Le CFCM sur la voie de l’implosion

Des gens marchent devant la Grande Mosquée de Paris le 13 avril 2021, quelques heures avant le début du mois sacré musulman du Ramadan en France. Thomas SAMSON / AFP
Des gens marchent devant la Grande Mosquée de Paris le 13 avril 2021, quelques heures avant le début du mois sacré musulman du Ramadan en France. Thomas SAMSON / AFP
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Publié le Mardi 21 septembre 2021

Le CFCM sur la voie de l’implosion

  • Le Conseil français du culte musulman (CFCM) est comme un être né avec une malformation congénitale grave
  • Avec l’arrivée de Gérald Darmanin, qui a choisi comme conseiller pour les cultes Louis-Xavier Thirode, la tendance semble être au rapprochement avec la mouvance algérienne

PARIS: Le Conseil français du culte musulman (CFCM) est comme un être né avec une malformation congénitale grave. L’altération de cette malformation négligée au fil du temps place aujourd’hui cette association dans une situation d’agonie.

Alors que les musulmans de France se trouvent dans l’obligation de concilier les exigences du mois sacré du ramadan avec celles de la pandémie de Covid, le CFCM, instance censée les représenter auprès des autorités publiques, est en proie à des querelles internes qui font planer le doute sur sa pérennité.

Jusqu’au mois de mars dernier, pourtant, l’association paraissait en parfait état de marche.

Un cap d’une grande importance a été franchi avec l’adoption d’une charte très attendue qui doit réguler le statut des imams en France et l’annonce de la création d’un Conseil national des imams.

Le texte a été signé le 17 janvier dernier en présence de président français, Emmanuel Macron, par toutes les fédérations du CFCM, à l’exception de trois d’entre elles.

Les non-signataires sont le Millî Gôrüs, que l’on dit proche du parti kurde PKK, le Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF) et le mouvement Foi et pratique ou «Tabligh».

Créé dans la douleur en 2003 par l’ancien président Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, le CFCM a toujours pâti des rivalités internes de ses composantes.

Au mois de janvier dernier, l’attitude de ces trois fédérations est minimisée, d’autant plus que leur poids est relatif comparé à celui des six autres composantes du conseil.

Une deuxième fracture, plus grave, survient lors d’une réunion du conseil exécutif du CFCM le 17 mars dernier; c’est la méthode de nomination de l’aumônier national des prisons qui en est le motif.

Quatre fédérations importantes décident de renverser la table afin de protester contre la méthode utilisée par le président du CFCM, Mohamed Moussaoui, pour choisir l’aumônier.

Il s’agit de la Grande Mosquée de Paris, du Rassemblement des musulmans de France (RMF), de l’Union des musulmans de France (UMF) et de la Fédération française des associations islamiques d’Afrique, des Comores et des Antilles (FFAIACA).

Pour Bernard Godard, ancien chargé de mission au bureau des cultes du ministère de l’Intérieur, cette crise est la plus grave qu’ait jamais traversée le CFCM.

Ils annoncent la création d’une coordination pour les représenter au niveau national, avec à sa tête le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz.

Créé dans la douleur en 2003 par l’ancien président Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, le CFCM a toujours pâti des rivalités internes de ses composantes.

Il est aujourd’hui écartelé, en proie, dans ses propres rangs, à l’antagonisme le plus virulent, porté d’une part par la fédération pro-algérienne et d’autre part par la fédération pro-marocaine.

Pour Bernard Godard, ancien chargé de mission au bureau des cultes du ministère de l’Intérieur, cette crise est la plus grave qu’ait jamais traversée le CFCM. Interrogé par Arab News en français, Godard, auteur de deux livres de référence sur l’islam et les musulmans en France, indique que ce clivage traditionnel entre Algériens et Marocains est aujourd’hui exacerbé par les personnalités «totalement antagonistes» que sont Hafiz et Moussaoui.

Hafiz, avocat de formation, est un habile politicien. Moussaoui, de son côté, est un homme pieux – c’est un imam –, mais il a du mal à travailler en équipe.

Depuis la création du CFCM, le Maroc a tenté de mettre la main sur l’association et les Algériens se défendaient du mieux qu’ils le pouvaient. Mais des tiraillements ont toujours existé, les Marocains désirant prendre les commandes et les Algériens supportant mal le fait d’être relégués au second plan parmi les communautés impliquées dans les affaires de l’islam.

Ces tensions ne sont pas nouvelles, affirme une source proche du dossier.

C’est en 2012 et 2013 que les choses se sont compliquées: le Maroc, avec ses deux associations (le RMF et l’UMF), a cherché à contrôler encore davantage la représentation de l’islam en France.

Les milieux marocains ont donc fait savoir, par le biais du président Moussaoui, que l’Union des mosquées de France constituait leur représentation officielle, selon la source précitée.

Les autorités françaises, elles, n’ont pas de politique cohérente, toujours selon cette source qui rappelle que, lorsque le ministère de l’Intérieur était aux mains de Christophe Castaner, il donnait l’impression non d’être pro-marocain, mais de faire confiance à l’UMF. Avec l’arrivée de Gérald Darmanin, qui a choisi comme conseiller pour les cultes Louis-Xavier Thirode, la tendance semble être au rapprochement avec la mouvance algérienne.

Thirode a d’ailleurs été en poste à Alger; il est très proche de Hafiz ainsi que de la Grande Mosquée de Paris. C’est donc logiquement que cette dernière gagne en influence auprès du ministère de l’Intérieur.

N’en déduisons pas de manière trop hâtive que Darmanin et son conseiller ont choisi l’Algérie contre le Maroc; mais de multiples signaux indiquent que, pour le ministère de l’Intérieur, l’homme de confiance se trouve à la Grande Mosquée de Paris.

 

«C’est un peu le soutien des pouvoirs publics qui a porté» le CFCM pendant toutes ces années, affirme Bernard Godard à Arab News en français.

L’islam de France est-il pris en otage par le Maroc et par l’Algérie?

Sur ce sujet, Godard se veut nuancé en ce qui concerne l’Algérie: selon lui, Hafiz dispose d’une liberté de décision totale et il ne reçoit aucune instruction théologique de la part d’Alger.

Un point cependant doit attirer notre attention: le détachement par l’Algérie d’environ cent trente-deux imams en France, ces derniers demeurant rémunérés par Alger.

C’est là, selon Godard, la grande différence avec Rabat: autour de Moussaoui, il y a tout un réseau qui remonte au ministère marocain des Habous et des Affaires islamiques.

Ayant été à la manœuvre lors de la mise en place du CFCM, Godard en convient: «Le Conseil n’a pas changé depuis, c’est toujours l’expression des courants et des pays d’origine.» Il rappelle que «c’est un peu le soutien des pouvoirs publics qui a porté» le CFCM pendant toutes ces années.

La deuxième et la troisième génération issues de l’immigration se reconnaissent-elles dans ces querelles? Pour Godard, la réponse – et «c’est tant mieux», souligne-t-il – est un non catégorique.

Nombreuses sont les personnes investies dans les mosquées et les différentes instances religieuses qui ne se sentent pas concernées par ces vieilles querelles.

Il est donc temps de repenser la représentation de l’islam. Toutefois, Godard rétorque que «ce n’est pas à l’État de penser à la place [des musulmans]».

Il faut en effet que l’initiative émane des rangs musulmans. «Ils en sont capables intellectuellement», affirme Bernard Godard – on le voit à travers les innombrables personnalités qui ont émergé –, «mais ce ne sont pas des personnes qui unissent leurs forces dans un même sens», même si, dans le fond, elles pensent de la même façon.

Cette union est pourtant de plus en plus nécessaire car il semble qu’il ne soit plus possible de colmater les brèches et de sauver le CFCM. Godard estime non seulement que la crise actuelle est grave, mais qu’elle est en train de se propager.


Iran: pas de levée de sanctions «tant que» Téhéran ne renonce pas à son programme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
  • "Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques"
  • Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région.

"Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques dont certains pourraient un jour être en capacité de viser l'Europe", a déclaré Jean-Noël Barrot sur BFM TV/RMC.

"Et tant qu'il n'aura pas rendu aux Iraniens la liberté de construire leur propre avenir", a-t-il ajouté.

Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris.

"Le constat, c'est qu'il y a un accord qui a été trouvé et qui permet des choses très simples, c'est-à-dire l'arrêt des hostilités, la réouverture du détroit d'Ormuz et le démarrage d'une négociation pour encadrer strictement le programme nucléaire iranien", a-t-il dit.

Il a de nouveau appelé toutes les parties à revenir "au protocole de négociation qui a été fixé par cet accord parce que (...) elles n'ont aucun intérêt à l'escalade".

Les Etats-Unis ont encore bombardé l'Iran, Téhéran ripostant lundi en visant des pays de la région alliés de Washington, des frappes d'une ampleur sans précédent des deux côtés depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


14-Juillet et Coupe du monde: 7.000 policiers et gendarmes mardi à Paris et son agglomération

Le président français Emmanuel Macron et Charles Dreyfus, petit-fils d’Alfred Dreyfus, rendent hommage devant la statue en bronze de 3,5 mètres (12 pieds) réalisée en 1985 par l’artiste français Louis Mitelberg, alias Tim, représentant le capitaine Alfred Dreyfus, lors d’une cérémonie en son honneur organisée à l’occasion de la première journée nationale consacrée à la reconnaissance de son innocence par la Cour de cassation en 1906, et à la lutte contre la résurgence de l'antisémitisme, 120 ans plus tard, sur l'île de la Cité, près de la Cour de cassation à Paris, le 12 juillet 2026.  (AFP)
Le président français Emmanuel Macron et Charles Dreyfus, petit-fils d’Alfred Dreyfus, rendent hommage devant la statue en bronze de 3,5 mètres (12 pieds) réalisée en 1985 par l’artiste français Louis Mitelberg, alias Tim, représentant le capitaine Alfred Dreyfus, lors d’une cérémonie en son honneur organisée à l’occasion de la première journée nationale consacrée à la reconnaissance de son innocence par la Cour de cassation en 1906, et à la lutte contre la résurgence de l'antisémitisme, 120 ans plus tard, sur l'île de la Cité, près de la Cour de cassation à Paris, le 12 juillet 2026. (AFP)
  • Au total, sur l'ensemble du pays, 70.000 policiers et gendarmes seront déployés, comme l'a annoncé dimanche le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez
  • Pour ce faire, dans le détail, 5.000 effectifs de la PP, 2.000 policiers et gendarmes issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers  de la BSPP, seront mobilisés

PARIS: Un dispositif massif de 7.000 policiers et gendarmes et 2.000 sapeurs-pompiers sera déployé mardi à Paris et son agglomération pour assurer la sécurité des festivités du 14 juillet et prévenir tout débordement lors de la demi-finale de la Coupe du monde de football qui opposera en soirée la France à l'Espagne.

Dans un communiqué, la préfecture de police de Paris (PP) a précisé que ce lundi, déjà, 3.000 policiers de la PP renforcés par 1.000 effectifs issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) seront mobilisés pour sécuriser le concert prévu sur le Champ-de-Mars et le spectacle de pyrotechnie et de drones dans la soirée.

Le lendemain, il s'agira de sécuriser le défilé militaire du 14 juillet sur les Champs-Elysées, le dernier d'Emmanuel Macron en tant que chef de l'Etat, et de permettre, selon les termes de la PP, de faire en sorte que la demi-finale de la coupe du Monde "reste une fête pour le plus grand nombre".

Pour ce faire, dans le détail, 5.000 effectifs de la PP, 2.000 policiers et gendarmes issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers  de la BSPP, seront mobilisés.

Au total, sur l'ensemble du pays, 70.000 policiers et gendarmes seront déployés, comme l'a annoncé dimanche le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.


France : deux Canadair envoyés face à l'incendie hors norme de Fontainebleau, près de Paris

Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin dans l'emblématique forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, pour lutter contre un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités. (AFP)
Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin dans l'emblématique forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, pour lutter contre un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités. (AFP)
  • Quelque 800 hectares avaient été parcourus lundi matin dans le massif forestier de Fontainebleau, emblématique poumon vert d'un peu plus de 20.000 ha situé à 60 km au sud-est de Paris
  • "Huit cents hectares, ça va se voir de haut... On va pleurer notre forêt", soupirait dans la nuit le premier adjoint au maire du village de Vaudoué, Didier Buguinet, qui n'a "jamais vu ça"

ARBONNE-LA-FORET: Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin dans l'emblématique forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, pour lutter contre un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités.

Actuellement les deux Canadair sont en action, et plus de 500 pompiers sont attendus dans la journée avec l'ensemble des renforts, ont indiqué les pompiers à la presse, alors que la France traverse sa troisième vague de chaleur de l'année, un contexte qui favorise fortement le risque de départs de feux.

Face à l'incendie qui a débuté dimanche, deux Dash avaient été utilisés pour larguer au sol du produit retardant, un déploiement d'avions de lutte contre le feu inédit en région parisienne.

Quelque 800 hectares avaient été parcourus lundi matin dans le massif forestier de Fontainebleau, emblématique poumon vert d'un peu plus de 20.000 ha situé à 60 km au sud-est de Paris.

"Huit cents hectares, ça va se voir de haut... On va pleurer notre forêt", soupirait dans la nuit le premier adjoint au maire du village de Vaudoué, Didier Buguinet, qui n'a "jamais vu ça".

Vigilance rouge canicule 

Le département de Seine-et-Marne, où se trouve la forêt, fait face depuis le déclenchement de la vigilance canicule rouge samedi à plusieurs incendies d'ampleur, qui ont couvert près de 400 hectares au total avant d'être maîtrisés.

Les sinistres ont entraîné dimanche l'interruption de la circulation sur une portion de l'autoroute A6, la principale artère menant vers le sud-est de la France et qui traverse la forêt.

Ils ont aussi provoqué des retards de trains de plusieurs heures, en raison notamment de dommages sur des câbles. La circulation ferroviaire a repris à une "vitesse normale" sur la ligne à grande vitesse, a indiqué lundi matin la compagnie nationale SNCF Réseau à l'AFP.

Dès dimanche, un panache de fumée flottant sur la forêt était visible à 20 km de distance, tandis que des camions de sapeurs-pompiers se rendaient sur le sinistre par les petites routes forestières. Ils ont reçu le renfort d'agriculteurs qui arrimaient des citernes d'eau à l'arrière de leurs tracteurs.

Malgré les appels des secours à rester confinés pour ne pas s'exposer aux fumées, des habitants sortaient sur le pas de leur porte pour assister médusés à ce ballet de véhicules de secours et de police, dans l'âcre fumée qui flotte sur la zone.

Selon un point des autorités lundi matin, environ 200 personnes ont dû être mises en sécurité en raison de la propagation de l'incendie, qui mobilise environ 370 pompiers sur le terrain.

Situation "amenée à durer" 

Le ministre de l'Intérieur français Laurent Nuñez est arrivé sur place en début de matinée. "La situation est amenée à durer", selon les autorités.

Partout en France, les secours ont dû lutter contre les flammes: dans les Pyrénées-Orientales (sud), la Drôme (sud-est), le Lot (sud-ouest), en Savoie (sud-est), mais aussi dans des secteurs plus septentrionaux, comme l'Indre (centre) ou la Loire-Atlantique (ouest), preuve qu'aucune région n'est à l'abri de ces incendies estivaux, favorisés par les épisodes de canicule de plus en plus fréquents.

Selon Laurent Nuñez, une fois le bilan "consolidé", "on sera à 25.000 hectares brûlés" en France, soit "deux fois plus par rapport à la même période" de 2025. Les autorités ont prévenu que les responsables de tels sinistres, volontairement ou par imprudence, feraient l'objet de poursuites pénales.

Elles ne laisseront "rien passer", a prévenu le ministre, qui a indiqué samedi que 32 personnes avaient été placées en garde à vue depuis le début de l'été.