«Seize ans d’échec» affectent l’attitude des électeurs palestiniens

Un employé électoral quitte le bureau de la Commission électorale centrale palestinienne à Gaza. (Photo, Reuters)
Un employé électoral quitte le bureau de la Commission électorale centrale palestinienne à Gaza. (Photo, Reuters)
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Publié le Jeudi 15 avril 2021

«Seize ans d’échec» affectent l’attitude des électeurs palestiniens

  • Un nombre de listes indépendantes parient à présent sur un changement d’humeur des électeurs
  • «Le tribalisme n’aura pas d’importance dans ces élections, et la priorité ne sera pas accordée au programme politique»

GAZA CITY: Lors des dernières élections législatives, Muhammad Al-Astal a voté pour Muhammad Dahlan, candidat du Fatah dans la ville de Khan Yunis dans le sud de la bande de Gaza, au lieu de donner sa voix à un membre de sa famille, Yunus Al-Astal, candidat du Hamas.

Cette fois-ci, Muhammad votera à nouveau pour le Fatah lors des élections prévues le 22 mai, malgré la présence de ses proches dans les listes factions.

Aujourd’hui, bien après les dernières élections qui datent du début de 2006, 36 listes, dont sept qui appartiennent à des partis politiques et le reste formées d’indépendants, sont en lice aujourd’hui. Mais les électeurs sont exténués par des années de division interne.

En raison de l'occupation israélienne, les Palestiniens sont traditionnellement affiliés à des partis ou à de larges groupes avec des tendances politiques qui décident souvent de leur choix aux urnes.

Cependant, un nombre de listes indépendantes parient à présent sur un changement d’humeur des électeurs, en raison de ce qu’elles appellent «des années d’errance et d’échec politique».

Mohammad fait partie de ces électeurs. Il a hérité d'une affiliation au Fatah de son père et de ses frères, et il croit que ce parti est «le plus apte à diriger le peuple palestinien».

Les divergences internes au Fatah, représenté par trois listes dans les législatives, n'ont pas affecté sa position. Il soutient la liste officielle du Fatah formée par le président Mahmoud Abbas.

«Nous ne devons pas perdre de vue nos objectif, ni en votant pour des candidats sur la base de nos liens de parenté, ni pour d'autres listes. Nous avons besoin de l'unité du Fatah pour achever la continuité de la lutte et de la libération de la Palestine», déclare Mohammad à Arab News.

Les factions du Dialogue du Caire ont accepté d’adopter une représentation proportionnelle complète lors des prochaines élections, au lieu d’un système mixte des listes et des candidats. La personnalité d’un candidat n’est plus un facteur principal pour attirer les électeurs.

Les experts appellent les électeurs comme Mohammad le «bloc solide», qui est composé de ceux qui appartiennent à des partis politiques et dont les votes sont réglés en faveur de leurs listes de parti, et ne sont pas influencés par leur tribu ou leur région géographique. Ils ne font pas attention à la campagne électorale.

Mohammad n'a tenu compte, lors des dernières élections, d'aucune critique à l'encontre de Dahlan, qui dirigeait le mouvement de réforme démocratique au sein du Fatah jusqu’à sa révocation du parti en 2018. Cette fois, il a formé une liste électorale indépendante, mais Mohammad ne compte certainement pas voter pour lui.

Le Centre de vision pour le développement politique a interrogé des experts et des universitaires sur les priorités des électeurs pour une liste particulière, en demandant comment l'éducation sociale et les facteurs d'appartenance aux espaces sociaux tels que la famille et la tribu, ou à l'espace géographique comme la ville et le village, affectent les attitudes.

Le sondage arrive à la conclusion que «le tribalisme n’aura pas d’importance dans ces élections, et la priorité ne sera pas accordée au programme politique». Le facteur décisif sera l’affiliation à un parti, en plus des chances de fournir une liste qui s’intéresse en premier lieu sur le plan économique.

Samer Najm Al-Din, professeur de droit à l'Université d'Hébron en Cisjordanie, explique que «l'affiliation politique sera sans doute le principal acteur dans l'orientation de l'électeur, car il n'y a pas de Palestinien qui ne soit pas encadré intellectuellement.

«Malheureusement, les programmes électoraux détaillés des candidats en bloc n'auront pas un rôle décisif pour influencer l'électeur. Ce qui peut influer sur l’orientation des électeurs, ce sont les titres clairs ou généraux du programme électoral, tels que l’adoption de la résistance ou la prospérité économique, sans prêter grande attention aux détails. Le programme électoral qui est fondé sur des idées claires et simplifiées, faisant appel aux Palestiniens avec des gros titres attirants, est le programme qui attire l’électorat en général».

Sania Al-Husseini, professeur de sciences politiques et de relations internationales à l'Université arabe américaine de Ramallah, a indiqué: «Il ne fait aucun doute que la scène palestinienne est complexe, en particulier à l’étape actuelle, et ses priorités en matière de vote pour une liste se distinguent en fonction de la situation économique et sociale, etc…».

En ce qui concerne les conditions d'éducation sociale et les facteurs d'appartenance à une famille ou à une tribu, Al-Husseini croit que les deux auront probablement un impact sur les attitudes des électeurs, mais la nature du système existant limite ces effets, à cause du système de vote proportionnel.

Le chercheur en développement politique Thamer Sabaana estime que, sur la base des sondages d'opinion, le factionnalisme continuera à jouer un rôle crucial dans les résultats des votes.

Hussam Al-Dajani, professeur de sciences politiques à l'Université Al-Oumma à Gaza, reconnaît que «l'appartenance au parti est plus forte que l'appartenance à une tribu ou à une région géographique». Il ajoute cependant que «seize ans d’échec et d’errance politique auront décidément un impact significatif sur l’attitude des électeurs».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les frappes israéliennes au Liban ont fait 380 morts depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) libanaise a annoncé mardi la mort de six personnes lundi dans un bombardement aérien israélien contre Kfar Dounine, dans le sud du Liban. (AFP)
L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) libanaise a annoncé mardi la mort de six personnes lundi dans un bombardement aérien israélien contre Kfar Dounine, dans le sud du Liban. (AFP)
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  • L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) libanaise a annoncé mardi la mort de six personnes lundi dans un bombardement aérien israélien contre Kfar Dounine, dans le sud du Liban
  • "Des avions de combat ennemis ont frappé hier soir une maison habitée à Kfar Dounine, faisant six morts et sept blessés, qui ont été transportés vers des hôpitaux de Tyr"

BEYROUTH: Les frappes israéliennes au Liban ont fait 380 morts depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu 

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) libanaise a annoncé mardi la mort de six personnes lundi dans un bombardement aérien israélien contre Kfar Dounine, dans le sud du Liban.

"Des avions de combat ennemis ont frappé hier soir une maison habitée à Kfar Dounine, faisant six morts et sept blessés, qui ont été transportés vers des hôpitaux de Tyr", a écrit l'Ani. Malgré une trêve théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, Israël a poursuivi le pilonnage de plusieurs régions du Liban, et le mouvement pro-iranien Hezbollah continue de revendiquer des attaques contre des cibles israéliennes.

 


Cisjordanie: 70 enfants palestiniens tués depuis le début des opérations israéliennes 

Soixante-dix enfants palestiniens ont été tués en Cisjordanie depuis le début des opérations israéliennes en janvier 2025, a dénoncé mardi le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), qui précise que 93% d'entre eux ont été tués par les forces israéliennes. (AFP)
Soixante-dix enfants palestiniens ont été tués en Cisjordanie depuis le début des opérations israéliennes en janvier 2025, a dénoncé mardi le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), qui précise que 93% d'entre eux ont été tués par les forces israéliennes. (AFP)
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  • "La plupart de ceux qui ont été tués ou blessés l'ont été par des balles réelles", a encore relevé le porte-parole de l'Unicef
  • Il a souligné que l'Unicef appelle les autorités israéliennes à "prendre des mesures immédiates et décisives pour empêcher que d'autres enfants palestiniens ne soient tués ou mutilés, et pour protéger leurs foyers, leurs écoles et leur accès à l'eau

GENEVE: Soixante-dix enfants palestiniens ont été tués en Cisjordanie depuis le début des opérations israéliennes en janvier 2025, a dénoncé mardi le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), qui précise que 93% d'entre eux ont été tués par les forces israéliennes.

"Les enfants paient un prix intolérable en raison de l'escalade des opérations militaires et des attaques des colons menées dans toute la Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est", a déclaré un porte-parole de l'Unicef, James Elder, lors d'un point presse à Genève.

"Ainsi, entre janvier 2025 et aujourd'hui, au moins un enfant palestinien a été tué en moyenne chaque semaine en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem sous contrôle israélien. Cela représente 70 enfants palestiniens tués sur cette période, a-t-il ajouté, indiquant qu'il y a eu également 850 autres enfants blessés sur la même période.

Il a précisé que 93% des enfants tués l'ont été "par les forces israéliennes".

"La plupart de ceux qui ont été tués ou blessés l'ont été par des balles réelles", a encore relevé le porte-parole de l'Unicef.

Il a souligné que l'Unicef appelle les autorités israéliennes à "prendre des mesures immédiates et décisives pour empêcher que d'autres enfants palestiniens ne soient tués ou mutilés, et pour protéger leurs foyers, leurs écoles et leur accès à l'eau, conformément au droit international".

"L'Unicef appelle également les États membres disposant d'une influence à user de leur poids pour garantir le respect du droit international", a-t-il dit.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis le début de la guerre à Gaza déclenchée par l'attaque sanglante du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023 sur le sud d'Israël. En janvier 2025, l'armée israélienne a lancé une "opération antiterroriste" visant principalement les camps de réfugiés palestiniens de Cisjordanie.


Liban: six morts dans un bombardement israélien, selon l'agence officielle

Des habitants inspectent les décombres d’un bâtiment dans le village libanais de Kfar Dounine, dans le sud du Liban, le 25 janvier 2026, après qu’il a été touché par une frappe israélienne. (photo d’archive AFP)
Des habitants inspectent les décombres d’un bâtiment dans le village libanais de Kfar Dounine, dans le sud du Liban, le 25 janvier 2026, après qu’il a été touché par une frappe israélienne. (photo d’archive AFP)
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  • Une frappe aérienne israélienne sur une maison à Kfar Dounine, dans le sud du Liban, a fait six morts et sept blessés malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril
  • Israël poursuit ses bombardements tandis que le Hezbollah continue ses attaques contre des cibles israéliennes, alors que de nouvelles discussions entre les deux pays sont prévues à Washington cette semaine

BEYROUTH: L'Agence nationale d'information (ANI, officielle) libanaise a annoncé la mort de six personnes lundi dans un bombardement aérien israélien contre Kfar Dounine, dans le sud du Liban.

"Des avions de combat ennemis ont frappé hier soir une maison habitée à Kfar Dounine, faisant six morts et sept blessés, qui ont été transportés vers des hôpitaux de Tyr", a écrit l'ANI mardi.

Par ailleurs, l'armée israélienne a ordonné sur les réseaux sociaux aux habitants de la petite ville de Sohmor, dans la vallée de la Bekaa (est), d'évacuer en prévision de bombardements.

Malgré une trêve théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, Israël a poursuivi le pilonnage de plusieurs régions du Liban, et le mouvement pro-iranien Hezbollah continue de revendiquer des attaques contre des cibles israéliennes.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans une nouvelle guerre le 2 mars en attaquant Israël au moyen de roquettes pour venger la mort du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, tué au premier jour de l'offensive israélo-américaine contre Téhéran. Israël a répondu en menant des frappes massives et une incursion terrestre dans le sud.

Le dernier bilan des frappes israéliennes, actualisé lundi par le ministère libanais de la Santé, s'élève à 2.869 morts depuis le début de la guerre, dont des dizaines de personnes tuées depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu.

De nouvelles discussions sont prévues jeudi et vendredi à Washington entre le Liban et Israël.