Au Liban, un Hirak orphelin: «les jeunes quittent le navire faute de moyens»

Une jeunesse et toute la détermination du monde. Tout cela n'aura pas suffi à ébranler un système politique sclérosé et corrompu jusque dans ses moindres recoins. (AFP).
Une jeunesse et toute la détermination du monde. Tout cela n'aura pas suffi à ébranler un système politique sclérosé et corrompu jusque dans ses moindres recoins. (AFP).
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Publié le Vendredi 30 avril 2021

Au Liban, un Hirak orphelin: «les jeunes quittent le navire faute de moyens»

  • Le pays du Cèdre n’obéit pas à la même logique que d’autres révoltes contre les régimes autoritaires
  • Selon l’ancien ministre Tarek Mitri, «les autorités politiques au Liban forment un pouvoir nominal, alors que le pouvoir effectif est ailleurs»

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Irak, Algérie, Liban: ces trois pays arabes ont connu ces deux dernières années des mouvements de contestation populaire, ou «Hiraks». Survenus près d’une décennie après les soulèvements des Printemps arabes, ces mouvements ont la particularité d’être portés par une nouvelle génération plus jeune, plus virulente contre le pouvoir, et plus en harmonie avec son époque. Mais elle est surtout nettement mieux équipée pour exploiter et manœuvrer les modes de «communication 2.0», en l’occurrence les réseaux sociaux, à des fins de mobilisation politique. Dans une série d’articles, Arab News en français se penche, à l’aide de spécialistes de chacun de ces trois pays, sur ces Hiraks qui, bien qu’ils s’inscrivent dans la même époque et se réclament d’une même mouvance, ont chacun des particularités très spécifiques, en raison des différents défis sociaux, politiques et économiques à Bagdad, Alger et Beyrouth.

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BEYROUTH: Le 17 octobre 2019, les Libanais, toutes confessions confondues, sont descendus dans les rues dans toutes les régions du pays pour protester contre une taxe que le gouvernement voulait imposer sur les appels via l’application WhatsApp. 

Au fil des jours, par un effet boule de neige, les manifestations ont pris une tournure plus politique. Elles ont clairement accusé les dirigeants libanais de corruption, de népotisme et de clientélisme, utilisant le slogan, Kellon yaané kellon («Tous sans exception»), les rendant responsables de la faillite de l’État, sur les plans financier, économique et sécuritaire. En presque deux semaines, les révolutionnaires sont parvenus à faire chuter le gouvernement de Saad Hariri. Mais depuis cette date, ils ne sont pas parvenus à renverser le système en place, enraciné depuis plusieurs décennies. Tous les autres dirigeants, notamment le président de la République, Michel Aoun, et le président du Parlement, Nabih Berry, sont toujours en place.

Après la double explosion qui a eu lieu dans le port de Beyrouth le 4 août 2020, les manifestants ont également réussi à faire sauter le gouvernement de Hassan Diab. Les autres revendications sont toutefois restées lettre morte, notamment l’appel à organiser de nouvelles élections législatives, et la lutte contre l’impunité en faisant juger des responsables qu’ils considèrent corrompus et incompétents.

 

Les politiciens mènent des actions délibérées pour détruire le pays. Les crises au Liban se succèdent depuis un an: la contrebande aux frontières, l’explosion du port de Beyrouth, la crise financière, bancaire, judiciaire, le refus de former un gouvernement, et récemment l’affaire du Captagon…

Pour Tarek Mitri, ancien ministre, et actuellement président de l’université Saint-Georges à Beyrouth (SGUB), on peut tirer deux enseignements intéressants du mouvement du 17 octobre. «Il a permis l’émergence d’une conscience citoyenne chez les jeunes, qui est l’absence de médiation entre l’individu et l’État. La citoyenneté suppose une individualité. Les manifestants avaient une conscience de soi libanaise. Lors des discussions et des débats qui ont eu lieu, ils ne se définissaient pas comme membre d’une communauté, mais avaient un discours purement libanais», explique-t-il. «Ce mouvement a également démontré qu’il est possible de rejeter la classe politique par des moyens pacifiques.»

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Le ministre libanais des Affaires étrangères par intérim, Tarek Mitri, participe à une réunion d'urgence de la Ligue arabe au siège du groupement de 22 pays, au Caire, le 11 mai 2008. Les ministres arabes des affaires étrangères se sont réunis aujourd'hui au Caire pour discuter de la situation au Liban. (KHALED DESOUKI / AFP)

 

«Dans un système communautariste, il y a souvent un degré d’identification des personnes avec leur leader»,

Tarek Mitri

Contrairement aux autres révoltes dans la région, la contestation populaire au pays du Cèdre a été moins meurtrière que dans d’autres pays comme l’Irak, ou par rapport aux conflits armés qui ont dégénéré à la suite de révoltes dans certains pays arabes depuis 2011, notamment en Syrie ou en Libye.

Dans ce contexte, Tarek Mitri conteste l’usage de la notion de «printemps arabe». Selon lui, il s’agit de révolutions distinctes, initiées pour des raisons différentes. «La révolution tunisienne a donné des idées aux Égyptiens. La révolution égyptienne a inspiré les Libyens et les Syriens. Mais chacune d’entre elles a été motivée par des considérations locales. Ce qui est panarabe, c’est la volonté du changement et le rejet des régimes dictatoriaux», estime-t-il.

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Le poing de la Révolution maintes fois brûlé et maintes fois financé et fabriqué à nouveau, bénévolement, par les protestataires. (AFP). 

Le Liban a en effet son histoire et ses spécificités. Il possède surtout un système politique bien plus résistant au changement que n’importe quel autre système politique arabe. «C’est un pays qui est – en raison de son système communautaire – gouverné par des chefs de communautés plus ou moins autoritaires, selon les cas et le contexte. Il n’obéit pas à la même logique que les révoltes contre les régimes autoritaires», explique l’ancien ministre. Selon lui: «Le Liban n’est pas gouverné par une dictature. Il est gouverné par une “vetocratie”, un parti puissant qui a un droit de veto qu’il exerce sur toutes les questions», faisant ainsi allusion au Hezbollah.

 

La situation économique est tellement dramatique que «les contestataires, et notamment les jeunes qui ont investi les rues pendant des mois sont en train d’émigrer ou essaient de quitter le pays. Ils n’ont pas les moyens de continuer ce combat»

Tarek Mitri

Un mouvement qui s’essouffle?

Un an et demi après son lancement, le mouvement du 17 octobre semble s’essouffler. La crise sanitaire liée au coronavirus a terrassé la contestation populaire. Mais pas seulement. Armés de leur laïcité pour combattre le système communautaire, les révolutionnaires ont échoué à rallier une grande partie des Libanais. «Le problème du communautarisme, c’est qu’il existe une adhésion populaire à la communauté. Même si leurs dirigeants sont élus sans être, d’une certaine manière, démocratiquement choisis, on constate souvent une forme d’identification des personnes avec leur leader, ne serait-ce que pour se différencier des autres, ou à cause des peurs que peuvent susciter les relations entre communautés», affirme Tarek Mitri à Arab News en français. 

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A proximité de la mosquée Al-Amin, en centre-ville de Beyrouth, en octobre 2020. (AFP). 

Dans une période instable et de crise comme celle que le Liban traverse, «les Libanais cherchent la protection au sein même de leur propre communauté. C’est pourquoi la majorité des personnes qui appartiennent à chacune des communautés ne sont pas écrasées par leur dirigeant. Au contraire, beaucoup continuent de s’identifier à lui. Ce qui rend le changement bien plus difficile», précise Tarek Mitri.

Le mouvement contestataire a également échoué à faire émerger des leaders révolutionnaires, et non de simples coordinateurs d’associations et d’ONG. Il n’a en outre pas réussi à convaincre les partisans des chefs traditionnels, en leur présentant un programme simple et une feuille de route commune. Selon M. Mitri, il y a deux formes de société civile: celle qui est organisée, comme les ONG largement influencées par des modèles d’intervention qu’ont connu les sociétés plus développées que les nôtres; et une autre non organisée, et formée d’individus et de groupes qui se considèrent comme autonomes par rapport à la société politique.

«Il faut qu’un mouvement politique clair puisse émerger. Pas nécessairement un parti politique. Or, les organisations de la société civile ne peuvent pas en l’état supplanter les organisations politiques qui nous manquent cruellement: les partis politiques traditionnels transcommunautaires sont marginaux et ont perdu leur crédibilité, et les partis communautaires font partie du problème, bien que certains soient en train de se réinventer», précise Tarek Mitri.  «Pour qu’il ait un changement politique, il faut qu’il y ait un instrument politique pluricommunautaire. Or, celui-ci n’existe pas, malheureusement.»

Par ailleurs, il faut des organisations qui font de la politique, et non pas un travail de société civile. Les premières sont une force de proposition, alors que les secondes sont une force d’opposition. Le problème, c’est que des propositions de la société civile comme Kellon yaané kellon, n’ont pas de consistance, ou bien sont trop spécifiques sur une question précise. «Il faut un projet politique qui puisse recoller tous ces morceaux, et c’est là que le bât blesse», affirme ainsi M. Mitri.

Un autre facteur essentiel qui a nui énormément au mouvement du 17 octobre est le manque de réflexion en son sein, au sujet du pouvoir libanais. «Le débat ou le non-débat autour du Hezbollah est assez révélateur. Pour comprendre le pouvoir libanais en vue de le changer, il faut examiner de près la part qu’occupe le Hezbollah dans l’exercice du pouvoir», précise l’ancien ministre de la Culture.

D’après lui: «Les autorités politiques aujourd’hui au Liban forment un pouvoir nominal, alors que le pouvoir effectif est ailleurs.» On a l’impression qu’il y a une action délibérée des politiciens libanais pour détruire le pays. Les crises au Liban se succèdent depuis un an: l’affaire du Captagon récemment, mais aussi la contrebande aux frontières, l’explosion du port, la crise financière, bancaire, judiciaire, le refus de former un gouvernement...  

«Ce qui est incompréhensible dans le cas libanais, c’est de savoir quels intérêts ont ces deux pouvoirs – le pouvoir nominal et le pouvoir effectif – à laisser mourir le Liban, et à contribuer à sa destruction. Il n’y a plus de butin à partager, il ne reste qu’une dépouille à gouverner», s’indigne Tarek Mitri.

Quelles perspectives ?

La situation économique est tellement dramatique que «les contestataires, et notamment les jeunes qui ont investi les rues pendant des mois sont en train d’émigrer ou essaient de quitter le pays. Ils n’ont pas les moyens de continuer ce combat». Ce nouveau développement est très grave», affirme Mitri. Or, la traduction du mouvement en changement politique nécessite beaucoup de temps. On ne peut pas s’attendre à récolter les fruits de cette révolution immédiatement. Il est très difficile dans un pays où on a du mal à survivre de s’inscrire dans la longue durée. «Le Liban ne va pas changer dans l’immédiat. Il faut avoir le courage et la patience de continuer, sans s’attendre à des résultats immédiats. Le combat des idées est important. Il faut travailler pour que les idées nées de ce mouvement soient reconnues et bien acceptées par la population, sans avoir de garantie que cela aura lieu prochainement. C’est un peu ça la politique», explique M. Mitri à Arab News. «C’est un phénomène largement générationnel, avec beaucoup de jeunes. C’est cette jeunesse qui est la plus découragée. On risque de ne plus retrouver les gens qu’on a vu dans les rues il y a deux ans», s’inquiète le ministre.


L'armée du Koweït dit faire face à des attaques de missiles et de drones

Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran. (Reuters)
Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran. (Reuters)
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  • Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran
  • "Les défenses aériennes koweïtiennes repoussent actuellement des attaques menées par des missiles et des drones ennemis", a écrit l'armée koweïtienne sur le réseau social X

KOWEIT: Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran.

"Les défenses aériennes koweïtiennes repoussent actuellement des attaques menées par des missiles et des drones ennemis", a écrit l'armée koweïtienne sur le réseau social X.


Israël bombarde Tyr après avoir déclaré «zone de combat» une vaste partie du sud du Liban

L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé la ville de Tyr, dans le sud du Liban, un jour après avoir averti qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé la ville de Tyr, dans le sud du Liban, un jour après avoir averti qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière. (AFP)
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  • L'Agence nationale d'information (Ani) libanaise a rapporté deux séries de frappes jeudi matin sur la ville et une zone située à l'est de celle-ci, touchant un bâtiment et provoquant un incendie à Tyr
  • L'armée israélienne a également annoncé jeudi matin avoir intercepté une "cible aérienne suspecte" se dirigeant vers ses forces dans le sud du Liban

BEYROUTH: L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé la ville de Tyr, dans le sud du Liban, un jour après avoir averti qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière.

Après avoir ordonné aux habitants de plusieurs quartiers de Tyr d'évacuer en prévision d'un "emploi de la force" à venir, l'armée israélienne a confirmé avoir "commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah dans la région de Tyr".

L'Agence nationale d'information (Ani) libanaise a rapporté deux séries de frappes jeudi matin sur la ville et une zone située à l'est de celle-ci, touchant un bâtiment et provoquant un incendie à Tyr.

L'armée israélienne a également annoncé jeudi matin avoir intercepté une "cible aérienne suspecte" se dirigeant vers ses forces dans le sud du Liban.

Israël intensifie ces derniers jours ses opérations terrestres et aériennes dans l'est et le sud du pays voisin, où le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah a fait état de combats "directs", en dépit du cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, mais que les deux parties s'accusent de violer.

Alors que de nombreux Libanais tentent de célébrer l'Aïd al-Adha, la grande fête musulmane, l'armée israélienne, a appelé tous les habitants qui se trouveraient dans le sud du Liban à évacuer vers la rive nord du Zahrani.

Cette escalade intervient juste avant une réunion militaire entre les deux pays prévue vendredi au Pentagone, et à l'approche de nouvelles sessions de négociations sous parrainage américain les 2 et 3 juin.

"Affrontements directs" 

Des combattants "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" mercredi à Zawtar el-Charqiyé, a annoncé de son côté le Hezbollah, faisant aussi état de trois attaques de drones contre des troupes dans le nord d'Israël.

Il a revendiqué depuis mardi des tirs et attaques de drone contre des forces israéliennes tentant de s'infiltrer dans cette localité, stratégique pour sa proximité avec Nabatiyé.

Zawtar el-Charqiyé se situe à la lisière de la "ligne jaune" délimitant la bande d'une dizaine de kilomètres dont l'armée israélienne a pris le contrôle dans le sud du Liban, y interdisant l'accès aux habitants et y menant de larges opérations de démolition.

L'armée israélienne avait déclaré mardi étendre ses opérations au sol au-delà de la "ligne jaune".

"Etendre l'autorité de l'Etat"  

Le Liban a été aspiré dans la guerre au Moyen-Orient quand le Hezbollah a rouvert le 2 mars un front contre Israël, en soutien à l'Iran après l'attaque israélo-américaine du 28 février.

Les frappes israéliennes ont tué 3.269 personnes depuis, selon un nouveau bilan mercredi du ministère de la Santé.

Parmi elles, au moins 31 ont été tuées mardi, dont au moins 15 habitants de Burj al-Shemali, près de Tyr, selon le maire de cette localité. Un photographe de l'AFP a vu mercredi des secouristes extraire un corps des décombres, tandis qu'une pelleteuse dégageait des amas de gravats.

Dans l'ouest de la Bekaa, la localité de Machghara qui abritait des centaines de familles déplacées est désormais déserte après plusieurs jours de bombardements israéliens.

Son maire, Iskandar Barakeh, fait part à l'AFP de sa crainte de voir la région, par où transitent combattants et matériel du Hezbollah, "se transformer en arrière-front".

La délégation militaire dirigée par le général Georges Rizkallah qui doit rencontrer vendredi des militaires israéliens "insistera sur la nécessité de mettre fin aux hostilités et présentera le plan de l'armée visant à restreindre les armes du Hezbollah et étendre l'autorité de l'Etat sur le territoire libanais", a indiqué une source militaire à l'AFP.

 


Liban: l'armée israélienne déclare que toute la zone au sud du fleuve Zahrani est une «zone de combat»

Une capture d'écran montre des habitants quittant Tyr en voiture après que l'armée israélienne a lancé mercredi un avis d'évacuation à l'intention de cette ville côtière du sud du Liban et des zones environnantes, indiquant qu'elle s'apprêtait à frapper des cibles du Hezbollah dans la région. (X/@SawtBeirut)
Une capture d'écran montre des habitants quittant Tyr en voiture après que l'armée israélienne a lancé mercredi un avis d'évacuation à l'intention de cette ville côtière du sud du Liban et des zones environnantes, indiquant qu'elle s'apprêtait à frapper des cibles du Hezbollah dans la région. (X/@SawtBeirut)
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  • L'armée israélienne a averti mercredi soir qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du Zahrani, fleuve s'écoulant à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre Israël et le Liban
  • "A la lumière des violations répétées des termes du cessez-le-feu par le Hezbollah terroriste, [l'armée israélienne] va agir contre lui avec une très grande force", a prévenu l'officier

JERUSALEM: L'armée israélienne a averti mercredi soir qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du Zahrani, fleuve s'écoulant à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre Israël et le Liban.

Dans un message sur les réseaux sociaux semblant acter la fin du cessez-le-feu plus que précaire entre Israël et le mouvement islamiste libanais Hezbollah, le colonel Avichay Adraee, porte-parole arabophone de l'armée israélienne a appelé tous les habitants qui se trouveraient dans cette région à évacuer vers la rive nord du Zahrani.

"A la lumière des violations répétées des termes du cessez-le-feu par le Hezbollah terroriste, [l'armée israélienne] va agir contre lui avec une très grande force", a prévenu l'officier.

"Au Liban, nous intensifions nos opérations afin de porter des coups toujours plus sévères à l'organisation Hezbollah", a déclaré de son côté le lieutenant-général Eyal Zamir, chef d'état-major de l'armée israélienne, lors d'une cérémonie de réception d'un nouvel avion ravitailleur pour l'armée de l'Air.

"Cette mission est conduite de manière méthodique, sur tous les fronts — dans les airs comme au sol — avec responsabilité et détermination, face à un ennemi affaibli et durement éprouvé", a-t-il dit selon une vidéo de la cérémonie diffusée par le service de presse de l'armée.

"Le Hezbollah déploie contre nous une large gamme de menaces, notamment celle des drones" explosifs, a-t-il ajouté promettant de poursuivre "sans relâche [les] efforts [pour infliger] à l'ennemi un coût élevé, tant sur la ligne de front qu'en profondeur".