.

11 morts au Liban 

Si Téhéran avait averti lundi qu'il n'était pas imminent, l'accord reste possible, a avancé le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, parlant de discussions "autour de la formulation précise du texte initial".

"Le président a exprimé sa volonté de parvenir (à un accord). Soit il conclura un accord, soit il n'y aura aucun accord", a-t-il ajouté.

Donald Trump cherche une issue à cette guerre qui a gravement perturbé l'économie mondiale en raison du quasi blocage par Téhéran du stratégique détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.

Sa réouverture est un enjeu majeur des négociations en cours et les tensions y restent vives: un pétrolier a ainsi été touché mardi au large d'Oman, selon l'agence maritime britannique UKMTO.

Sur le front libanais, Israël a appelé mardi pour la première fois les habitants de Nabatiyé dans le sud du Liban à évacuer toute la ville, au lendemain d'une frappe qui a fait onze morts dans l'est.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a juré d'intensifier les frappes pour "écraser" le Hezbollah pro-iranien, faisant peser plus d'incertitude encore sur les négociations en cours, alors que Téhéran veut qu'un accord avec les Etats-Unis comprenne le Liban.


Les Etats-Unis frappent l'Iran malgré les progrès des négociations

Les Etats-Unis ont annoncé lundi avoir frappé des sites de missiles dans le sud de l'Iran, portant un coup au cessez-le-feu malgré d'apparents progrès dans les négociations pour régler la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Les Etats-Unis ont annoncé lundi avoir frappé des sites de missiles dans le sud de l'Iran, portant un coup au cessez-le-feu malgré d'apparents progrès dans les négociations pour régler la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • L'armée américaine a précisé "faire preuve de retenue durant le cessez-le-feu" en vigueur depuis le 8 avril entre l'Iran et les Etats-Unis après plusieurs semaines de guerre qui ont fait des milliers de morts et secoué l'économie mondiale
  • Mais le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a fait savoir qu'un accord avec l'Iran restait possible. Les discussions tournent essentiellement "autour de la formulation précise du texte initial, cela prendra donc quelques jours"

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé lundi avoir frappé des sites de missiles dans le sud de l'Iran, portant un coup au cessez-le-feu malgré d'apparents progrès dans les négociations pour régler la guerre au Moyen-Orient.

Après des semaines de blocages et de menaces, Washington et Téhéran ont fait état d'avancées ces derniers jours dans les discussions. Donald Trump avait même laissé entrevoir un compromis imminent au cours du week-end.

Mais les espoirs de paix ont été douchés lundi, d'une part par l'annonce du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'une intensification de l'offensive de son armée au Liban, puis par une attaque contre l'Iran.

"Les forces américaines ont mené aujourd'hui des frappes de légitime défense dans le sud de l'Iran afin de protéger nos troupes contre les menaces posées par les forces iraniennes. Les cibles comprenaient des sites de lancement de missiles et des embarcations iraniennes qui tentaient de poser des mines", a déclaré le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans un communiqué.

Les médias iraniens ont rapporté que plusieurs fortes explosions avaient été entendues à Bandar Abbas (sud) vers minuit (20H30 GMT). La télévision d'Etat a ensuite précisé que la situation était revenue à la normale, ajoutant qu'une enquête était en cours pour déterminer l'origine des bruits.

L'armée américaine a précisé "faire preuve de retenue durant le cessez-le-feu" en vigueur depuis le 8 avril entre l'Iran et les Etats-Unis après plusieurs semaines de guerre qui ont fait des milliers de morts et secoué l'économie mondiale.

Mais le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a fait savoir qu'un accord avec l'Iran restait possible. Les discussions tournent essentiellement "autour de la formulation précise du texte initial, cela prendra donc quelques jours", a-t-il déclaré lors d'une visite officielle en Inde, sans fournir d'informations sur les dernières frappes.

Donald Trump cherche une issue à cette guerre qui a gravement perturbé l'économie mondiale en raison du blocage du stratégique détroit d'Ormuz par Téhéran, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.

Marco Rubio a soutenu mardi que le détroit rouvrirait "d'une manière ou d'une autre". Et d'ajouter: "ce qui se passe là-bas est illégal, c'est illégal, c'est insoutenable pour le monde entier".

Les cours du pétrole ont réagi de manière contrastée aux derniers développements, après être repassés sous la barre des 100 dollars lundi. Le WTI perdait 5,2% mardi matin en Asie, tandis que le baril de Brent prenait 1,8%.

Question nucléaire 

Les dernières heures avaient été marquées par une nouvelle accélération des échanges diplomatiques.

De hauts responsables iraniens, incluant le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, se sont rendus lundi à Doha. C'est la première visite de ce type depuis les frappes de représailles menées par Téhéran contre ses voisins du Golfe.

Donald Trump avait déjà tempéré les espoirs d'un accord imminent, disant ne pas vouloir "se précipiter".

Téhéran s'est également montré prudent. "Nous sommes parvenus à une conclusion sur une grande partie des questions", a commenté le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï. "Mais de là à dire que la signature d'un accord est imminente, personne ne peut l'affirmer."

En parallèle, une délégation du Pakistan incluant le médiateur principal dans le conflit et chef de l'armée Asim Munir ainsi que le Premier ministre Shehbaz Sharif se trouvait lundi en Chine, pays soutenant les efforts pakistanais pour résoudre la crise.

La réouverture du détroit d'Ormuz, verrouillé de facto par l'Iran depuis le début de la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël le 28 février, est un enjeu majeur du conflit.

Donald Trump a évoqué samedi un compromis "largement négocié" prévoyant sa réouverture, tandis que l'Iran insiste sur le fait que la question nucléaire ne fait pas partie "à ce stade" du protocole en discussion et qu'elle serait abordée lors de négociations séparées.

Lundi soir, le président Trump a aussi mentionné le dossier de l'uranium enrichi iranien, affirmant qu'il serait "soit immédiatement remis aux Etats-Unis (...) et détruit, soit, de préférence, en collaboration et en coordination avec la République islamique d'Iran, détruit sur place ou dans un autre lieu acceptable". On ignore s'il signifiait par là qu'il s'agissait d'un point de l'accord en discussion.

Violations au Liban 

Plus tôt lundi, il a aussi semblé faire monter les enjeux d'un éventuel accord de paix.

Dans un message sur les réseaux sociaux, il a énuméré les dirigeants de pays à majorité musulmane avec lesquels il a discuté dernièrement, affirmant "qu'après tout le travail effectué par les Etats-Unis (...) tous ces pays devraient être obligés, au minimum, de signer simultanément les accords d'Abraham".

Signés en 2020, ces accords ont débouché sur une normalisation des relations des Emirats arabes unis et de Bahreïn, deux proches alliés de Washington, avec Israël. Nombre d'Etats ont jusqu'ici refusé de les imiter, en particulier l'Arabie saoudite ainsi que la Syrie et le Liban, a fortiori depuis le conflit qui a ravagé la bande de Gaza.

Sur le front libanais, un autre cessez-le-feu a été conclu depuis le 17 avril, mais Israël et le Hezbollah pro-iranien s'accusent mutuellement de le violer, poursuivant leurs attaques quotidiennes.

Benjamin Netanyahu a affirmé lundi qu'Israël allait "intensifier" son offensive pour "écraser" le Hezbollah, après des dizaines de frappes israéliennes qui ont fait trois morts, selon l'agence nationale d'information libanaise, Ani.

Le Hezbollah a revendiqué de son côté une série d'attaques contre trois casernes et un poste militaire dans le nord d'Israël.


Une vingtaine de blessés après qu'un homme a pulvérisé une substance dans un centre commercial de Tokyo

Une vingtaine de personnes ont été blessées dans un centre commercial de luxe du centre de Tokyo après qu'un homme y a pulvérisé une substance, ont indiqué lundi des responsables de la police et des pompiers. (AFP)
Une vingtaine de personnes ont été blessées dans un centre commercial de luxe du centre de Tokyo après qu'un homme y a pulvérisé une substance, ont indiqué lundi des responsables de la police et des pompiers. (AFP)
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  • A la mi-journée, quelques rues autour du bâtiment, situé dans le quartier commerçant de Ginza qui abrite de nombreuses marques de luxe, ont été bloquées après l'incident et des camions de pompiers et des ambulances se sont alignés le long de la rue
  • En revanche les passants, essentiellement des touristes, continuaient à déambuler, filmant et photographiant sur les trottoirs de l'autre côté de la rue, et certains sortaient même tranquillement par les autres accès du bâtiment

TOKYO: Une vingtaine de personnes ont été blessées dans un centre commercial de luxe du centre de Tokyo après qu'un homme y a pulvérisé une substance, ont indiqué lundi des responsables de la police et des pompiers.

Le porte-parole de la police de Tokyo, Yusuke Koide, a expliqué à l'AFP qu'un homme avait pulvérisé une substance près d'un distributeur automatique au rez-de-chaussée du bâtiment, tandis qu'un responsable local des pompiers a précisé qu'une "vingtaine de personnes ont été blessées" après un signalement faisant état d'une "odeur" dans ce quartier très touristique.

A la mi-journée, quelques rues autour du bâtiment, situé dans le quartier commerçant de Ginza qui abrite de nombreuses marques de luxe, ont été bloquées après l'incident et des camions de pompiers et des ambulances se sont alignés le long de la rue.

En revanche les passants, essentiellement des touristes, continuaient à déambuler, filmant et photographiant sur les trottoirs de l'autre côté de la rue, et certains sortaient même tranquillement par les autres accès du bâtiment.

"Pour le moment, 19 personnes ont été transportées à l'hôpital", a dit aux journalistes le responsable des pompiers, Ryosuke Kobayashi.

Un journaliste de l'AFP sur place a vu deux personnes sur des brancards être installées dans une ambulance, tandis que des pompiers et des responsables vêtus de combinaisons de protection chimique faisaient sortir des personnes du centre commercial pour les examiner dans des véhicules spécialisés.

"Ma gorge me grattait" 

"Quand je suis arrivée, l'agitation avait déjà commencé, et j'ai pensé qu'il y avait peut-être eu un petit incendie ou quelque chose comme ça. Une fois entrée dans le coin des distributeurs, ma gorge me grattait, presque engourdie", a témoigné auprès de la chaine de télévision NHK une femme de 70 ans qui se trouvait dans le centre commercial.

NHK a indiqué que les blessures semblaient légères.

Selon une source proche de l'enquête citée par NHK, la substance pulvérisée contiendrait de la capsaïcine, un composant actif du piment qui provoque une sensation de brûlure.

L'enquête de police a rapidement débuté, a déclaré un officier des pompiers présent sur les lieux, sans donner plus de détails.

La capitale japonaise reste marquée par l'attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo, perpétrée en mars 1995 par la secte Aum et qui avait fait 14 morts et plus de 5.800 blessés.

Le 20 mars 1995, vers 08H00 du matin, cinq disciples de la secte Aum ont quasi simultanément déposé des sacs en plastique remplis de ce gaz liquéfié, un virulent agent neurotoxique, dans des rames de métro de différentes lignes avant de les percer avec la pointe d'un parapluie et de s'enfuir.

La criminalité violente est relativement rare au Japon, qui affiche un faible taux d'homicides, et ses lois sur les armes à feu sont parmi les plus strictes au monde.

Cependant, des attaques au couteau et même des fusillades se produisent occasionnellement, comme lors de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Shinzo Abe en juillet 2022.

En décembre dernier, quatorze personnes ont été blessées lors d'une attaque au couteau dans une usine du centre du Japon, au cours de laquelle un liquide non spécifié avait également été pulvérisé.