Décès du prince Philip, époux de la reine Elisabeth II

Photo d'archive prise en 2007 et publiée le 18 novembre 2007 montre la reine britannique Elizabeth II et son mari, le prince Philip de Grande-Bretagne, duc d'Édimbourg (à gauche) marchant à Broadlands, Hampshire.(AFP)
Photo d'archive prise en 2007 et publiée le 18 novembre 2007 montre la reine britannique Elizabeth II et son mari, le prince Philip de Grande-Bretagne, duc d'Édimbourg (à gauche) marchant à Broadlands, Hampshire.(AFP)
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Publié le Vendredi 09 avril 2021

Décès du prince Philip, époux de la reine Elisabeth II

  • Le prince Philip, âgé de 99 ans, avait subi récemment une intervention cardiaque réussie. Il est décédé le 9 avril 2021
  • Après son hospitalisation, le prince Philip était retourné à Windsor, à l'ouest de Londres, où il avait passé le confinement avec son épouse de 94 ans

LONDRES : Le prince Philip, époux de la reine Elizabeth II, est mort vendredi à l'âge de 99 ans au château de Windsor, trois semaines après avoir passé un mois à l'hôpital pour une infection puis un problème cardiaque, a annoncé le palais de Buckingham.

"C'est avec un profond chagrin que sa majesté la reine annonce la mort de son époux bien aimé le prince Philip, duc d'Edimbourg", selon un communiqué de Buckingham, précisant qu'il est mort "paisiblement ce (vendredi) matin au château de Windsor".

Après son hospitalisation, le prince Philip était retourné à Windsor, à l'ouest de Londres, où il avait passé le confinement avec son épouse de 94 ans.

FICHIERS) Dans ce fichier, photo prise le 1er juin 1987. Portrait officiel publié en juin 1987 et pris au palais de Buckingham montrant la reine britannique Elizabeth II et le prince Philip, duc d'Édimbourg. Le mari de la reine Elizabeth II, le prince Philip, âgé de 99 ans, qui a récemment été hospitalisé et a subi une intervention cardiaque réussie, est décédé le 9 avril 2021, a annoncé le palais de Buckingham. PISCINE / AFP
Portrait officiel publié en juin 1987 et pris au palais de Buckingham montrant la reine britannique Elizabeth II et le prince Philip, duc d'Édimbourg. (Pool / AFP)

Le duc d'Edimbourg, qui aurait eu cent ans en juin, avait été admis le 16 février dans un hôpital privé de la capitale britannique, le King Edward VII.

Il y était retourné pour poursuivre sa convalescence après avoir subi "avec succès", début mars, une intervention pour un problème cardiaque préexistant dans un autre établissement londonien, l'hôpital St Bartholomew's, doté du plus grand service cardiovasculaire spécialisé en Europe.

Réputé pour son fort caractère mais aussi pour ses gaffes, le duc d'Edimbourg avait été hospitalisé en février par mesure de "précaution" après s'être senti mal.

Le palais de Buckingham avait précisé quelques jours plus tard que cette hospitalisation était due à une infection.

Si son transfert pour ses problèmes cardiaques avait fait craindre une détérioration de son état de santé, ses proches s'étaient voulus rassurants.

Le prince Charles lui avait rendu visite à l'hôpital.

La princesse Elizabeth (future reine Elizabeth II) et Philip, duc d'Édimbourg posent le jour de leur mariage au palais de Buckingham à Londres le 20 novembre 1947. (AFP)
La princesse Elizabeth (future reine Elizabeth II) et Philip, duc d'Édimbourg posent le jour de leur mariage au palais de Buckingham à Londres le 20 novembre 1947.

Record de longévité

L'hospitalisation du prince Philip était survenue dans une période de crise pour la famille royale, avec la diffusion le 7 mars aux Etats-Unis d'une interview explosive du prince Harry, petit-fils de la reine, et de sa femme Meghan Markle, près d'un an après leur retrait effectif de la monarchie et leur exil en Californie.

Le couple a dénoncé le racisme de certains membres de la famille royale, tout en précisant qu'il ne s'agissait ni de la reine ni de son époux, et Meghan a avoué avoir eu des pensées suicidaires.

Le prince Philip, né à Corfou le 10 juin 1921 avec les titres de prince de Grèce et du Danemark, a battu en 2009 le record de longévité des conjoints de monarques britanniques détenu par Charlotte, épouse de George III.

Envoyé en Ecosse pour suivre sa scolarité, il fait ses classes à partir de 1939 dans l'armée britannique, au Royal Naval College de Dartmouth (sud de l'Angleterre).

Il rencontre à cette époque pour la première fois la princesse Elizabeth. Leur union est célébrée le 20 novembre 1947. Ils ont eu quatre enfants (Charles, Anne, Andrew et Edward).

La reine d’Angleterre Elizabeth II, accompagnée du prince Philip, duc d'Édimbourg, salue la foule, le 2 juin 1953 après son couronnement à l'abbaye de Westminster, à Londres.(AFP)
La reine d’Angleterre Elizabeth II, accompagnée du prince Philip, duc d'Édimbourg, salue la foule, le 2 juin 1953 après son couronnement à l'abbaye de Westminster, à Londres

Le duc d'Edimbourg a pris sa retraite en août 2017, après avoir participé à plus de 22.000 engagements publics officiels depuis l'accession de son épouse au trône en 1952.

Il avait déjà subi plusieurs hospitalisations depuis 2017, la dernière en date remontant à décembre 2019 pour "des problèmes de santé préexistants", mais jamais aussi longuement.

En janvier 2019, il avait eu un spectaculaire accident de voiture lorsque sa Land Rover avait percuté un autre véhicule en sortant d'une allée du domaine de Sandringham et s'était renversée. Indemne, il avait alors renoncé à conduire.

Le prince Philip et Elizabeth II ont célébré en novembre 2017 leurs noces de platine au château de Windsor. Les cloches de l'abbaye de Westminster, où ils s'étaient mariés le 20 novembre 1947, ont sonné pendant plus de trois heures à cette occasion pour leur rendre hommage.

Pluie d'hommages au Royaume-Uni

Un "homme extraordinaire" et "dévoué" à son pays comme à sa famille: les hommages ont afflué au Royaume-Uni pour saluer la mémoire du prince Philip, époux de la reine Elizabeth II décédé vendredi à 99 ans. 

Premier à lui rendre hommage, le Premier ministre conservateur Boris Johnson a salué "la vie et le travail extraordinaires" du duc d'Edimbourg.

Prince consort à la longévité la plus longue, "il a contribué à guider la famille royale et la monarchie de sorte qu'elle demeure une institution incontestablement vitale pour l'équilibre et le bonheur de notre vie nationale", a-t-il déclaré sur le perron du 10 Downing Street. 

"Figure publique hautement respectée" mais aussi "mari dévoué" et "père fier et aimant", il a "gagné l'affection de plusieurs générations ici au Royaume-Uni, à travers le Commonwealth et dans le monde", a-t-il ajouté.

Le chef de l'opposition travailliste Keir Starmer a déploré "la perte d'un serviteur public extraordinaire", qui a "dédié sa vie à notre pays", d'abord au sein de la Royal Navy puis aux côtés d'Elizabeth II. 

"On se souviendra surtout de lui pour son engagement extraordinaire et son dévouement à la reine", a-t-il déclaré. Leur mariage de plus de sept décennies a été "un symbole de force, de stabilité et d'espoir", une source d'inspiration pour "des millions de personnes au Royaume-Uni et au-delà".

L'ancien Premier ministre Tony Blair, au pouvoir au moment de la mort de la princesse Diana en 1997, a rendu hommage à un homme "souvent en avance sur son temps".

"Il sera naturellement particulièrement reconnu pour son soutien remarquable et inébranlable à la reine pendant tant d'années. Cependant, il doit également être salué et célébré à part entière comme un homme de prévoyance, de détermination et de courage", a-t-il dit.

Plus sobrement, la Première ministre indépendantiste écossaise Nicola Sturgeon s'est dite "attristée" par la mort du duc d'Edimbourg et a adressé des condoléances en son nom et celui des Ecossais à la reine et la famille royale.

Selon elle, il laissera "une marque profonde" en Ecosse, nation avec laquelle il partageait "des liens profonds et durables" et où il passait régulièrement ses vacances à Balmoral.

En Irlande du Nord, agitée depuis plus d'une semaine par des émeutes, la Première ministre unioniste Arlene Foster a rappelé que le prince était "largement respecté pour service actif et dévoué à son pays ainsi que pour son soutien inébranlable à Sa Majesté la reine pendant son règne".

Avec un "intérêt marqué pour l'Irlande du Nord", "il avait un impact profond et positif sur des milliers de nos jeunes", notamment via son programme en faveur de la jeunesse "The Duke of Edinburgh's Award", a-t-elle souligné.

Le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, a également salué "un homme extraordinaire, qui a consacré sa vie au service public et à aider les autres".

"Il a aussi combattu pour le Royaume-Uni - et les libertés qui nous sont chères aujourd'hui  - durant la Seconde Guerre mondiale", a-t-il ajouté.

 

 

Johnson salue la vie et le travail "extraordinaires" du prince Philip

LONDRES: Le Premier ministre britannique Boris Johnson a salué "la vie et le travail extraordinaires" du prince Philip, décédé vendredi à 99 ans, et présenté ses condoléances à la reine Elizabeth II et la famille royale.

"Nous sommes en deuil, avec Sa Majesté la reine, nous lui présentons nos condoléances, à sa famille" et "la nation et le royaume offrent leurs remerciements pour la vie et le travail extraordinaires du prince Philip, duc d'Edimbourg", a déclaré le chef du gouvernement devant Downing Street.

 

Le prince Philip "incarnait une génération", affirme le Premier ministre australien

SYDNEY: Le prince Philip, époux de la reine Elizabeth II décédé vendredi, "incarnait une génération qu'on ne reverra jamais", a affirmé le Premier ministre australien Scott Morrison, qui a ordonné la mise en berne des drapeaux.

"Toute la famille du Commonwealth se rassemble dans la peine et la gratitude pour le décès et la vie du prince Philip. Que Dieu vous bénisse, de la part de tous ici en Australie", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le prince Philip "représentait le Royaume-Uni avec dignité", salue George W. Bush

WASHINGTON: L'ex-président américain George W. Bush a salué "la longue et remarquable vie" du prince Philip, décédé vendredi à 99 ans.

"Tout au long de sa longue et remarquable vie, il s'est consacré à de nobles causes et aux autres. Il a représenté le Royaume-Uni avec dignité et a apporté une force et un soutien sans limites à la couronne" britannique, a estimé l'ancien président dans un communiqué.

Le Premier ministre irlandais "attristé" de la mort du prince Philip

DUBLIN: Le Premier ministre irlandais Micheal Martin s'est dit "attristé" par le décès, vendredi, du prince Philip, l'époux d'Elizabeth II à qui il dit transmettre ses pensées.

"Attristé d'apprendre la mort de Son Altesse Royale, le prince Philip, duc d'Édimbourg. Nos pensées et nos prières accompagnent la reine Elizabeth et le peuple du Royaume-Uni", a tweeté Micheal Martin.

Le prince Philip a vécu "au service de son pays", salue Berlin

BERLIN: Le ministre des Affaires étrangères allemand a salué la "longue vie au service de son pays" du prince Philip, décédé vendredi à 99 ans, et présenté ses condoléances à la reine Elizabeth II et à la famille royale.

"Nous sommes profondément attristés par la perte de son altesse royale le Prince Philip. Nos pensées et nos prières vont à la famille royale, au peuple du Commonwealth et à tous ceux qui l'aimaient tendrement. Il a vécu une longue vie au service de son pays", a déclaré sur Twitter Heiko Maas.

Tony Blair salue "sa détermination et son courage"

LONDRES: L'ancien Premier ministre britannique Tony Blair a salué "la détermination et le courage" du prince Philip à l'annonce de son décès. "Il sera naturellement particulièrement reconnu pour son soutien remarquable et inébranlable à la reine pendant tant d'années. Cependant, il doit également être salué et célébré à part entière comme un homme de prévoyance, de détermination et de courage", a déclaré l'ancien dirigeant travailliste, ajoutant que le prince Philip "était souvent en avance sur son temps", a ajouté Tony Blair. 

Le Premier ministre indien salue la carrière "remarquable" du prince Philip

NEW DELHI: Le Premier ministre indien Narendra Modi a rendu hommage vendredi à la carrière militaire et à l'implication sociale du prince Philip, décédé à l'âge de 99 ans.

"Mes pensées vont au peuple britannique et à la famille royale", a écrit M. Modi sur Twitter. "Il a eu une carrière remarquable dans l'armée et était au premier plan dans beaucoup

Le prince Philip sera "très regretté en Israël"

JÉRUSALEM:  Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a présenté vendredi ses "plus sincères condoléances" à la reine Elizabeth après le décès de son époux, le prince Philip, qui sera "très regretté en Israël".

"J'exprime mes plus sincères condoléances à sa majesté la reine Elizabeth, au prince Charles, à la famille royale et au peuple britannique pour le décès du duc d'Edimbourg. Le prince Philip sera très regretté en Israël et dans le monde", a écrit M. Netanyahu sur Twitter. "

Justin Trudeau: Le prince Philip était "un homme de conviction et de principes"

OTTAWA: Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a salué en le prince Philip "un homme de conviction et de principes". "Le prince Philip était un homme de conviction et de principes, animé par son sens du devoir envers les autres", a salué vendredi le Premier ministre canadien Justin Trudeau, après le décès de l'époux de la reine Elizabeth II.

"Nous nous souviendrons affectueusement de lui en tant que pilier dans la vie de notre reine", cheffe d'Etat en titre du Canada, a estimé M. Trudeau, dans un communiqué, évoquant "le compagnon de toute une vie".


Taïwan rappelle les Etats-Unis à leur engagement sur les ventes d'armes, après la mise en garde de Trump

Dans un entretien télévisé enregistré avant son départ de Pékin, où le président chinois Xi Jinping lui a tenu des propos particulièrement fermes à propos de l'île, Donald Trump a mis en garde vendredi Taïwan contre toute proclamation d'indépendance. (AFP)
Dans un entretien télévisé enregistré avant son départ de Pékin, où le président chinois Xi Jinping lui a tenu des propos particulièrement fermes à propos de l'île, Donald Trump a mis en garde vendredi Taïwan contre toute proclamation d'indépendance. (AFP)
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  • En décembre, le gouvernement américain a approuvé la deuxième vente d'armes à Taïwan depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, pour une valeur de 11,1 milliards de dollars face à la menace chinoise
  • Il s'agit de la vente la plus importante depuis 2001, lorsque George W. Bush avait validé la livraison de 18 milliards de dollars d'armes à Taïwan

TAIPEI: Le gouvernement de Taïwan a réaffirmé samedi que l'île était une nation "indépendante", en réponse à la ferme mise en garde du président américain Donald Trump à l'issue de sa visite à Pékin, et rappelé les Etats-Unis à leur engagement en ce qui concerne les ventes d'arme à Taïwan.

La politique américaine à l'égard de Taïwan repose sur un soutien militaire robuste à l'île, sans toutefois la reconnaître à part entière ni soutenir ouvertement des velléités d'indépendance.

La Chine considère Taïwan comme l'une de ses provinces, qu'elle n'a pas réussi à unifier avec le reste de son territoire.

Dans un entretien télévisé enregistré avant son départ de Pékin, où le président chinois Xi Jinping lui a tenu des propos particulièrement fermes à propos de l'île, Donald Trump a mis en garde vendredi Taïwan contre toute proclamation d'indépendance.

"Je n'ai pas envie que quelqu'un déclare l'indépendance et, vous savez, nous sommes ensuite censés faire 15.000 kilomètres pour faire la guerre", a dit le président américain sur Fox News, en demandant à Taipei et à Pékin de faire "baisser la température".

"Taïwan est une nation démocratique, souveraine et indépendante, qui n'est pas subordonnée à la République populaire de Chine", a réagi le ministère taïwanais des Affaires étrangères, estimant que la politique de Washington demeurait "inchangée".

"En ce qui concerne les ventes d'armes entre Taïwan et les Etats-Unis, il ne s'agit pas seulement d'un engagement des Etats-Unis envers la sécurité de Taïwan, clairement prévu par la loi sur les relations avec Taïwan, mais aussi d'une forme de dissuasion commune face aux menaces régionales", a insisté le ministère taïwanais, dans un communiqué.

Washington est tenu de fournir des armes défensives à Taïwan en vertu du Taiwan Relations Act, une loi adoptée par le Congrès américain en 1979, à la suite de la reconnaissance de la République Populaire de Chine par les Etats-Unis et à condition que l’île ne déclare pas l’indépendance.

Depuis 1982, l'un des grands principes de la stratégie américaine est de ne pas "consulter" Pékin sur ses ventes d'armes à Taïwan tout en restant flou quant à la possibilité d’intervenir militairement en cas d'attaque chinoise.

En décembre, le gouvernement américain a approuvé la deuxième vente d'armes à Taïwan depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, pour une valeur de 11,1 milliards de dollars face à la menace chinoise.

Il s'agit de la vente la plus importante depuis 2001, lorsque George W. Bush avait validé la livraison de 18 milliards de dollars d'armes à Taïwan.

S'en sont suivis des mois de bataille politique à Taïwan où le président Lai Ching-te (DPP) qui n'a pas la majorité au parlement, a proposé de voter 40 milliards de dollars pour la modernisation et le renforcement des capacités de défense de l'île.

Il s'est heurté à l'opposition du Kuomintang (KMT) qui accuse le parti présidentiel de pousser Taïwan dans une course aux armements et un conflit perdant. Le Kuomintang  s'est finalement laissé fléchir et permis le vote le 8 mai d'une enveloppe de 25 milliards de dollars destinés à l'achat d'armes américaines.

"Engagement" et "dissuasion commune" 

"Nous n'avons pas envie que quelqu'un se dise, proclamons l'indépendance parce que les Etats-Unis nous soutiennent", a également déclaré Donald Trump, en ajoutant n'avoir pas encore pris de décision sur les ventes d'armes américaines à l'île.

"Je prendrai une décision dans un délai assez court", a pourtant répondu M. Trump aux journalistes vendredi, en chemin vers Washington.

La visite du président américain a permis d'afficher une certaine stabilité entre les deux superpuissances, sans déboucher sur de grandes avancées, que ce soit sur le commerce ou sur l'Iran, allié de la Chine.

La visite annoncée de Xi Jinping à Washington à l'automne servira de nouveau test pour le fragile statu quo entre la première et la deuxième puissance mondiale.

Bonnie Glaser, du German Marshall Fund, pense que la Chine va "pousser fortement" pour que Donald Trump s'abstienne de toute décision sur des ventes d'armes à Taïwan d'ici là.

Jeudi, avec une fermeté inhabituelle, Xi Jinping avait mis Donald Trump en garde: "La question de Taïwan est la plus importante dans les relations sino-américaines. Si elle est bien traitée, les relations entre les deux pays (Chine et Etats-Unis) pourront rester globalement stables. Si elle est mal traitée, les deux pays se heurteront, voire entreront en conflit".

 


«Flottille pour Gaza»: expulsés par Israël, les militants étrangers sont arrivés en Turquie

Des militants propalestiniens de la "Flottille pour Gaza" expulsés d'Israël sont arrivés jeudi à l'aéroport international d'Istanbul à bord d'un premier avion, au lendemain du tollé international provoqué par une vidéo les montrant se faire humilier en détention. (AFP)
Des militants propalestiniens de la "Flottille pour Gaza" expulsés d'Israël sont arrivés jeudi à l'aéroport international d'Istanbul à bord d'un premier avion, au lendemain du tollé international provoqué par une vidéo les montrant se faire humilier en détention. (AFP)
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  • Les militants ont passé deux jours dans une prison militaire sur un bateau, formée de conteneurs et de barbelés, a décrit à l'AFP par téléphone Safa Chebbi, une militante canadienne
  • Outre des humiliations et le manque de sommeil, "nous étions sous une menace constante, des balles en plastique ont été tirées sur la foule, un des passagers a été blessé", a-t-elle indiqué

JERUSALEM: Des militants propalestiniens de la "Flottille pour Gaza" expulsés d'Israël sont arrivés jeudi à l'aéroport international d'Istanbul à bord d'un premier avion, au lendemain du tollé international provoqué par une vidéo les montrant se faire humilier en détention.

Ils ont été accueillis à l'aéroport par un large comité de soutien, avec de nombreux militants agitant des drapeaux palestiniens. Plusieurs militants de la flottille présentaient des blessures et certains ont été évacués en ambulance, selon des images de l'AFP.

Les forces israéliennes "nous ont attaqués. Chacun de nous a été battu, les femmes comme les hommes, beaucoup hurlaient. Mais vraiment, ça n'a aucune importance. C'est ce que vivent en permanence les Palestiniens", a raconté à sa descente d'avion Bulal Kitay, un Turc qui compte repartir dès le prochain convoi.

Les militants ont passé deux jours dans une prison militaire sur un bateau, formée de conteneurs et de barbelés, a décrit à l'AFP par téléphone Safa Chebbi, une militante canadienne.

Outre des humiliations et le manque de sommeil, "nous étions sous une menace constante, des balles en plastique ont été tirées sur la foule, un des passagers a été blessé", a-t-elle indiqué.

"Deux Coréens ont été expulsés vers la Corée du Sud, un participant a été expulsé vers l'Egypte, deux vers la Jordanie, une citoyenne israélienne a été libérée dans le pays, et le reste des 422 participants a été transféré à Istanbul à bord de trois vols de Turkish Airlines affrétés par le gouvernement turc", a indiqué la coalition Freedom Flotilla.

Les quelque 430 membres d'équipage de la cinquantaine de bateaux arraisonnés lundi par l'armée israélienne en Méditerranée, au sud-ouest de Chypre, avaient été amenés de force en Israël puis détenus dans la prison de Ktziot (sud), selon l'organisation israélienne de défense des droits humains Adalah, qui assure leur représentation légale et leur défense.

Ils ont "tous été expulsés", a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Oren Marmorstein, sans préciser s'ils avaient été jugés.

Les 37 ressortissants français ont aussi été expulsés vers la Turquie et seront rapatriés dès que possible, selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères français, Pascal Confavreux.

Une militante israélienne, Zohar Regev, a été déférée devant un tribunal à Ashkelon, au sud de Tel-Aviv.

"Partisans terroristes du Hamas" 

Partis de Turquie, les militants de la "Global Sumud Flotilla" ("sumud" signifie "résilience" en arabe) voulaient attirer l'attention sur la situation humanitaire dans la bande de Gaza, dévastée par plus de deux ans de guerre, en brisant le blocus maritime imposé par Israël. En avril, une précédente "flottille pour Gaza" avait déjà été interceptée par Israël au large de la Grèce.

"Israël a pleinement le droit d'empêcher de provocatrices flottilles de partisans terroristes du Hamas d'entrer dans nos eaux territoriales et d'atteindre Gaza", a estimé le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en référence au mouvement islamiste palestinien ayant déclenché la guerre en lançant une attaque sans précédent sur Israël le 7 octobre 2023.

Mercredi, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir , figure de l'extrême droite, a provoqué un tollé à l'étranger, mais également au sein de son gouvernement, en publiant une vidéo de dizaines de militants agenouillés et les mains liées.

Une jeune femme qui crie "Libérez la Palestine" au passage du ministre se retrouve la tête pressée vers le sol par les services de sécurité.

"Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous", lance-t-il triomphalement dans cette vidéo publiée sur sa chaîne Telegram.

 "Traitement de luxe" 

Les images diffusées ne sont "pas conformes aux valeurs d'Israël", a déclaré le chef de la diplomatie Gideon Saar, accusant M. Ben Gvir d'avoir "sciemment nui" à l'image du pays avec "ce spectacle honteux". L'intéressé a défendu au contraire "une grande source de fierté".

En Europe, plusieurs pays ont appelé l'UE a prendre des sanctions contre Israël et contre le ministre. Le traitement réservé aux détenus a ainsi été jugé "inadmissible" par Rome qui a exigé "des excuses" et demandé des mesures contre Ben Gvir.

Le Premier ministre irlandais a condamné le "traitement choquant réservé aux citoyens de l'UE" et réclamé "la suspension d'une partie, voire de la totalité, de l'accord d'association entre l'UE et Israël".

L'Italienne Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l'ONU sur la situation des droits de l'Homme dans les Territoires palestiniens occupés, a salué sur X ces prises de positions.

Ce qu'ont subi ces militants est "un traitement de luxe par rapport à ce qui est infligé aux Palestiniens dans les prisons israéliennes", a-t-elle affirmé, appelant l'Italie à cesser "de s'opposer à la suspension de l'accord (d'association) UE-Israël."


Trump assure l'engagement des États-Unis en faveur de la sécurité dans le Golfe dans une lettre adressée au Bahreïn

Le président américain Donald Trump salue alors qu'il monte à bord d'Air Force One à l'aéroport de Groton-New London à Groton, Connecticut, le 20 mai 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump salue alors qu'il monte à bord d'Air Force One à l'aéroport de Groton-New London à Groton, Connecticut, le 20 mai 2026. (AFP)
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  • Le dirigeant américain dit son admiration pour l'unité nationale de Bahreïn face aux attaques de drones et de missiles iraniens
  • Bahreïn, qui abrite le Commandement central des forces navales américaines et la Cinquième flotte, était l'un des dix pays visés par les attaques de missiles et de drones de l'Iran.

LONDRES : Le président américain Donald Trump a souligné l'engagement de Washington à assurer la sécurité et la stabilité dans la région du Golfe dans une lettre adressée au roi Hamad bin Isa Al-Khalifa de Bahreïn.

Le dirigeant américain a également exprimé son admiration pour l'unité nationale de Bahreïn en réponse aux violations du droit international par l'Iran, a rapporté l'Agence de presse de Bahreïn.

Les défenses aériennes bahreïnies ont intercepté et détruit au moins 188 missiles balistiques et 477 drones lancés depuis l'Iran depuis le début de la campagne militaire menée par les États-Unis et Israël contre le régime de Téhéran le 28 février.

Bahreïn, qui abrite le Commandement central des forces navales américaines et la Cinquième flotte, était l'un des dix pays visés par les attaques de missiles et de drones de l'Iran. Toutefois, le pays n'a participé à aucune opération directe menée par les États-Unis contre Téhéran.

Un fragile cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis est en vigueur depuis le début du mois d'avril. Toutefois, le détroit d'Ormuz, une voie commerciale essentielle, reste fermé. Parallèlement, les négociations entre les États-Unis et l'Iran se poursuivent afin de parvenir à un accord sur le programme nucléaire iranien.