Nids-de-poule et quartiers plongés dans le noir: Beyrouth coule-t-il?

La nuit, quasiment toutes les rues sont désormais dans le noir, en raison du manque d'entretien des lampadaires mais aussi des délestages d'Electricité du Liban (Photo, AFP).
La nuit, quasiment toutes les rues sont désormais dans le noir, en raison du manque d'entretien des lampadaires mais aussi des délestages d'Electricité du Liban (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 18 avril 2021

Nids-de-poule et quartiers plongés dans le noir: Beyrouth coule-t-il?

  • Avec l'effondrement de la monnaie nationale, le budget de la capitale libanaise ne vaut plus rien et les entreprises la boudent
  • Depuis près d'un an et demi, les contrats passés avec des entreprises privées pour l'entretien des chaussées ou des feux n'ont pas été renouvelés

BEYROUTH: Jusqu'à nouvel ordre, les lampadaires de Beyrouth ne s'allumeront plus à la tombée de la nuit et les nids-de-poule ne seront pas rebouchés. Avec l'effondrement de la monnaie nationale, le budget de la capitale libanaise ne vaut plus rien et les entreprises la boudent.

La municipalité a récemment lancé un appel d'offres pour l'entretien de l'éclairage public. Mais personne ne s'est présenté aux réunions organisées en mars pour réceptionner les dossiers. « Aucun entrepreneur ne veut travailler avec nous », se désole un responsable municipal sous couvert d'anonymat.

Depuis des décennies, le pays souffre d'infrastructures en déliquescence. Mais la situation a empiré à partir de fin 2019, avec un effondrement économique dont les stigmates sont de plus en plus visibles.

La nuit, quasiment toutes les rues sont désormais dans le noir, en raison du manque d'entretien des lampadaires mais aussi des délestages d'Electricité du Liban (EDL), fournisseur public, qui empirent.

Sur les routes, les voitures slaloment entre les nids-de-poule. Aux carrefours, les conducteurs redoublent de vigilance : les feux en panne provoquent des accrochages quasi quotidiens.

Depuis près d'un an et demi, les contrats passés avec des entreprises privées pour l'entretien des chaussées ou des feux n'ont pas été renouvelés.

La municipalité a dénoncé des vols de plaques d'égout, subtilisées pour en revendre la fonte. Même phénomène pour le cuivre des câbles électriques.

Si Beyrouth peut se targuer d'avoir le plus gros budget municipal du pays, sa valeur a plongé avec la livre libanaise : le taux de change officiel reste à 1 507 livres pour un dollar, mais au marché noir, il dépasse les 12 000.

Prestataires en fuite

Les contrats de la municipalité, obligatoirement établis en monnaie locale, ne sont plus jugés rentables, les entrepreneurs ayant vu leurs coûts exploser du fait des importations en dollars.

« Si nous devions signer des projets » au taux réclamé par les prestataires, « il n'y aurait plus d'argent dans les caisses », rétorque le responsable municipal.

La compagnie Ramco, déjà chargée de la collecte des déchets, réclame comme d'autres un taux plus avantageux.

« Le contrat est toujours en vigueur, mais ponctuellement l'entreprise menace de cesser son travail », admet le responsable.

Avant la crise, son contrat valait environ 14 millions de dollars annuellement, contre deux millions aujourd'hui avec la dépréciation, reconnaît le président de la municipalité, Jamal Itani.

Après l'explosion du 4 août au port de Beyrouth, qui a fait plus de 200 morts et ravagé des quartiers entiers, ce sont principalement les particuliers et des ONG qui ont pris en charge les reconstructions, même si les autorités ont versé des indemnisations.

La municipalité a été chargée de restaurer certains bâtiments répartis en 15 groupes, selon le niveau des dommages. Mais « nous n'avons réussi à signer des contrats que pour quatre », reconnaît Itani.

Et les sociétés engagées se plaignent : à la signature, le taux était plus avantageux.

« Beyrouth est triste »

« Les entreprises privées ne veulent pas travailler avec des institutions publiques (...) Personne ne veut de projets qui font perdre de l'argent », résume Jad Tabet, président de l'Ordre des ingénieurs.

Et cela sans parler de l'incurie légendaire des hauts fonctionnaires, du copinage et des attributions douteuses de marchés publics.

Une source au fait du fonctionnement de la municipalité évoque des « cahiers des charges rédigés pour correspondre à un prestataire » préalablement sélectionné.

Des soupçons de corruption avaient été évoqués en 2019, lorsque le grand public avait appris que la municipalité ne percevait aucun revenu des parcmètres. Une procédure judiciaire a été ouverte, mais le dossier piétine.

En principe, les dépenses fixes de la municipalité sont de 300 milliards de livres par an (charges salariales et services notamment). Mais ses revenus ont chuté, assure le responsable.

La municipalité a notamment perdu une ressource essentielle avec l'effondrement des demandes de permis de construire : en 2020, quatre seulement ont été délivrés, contre plusieurs dizaines les années précédentes, d'après la même source.

« Si la situation persiste, la municipalité va faire faillite, comme le pays », ajoute le responsable.

Un après-midi dans le quartier animé de Hamra résume le délabrement de la ville.

Depuis le mouvement de contestation antipouvoir d'octobre 2019, les manifestants y brûlent sporadiquement des pneus et des bennes à ordure.

Nombre de ces bennes restent sur place, calcinées, débordantes de déchets. A certains endroits le goudron a fondu sous les pneus incendiés.

Dans sa boutique de sacs à main, Alissar attend des clients qui ne viennent plus.

« Beyrouth est triste », déplore cette commerçante de 49 ans qui « maudit les responsables » : « De la municipalité, aux ministres, aux députés, tous ont manqué à leurs devoirs ».


Iran: la télévision d’État écourte l’interview du négociateur iranien

La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe. (AFP)
La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe. (AFP)
  • Cet entretien étant enregistré, "le minimum que l'on pouvait attendre des responsables de l’IRIB était de se coordonner avec le centre médiatique du Parlement s’ils décidaient de ne pas diffuser une partie de la discussion, contrairement aux procédures"
  • La télévision d’État a elle affirmé que l'entretien avait été divisé en deux parties, dont la seconde serait diffusée mercredi soir

TEHERAN: La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe.

"Cette discussion a été remise à l'Organisation de la radiotélévision de la République islamique d’Iran (IRIB) plus de deux heures avant l'heure de diffusion; mais malheureusement, la diffusion a été interrompue en plein milieu", a regretté mercredi un communiqué du centre médiatique du Parlement.

Cet entretien étant enregistré, "le minimum que l'on pouvait attendre des responsables de l’IRIB était de se coordonner avec le centre médiatique du Parlement s’ils décidaient de ne pas diffuser une partie de la discussion, contrairement aux procédures", a ajouté le communiqué.

La télévision d’État a elle affirmé que l'entretien avait été divisé en deux parties, dont la seconde serait diffusée mercredi soir.

Le centre médiatique du Parlement a précisé que la partie non diffusée portait notamment sur des questions au coeur du protocole d'accord conclu le 17 juin entre Téhéran et Washington, soit les inspections de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le dégel d'avoirs iraniens et la ligne de crédit prévue de 300 milliards de dollars pour la reconstruction de l'Iran.

De nombreux partisans de l'inflexibilité face aux Etats-Unis, notamment des parlementaires conservateurs et des personnalités médiatiques, ont ces dernières semaines critiqué ce texte visant à mettre fin au conflit dans la région.

Le mois dernier, un présentateur de la télévision d’État avait appelé à la fermeture de l’aéroport de Téhéran afin que l’équipe de négociation iranienne ne puisse pas se rendre en Suisse pour discuter avec la délégation américaine.

Certains estiment qu'après la signature de cet accord, sous la médiation du Pakistan et du Qatar, l’Iran a rouvert de manière prématurée le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, sans obtenir en retour de bénéfices tangibles.

Dans la partie de l'entretien diffusée mardi, M. Ghalibaf a soutenu que l'entente avec les Américains avait permis à l’Iran de vendre son pétrole grâce à la levée, aux termes de l'accord, du blocus américain des ports iraniens.

Depuis "nous avons exporté plus de 40 millions de barils de pétrole (...) En revanche, durant les 50 à 60 jours précédents, nous avions été dans l'impossibilité totale d'exporter ne serait-ce qu'un seul baril de pétrole", a-t-il affirmé.


Netanyahu affirme depuis le sud du Liban que son armée restera tant que le Hezbollah «nous menace»

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace". (AFP)
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace". (AFP)
  • Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place
  • "Notre position est claire : nous ne quitterons pas le sud du Liban tant que la menace n'aura pas disparu. Et tant que le Hezbollah, armé, sera présent ici et nous menacera, nous resterons ici"

JERUSALEM: Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace".

"Notre position est claire : nous ne quitterons pas le sud du Liban tant que la menace n'aura pas disparu. Et tant que le Hezbollah, armé, sera présent ici et nous menacera, nous resterons ici", a-t-il affirmé à des troupes israéliennes sur place selon une vidéo diffusée par son bureau.

 


L’Arabie saoudite en tête du classement de sécurité publique du G20

Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
  • 97,7 % des habitants déclarent se sentir en sécurité en marchant seuls la nuit

RIYAD: L’Arabie saoudite occupe la première place parmi les pays du G20 dans l’Indice de sécurité 2025, selon les données de la base des indicateurs des Objectifs de développement durable des Nations unies, publiées lundi par l’Autorité générale des statistiques du Royaume.

Les résultats indiquent que 97,7 % de la population se sent en sécurité en marchant seule la nuit dans son quartier, selon l’Agence de presse saoudienne (Saudi Press Agency).

Ils montrent également que 94,9 % des femmes, 97 % des citoyens saoudiens et 97,2 % des personnes âgées de 60 à 64 ans se sentent en sécurité en marchant seules la nuit dans les zones résidentielles.

Ces résultats soulignent les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité dans l’ensemble du Royaume, a ajouté la SPA. Ils s’inscrivent dans les initiatives visant à renforcer la sécurité, la stabilité et la qualité de vie dans les secteurs économique, alimentaire, environnemental, sanitaire, social, politique, intellectuel, technologique et de cybersécurité, conformément à la Vision 2030 de l’Arabie saoudite.

L’Autorité générale des statistiques mène ses travaux selon une méthodologie unifiée basée sur le Statistical Business Process Manual, conforme aux normes statistiques internationales.

Dans un autre rapport, l’autorité a indiqué que 75,3 % de la population saoudienne a participé à des événements ou activités culturelles en 2025, reflétant une participation croissante à la vie culturelle dans le Royaume.

Ces données ont été publiées dans le cadre de l’initiative Raqam Saudi, qui met en avant les réalisations nationales, renforce la fierté nationale et les valeurs de citoyenneté, et souligne le rôle des statistiques officielles dans le suivi des progrès vers les objectifs de Vision 2030 et du développement durable. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com