Une nouvelle génération en lutte contre les discriminations raciales aux Etats-Unis

Une personne célèbre le verdict du procès de Derek Chauvin au Black Lives Matter Plaza près de la Maison Blanche le 20 avril 2021 à Washington, DC
Une personne célèbre le verdict du procès de Derek Chauvin au Black Lives Matter Plaza près de la Maison Blanche le 20 avril 2021 à Washington, DC
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Publié le Jeudi 22 avril 2021

Une nouvelle génération en lutte contre les discriminations raciales aux Etats-Unis

  • Plusieurs représentants de la lutte pour la justice raciale aux Etats-Unis sont à citer
  • On les retrouve chez les politiques, dans la société civile et dans le monde des sports

Soixante ans après les grandes marches pour les droits civiques des Afro-Américains, une nouvelle génération de militants et de responsables politiques a repris le flambeau autrefois tenu par Martin Luther King.

Voici quelques-uns des représentants emblématiques de la lutte pour la justice raciale:

Black Lives Matter

L'acquittement en 2013 du meurtrier de Trayvon Martin, un adolescent noir abattu l'année précédente en Floride alors qu'il n'était pas armé, propage une onde de colère aux Etats-Unis et donne naissance au mouvement « Black Lives Matter » (« Les vies noires comptent »).

D'abord un mot-dièse créé par des militantes afro-américaines, « BLM » a pris la forme d'une organisation d'ampleur nationale, plaçant le « collectif » avant l'individu et sans réel dirigeant, présente dans une quarantaine de villes américaines, qui lutte pour « éradiquer la suprématie blanche » et « mettre fin aux violences policières ».

C'est aussi un slogan, qui a notamment rythmé les manifestations géantes organisées à travers les Etats-Unis et dans le monde depuis la mort de George Floyd, asphyxié par un policier blanc à Minneapolis en mai 2020.

Les politiques

Kamala Harris, 56 ans et première femme noire à accéder à la vice-présidence, a défendu depuis son entrée en politique la cause des Afro-Américains victimes d'injustices sociales, même si ses détracteurs lui reprochent sa sévérité contre les auteurs de petits délits, qui a surtout affecté les minorités lorsqu'elle était procureure de Californie.

Après l'annonce mardi de la culpabilité du policier blanc accusé d'avoir tué George Floyd, elle a rappelé que ses parents, sa mère indienne et son père jamaïcain, militaient pour les droits civiques en Californie.

Le verdict « n'enlève toutefois pas la douleur », a-t-elle noté. « Nous devons encore réformer le système » car « l'Amérique a une longue histoire de racisme généralisé », a-t-elle dit.

Autre démocrate très en vue lors de la présidentielle, l'ex-élue afro-américaine de Géorgie Stacey Abrams, qui à 47 ans est une figure de la lutte contre les atteintes au droit de vote des Noirs américains.

Sa campagne visant à mobiliser et aider les minorités à voter en Géorgie a permis à Joe Biden de remporter cet Etat du Sud historiquement conservateur, et d'y élire deux candidats démocrates au Sénat en janvier.

L'avocat et la famille Floyd

Trayvon Martin, Breonna Taylor, George Floyd, Jacob Blake, Daunte Wright... L'avocat Ben Crump, 51 ans, défend les familles des victimes emblématiques du racisme et des violences policières aux Etats-Unis ces dernières années.

Basé à Tallahassee, la capitale de la Floride, il n'hésite pas parcourir le pays pour soutenir les familles de victimes, évoquant Dieu et la religion dans ses déclarations au ton incisif et provocateur, qui rappellent celles des grandes figures du mouvement des droits civiques des années 1960.

Le révérend Al Sharpton, figure de la lutte pour les droits des Afro-Américains que Ben Crump considère comme un « mentor », l'a présenté mardi comme le « ministre de la Justice de l'Amérique noire ».

Il a noué des liens forts avec la famille de George Floyd, qui sont aussi devenus des porte-voix.

Philonise, un des frères de George Floyd « ne représente pas seulement le combat pour la justice de sa famille, pour l'Amérique noire, mais pour tous les Américains », a lancé mardi l'avocat.

Philonise Floyd, 39 ans, a assuré qu'il continuerait à se battre « parce que ça ressemble à un cycle sans fin », après la mort d'un jeune Afro-Américain tué par la police dans la banlieue de Minneapolis en plein pendant le procès du meurtrier de son frère.

« Je ne me bats plus pour George mais pour chaque personne dans le monde entier », a-t-il dit.

Les sportifs

Colin Kaepernick, 33 ans et ancien quarterback des San Francisco 49ers, a décidé en 2016 de s'agenouiller pendant l'hymne national pour dénoncer les brutalités policières contre la minorité noire.

Son geste lui a coûté sa carrière et il s'est attiré les foudres de Donald Trump, mais il est depuis imité par de nombreux sportifs dans le monde qui protestent contre le racisme. Même des policiers se sont agenouillés lors de manifestations Black Lives Matter.

Superstar du basket, LeBron James, 36 ans, a lui utilisé sa notoriété et ses quatre titres de champion de NBA pour dénoncer les injustices sociales et raciale, et créer une association pour amener la population noire à davantage voter à la présidentielle de 2020.

Mardi, il a commenté d'un mot le verdict de Minneapolis: « RESPONSABILITÉ ».

 


Double séisme au Venezuela: au moins 32 morts et plus de 700 blessés

Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
  • Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres
  • Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela

CARACAS: Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués.

Dans la capitale de ce pays d'Amérique latine de près de 30 millions d'habitants régulièrement frappé par des séismes, des photographes de l'AFP ont vu des secouristes et des habitants fouiller des immeubles réduits à des gravats. Des personnes étaient extirpées des décombres puis emmenées sur des brancards.

Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres. "Nous avons besoin de lampes torches !", lance l'un d'eux dans la nuit noire.

"A l'heure actuelle, nous avons reçu des informations faisant état de 32 morts" et "de plus de 700 blessés", a déclaré la présidente par intérim Delcy Rodriguez dans un message à la nation, après avoir déclaré l'état d'urgence.

Elle a précisé ne pas encore disposer de données concernant l'Etat de La Guaira, situé à proximité de la capitale et qui est selon elle la région la plus touchée. L'aéroport de Caracas, gravement endommagé selon elle, a été fermé.

Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela. "Nous serons aux côtés de nos nouveaux et formidables amis", a assuré le président américain Donald Trump, tandis que Mme Rodriguez a indiqué s'être entretenue au téléphone avec le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

Cette initiative américaine, un acte diplomatique fort après des années de tensions, s'inscrit dans le cadre du rétablissement des relations entre les deux pays depuis que les forces américaines ont capturé le président déchu Nicolas Maduro, aujourd'hui incarcéré aux Etats-Unis.

La Chine et l'Inde ont elles aussi proposé leur aide, et plusieurs pays d'Amérique latine ont fait de même et exprimé leur solidarité, parfois au-delà de leurs divergences politiques. 


L'Iran accuse l'Otan de «complicité» dans la guerre menée contre lui

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
  • M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury"
  • "Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X

TEHERAN: Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël.

M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury" lancée contre l'Iran le 28 février.

M. Rutte a également affirmé que l'aéroport de Bucarest avait réduit ses vols commerciaux pour laisser la place aux avions de ravitaillement utilisés dans le cadre de cette opération, et qu'entre 4.000 et 5.000 sorties d'avions américains avaient été effectuées depuis des bases européennes pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X.

"Le secrétaire général de l'Otan a explicitement désigné l'Italie et la Roumanie comme ayant participé à l'agression contre l'Iran", a souligné le porte-parole du ministère iranien.

"Ces pays, ainsi que tous les autres pays européens ayant apporté leur soutien à l'agression américano-israélienne contre l'Iran, doivent expliquer à leur propre population et au monde entier pourquoi ils ont choisi de se rendre complices de cet acte d'agression flagrant et de la perpétration d'atrocités de masse contre les populations iraniennes", a-t-il ajouté.

En Italie, le ministère de la Défense a condamné mercredi les propos de M. Rutte, estimant qu'ils avaient envoyé "un message complètement trompeur", Rome n'ayant permis aux Etats-Unis d'utiliser ses bases que pour des vols techniques et logistiques, et non des missions de combat.


Rubio réaffirme que Washington n'acceptera pas de péage ou frais sur le détroit d'Ormuz

US Secretary of State Marco Rubio speaks to the media upon arrival at al-Bateen Executive Airport in Abu Dhabi on June 23, 2026, on the first stop of a tour of Gulf states aimed at showing solidarity with key allies hit hard by the Middle East war. (AFP)
US Secretary of State Marco Rubio speaks to the media upon arrival at al-Bateen Executive Airport in Abu Dhabi on June 23, 2026, on the first stop of a tour of Gulf states aimed at showing solidarity with key allies hit hard by the Middle East war. (AFP)
  • Le secrétaire d'État américain Marco Rubio entame une tournée dans le Golfe en rencontrant les dirigeants des Émirats arabes unis, du Koweït et de Bahreïn afin de discuter de l'accord États-Unis–Iran et de la sécurité régionale
  • Les pays du Golfe, fortement touchés par les représailles iraniennes durant le récent conflit, s'interrogent sur la fiabilité du soutien américain malgré leurs relations étroites avec Donald Trump et leurs importants investissements aux États-Unis

ABOU DHABI: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'entretient mercredi avec les autorités des Emirats arabes unis, au premier jour d'une tournée auprès de pays alliés du Golfe fragilisés par le conflit au Moyen-Orient.

Arrivé la veille au soir à Abou Dhabi, M. Rubio doit voir à huis clos le président émirati, Mohammed ben Zayed Al Nahyane.

S'exprimant devant la presse mardi soir, le chef de la diplomatie américaine avait indiqué vouloir parler avec les dirigeants des pays du Golfe du protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran et réitéré que Washington n'acceptera pas de péage ou redevances sur le détroit d'Ormuz, point d'achoppement entre les deux pays.

"Il s'agit d'une voie navigable internationale. Aucun pays n'est autorisé à percevoir des péages ou des redevances sur une voie navigable internationale", a-t-il dit, quand au contraire l'Iran et Oman soulignent "leur souveraineté sur leurs eaux territoriales".

M. Rubio doit ensuite se rendre dans la journée au Koweït puis à Bahreïn, où il participera à une réunion jeudi des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

Il s'agit du premier déplacement d'un haut responsable américain au Moyen-Orient depuis la signature la semaine dernière de ce protocole d'accord, et la tenue de négociations entre les Etats-Unis et l'Iran en Suisse.

La mission s'annonce délicate alors que les pays de la région ont payé au prix fort les frappes américano-israéliennes contre l'Iran, ayant été visés par des représailles à coup de missiles et de drones iraniens lors de cette guerre dont ils ne voulaient pas.

Alliés de Washington aux portes de l'Iran, les Emirats ont ainsi été ciblés par plus de 2.800 missiles et drones depuis le début du conflit, essuyant l'essentiel des salves iraniennes. Le Koweït et Bahreïn ont également été durement touchés.

Avant le conflit, les Emirats avaient renforcé leur partenariat avec Washington et plaidé à plusieurs reprises pour un règlement de la question du programme de missiles iranien et des groupes soutenus par Téhéran, un sujet absent du protocole d'accord.

Les dirigeants de la région entretiennent de longue date des relations étroites avec le président Donald Trump et ont promis d'investir des milliards de dollars aux Etats-Unis.

Mais les experts notent qu'ils ont dû largement faire face seuls à la riposte iranienne et qu'ils s'inquiètent de la fiabilité des Etats-Unis.