L'Iran annonce un bond spectaculaire de ses activités d'enrichissement

Un ingénieur à l'intérieur de l'usine d'enrichissement d'uranium de Natanz en Iran, présenté lors d'une cérémonie dirigée par le président du pays à l'occasion de la Journée nationale de la technologie nucléaire iranienne. (AFP / Fichier)
Un ingénieur à l'intérieur de l'usine d'enrichissement d'uranium de Natanz en Iran, présenté lors d'une cérémonie dirigée par le président du pays à l'occasion de la Journée nationale de la technologie nucléaire iranienne. (AFP / Fichier)
Short Url
Publié le Mercredi 14 avril 2021

L'Iran annonce un bond spectaculaire de ses activités d'enrichissement

  • La Maison Blanche parle d’«annonces provocantes», l’AIEA confirme la volonté de Téhéran d’enrichir l’uranium à 60%, un taux très proche des capacités d'utilisation militaire
  • La France condamne un « développement grave » nécessitant « une réponse coordonnée » des pays impliqués dans les négociations, qui ont été reportées à jeudi

TEHERAN: L'Iran a annoncé mardi son intention de « commencer à enrichir l'uranium à 60% », niveau qui le rapprocherait d'une capacité d'utilisation militaire, deux jours après un « sabotage », selon les termes de l’Iran, de son usine d'enrichissement de Natanz, que Téhéran impute à Israël.

L'enrichissement à 60% marquerait une étape supplémentaire et inédite dans la violation des engagements pris par l'Iran en vertu d'un accord international conclu à Vienne en 2015 pour limiter son programme nucléaire, au moment même où des discussions doivent continuer en Autriche pour sauver ce pacte.

Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères adjoint, a annoncé les intentions d'enrichissement à 60% de l'Iran « dans une lettre à Rafael Grossi », directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le gendarme onusien du nucléaire, selon l'agence de presse officielle Irna.

« Les préparatifs (pour la mise en œuvre de cette décision) commenceront cette nuit » à Natanz, a annoncé l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA).

L'enrichissement d'uranium une technologie à usage civil et militaire

L'enrichissement d'uranium constitue le volet le plus sensible du programme nucléaire de l'Iran qui pourrait, grâce à cette technologie, fabriquer la bombe atomique, même s'il s'est toujours défendu d'avoir une telle visée.

Ce processus consiste à augmenter les isotopes fissiles de l'uranium 235, qui est dans un premier temps converti en hexafluorure d'uranium (UF6), puis enrichi, notamment dans des centrifugeuses.

Enrichi entre 3 et 5%, cet uranium sert à alimenter les centrales nucléaires pour la production d'électricité. 

Jusqu'à 20%, il sert à produire des isotopes médicaux, utilisés notamment dans le diagnostic de certains cancers. 

Pour fabriquer une bombe, l'enrichissement doit être poussé jusqu'à 90%.

L'uranium enrichi à 60% servira à « produire du molybdène utilisé à des fins de fabrication de différents produits radiothérapeutiques », affirme l'OIEA. Le molybdène est un métal dur généralement utilisé dans les alliages.

Un enrichissement à 60% la mettrait en mesure de passer rapidement aux 90% nécessaires pour une utilisation à des fins militaires.

« Cela est extrêmement préoccupant (...), va forcément faire monter la tension et l'inquiétude internationale à propos du programme nucléaire iranien et va rendre plus difficile la relance du pacte de 2015 », souligne Ali Vaez, de l'International Crisis Group.

La République islamique, qui a toujours nié vouloir se doter de l'arme nucléaire, enrichit actuellement de l'uranium à 20% en isotope 235, au-delà de la limite de 3,67% fixée par l'accord.

L'AIEA a confirmé avoir été informée par l'Iran de son intention d'enrichir l'uranium à 60%, une décision que la France a condamné comme un « développement grave » nécessitant « une réponse coordonnée » des pays impliqués dans les négociations sur le dossier nucléaire.

La Maison Blanche a de son côté affirmé rester disposée à poursuivre les négociations avec l'Iran malgré ces « annonces provocantes ».

Dans sa lettre, M. Araghchi déclare que « 1 000 centrifugeuses supplémentaires d'une capacité 50% supérieure seront ajoutées aux machines présentes à Natanz, en sus du remplacement des machines abîmées » par l'explosion survenue dimanche dans ce complexe nucléaire du centre de l'Iran, ajoute Irna sans plus de précisions.

Ces annonces surviennent quelques heures après une rencontre à Téhéran entre le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, et son homologue russe, Sergueï Lavrov.

Plus tôt, la télévision d'Etat avait annoncé que M. Araghchi avait quitté Téhéran pour participer mercredi à Vienne à une réunion sur les discussions en cours. Mais selon Moscou, cette réunion a été reportée à jeudi.

Ces discussions sont destinées à réintégrer les Etats-Unis au sein de l'accord de 2015 et à ramener Téhéran à l'application stricte du texte, en échange de la levée des sanctions américaines.

« Nous tablons sur le fait qu'on pourra sauvegarder l'accord et que Washington reviendra enfin à (sa) mise en oeuvre pleine et entière », a déclaré Sergueï Lavrov.

Téhéran a accusé Israël d'avoir saboté dimanche son usine d'enrichissement d'uranium de Natanz, promettant une « vengeance » en temps et en heure.

Selon l'Iran, une « petite explosion » a entraîné une panne de courant et des dégâts « rapidement » réparables.

Le New York Times, selon qui l'opération a été menée par les Israéliens, écrit mardi de Jérusalem, citant « un responsable des renseignements », qu' « un engin explosif a été introduit clandestinement dans l'usine ».  Washington a nié toute implication.

Les discussions de Vienne réunissent les Etats encore parties à l'accord sur le nucléaire iranien (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni, Iran et Russie), sous l'égide de l'Union européenne. Washington y est associé mais sans contact direct avec les Iraniens.

Joe Biden, qui a succédé à M. Trump en janvier, a signalé son intention de réintégrer l'accord de 2015. Mais jusqu'à présent, Téhéran et Washington exigent mutuellement de l'autre qu'il fasse le premier pas.

La Maison Blanche a réaffirmé mardi « l'indéfectible engagement » du gouvernement américain « en faveur de la sécurité d'Israël et à garantir que l'Iran n'obtienne jamais l'arme nucléaire ».


Le prince héritier saoudien et le président français évoquent la situation régionale

Le prince héritier Mohammed ben Salmane et le président Emmanuel Macron se sont entretenus par téléphone. (Archives/SPA/AFP)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane et le président Emmanuel Macron se sont entretenus par téléphone. (Archives/SPA/AFP)
Short Url

RIYAD : Le prince héritier Mohammed ben Salmane et le président français Emmanuel Macron ont discuté de la situation au Moyen-Orient lors d’un entretien téléphonique, a rapporté tôt vendredi l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Selon la SPA, Emmanuel Macron a appelé le prince héritier. Les deux dirigeants ont passé en revue les derniers développements dans la région ainsi que les efforts déployés pour renforcer la sécurité et la stabilité régionales, tout en garantissant la sécurité et la liberté de la navigation maritime.

Ils ont également abordé les relations bilatérales, les domaines de coopération entre les deux pays et les moyens de les développer davantage. Enfin, ils ont échangé sur plusieurs questions régionales et internationales d’intérêt commun. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Frappes israéliennes sur le sud du Liban parallèlement aux négociations de Rome

Un cratère laissé par une frappe aérienne israélienne menée durant la nuit, qui a visé une maison dans le secteur de Bourj al-Chamali, près de Tyr, le 6 août 2026. (AFP)
Un cratère laissé par une frappe aérienne israélienne menée durant la nuit, qui a visé une maison dans le secteur de Bourj al-Chamali, près de Tyr, le 6 août 2026. (AFP)
Short Url
  • Israël a intensifié ses frappes dans le sud du Liban, ciblant notamment Bourj al-Chamali et Mansouri, tandis que deux soldats israéliens ont été tués dans la région
  • Malgré cette escalade, Israël et le Liban poursuivent à Rome des négociations sous médiation américaine, alors que le Hezbollah rejette l'accord prévoyant son désarmement

BEYROUTH: Israël a mené dans la nuit une série de frappes contre deux localités du sud du Liban, alors que l'armée israélienne a annoncé jeudi la mort de deux de ses soldats, parallèlement à la poursuite des négociations entre les deux pays à Rome.

L'Agence nationale d'information (ANI) libanaise a indiqué que "l'ennemi israélien a intensifié ses attaques" dans la région de Tyr, en menant depuis la nuit de mercredi "une série de frappes aériennes et de bombardements".

Des drones israéliens ont frappé un quartier du village de Bourj al-Chamali avant une nouvelle frappe aérienne contre le même site, faisant quatre blessés, a ajouté l'agence de presse.

Selon la même source, l'aviation israélienne a également visé Mansouri, à une dizaine de kilomètres plus au sud, dont les habitants avaient reçu mardi un ordre d'évacuation.

Mardi, l'armée israélienne avait annoncé avoir mené des frappes contre le sud du Liban en réponse à ce qu'elle a qualifié de "violation flagrante du cessez-le-feu" par le Hezbollah pro-iranien.

Une personne a été tuée et douze autres blessées mercredi dans une frappe israélienne ayant visé une salle de prière située dans un cimetière de la localité de Tebnine, selon le ministère libanais de la Santé.

Cette escalade intervient après l'annonce, jeudi matin, de la mort de deux soldats israéliens dans le sud du Liban, les premières pertes enregistrées par l'armée israélienne dans cette région depuis plus d'un mois. Le Hezbollah n'a pas réagi dans l'immédiat.

Le Liban et Israël tiennent depuis mardi à Rome un septième cycle de négociations directes sous médiation américaine.

Les deux pays ont conclu en juin un accord-cadre prévoyant le désarmement du Hezbollah, un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le déploiement de l'armée libanaise dans la région.

Le Hezbollah rejette cet accord et refuse de déposer les armes.

Depuis le début de la guerre, plus de 4.300 personnes ont été tuées au Liban, tandis que 38 soldats israéliens et un contractuel civil ont perdu la vie.


Le chef de la diplomatie saoudienne participe à des discussions régionales en Jordanie sur la sécurité maritime et la désescalade

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a participé mercredi en Jordanie à une réunion avec ses homologues régionaux afin de discuter des efforts visant à désamorcer les tensions. (KSAMOFA)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a participé mercredi en Jordanie à une réunion avec ses homologues régionaux afin de discuter des efforts visant à désamorcer les tensions. (KSAMOFA)
Short Url
  • La réunion de quatre parties régionales à Amman a réuni le prince Faisal avec les ministres égyptien, turc et pakistanais

RIYAD : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a participé mercredi à Amman à une réunion avec ses homologues régionaux afin d'examiner les moyens de réduire les tensions, de renforcer la coordination et de préserver la sécurité maritime.

Cette réunion des quatre parties régionales s'est tenue dans la capitale jordanienne et a réuni le prince Faisal, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Pakistan, Ishaq Dar, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, ainsi que le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan.

Les ministres ont passé en revue les derniers développements régionaux et ont souligné l'importance de renforcer la coordination et de maintenir une approche commune face aux enjeux actuels de la région.

Ils ont également insisté sur la nécessité d'efforts conjoints pour garantir la sécurité de la navigation dans le détroit d'Ormuz et le détroit de Bab el-Mandeb, préserver la liberté de navigation et soutenir la stabilité des chaînes d'approvisionnement mondiales ainsi que des marchés de l'énergie.

Les ministres ont salué l'initiative de l'Arabie saoudite visant à créer une alliance multinationale de défense maritime destinée à renforcer la sécurité en mer, protéger les voies navigables internationales et faire face aux menaces pesant sur le transport maritime et le commerce mondial.

Les discussions ont également porté sur les efforts visant à apaiser les tensions régionales et à répondre aux défis sécuritaires persistants. Les ministres ont souligné l'importance des solutions diplomatiques et du soutien aux efforts de médiation menés par le Pakistan et le Qatar.

Ils ont enfin réaffirmé la nécessité de respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale des États dans le cadre des efforts visant à préserver la sécurité et la stabilité de la région. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com