Sri Lanka: expulsion d'un navire chargé de matériaux radioactifs destinés à la Chine

Une vue générale du terminal géré par la Chine du port de Colombo, le 2 février 2021 (Photo, AFP)
Une vue générale du terminal géré par la Chine du port de Colombo, le 2 février 2021 (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 21 avril 2021

Sri Lanka: expulsion d'un navire chargé de matériaux radioactifs destinés à la Chine

  • Le Conseil de régulation de l'énergie atomique a déclaré que le MV BBS Naples avait été prié de quitter le territoire du Sri Lanka
  • Selon le directeur général du Conseil, Anil Ranjith, cette intrusion dans un port avec de l'hexafluorure d'uranium utilisé pour enrichir le combustible des centrales et des armes nucléaires est une effraction

COLOMBO: Les autorités sri lankaises ont expulsé mercredi un navire immatriculé à Antigua, entré dans ses eaux sans déclarer une cargaison de matériaux radioactifs destinés à la Chine.  

Le Conseil de régulation de l'énergie atomique a déclaré que le MV BBS Naples avait été prié de quitter le territoire du Sri Lanka après sa découverte, dans la nuit de mardi à mercredi avec sa cargaison d'hexafluorure d'uranium tandis qu'il mouillait dans le port de Hambantota, propriété chinoise.  

« Le navire n'a pas déclaré sa cargaison dangereuse - de l'hexafluorure d'uranium - et nous avons décidé de lui ordonner de quitter nos eaux immédiatement », a déclaré le directeur général du Conseil, Anil Ranjith. 

Le navire venait de Rotterdam, mais les autorités n'ont pas précisé quelle était sa destination en Chine.   

Selon M. Ranjith, cette intrusion dans un port avec de l'hexafluorure d'uranium utilisé pour enrichir le combustible des centrales et des armes nucléaires est une effraction. 

Le chef de l'opposition sri lankaise, Sajith Premadasa, a demandé une enquête sur le navire, qualifiant l'incident de menace sérieuse pour la sécurité.  

« La marine n'a pas été autorisée à monter à bord du navire pour effectuer une inspection », a déclaré M. Premadasa.  

Le gouvernement n'a fait aucun commentaire dans l'immédiat.  

En décembre 2017, le Sri Lanka a été contraint de céder le port en eau profonde de Hambantota, dans le sud de l'île, à une entreprise chinoise après avoir été incapable d'assurer le service de sa dette pour sa construction. 

Le port est situé à quelque 260 kilomètres au sud de Colombo, près des principales voies de navigation de l'Océan Indien.  

L'Inde et les Etats-Unis s'inquiètent du fait que ce port puisse accueillir des bâtiments de la marine chinoise. 

Près de 70% du trafic maritime global du port de Colombo se fait en provenance ou à destination de l'Inde. 


Gibraltar vend le yacht d'un oligarque russe pour 37,5 millions de dollars

Ce bateau, baptisé Axioma, est un luxueux yacht de 72 mètres battant pavillon maltais (Photo, AFP).
Ce bateau, baptisé Axioma, est un luxueux yacht de 72 mètres battant pavillon maltais (Photo, AFP).
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  • Le produit de la vente aux enchères permettra aux autorités de Gibraltar d'indemniser les créanciers de l'oligarque
  • Au total, 63 offres de rachat avaient été reçues lors de la vente aux enchères du yacht

GIBRALTAR: Le yacht de l'oligarque russe Dimitri Pumpianski, visé par des sanctions occidentales, a été vendu pour 37,5 millions de dollars par Gibraltar, où il avait été saisi en mars, a annoncé mardi l'autorité judiciaire maritime de cette enclave britannique.

Cette autorité, appellée Admiralty Marshal, a précisé dans un communiqué qu'elle ne révèlerait pas le nom de l'acheteur.

Le produit de la vente aux enchères permettra aux autorités de Gibraltar d'indemniser les créanciers de l'oligarque.

Au total, 63 offres de rachat avaient été reçues lors de la vente aux enchères du yacht.

Ce bateau, baptisé Axioma, est un luxueux yacht de 72 mètres battant pavillon maltais.

Il avait été saisi en mars par les autorités de ce petit territoire britannique situé à l'extrême sud de l'Espagne après une plainte déposée par la banque américaine JP Morgan.

Cette banque avait accordé en décembre un prêt de 20,5 millions d'euros à une société enregistrée dans les Îles Vierges britanniques, dont l'actionnaire était une société chypriote, elle-même propriété de Dimitri Pumpianski.

JP Morgan considérait que le placement de l'oligarque sur la liste des personnalités russes visées par des sanctions britanniques constituait une entorse à cet accord de prêt. Les sanctions entraînent notamment un gel des actifs des hommes d'affaires visés, mettant en péril le remboursement des créances.

La banque avait donc fait appel aux autorités de Gibraltar pour qu'elles saisissent le yacht, qui avait été enregistré comme l'une des garanties du prêt.

Patron du géant des pipelines TMK, Dimitri Pumpianski est également visé par les sanctions de l'UE prises depuis l'invasion russe de l'Ukraine.

Plusieurs pays, comme l'Espagne, l'Italie et la France, ont saisi des yachts appartenant aux Russes les plus fortunés dans le cadre des sanctions européennes prévoyant le gel de tous leurs avoirs dans l'UE.


Kenya: le président William Ruto nomme son gouvernement

Le président kényan William Ruto prend la parole lors de la 77e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, au siège de l'ONU, le 21 septembre 2022, à New York (Photo, AFP).
Le président kényan William Ruto prend la parole lors de la 77e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, au siège de l'ONU, le 21 septembre 2022, à New York (Photo, AFP).
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  • Si le Kenya est l'économie la plus dynamique d'Afrique de l'Est, elle fait face à d'importantes difficultés, à commencer par l'explosion des prix des carburants et des produits de première nécessité
  • L'inflation a atteint 8,5% en août, un plus haut depuis cinq ans

NAIROBI: Le nouveau président kényan William Ruto, élu le mois dernier au terme d'une élection serrée, a annoncé mardi la composition de son gouvernement, nommant notamment au ministère des Finances un ancien gouverneur de la Banque centrale du Kenya.

"Je suis fier d'annoncer les hommes et femmes qui vont servir dans le gouvernement", a déclaré le chef de l'Etat.

Si William Ruto s'était engagé durant la campagne à instaurer la parité dans son gouvernement, seules sept femmes ont été nommées, sur un total de 22 ministres.

M. Ruto, 55 ans, qui s'est présenté durant la campagne comme le candidat des "débrouillards" et a annoncé vouloir relancer l'économie, a nommé Njuguna Ndung'u, ancien gouverneur de la Banque centrale du Kenya, au poste de ministre des Finances.

Si le Kenya est l'économie la plus dynamique d'Afrique de l'Est, elle fait face à d'importantes difficultés, à commencer par l'explosion des prix des carburants et des produits de première nécessité.

L'inflation a atteint 8,5% en août, un plus haut depuis cinq ans, combinée à une chute du shilling kényan, la monnaie nationale. Depuis 2013, la dette du pays a été multipliée par six.

Abraham Kithure Kindiki, qui a défendu M. Ruto devant la Cour suprême du pays après les recours déposés par l'opposant Raila Odinga, a été nommé au ministère de l'Intérieur. Aden Barre Duale prend de son côté les rênes du ministère de la Défense.

Simon Chelugi est le seul ministre qui a servi sous l'ancien président Uhuru Kenyatta à avoir été prolongé par le nouveau chef de l'Etat, passant du ministère du Travail à celui des Petites et moyennes entreprises.

Lors de sa cérémonie d'investiture le 13 septembre, William Ruto a promis de "travailler avec tous les Kenyans".

La Cour suprême a confirmé le 5 septembre, près d'un mois après le scrutin du 9 août, la victoire électorale de M. Ruto, qui est à la tête de l'une des plus grandes fortunes du pays, avec environ 233 000 voix d'avance (sur 14 millions de votes) sur Raila Odinga, figure historique de la politique kényane qui avait crié à la fraude.


Birmanie: l'attaque contre une école pourrait être un crime de guerre, selon les enquêteurs de l'ONU

Des débris et de la suie recouvrent le sol d'un collège du village de Let Yet Kone, dans le canton de Tabayin, dans la région de Sagaing, au Myanmar, le samedi 17 septembre 2022 (Photo, AP).
Des débris et de la suie recouvrent le sol d'un collège du village de Let Yet Kone, dans le canton de Tabayin, dans la région de Sagaing, au Myanmar, le samedi 17 septembre 2022 (Photo, AP).
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  • L'attaque a tué douze enfants et deux adultes le 16 septembre, selon les témoignages
  • Elle s'est produite dans un hameau de la commune de Depeyin, dans la région de Sagaing (nord-ouest), théâtre d'affrontements féroces entre l'armée birmane et des groupes rebelles

GENEVE: La récente attaque des troupes de la junte birmane sur une école, qui a coûté la vie à douze enfants, pourrait être un crime de guerre, selon des experts de l'ONU qui tentent de collecter des preuves pour établir les responsabilités.

"Les attaques armées qui visent des civils sont interdites par le droit international de la guerre et peuvent être punies en tant que crimes de guerre ou crimes contre l'humanité", rappellent les experts du Mécanisme onusien d'enquête indépendant pour la Birmanie. Ils n'apportent toutefois pas encore de conclusion ferme.

L'attaque a tué douze enfants et deux adultes le 16 septembre, selon les témoignages recueillis y compris par l'AFP auprès de survivants.

Elle s'est produite dans un hameau de la commune de Depeyin, dans la région de Sagaing (nord-ouest), théâtre d'affrontements féroces entre l'armée birmane et des groupes rebelles.

Selon les informations des experts, l'attaque a duré plusieurs heures et les hélicoptères, en appui à l'infanterie, ont fait usage de roquettes et de mitrailleuses. L'infanterie a ensuite poursuivi l'attaque.

L'armée birmane affirme que l'attaque ne visait pas des civils mais plutôt des rebelles armés qui auraient été présents dans l'école, indiquent les experts indépendants.

"Même si tel était le cas et que l'attaque armée avait un objectif militaire, elle est interdite selon les lois de la guerre si l'on s'attend à ce qu'elle entraîne des blessures ou des morts civiles excessives par rapport à l'avantage militaire direct attendu obtenu par l'attaque", expliquent-ils.

Ils rappellent, que les commandants militaires qui négligent intentionnellement ou par imprudence leurs obligations, de même que tout soldat ou pilote qui suit un ordre tout en sachant qu'il est disproportionné, s'exposent à des poursuites.

Le fait que l'école soit un objectif exigeait tout particulièrement "de confirmer l'existence et la nature de toute cible militaire éventuelle, évaluer le nombre de civils dans la zone et adopter des moyens et des méthodes pour minimiser le risque de les blesser", insistent les enquêteurs.