Algérie: forte mobilisation pour la libération des détenus d'opinion

Les Algériens se rassemblent lors d'une manifestation antigouvernementale dans la capitale Alger le 16 avril 2021.(AFP)
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Publié le Vendredi 16 avril 2021

Algérie: forte mobilisation pour la libération des détenus d'opinion

  • Les manifestants ont mis en avant les 23 militants arrêtés lors d'une marche du Hirak le 3 avril à Alger et qui observent une grève de la faim depuis le 7 avril, selon le Comité nationale pour la libération des détenus
  • La marche hebdomadaire, hérissée de parapluies et de portraits de prisonniers, s'est tenue dans le calme dans les artères du centre-ville, en dépit d'un froid mordant, de la pluie et du jeûne du mois sacré du ramadan qui a débuté mardi

ALGER: Des milliers de personnes ont manifesté vendredi à Alger, bravant le froid et le jeûne du ramadan, pour réclamer la libération des militants récemment incarcérés du Hirak, le mouvement populaire antirégime, selon un journaliste de l'AFP.

Comme chaque vendredi depuis fin février, un premier cortège a défilé de la rue Didouche Mourad, principale artère du centre de la capitale, en direction de la Grande Poste, lieu emblématique de rassemblement des hirakistes. Ils ont été rejoints après la prière hebdomadaire du vendredi par des cortèges, plus fournis, venus notamment des quartiers populaires de Bab El Oued et de Belouizdad.  

Derrière une banderole affirmant "Liberté pour tous les détenus d'opinion, manifester pacifiquement n'est pas un crime", la marche hebdomadaire, hérissée de parapluies et de portraits de prisonniers, s'est tenue dans le calme dans les artères du centre-ville, en dépit d'un froid mordant, de la pluie et du jeûne du mois sacré du ramadan qui a débuté mardi. 

Les manifestants ont mis en avant les 23 militants arrêtés lors d'une marche du Hirak le 3 avril à Alger et qui observent une grève de la faim depuis le 7 avril, selon le Comité nationale pour la libération des détenus (CNLD).

Incarcérés à la prison algéroise d'El Harrach, ils sont poursuivis pour "atteinte à l'unité nationale et attroupement non armé".

Jeudi, huit associations algériennes de défense des droits humains se sont inquiétées de la dégradation de leur état de santé.

Scandant "Etat civil et non militaire", pour la démilitarisation du régime, les protestataires, toutes générations confondues, ont réitéré leur rejet des élections législatives du 12 juin: "Pas d'élections avec les partis ventrus", une allusion aux formations politiques proches du pouvoir, accusées de corruption par les hirakistes.

Dans un message à l'occasion de la "journée du savoir", jeudi, le président Abdelamadjid Tebboune a exhorté "la société algérienne (...) à s'exprimer lors des échéances politiques à venir, en toute liberté et par les voies les plus civilisées". 

Les opposants dénoncent, quant à eux, à chacun de leurs rassemblements, un scrutin qualifié de "mascarade". Les principaux partis de l'opposition laïque ont décidé de le boycotter.     

Des marches du Hirak ont également eu lieu en province, en Kabylie notamment, à la veille du 20e anniversaire de la répression des émeutes du "Printemps noir" en avril 2001 (126 morts et des milliers de blessés). 


Le président irakien rencontre le vice-ministre saoudien de la Défense à Bagdad

Le président irakien Barham Salih reçoit le vice-ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, à Bagdad (Fichier/Twitter/@ BarhamSalih)
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  • Le président irakien Barham Salih a rencontré mardi le vice-ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, à Bagdad
  • Le président irakien a déclaré qu'il souhaitait renforcer les relations entre Bagdad et Riyad

RIYAD: Le président irakien Barham Salih a rencontré mardi le vice-ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, à Bagdad, a rapporté Al Arabiya mardi. 

Le président irakien a déclaré qu'il souhaitait renforcer les relations entre Bagdad et Riyad et a salué le rôle central de l'Arabie saoudite dans la région. 

Au cours de la réunion, ils ont abordé le sujet des relations entre les deux pays et les moyens de les renforcer. 

A suivre... 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com 


Les ministres des Affaires étrangères saoudien et turc discutent des relations bilatérales

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, reçoit son homologue turc, Mevlut Cavusogli à La Mecque (SPA)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, reçoit son homologue turc, Mevlut Cavusogli à La Mecque (SPA)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, reçoit son homologue turc, Mevlut Cavusogli à La Mecque (SPA)
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  • Le prince Faisal et M. Cavusoglu sont convenus de tenir des consultations régulières
  • « Notre coopération étroite contribuera à la stabilité, la paix et la prospérité dans la région », déclare M. Cavusoglu

RIYAD : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu mardi avec son homologue saoudien Mevlut Cavusoglu, et la délégation qui l’accompagnait, au bureau régional du ministère des Affaires étrangères à La Mecque. 

Lors de la réunion, à laquelle a également participé le vice-ministre saoudien des Affaires étrangères, Waleed Al-Khuraiji, ils ont discuté des relations entre les deux pays et des principaux développements régionaux et internationaux, indique le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. 

Ils sont convenus de « travailler sur les questions positives » de leur programme commun et de « tenir des consultations régulières », déclare M. Cavusoglu. « Notre coopération étroite contribuera à la stabilité, la paix et la prospérité dans la région », ajoute-t-il. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com 


Ibrahim et Marwane, gamins fauchés par la riposte d'Israël sur Gaza

Des Palestiniens enterrent le corps de Hussein Hamad, 11 ans, lors de ses funérailles à Beit Hanoun, le 11 mai 2021 (Photo, AFP)
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  • Le sang des deux frères, âgés de 10 et 14 ans, n'avait pas fini de sécher mardi matin devant leur maison située à Beit Hanoun
  • «J'ai vu mes cousins brûler et être découpés en morceaux», ajoute le garçon de 14 ans

BEIT HANOUN: Ibrahim et Marwane remplissaient des sacs de paille devant leur maison dans le nord de la bande de Gaza, lorsque les affrontements dans la distante Jérusalem ont dégénéré au point d'entraîner des frappes israéliennes. Les deux gamins sont morts, comme trois autres membres de leur famille.  

Le sang des deux frères, âgés de 10 et 14 ans, n'avait pas fini de sécher mardi matin devant leur maison située à Beit Hanoun, tout près de la barrière de sécurité séparant ce territoire palestinien d'Israël.  

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Des proches du Palestinien Hussein Hamad, 11 ans, pleurent lors de ses funérailles à Beit Hanoun, le 11 mai 2021 (Photo, AFP)

Lundi soir, ils se trouvaient devant chez eux avec leur cousin Ibrahim. Ils préparaient des sacs de paille pour aller les vendre sur le marché au bétail local, raconte ce dernier.  

« On avait préparé trois sacs, je suis allé en porter un à la charrette », se souvient-il. «On a rigolé et on s'est amusés, quand soudain ils nous ont bombardés, tout a pris feu autour ».  

« J'ai vu mes cousins brûler et être découpés en morceaux », ajoute le garçon de 14 ans, en sanglotant. « Pourquoi m'ont-ils laissé? J'aurais voulu mourir avec eux en martyr ».   

Non loin d'eux, un bébé de trois mois --Yazan, un cousin-- et Rahaf, une cousine de 10 ans, ont également été tués par la frappe. Ahmad, un autre membre de la famille âgé de 22 ans, a succombé à ses blessures mardi. Il devait se marier samedi.  

Aucun n'a eu le temps de se mettre à l'abri quand l'aviation israélienne a mené sa première frappe lundi soir sur le nord de la bande de Gaza, en riposte à des tirs de roquettes de groupes armés depuis cette enclave palestinienne.  

Le Hamas a lancé une pluie de roquettes sur Israël par « solidarité » avec les centaines de Palestiniens de Jérusalem-Est blessés dans des heurts avec la police israélienne sur l'Esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam et site le plus sacré du judaïsme.  

Peu après le début de ses frappes, l'armée israélienne a indiqué avoir ciblé un commandant du Hamas. Le mouvement islamiste armé a rapidement confirmé le décès de Muhammad Fayyad, l'un de ses commandants, dans ces frappes sur Beit Hanoun.  

Depuis lundi soir, les frappes israéliennes ont fait 28 morts, dont dix enfants, et plus de 125 blessés à Gaza.  

Côté israélien, deux personnes ont été tuées et des dizaines ont été blessées à Ashkelon, ville située tout près de Gaza sur laquelle le Hamas a affirmé avoir lancé pas moins de 137 roquettes en « cinq minutes », une tactique visant à déjouer le bouclier antimissiles israélien « Dôme de fer ».  

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La mère du Palestinien Hussien Hamad, 11 ans, est réconfortée par des personnes en deuil lors de ses funérailles à Beit Hanoun, le 11 mai 2021 (Photo, AFP)

Funérailles  

Des centaines de personnes ont participé mardi matin sous une nuée de drapeaux palestiniens aux funérailles de plusieurs victimes de Beit Hanoun, village à seulement un kilomètre du point de passage d'Erez vers Israël.  

Au moment où la foule gagnait le cimetière, des dizaines de roquettes ont été tirées en direction du territoire israélien. « Allah Akbar », « Dieu est le plus grand », s'est alors écriée la foule.  

Dans le cimetière, Abou Hussein Hamad est assis. Il effleure pour la dernière fois le visage de son fils Hussein, 11 ans, avant que sa dépouille ne soit inhumée.  

« Quelle était la faute de cet enfant innocent? », s'interroge le père, les yeux embués de larmes.  

Il a été tué dans le même bombardement que les cinq membres de la famille Al-Masry, voisine de la sienne.  

« Je lui avais promis de lui offrir de nouvelles chaussures pour l'Aïd el-Fitr », fête marquant la fin du mois de ramadan prévue cette semaine, raconte le père. Mais cette année, « l'Aïd sera bien sombre ».  

Près du père éploré, la grand-mère de Hussein --qui aidait aussi son père à ramasser de la paille-- partage sa peine: « Ils l'ont tué sans qu'il n'ait commis aucun crime ».